TekGear Twiddler 3

Le Péripathéticlavier

Photo du TekGear Twiddler 3

J'utilise depuis plusieurs mois un nouveau jouet pou m'aider à la rédaction de divers textes : le clavier Twiddler 3, en photo ci-dessus.

Je vais vous décrire tout le bien que je pense de ce jouet.

Le besoin

Je vous avais déjà décrit dans mon billet sur le casque Trekz Titanium mon rapport avec la marche.

En résumé, je passe pas mal de temps à marcher, surtout entre mon lieu de travail et mon domicile, pour plein de raisons pas toutes très rationnelles.

Et si cette activité physique occupe bien le corps, l'esprit gagnerait à ne pas toujours rester si longtemps et si souvent sans être canalisé sur quelque chose.

Ma première idée pour m'occuper l'esprit en marchant a été d'utiliser mes oreilles, au moyen du casque évoqué, et je m'en sers encore beaucoup malgré les limites dont j'ai parlé dans le billet qui lui est dédié.

Ma piste suivante était de générer du texte, parce que d'un côté il y a toute l'inspiration que je peux avoir quand je n'écoute pas un podcast, ou que je tombe sur un passage moins intéressant, et en même temps je manque de temps pour mettre par écrit le résultat de ces réflexions ou des e-mails ou d'autres choses.

Quand on marche, globalement ça bouge beaucoup trop pour pouvoir écrire du texte avec un stylo ou quelque chose qui s'en rapproche. L'alternative la plus évidente est la dictée, mais je ne supporte pas de parler à une machine, et il y a un gros paquet de trucs que j'écris que je n'assumerais pas de prononcer à voix haute dans la rue.

Je me suis donc dit que dans l'idéal ce serait quand même super bien de trouver un gadget qui me permette de taper du texte en marchant.

Comme je suis toujours aussi parano' sur les dangers tapis autour de moi dans la jungle urbaine, il est hors de question que je réduise mon champ visuel. Donc il s'agit forcément d'un système d'entrée en aveugle et au kilomètre, à mettre en forme devant un ordinateur. Le pari était que ce la mise en forme de ce matériau brut soin significativement plus rapide que son entée directe.

À partir de ce besoin, je ne m'attendais pas à trouver quoi que ce soit pour le remplir, mais j'ai quand même lancé des moteurs de recherche pour le principe, en m'attendant à ne rien trouver et finir par bricoler un truc à base de morse sur un bouton relié à microcontrôleur dans mon sac à main.

Ce n'est donc pas sans surprise que je suis tombée sur le Twiddler, qui répond parfaitement à ce que j'imaginais.

L'appareil

Le site officiel décrit cet appareil en détails beaucoup mieux que moi, alors je vais juste vous faire un résumé rapide.

Il me semble que cet appareil vient des méthodes d'entrée alternatives pour personnes handicapées, pour être élargi ensuite par des adeptes de vitesses de frappe extrêmes et des adeptes de wearable computer.

Le concept principal pour démultiplier les touches et faire tout tenir dans une seule main est le chording, mot anglais qui désigne le fait de faire des accords sur une guitare. Comme un guitariste qui appuie sur plusieurs cordes en même temps pour faire un seul son, les combinaisons des 12 touches que vous voyez sur la photo représentent une seule touche d'un clavier habituel.

Chacune des quatre lignes de touches est en face d'un des quatre doigts autour de cette espèce de joystick, et si chaque doigt peut appuyer sur une touche parmi trois ou aucune, en a déjà 255 touches virtuelles, largement plus qu'il n'en faut pour remplacer un vrai clavier, même sans compter Shift, Control et Alt qui sent disponibles sur des boutons du pouce.

Du coup, il y a même suffisamment de combinaisons pour pouvoir affecter une séquence de plusieurs frappes de clavier à une même combinaison, ce qui permet d'atteindre des vitesses physiquement impossibles.

Une fois les touches représentées, il reste à les transmettre à un ordinateur, ce qui se fait par Bluetooth ou USB, en se présentant comme un clavier. Une conséquence pas toujours très pratique est que cet appareil n'envoie pas des caractères, mais des codes de touche, interprétés ensuite suivant la langue de l'OS.

