Je m'aigris

Courbe de poids

Non, ce n'est pas le graphique de la valeur de mes actions, c'est l'évolution de mon poids. Les croix bleues sont des mesures, faites tous les matins quand je me lève (sauf quand j'oublie), et la courbe verte c'est un lissage pour voir les variations de fond et pas les variations d'un jour à l'autre qui ne sont pas très intéressantes.

À gauche, l'été dernier, c'était quand tout allait bien pour moi. Je situerais donc mon poids normal vers 77 kg. Le trou en septembre, c'est quand j'étais hospitalisée. C'est pour ça que ça a recommencé ensuite bien plus bas (j'étais dans un sale état). En octobre, j'ai récupéré progressivement. Je n'ai pas d'explication pour l'espèce de plateau en novembre, mais on « sent » que ça monte encore un peu. De même qu'on « sent » la baisse en décembre, vous savez, la période des fêtes là. Et pour janvier, y a pas de fête, je crois que la courbe est claire. Je suis passée en dessous de 71 kg, chose qui ne m'était encore jamais arrivée sans qu'un médicament en soit directement reponsable.

Je me suis fait larguer le 28 novembre. J'aimerais bien savoir si cette perte de poids est une coïncidence.

Je ne suis pas obsédée par mon poids. Enfin, je ne crois pas. Bon, c'est vrai que se peser tous les jours ne plaide pas vraiment en ma faveur. Mais je ne fais spécialement attention à ce que je mange, je n'ai pas la moindre idée du nombre de calories que j'ingurgite dans la journée, et je ne me prive pas pour faire des canards dans mon thé. C'est juste de la curiosité scientifique, et avec la balance qui est juste au pied de l'échelle de mon lit mezzanine, ça ne me coûte pratiquement rien en temps.

Par contre je suis consciente d'avoir un problème d'appétit depuis ma rupture. Samedi dernier vers 17h, je me suis dit : « Tiens, je commence à avoir un peu faim. » La dernière fois que j'avais avalé quelque chose, c'était vers midi, le vendredi.

Et comme je n'ai jamais cherché à contrôler ce que je mange, ça me paraît tout-à-fait naturel de ne pas manger quand j'ai pas faim. J'ai le « rituel » du repas de midi à la cantine du boulot à 11h55 (juste avant le rush), mais c'est devenu mon seul repas de la journée.

Je ne me reconnais pas du tout dans tout ce que j'ai pu lire sur l'anorexie : je ne surveille pas plus qu'avant ce que je mange ou combien je mange, j'aime encore manger (à quelques exceptions près, que je n'aimais pas avant, mais c'est une question de goût), je n'ai jamais vomi volontairement, je ne fais rien pour agir sur mon poids, etc. Pourtant ce que je vis semble correspondre exactement à l'étymologie d'anorexie : juste pas faim, quoi.

Alors je me demande si je dois m'inquiéter. Ce ne sont que des kilos après tout, ça ne veut rien dire. Ce qu'il me reste de repas est équilibré, et je ne grignotte pas trop en dehors (surtout des canards en fait), donc ça ne devrait pas trop ruiner ma santé. J'ai juste peur d'accumuler une carence de quelque chose avec ce régime involontaire. Mais me forcer à manger ne me tente pas du tout.

Je présente toutes mes excuses à toutes celles (et ceux, s'il y en a) qui luttent pour perdre du poids et que ce billet a pu mettre mal-à-l'aise.

Commentaires

1. Le vendredi 6 février 2009 à 11:36, par Laurent :

Deux questions primordiales : avec quel outil fais-tu ce graphique, et qu'appelles-tu un canard ?

2. Le vendredi 6 février 2009 à 11:49, par Natacha :

Les données sont entrées à la main avec vim dans un fichier TSV, le lissage est fait avec un programme ad-hoc (et open-source) de ma création, et le rendu du graphique est fait avec gnuplot. Je ne sais pas sur quel aspect portait ta question, mais ça devrait y répondre.

