Mes ordinateurs

Le nom donné aux ordinateurs est toujours un sujet épineux dans la vie d'un geek. Certains utilisent leur créativité ou l'inspiration du moment, d'autres se tournent vers le hasard, et d'autres encore mettent en place une logique qui résoud ce problème une fois pour toutes.

En ce qui me concerne, je donne toujours à mes machines des noms de lieux, parce que pendant très longtemps l'écran de login à l'allumage de la machine présentait en gros : Welcome to hostname, ce qui signifie : « Bienvenue à nom de la machine ».

Voici les noms des différentes machines que j'ai pu nommer, du choix le plus récent au plus ancien, avec l'explication de l'origine de ce nom.

Tsuiraku

(16 juillet 2016 – présent)

Tsuiraku est le nom de la nation des mages dans l'univers d'Errant Story.

En réalité, je fais plutôt référence à Tsuirakushiti, la capitale de Tsuiraku, qui aurait dû être une ville monument à la gloire des demi-elfes, mais a accidentellement disparu pendant dix ans, pour retrouver un monde ravagé par la guerre, alors ils ont préféré se cacher derrière un sort de camouflage.

La cité volante, sanctuaire pour ces bâtisseurs, d'impact aussi léger que possible pour le monde extérieur, est à peu près dans le même esprit que cet ordinateur. Matériellement il s'inscrit dans l'idée de Manabiya, avec une carte mère mini-ITX sans ventilateur, et une alimentation tout aussi mini, silencieuse et mécaniquement fixe.

Je l'utilise comme machine de bureau et pour quelques autres trucs qui demandent peu de puissance, en replacement de Yulai qui ne sert plus qu'aux activités qui ont besoin de toute sa puissance (jeux vidéos, images de synthèse et grosses compilations).

Bifrost

(14 mai 2012 – présent)

Le Bifröst est, dans la mythologie nordique, le pont entre le royaume des dieux, Asgard, et celui des humains, Midgard. Il se présente sous la forme d'un arc-en-ciel brûlant.

J'ai donné ce nom à un nouveau portable que j'ai acheté auprès de Lenovo (ThinkPad X220). Le but était de pouvoir emmener une partie de chez moi sur mon lieu de travail (la charte locale le prévoit explicitement, autant en profiter), pour pouvoir y bénéficier de tout le confort de développement (et d'utilisation) offert par les système de type UNIX.

Ce portable personnel qui fait le pont avec le monde professionnel se prête ainsi naturellement au nom de Bifrost (sans diacritique pour faciliter les choses).

Logrus aurait pu tout à fait remplir ce rôle, mais son clavier est beaucoup moins confortable, ce qui a du poids lorsqu'il s'agit de passer des journées à développer dessus, et il est beaucoup moins bien supporté tant par FreeBSD que par Linux.

Rebma

(20 juin 2011 – présent)

Rebma est une cité sous-marine du Cycle des Princes d'Ambre, qui est en fait la réflexion dans l'océan de la cité d'Ambre elle-même. Dans cet univers, Ambre est la seule « vraie » cité, et toutes les autres villes de tous les autres mondes en sont des réflexions ou des ombres.

J'ai donné ce nom à un serveur dédié loué chez Hetzner. Il s'agit de mon tout premier serveur dédié qui existe en même temps qu'un autre (à l'inverse, Sigil a remplacé Yomi, qui lui-même a remplacé Gomorrhe). La motivation principale a été de ne plus dépendre d'une seule machine pour les services rendus par mon/mes dédié(s), ce qui permet de continuer à fonctionner normalement si une machine tombe en panne ou doit être temporairement retirée de la circulation pour une raison ou pour une autre.

C'est ainsi que cette machine est une sorte de mirroir de mon dédié principal, ce qui m'a fait arriver au concept de réflexion, et au nom de Rebma.

Logrus

(3 mai 2011 – présent)

Le Logrus est, dans le Cycle des Princes d'Ambre, l'entité qui représente le chaos, et ainsi le pôle opposé de la Marelle d'Ambre qui représente l'ordre. Concrètement le Logrus se présente sous la forme d'une caverne perpétuellement changeante, que les seigneur du Chaos doivent traverser dans le cadre de leur initiation.

J'ai donné ce nom à un netbook 10″ en promotion, basé sur la nouvelle puce d'AMD qui fait à la fois CPU et GPU. La motivation principale de cet achat était que c'était une machine pas chère, prétenduement capable de faire tourner World of Warcraft, chose dont Duat n'est plus capable depuis sa pré-retraite. J'étais un peu sceptique sur le fait qu'un netbook puisse atteindre ce niveau de performance, mais son faible prix et l'absence de netbook utilisable (donc pas Narn) parmi mes possessions mon convaincue qu'au pire ce ne serait pas de l'argent complètement gaspillé. Il s'est avéré qu'effectivement World of Warcraft est jouable, mais uniquement sous Windows, la partie CPU n'est pas assez puissante pour gérer Wine en plus du jeu.