Une fonctionnalité relativement récente mais très utile pour mon cas d'utilisation est un mode « hors connexion », dans lequel les touches sont enregistrées dans la mémoire flash interne, et un raccourci permet rejouer la séquence enregistrée. Alternativement, on peut récupérer la liste des codes HID directement en montant la flash, ce qui est particulièrement utile lorsqu'on risque d'entrer par erreur une combinaison de touches qui change l'état du PC, par exemple CapsLock, Alt-Tab, ALt-F4, ou même simplement la touche flèche vers le haut.

L'apprentissage

Même si la correspondance entre des combinaisons de touches du Twiddler et les frappes de clavier est complètement paramétrable, n'y a aucune correspondance évidente. Et sans surprise, les agencements les plus efficaces sont les moins évidents à apprendre.

Vu le mal que j'ai pour passer de qwerty à azerty et vice-versa, je ne préfère pas savoir combien de temps il me faudrait pour changer d'agencement. Du coup j'ai choisi dès le début un agencement qui me semblait le plus sympathique (à savoir BackSpice).

Je n'ai pas tenu de statistiques sur cet apprentissage, mais il a dû falloir une vingtaine d'heures d'utilisation pour retenir une très grande majorité des touches.

Je dois en être aujourd'hui à une bonne septantaine d'heures, dont la plus de la moitié en marchant, et je commence à enchainer des fragments de mots ou des suites de petits mots sans avoir aucune conscience du mouvement de mes doigts, alors que qu'avec un vrai clavier je suis en continu dans cet état automatique.

Au niveau des performances de frappe, que je n'ai jamais cherché ni sur clavier ni avec le Twiddler, je dois avoir un bon trente mots par minute avec le Twiddler, contre un petit soixante-quinze avec un clavier qwerty, et je n'ai pas l'impression de tellement progresser ces jours-ci, ni sur l'un ni sur l'autre.

J'avoue que ce temps d'apprentissage ne m'impressionne pas plus que ça, par rapport à un instrument de musique ou un deux-roues motorisé, vingt heures pour être opérationnel ne me semble pas énorme.

En revanche, pour être compétitif avec un clavier dont on sait déjà se servir, j'imagine que le coût d'entrée est prohibitif.

Verdict

Au point où j'en suis, il n'est pas question de remplacer un vrai clavier, mais d'introduire un simili-clavier là où il n'y en avait pas, que ce soit en marchant, dans la voiture (comme passagère), ou face à un appareil Android.

Pour ce qui est du besoin initial, à savoir produire plus de texte pour un même temps passé devant un vrai ordinateur, le Twiddler convient parfaitement. Après une petite phase de mise en place, durant laquelle les gains de temps étaient négligeables, je pense qu'aujourd'hui je passe environ trois à cinq fois moins de temps pour publier un billet ou une histoire sur le présent site.

C'est ce qui me permet de tenir le rythme de mon journal de moto, et à quoi je faisais référence dans Histoires à partager, quand j'écrivais que « je me retrouve à pouvoir rendre publiables des histoires pour un effort moindre. »

Si ça vous intéresse, voici le texte brut directement extrait du Twiddler pour le présent billet. Ce n'est pas très joli, mais après corrections orthographique et grammaticale il ne reste plus que quelques phrases à reprendre et quelques paragraphes à ajouter.

Un effet secondaire est que je marche plus lentement qu'en écoutant des podcasts ou en laissant mon imagination gambader, d'environ 10 %. Mais même en essayant de faire attention je n'ai pas du tout trouvé à quel niveau se trouve la différence. Est-ce le mouvement des doigts qui perturbe l'effet balancier des bras ? Est-ce que l'écriture empiète légèrement plus sur l'attention nécessaire aux déplacements urbains ? Mystère.

Je me demande parfois quelle image ça projette, et je ne suis pas la seule, mais pour l'instant personne ne m'a fait de remarque, et si on m'a lancé des regards perplexes c'est sans que je ne m'en rende compte.

Une question qui reste ouverte, c'est s'il y a un effet sur ma façon de rédiger. Face à un texte sur écran, je peux me balader dans le texte en cours de rédaction, m'y retrouver, le remanier, etc ; alors qu'avec le Twiddler, je dois tout faire de tête, donc je ne me lance qu'avec une représentation mentale plus détaillée, et la première sérialisation en mots est souvent définitive.