J'appelle canard un morceau de sucre trempé dans un liquide, traditionnellement du café il me semble, mais les canards au thé ou à la mirabelle sont aussi agréables. Il s'agit du sens 3 dans le wiktionaire [http://fr.wiktionary.org/wiki/canard] et du sens du deuxième tiret du B.2.a du TLFI.

3. Le vendredi 6 février 2009 à 13:47, par W :

Un programme open-source de ta création : Par curiosité, où est-il publié ?

4. Le vendredi 6 février 2009 à 13:52, par Natacha :

Il n'est pas encore publié, j'ai pris du retard dans la création du présent site. Il sera (j'espère) très prochainement publié dans une nouvelle section code ici même, à côté du moteur qui fait tourner ce site.

5. Le dimanche 8 février 2009 à 17:48, par W :

Il n'y a pas besoin de vouloir maigrir, il suffit de se dire même sans y accorder de l'importance que ce ne serait pas plus mal si...
[Insérer ici le dernier paragraphe du billet.]
Une remarque, le regard d'un autre (ou juste le tien), une critique de ton ex' (quel que soit le but dans lequel elle a été formulée), etc. Je te crois assez intelligente pour être la mieux placée pour le savoir, mais qui sait ?
Si c'est le cas, cette réflexion pourrait annuler ce régime inconscient, mais alors l'idée qu'elle le pourrait pourrait l'en empêcher, calculez la limite en plus l'infini, vous avez 10 minutes.

Par ailleurs, si cela t'inquiète, il devrait y avoir assez de choses assez bonnes au goût pour être assez attirantes pour qu'il n'y ait pas besoin de te forcer, non ?

6. Le mercredi 18 février 2009 à 16:11, par Natacha :

C'est vrai que mon copain n'a jamais pu désigner par autre chose que « gros cul » cette partie de mon anatomie (ou moi-même, par métonymie), mais ça dure depuis bien avant la rupture, et même bien avant mon plateau à 77 kg. Je ne crois pas que le regard de qui que ce soit sur mon physique ait changé avec la rupture.

D'autre part, ça ne m'inquiète pas plus que ça. C'est d'ailleurs pour ça que dans l'avant-dernier paragraphe je me demande si je devrais m'inquiter. Parce que bon, malgré cette perte rapide, je reste quand même très lourde. Si je croyais dans le BMI (ou IMC en français), je me dirais que j'ai encore plus de dix kilos à perdre avant de sortir de la zone « normale », ça laisse de la marge. Bon, en fait je marche beaucoup, ce qui rend les os et les muscles plus denses, donc le BMI c'est encore plus du foutage de gueule pour moi que pour le reste de la population.

Quant à trouver des choses « assez bonnes au goût », ce n'est pas (encore ?) un problème. Ces dernières semaines j'avais des envies de crèpes, j'ai régulièrement des envies de chocolat, et parfois j'ai envie de sushis. C'est juste au niveau de la faim que ça coince, parce que ce n'est pas naturel pour moi de manger quand je n'ai pas faim, et en fait la possibilité de manger ne me vient même pas à l'esprit. Comme si je n'avais effectivement besoin que d'un seul repas par jour.

Poster un commentaire

Mise en forme historique : pour mettre en valeur un mot ou un groupe de mot, tapez une étoile de part et d'autre, sans mettre d'espace entre l'étoile et le mot, comme ceci : *mise en valeur*. Pour insérer un lien, mettez le entre crochets, comme ceci : [http://instinctive.eu/].

Mise en forme markdown : voir le guide détaillé, en résumé c'est le Markdown traditionnel, sans HTML ni titres, mais avec les tables PHP-Markdown-Extra.

Attention : les balises HTML entrées dans les commentaires seront affichées telles quelles, et non pas interprétées.

Autour de cette page

 

Autour de cet article

  • Publié le 6 février 2009 à 10h28
  • État de la bête : allégée en matières grasses
  • 6 commentaire(s)
  • Tag : Tarée

Tags

Archives

Site-level navigation and features

 

Instinctive.eu

Contact

Sections

Validation

Copyright © 2008-2016 Natacha Kerensikova

Butterfly images are copyright © 2008 Shoofly