J'ai choisi le symbole du Chaos pour nommer cette machine principalement en rapport avec le côté perpétuellement changeant de sa position (c'est le but d'un portable, et à plus forte raison d'un netbook, et à encore plus forte raison d'un netbook qui a une bonne douzaine d'heures d'autonomie constatée).

Manabiya

(7 novembre 2009 — présent)

Manabiya est la translittération de 学舎, un mot japonais qui signifie littéralement « lieu d'apprentissage ». Ce n'est pas le mot habituel pour désigner une école, mais plutôt quelque chose de moins officiel, et peut-être plutôt pour adultes.

Je cherchais pour cette machine un nom qui symbolise la connaissance et le silence, qui sont les deux caractéristiques de cette machine. Au début je voulais une machine pour s'occuper de mes services réseau (DHCP, DNS, etc), et j'ai progressivement glissé vers l'idée du NAS, comme Network Attached Storage : plein d'espace disque, pour stocker les trucs peu importants et pour sauvegarder les trucs importants (500 Go en zmirror).

Le côté silencieux vient du fait que dans 15 m², quoi que je fasse je vais me retrouver à dormir pas loin de cette machine, et comme elle est destinée à rester allumée en permanence, il faut que ce soit sans bruit. J'ai entendu plusieurs vendeurs me dire : « Oui, il y a ventilateur, mais il ne fait pas de bruit », démonstration (plutôt convaincante) à l'appui. Je sais pourtant très bien que les ventilateurs deviennent plus bruyant en vieillissant, donc avoir un système sans ventilateur était une condition sine qua non. J'aurais bien dit « sans pièce mobile », mais si j'avais de quoi me payer un NAS en SSD je ne vivrais pas dans 15 m², et les disques 2.5" sont suffisamment peu bruyants si je ne m'en sers pas comme oreiller.

Narn

(24 mai 2009 — présent, en préretraite depuis une date indéterminée)

Narn est une planète de l'univers de la série Babylon 5, et qui est la planiète d'origine des Narns. Autrefois elle était couverte par une jungle luxuriante grouillant d'animaux de toutes sortes ; malheureusement la guerre avec les Centauri ont ravagé la planète qui n'est plus qu'un immense désert.

Tout ça n'a aucun rapport avec le netbook que j'ai gagné lors d'un hackathon, qui a pourtant reçu ce nom. Ce netbook est de marque Gdium, prononcé « jé d'Yomme », comme si on épelait le G avant de prononcer le reste, exactement comme dans « G'Kar », le nom du Narn le plus présent dans la série Babylon 5, et « G'Quan », un prophète et héros Narn très ancien.

Ce netbook souffre malheureusement de plusieurs défauts de conception : un CPU MIPS, qui rend l'offre logicielle (même libre) un peu limitée, surtout avec sa faible puissance ; son ventilateur mal placé, qui doit tourner tout le temps et fort ; son autonomie limitée ; et d'autres détails mineurs. Du coup son utilisation n'a jamais vraiment décollée, et l'arrivée de Logrus a achevé de le mettre en préretraite.

Yulai

(27 mars 2009 — présent)

Yulai est un système solaire du jeu Eve Online. C'était autrefois un grand centre de commerce, le point de rassemblement de tous les producteurs, acheteurs et intermédiaires. Ce centre a émergé spontanément, pour diverses raisons techniques, géographiques et stratégiques. Du coup, il y avait beaucoup de monde dans ce système, beaucoup plus qu'ailleurs, ce qui posait des problèmes au serveur et conduisait à beaucoup de lag. C'était le « problème de Yulai ».

Les développeurs ont longtemps cherché comment résoudre ce problème. L'idée qu'ils ont finalement appliquée était de couper certains chemins et d'en créer quelques autres, de façon à ce que Yulai ne soit plus le centre de l'univers. Le résultat était tristement prévisible : Yulai a été déserté, et après un bon mois d'hésitation, un nouveau centre de commerce a émergé, tout aussi chargé : le problème de Yulai a été « résolu », et le problème de Jita a commencé à se poser.

Yulai symbolise pour moi la gloire passée. Ce triste système désertique garde encore quelques marques de son activité passée. Ça me fait penser aux ruines d'une ancienne capitale dans le désert, ou les restes du colosse d'Ozymandias.

J'ai donné ce nom à un PC spécialement destiné au jeu, dont les éléments ont été choisis par Noly, que je tiens à remercier encore. C'était un PC très puissant, capable de faire tourner une bonne partie des jeux contemporains. Mais l'avancée technologique ne s'arrête pas, et ce glorieux PC capable de faire tourner « n'importe quel jeu » finira par devenir un vieux tromblon déchu, et je le regarderai avec la même tristesse que Yulai.