Avez-vous remarqué une différence dans le style d'écriture de mes billets ? Sauriez-vous retrouver à quelle date j'ai commencé à utiliser le Twiddler, et quels articles ont été rédigés au clavier ?

Publié le 27 juin 2019

Tags : Jouets

Every Day Carry en 2019

Comme chaque année, avec le mois de mai reviennent les beaux jours et l'inventaire de ce qui me sert de sac-à-main, que j'appelle pompeusement Every Day Carry ou EDC, cf l'édition 2015, l'édition 2016 et l'édition 2018.

Depuis l'année dernière, la liste des objets n'a pas beaucoup changé, mais j'ai avancé sur la question des contenants qui restait en suspens à la fin du billet.

Évolution de l'EDC

Par rapport à mon Every Day Carry en 2018, je n'ai pas changé le découpage modulaire ; et les modules sont tous restés identiques sauf le module 3.

Photo des objets de la liste

Rappel des modules

Dans la suite, je vais développer comment j'ai choisi les conteneurs pour transporter mon EDC, et pour ça je vais faire référence aux modules que j'ai établis dans mon inventaire de 2018. En voici un résumé :

Analyse des besoins en sacs

J'ai essayé très fort de me retenir de faire des blagues geek, mais là je ne peux pas résister à la tentation d'emprunter ce concept de la méthode à Gilles, en écrivant des user stories.

Concrètement, je voudrais un ensemble de sacs et autres conteneurs, de façon à ce que ma vie soit la plus confortable possible dans les situations suivantes, classées par ordre d'importance décroissante :

  1. Je suis au boulot ou chez des amis avec le module 1 sur moi et le reste posé quelque part.
  2. Je vais retrouver des amis dans un bar avec les modules 1, 2, 3 et des bouts de 4.
  3. Dans la situation précédente, je vais aux toilettes avec les modules 1 et 2.
  4. Je vais au boulot avec les modules 1, 2, 3, 4, et Bifrost.
  5. Au boulot, je pars chercher un déjeuner, avec le module 1, mon porte-monnaie, et un sac de courses.
  6. Je pars en week-end avec quelques vêtements de rechange, les modules 1, 2, 3, 4, 6, et Bifrost.

Pour avoir trimballé Bifrost de plein de façons différentes, je sais que je n'ai pas la force physique pour le transporter à la main ou en bandoulière sur des distances de marche qui me semblent pourtant raisonnables. Donc je pars du principe que le porte dans un sac à dos.

Comme en plus j'ai quelques Riut Bags, qui sont trop vieux pour apparaître sur le site, mais je trouve très confortables et pratiques et qui me donnent une certaine sérénité dans l'espace public, je vais commencer par mettre Bifrost dedans, et y ajouter le module 4 puisqu'il n'est jamais utilisé sans Bifrost dans ces histoires.

En même temps, j'ai déjà pu constater à quel point tous les sacs à main que j'ai pu essayer sont pénibles à porter avec un sac à dos. Donc idéalement il faudrait que les histoires 4 et 6 soient faites uniquement avec le sac à dos, et peut-être un sac à la ceinture.

D'autre part, les sacs Riut ne sont pas très pratiques pour sortir des objets en gardant le sac sur les épaules (c'est même son principal argument de vente). Les poches prévues pour ça ne me sont pas très accessibles avec ma morphologie et la façon de les porter. Donc il faudrait au moins que les clefs de mon appartement et les transpondeurs soient dans un sac à la ceinture.

Résultat, en première itération, je me retrouve avec une autre série de modules, plus orientés sacs : des choses que je veux porter à la ceinture, des choses qui restent dans sac à dos Riut, et des choses qui iraient dans le sac à dos si je le prends ou dans un sac à main dédié autrement.

Pour ce qui est de la ceinture, il y aurait toujours le module 1, par définition, et ça répond à l'histoire 1. En y ajoutant mes clefs et les transpondeurs, on répond à l'histoire 4 avec sac Riut. En ajoutant au module 1 le porte-monnaie et le sac de courses, on répond à l'histoire 5. Mais en mettant tout ça ensemble, ça couvre tout le module 2 (clefs et porte-monnaie) et on répond aussi à l'histoire 3.

Il ne reste plus qu'à trouver une ceinture capable de contenir tout ça.