Sigil

(12 mars 2009 — présent)

Sigil, la Cité des Portes, est une ville du jeu de rôle Planescape. Cette ville est situé au centre du plan extérieur d'alignement neutre strict, elle est donc en quelque sorte la capitale de la neutralité. Elle a la forme d'un anneau (imaginez une ville dans la face interne d'un pneu), et du coup il n'y a aucun moyen d'y entrer ou d'en sortir, en dehors des très nombreux portails magiques qui mènent vers d'autres lieux du multivers.

J'ai donné ce nom à mon troisième serveur dédié, le premier qui ne soit pas chez Dedibox. Comme mes autres dédiés loués, je n'ai aucun accès physique, je ne peux que passer par le « portail » qu'est SSH. De plus, les multiples connexions dont ce serveur fait l'objet (j'espère), surtout pour visiter mon site, lui donne un côté « carrefour » qu'a aussi la Cité des Portes.

Yomi

(11 juin 2008 — 30 avril 2009)

Yomi est le monde des choses de la mort dans la mythologie shintoïste. J'avoue n'en savoir pas beaucoup plus à ce sujet.

Il s'agit de mon deuxième serveur dédié, chez Dedibox, obtenu par remplacement automatique de Gomorrhe après son crash. J'étais prise par le temps, il me fallait trouver rapidement un nom, alors je suis restée dans mon thème habituel de l'enfer, et j'ai cherché un nom qui me plaise dans la liste de wikipédia en anglais, et c'est tombé sur Yomi.

Gomorrhe

(14 juin 2006 — 11 juin 2008)

Gomorrhe est une ville dont je ne connais pas grand chose, évoquée dans la Genèse, et qui est surtout connue pour avoir été détruite par Dieu en même temps que Sodome, prace qu'il y avait vraiment trop de péché là bas. J'aime beaucoup ce passage de la Bible où Abraham négocie avec Dieu sur le nombre de justes qu'il faudrait pour éviter que Dieu applique cette punition collective. La conclusion est qu'il n'y avait même pas dix justes dans la ville…

C'était mon premier serveur dédié, aux débuts de Dedibox, lorsque cette société a commencé à rendre le serveur dédié accessible financièrement au grand public. C'était mon tout premier serveur a gérer, et j'ai pressenti que j'en aurais rapidement « plein le cul » de m'occuper de ça, ce qui fait penser, pour des raisons évidentes, à la ville de Sodome. Pour pas que la connotation soit trop flagrante, je n'ai pas appelé ce serveur Sodome, j'ai choisi juste à côté la ville de Gomorrhe.

Après presque deux ans de bons et loyaux services, ce serveur s'est soudainement mais définitevment tu, en emportant avec lui toutes les données non-sauvegardées (c'est-à-dire à peu près toutes) qui étaient stockées dessus. Le diagnostique est probablement l'alimentation électrique qui a lâché, les données auraient donc été encore là, indemnes, mais inaccessibles car l'équipe de Dedibox n'a que faire d'un disque dur parmi la quantité qu'ils ont à gérer.

Duat

(mars 2006 — présent, en préretraite depuis l'automne 2010)

Duat est en quelque sorte l'enfer dans la mythologie égyptienne. C'est là que vont les âmes de tous les morts pour être jugées, en utilisant une balance pour comparer le poids de leur cœur avec celui d'une plume qui représente la vérité et la justice. Ceux dont le cœur est bon, donc plus léger la plume, sont conduits vers Aaru (le paradis). Ceux dont le cœur est trop lourd sont condamnés à errer éternellement en Duat.

Pour mon troisième portable, remplaçant d'Alcatraz, je me suis dit qu'il fallait quelque chose d'encore plus sombre qu'une prison, pour rester en accord avec la noirceur qui m'habitait alors. J'ai beaucoup cherché, en parcourant wikipédia en anglais, et parmi ces recherches j'ai visité le concept de l'enfer dans différentes mythologies. L'Égytpe ancienne a finalement retenu mon attention, et le nom était prêt avant l'arrivée de ce Dell Inspiron.

Quelque part vers le printemps 2010, il lui arrivé quelque chose d'étrange : au bout de 10 à 15 minutes après le démarrage, le ventilateur du GPU se met à tourner à pleine vitesse, comme s'il y avait un problème de température, alors que le GPU n'est pas spécialement sollicité. J'ai constaté amèrement qu'essayer de le solliciter est peine perdue : il n'est plus capable d'atteindre 10 images par seconde même sur des jeux simples.

Résultat, c'est un portable 17″ encombrant et lourd, qui devient très vite insupportablement bruyant, qui n'est plus capable de faire grand chose de plus qu'un netbook quelconque. S'il est encore bienvenu pour dépanner, il a atteint le stade pré-retraite lorsque je peux utiliser une des mes autres machines.