Photo du module minimal

Sur cette photo, les transpondeurs sont rangés dans la couverture du bloc-notes avec le mini-stylo, parce que le plan n'est pas de se limiter à ces objets à la ceinture, mais de profiter de la place supplémentaire pour y ajouter d'autres trucs.

Sacs de ceinture

Ça fait très longtemps que je réfléchis du côté du transport de bazar à la ceinture, mais les sacs banane restent monstrueusement moches, et à la fois encombrants et de faible capacité.

J'ai vu un certain nombre de sacs de cuisse qui avaient l'air très sympathiques, mais qui sont incompatibles avec les jupes que je porte tout le temps (sauf quand je fais de la moto, mais c'est récent).

Et puis un jour, j'ai croisé un développeur FreeBSD avec quelque chose qui ressemble à un mini sac de cuisse, intégré à une ceinture, et construit de façon à ne pas avoir besoin de sangle à la cuisse. Il paraît que tout le monde en a à Berlin.

J'ai eu beaucoup de mal à trouver ça ensuite, même s'il y a deux ou trois modèles chez certains fabricants, par exemple le sac Don de Gusti Cuir.

J'avoue avoir aussi eu des doutes sur l'image que projette le port de ce genre de sacs, mais à la fin j'en ai eu tellement marre que le confort a pris le dessus sur l'image. Cela dit, ça m'intéresse quand même d'avoir votre avis là-dessus.

Cela dit, la plupart de ces sacs restent encore un peu trop petits pour mettre tout ce que je voulais y mettre dans la partie précédente, du coup j'explorais le genre de sac de ceinture qu'on pourrait ajouter à un sac comme ça.

Et puis je suis tombée sur une version avec une sacoche de chaque côté, chez Kunst und Magie.

Résultat, j'arrive à y mettre les modules 1 et 2, et presque tout le module 3.

Photo du sac-ceinture

Organisation interne

Une limite de ce type de sacoches est que l'étroitesse et la position sur le corps rendent difficile le recherche d'objet dedans ; et la version textile est tellement souple que les objets ont tendance à s'accumuler en bas, ce qui est moche en plus d'être peu pratique.

Il me fallait donc un organiseur de sac pour garder tout à sa place, et dans la bonne forme.

J'ai une certaine expérience là-dedans, après en avoir fait un sur mesure pour un sac à main passé (on y retrouve d'ailleurs une bonne partie de mon EDC 2016) et le même principe en gilet.

Ça marche très bien, mais c'est quand même très pénible à faire, et c'est bloqué à une version de l'EDC. Du coup j'ai eu envie d'essayer d'adapter en le rendant reconfigurable, à l'aide de velcro : le support serait une plaque de boucles, et les poches y sont posées avec les crochets.

Pour faire simple, j'ai fait un support double-face, pour y mettre tous les objets plutôt fins, et un support simple-face pour les objets plus épais.

Au niveau des poches, c'est encore plus chiant que les organiseurs fixes, ça m'a donné pleinement conscience que les outils et méthodes pour faire des vêtements ne sont pas faits pour du travail de précision à cette échelle. Je me demande ce que les fabricants de gants utilisent.

Cela dit, j'ai déjà fait assez de reconfigurations pour que cet investissement en efforts soit déjà rentabilisé.

Voici le résultat :

Photo des objets de la poche gauche Organiseur de la poche gauche, avec les objets relativement épais : stick à livres, lampe ZebraLight H53Fw, porte-clef KeyCage, porte-monnaie, miroir batterie USB, et câble micro-USB dans son enrouleur.

Photo des objets de la poche droite, côté intérieur Organiseur de la poche droite, côté intérieur : paracord, smartphone, oreillette bluetooth, pince multifonction, pince à épiler.

Photo des objets de la poche droite, côté extérieur Organiseur de la poche droite, côté extérieur : carnet avec mini-stylo et transpondeurs, sac de courses, briquet Zippo, bouchons auriculaires.

Je n'ai pas fait de photo de la petite poche, mais elle est simplement remplie par le mouchoir et le sifflet, accroché à l'intérieur par quelques centimètres de velcro.

Photo des objets du reste du module 3 Les objets du module 3 qui ne rentrent pas dans la ceinture : bande frontale pour la lampe, câble micro-USB OTG, lecteur d'e-books, crayon khôl, parfum, mascara, kit de premiers soins, mètre ruban, élastiques à cheveux, marqueur permanent, clef USB, nourriture.

Si quelqu'un veut essayer de faire la même chose, les leçons que j'en ai tirées c'est un général manque de rigidité par rapport à ce que je veux faire.

Le support en boucles de velcro gagnerait à avoir une armure en carton, les poches qui ne sont pas en denim ont tendance à se mettre en carafe quand on essaye de remettre un objet dedans, et même en denim la rigidité supplémentaire de l'ourlet (qui manque sur la poche de téléphone par exemple) est nécessaire.

Et pareil sur le placement des poches, il faut empiler les objets pour qu'ils reposent l'un sur l'autre, sinon le support va céder et ça va mal se passer.

Avis sur quelques mois

Une chose qui me manque souvent quand je me renseigne sur internet, c'est un avis à long terme. Les premières impressions sur les produits neufs, c'est très bien, mais en général la vraie question derrière mes recherches est ce que j'en penserais des mois, voire des années, plus tard.

Dans tout ce que j'ai écrit, s'il n'y avait pas le côté artisanal et pénible de l'organisation interne, ça aurait pu être une impression à chaud juste après avoir assemblé tout ça.

Ce qui me semble donc de plus précieux dans ce billet, c'est le témoignage après des mois d'utilisation de ce système.

Le principal inconvénient est la difficulté de ranger les objets dans leur place, surtout ceux des étages inférieurs. Ça été la force majeure de l'organisation verticale, les objets du dessous servent finalement plus de support pour les objets de dessus que pour mon utilisation directe.

Le deuxième inconvénient, qui fait que je continue à chercher une solution alternative, est que j'ai des doutes sur la robustesse de ces sacoches. On peut facilement voir sur la photo les traces d'usure du Zippo et de la boîte de bouchons auriculaires ; la trace du miroir est moins évidente mais une fois qu'on l'a trouvée elle est tout aussi nette.

Au cours de ces quelques mois, j'ai progressivement ajusté la ceinture pour garder le même port, et j'ai avancé le bout de la ceinture de plus de deux centimètres, le tissu a donc dû s'allonger d'autant.

Et il y a un des fermoirs magnétiques dont l'aimant est tombé (probablement dans le bus), ce qui fait qu'il ne ferme plus.

Tout ça bout à bout, je ne serais pas surprise de voir ce sac se casser irrémédiablement dans l'année qui vient.

Au moins, maintenant que le concept est éprouvé, je suis prête à faire l'investissement dans un sac de forme similaire, peut-être un peu plus petit parce que j'ai largement plus de place qu'il ne me faut, dans un matériau plus robuste, par exemple du cuir. Voire essayer de le construire moi-même, si la Main Invisible ne veut pas s'en charger.

Si seulement j'avais des mots clefs pour rechercher ce genre de sacoches…

Publié le 5 mai 2019

Tags : Jouets

Mémoire assistée par ordinateur

Rappel des épisodes précédents

Comme tous les billets qui sont tagués Suite, le présent billet repose sur un contexte décrit précédemment, en l'occurrence dans le billet Perte de mémoire. Je vais le résumer rapidement ici, mais n'hésitez pas à y revenir si le résumé est trop succinct.

Dans les années quatre-vingt-dix, j'ai appris une méthode pour résoudre un Rubik's Cube, en assemblant des séquences de mouvements, appelées algorithmes, qui produisent un résultat élémentaire donné.

Je suis rapidement devenue incapable de réciter ces séquences, mais j'ai pu constater, à peu près une fois toutes les quelques années, que j'étais encore capable de les exécuter machinalement, jusqu'à l'été 2017, lorsque j'ai constaté la perte du dernier algorithme.

J'ai pu constater au passage que la méthode que j'ai apprise semble complètement absente d'internet, et du coup définitivement perdue.

J'espérais mollement que dans les mois qui suivent, je pourrais reprendre un cube, et retrouver machinalement la séquence, mais ça n'a malheureusement pas été le cas.

À la recherche de l'algorithme perdu

L'algorithme perdu est donc une séquence de mouvements du Rubik's Cube dont le résultat net est la rotation d'un tiers de tour de deux coins adjacents, comme ceci :

algorithme 4

Je me souviens clairement que dans cette méthode, les algorithmes étaient décrits à partir de dix mouvements de base, qui sont la rotation d'un quart de tour, dans un sens ou dans l'autre, de la face principale ou d'une des quatre faces adjacentes.