Alcatraz

(début 2004 — 11 février 2006)

Alcatraz est une île américaine, célèbre pour sa prison haute-sécurité.

À cette époque, j'étais loin d'être en très bon état ; lorsqu'on m'interrogeais sur mes vêtements, toujours noirs, je répondais que c'était pour avoir l'extérieur assorti à l'intérieur. C'est en connaissance de cause que j'ai choisi d'être accueillie par mon ordinateur avec un Welcome to Alcatraz, et je me disais à chaque fois : « Et ouais… »

J'ai eu ce portable par une commande groupée de mon école, et il a remplacé mon portable précédent, Sanctuary, trop poussif pour les jeux qui m'intéressaient, et mon fixe, Aiur, que j'ai préféré de ne pas déménager dans ma nouvelle chambre d'étudiante.

Après presque deux ans de bons et loyaux services, le disque dur a commencé à agoniser, et je n'ai pu sauvegarder qu'une partie de mes données (dont le rapport de stage à finir en urgence) avant qu'il ne rende l'âme. Une fois armé d'un disque dur tout neuf, Windows m'a posé un nouveau problème, qui est très bien résumé sur cette photo. Après avoir essayé tout ce que je pouvais essayer logiciellement (je suis nulle en Windows ☹), j'ai tenté la solution du flash du bios, après avoir bien vérifié que la batterie était pleine et l'arrivée électrique bien branchée. Pour une raison que je ne connaîtrai sans doute jamais, alors que l'utilitaire de flash était vers 40 %, le portable s'est brutalement éteint… pour ne plus jamais se rallumer.

Ça m'a fait beaucoup de peine, je l'aimais bien ce portable, malgré son nom carcéral. Juste après cette perte j'avais envie de lâcher complètement l'informatique, mais je n'ai tenu que quelques semaines avant de commander Duat.

J'aimais beaucoup son touchpad avec un bouton pour le désactiver, et pouvoir passer tranquillement la main dessus lorsqu'on n'en a pas besoin ; je n'ai pas encore retrouvé cette fonction ailleurs.

Sanctuary

(dates indéterminées)

Mon tout premier portable, avec un nom loin d'être génial. Sanctuary, mot anglais pour « sanctuaire », a été choisi parce qu'à l'époque mon fixe était stationné dans la salle info', ce qui le mettait à la merci de toutes les attaques physiques qui pourraient arriver pendant mon absence. Ce portable était avec moi, dans ma chambre, et je pouvais y faire ce que je voulais quand je voulais.

C'est mon seul ordinateur qui ne soit plus utilisé alors qu'il ne souffre d'aucune panne. Il est rangé quelque part, chez mes parents, et la dernière fois que je l'ai allumé il était aussi (peu) efficace et aussi bruyant qu'à l'époque où je l'utilisais souvent. Il est juste tombé en désuétude lorsque j'ai eu Alcatraz.

Aiur

(quelque part dans le millénaire passé — présent)

Aiur est la planète d'origine des Protoss dans l'univers du jeu vidéo Starcraft.

C'est le tout premier nom que j'ai donné à un ordinateur. Après avoir vu un peu de cette chose bizarre qu'était Linux, qui impose de donner un nom à l'ordinateur, j'ai trouvé qu'il y avait quelque de profondément dérangeant dans les messages comme Welcome to tartiflette ou Welcome to P450, c'est là que j'ai choisi de n'utiliser que des noms de lieu. À l'époque j'étais à fond dans Starcraft et super-fan des Protoss, et le premier lieu, de préférence agréable, qui m'est venu à l'esprit était Aiur.

Évidemment, cet ordinateur qui est resté à mes côtés si longtemps (quoiqu'avec quelques périodes creuses) n'est pas resté inchangé. La tour et le lecteur de disquettes sont encore d'origine, mais je ne saurais dire combien d'alimentations, de CPU ou de cartes-mères sont passées là dedans.

On arrive là au problème de la définition d'un ordinateur, car finalement au fur et à mesure tous les composants peuvent être renouvelés plusieurs fois. En fait, c'est surtout un problème pour les gens comme Microsoft, qui ne lâchent des licences que pour un seul ordinateur.

Ce n'est pas un problème pour moi, vu que le nom n'a pas besoin de désigner un jeu de composants en particulier. Le nom d'un ordinateur, c'est un mot pour le désigner, le distinguer des autres, lever l'ambiguïté de l'expression « mon ordinateur ». C'est pour ça qu'au fil des changements succéssifs, j'ai toujours repris le nom Aiur, parce qu'il n'y avait nul besoin de distinguer l'entité qu'était cet ordinateur avant le changement de celle qu'il est devenu après. Il n'y avait aucune ambiguïté.

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