Pour ne pas m'encombrer avec des notations plus ou moins pénibles à assimiler, dans le présent billet je vais désigner ces dix mouvements de base de la façon suivante : F, F', H, H', G, G', B', B', D, et D'.

Je me souvenais aussi clairement que cet algorithme manquant est nettement plus long que les autres. Un vague souvenir me disait 22 ou 24 mouvements de base.

Enfin, les manipulations du cube m'ont laissée sûre que cet algorithme contient B G H, plutôt vers le début, et qu'il se termine par G' F H B'.

Les choses en étaient à peu près là depuis l'été 2017, jusqu'à la coïncidence récente de voir un Rubik's Cube au cours d'un rangement il y a quelques semaines, de commencer à jouer au projet Euler, et de me dire qu'avec un petit coup de pouce de ma mémoire un ordinateur pourrait retrouver l'algorithme perdu, en brutalisant l'espace de recherche.

Assistanat électronique

Donc forte de mes petits programmes pour le projet Euler, j'ai appliqué une stratégie similaire à la modélisation d'un Rubik's Cube, l'application de séquences de mouvements, et l'itération sur ces séquences.

En vrai, j'ai cherché assez tôt à estimer la futilité de cette idée, mais quand j'ai vu que je pouvais déborder mon compteur 32-bits en une dizaine de minutes sur ma machine très peu performante, et que je pouvais explorer toutes les séquences d'au plus 10 mouvements de base en quelques minutes, j'ai pris confiance et j'ai commencé à développer sérieusement.

La partie un peu geek mais intéressante, c'est que ce n'est pas la peine de parcourir tout le monoïde libre sur les mouvements de base toutes les séquences de mouvements, déjà parce que c'est un groupe libre ça n'a pas d'intérêt de faire un coup puis son inverse, mais aussi parce que ce sont des quarts de tour, donc quatre mouvements identiques de suite s'annulent, et en fait trois mouvements identiques sont déjà explorés par le mouvement inverse, et ça ne sert à rien d'explorer deux fois un mouvements quand on a déjà exploré deux fois son inverse, car ça fait le même demi-tour.

J'ai fait mon itérateur en ne considérant que les éliminations du paragraphe précédent, alors qu'on pourrait faire mieux en utilisant le fait que les mouvements de deux faces opposées commutent. Par exemple on pourrait élaguer G D G' puisqu'il donne le même résultat que D seul, qui a été exploré plus tôt. Je me suis dit que c'est trop compliqué à tester par rapport au temps d'exploration gagné.

Et en parallèle, j'ai fait marcher le cube, parce que l'explosion combinatoire fait que les séquences jusqu'à 12 mouvements s'explorent en quelques heures, 13 mouvements dépasse la journée, et j'aurais à redémarrer la machine avant d'avoir fini toutes les séquences de 15 mouvements.

J'ai quand même lancé une double itération pour chercher toutes les séquences qui correspondent à ce que j'ai ci-dessus, histoire d'occuper le CPU, des fois qu'il trouve avant que je code quelque chose de mieux.

Assistanat neuronal

Je cherchais quelque chose de mieux, parce que j'ai quand même bien plus de souvenirs que ce que j'ai déjà écrit, mais leur fiabilité est douteuse.

En particulier, je me souviens clairement que l'algorithme était découpé mentalement en deux parties, et dans la fraction de seconde de pause entre les deux la face principale a une forme de point d'interrogation, c'est-à-dire la première ligne, les deux carrés de droite de la deuxième ligne, et le carré central de la troisième ligne, tous de la même couleur, et les autres de couleur différente. La première partie était assez courte, je pensais vaguement trois coups. Et j'avais le souvenir très vague que les cuboïdes de ce point d'interrogation ne sont pas tous à leur place (c'est-à-dire que la couleur est bonne mais pas portée par le cube qui devrait être là).

Du coup j'ai cherché toutes suites de coups qui arrivent à cette forme, mais aucun de ceux d'au plus 4 mouvements ne font réagir ma mémoire, et la liste de 5 mouvements est trop longue et m'a découragée.

En manipulant le cube, j'ai senti qu'après B G H, je sentais bien G'.

Du coup j'ai continué d'explorer ces coups, et j'ai commencé à sentir peut-être quelque chose en bas (B ou B'), puis peut-être G.

Et en posant ça comme ça, ça a fait émerger un vague souvenir de mon apprentissage de cet algorithme, dans lequel je remarquais une alternance de G' et G entrecoupés de choses en haut et en bas, deux fois dans un sens puis une fois dans l'autre, à moins que ce ne soit l'inverse…

Évidemment, à chaque étape de ce que je retrouvais, j'ai passé la moulinette automatique pour trouver onze ou douze coups manquants.

Sans que rien n'en ressorte.

Bien choisir ses indices

Le problème qu'il y a dans l'accumulation de souvenirs comme ça, c'est qu'il est à peu près certain qu'il y a des erreurs dedans, mais c'est difficile de deviner a priori où. Je crois même qu'à chaque fois que je me suis amusée à draguer le fond de ma mémoire comme ça, il y a toujours eu une trahison par des souvenirs que je croyais très fiables.

Du coup j'ai commencé à remettre tout en question, ce qui fait retomber dans l'explosion combinatoire.

Par exemple, assez tôt dans ce processus, juste après être partie sur B G H G', je me suis dit que finalement ce n'est peut-être pas une séquence « à un moment assez tôt », mais plutôt le même G' que celui est au début de la séquence finale G' F H B'.

Du coup j'ai cherché tous les préfixes de B G H G' F H B'. en restant de taille raisonnable, et de taille moins raisonnable en formant un point d'interrogation assez tôt.

En vain, encore une fois.

Enfin, en vain sur le plan informatique, parce que c'est en essayant de sentir ce que donne cette séquence sur le cube que j'ai retrouvé le reste, en particulier l'alternance de G' et G entrecoupés de choses en haut et en bas, que je sentais vraiment bien.

Du coup au lieu de coller bêtement les deux séquences que j'avais retrouvées en 2017, j'ai collé les versions plus longues, genre B G H G' B G H' G' F H B' et B G H G' B' G H' G' F H B', toujours avec le point d'interrogation atteint en 2 à 5 coups.

Ça n'a rien donné non plus.

Pendant ce temps, j'ai continué de pratiquer ces suffixes, dans l'espoir que ça finisse par évoquer quelque chose à ma mémoire musculaire, au moins pour distinguer les deux branches.

Et puis à un moment j'ai fini avec B G H' G' F' H' F H B' et , je le sentais bien.

Du coup j'ai lancé la recherche sur le plus gros suffixe que je sentais, à savoir B G H G' B G H' G' F' H' F H B', toujours avec le point d'interrogation initial atteint en 2 à 5 coups.

J'avais tellement essayé de trucs, qu'à ce stade, c'est à peine si je vérifiais la sortie du programme. Heureusement qu'il y a trouvé des tonnes de séquences, sinon j'aurais peut-être raté que la réponse était enfin là, sous mes yeux.

La brutalité du résultat

Le premier résultat de la liste est : D' G D pour former le point d'interrogation initial, suivi de G' H' F' H F B' obtenu par exploration exhaustive, suivi du suffixe prédéfini B G H G' B G H' G' F' H' F H B'.

Et là, on remarque quelque chose de très moche : les quatre premiers coups s'annulent mutuellement, et sont juste là pour satisfaire le critère du point d'interrogation. Du coup cette recherche a réussi malgré le souvenir du point d'interrogation, et non pas grâce à lui.

D'ailleurs c'est même pire que ça, parce que j'avais exclu la possibilité d'atteindre le point d'interrogation en un seul coup, et le premier résultat qu'il me sort l'atteint en trois coups, dont deux qui s'annulent l'un l'autre.

Et pareil au niveau de l'autre jonction, toutes les solutions trouvées par exploration exhaustive se terminent par B' pour annuler le premier coup du suffixe imposé.

Résultat, après ces simplifications évidentes, on tombe sur la séquence H' F' H F G H G' B G H' G' F' H' F H B'

Je l'ai pratiquée quelques fois, et ma mémoire musculaire trouve que c'est ce qui colle le mieux de tout ce que je lui ai proposé, mais sans affirmation enthousiaste.

Le tout début, H' F' H donne bien une forme de point d'interrogation, qu'on a le loisir d'observer pendant F, mais à l'envers, en miroir.

La séquence dont j'avais cru me souvenir assez tôt, B G H, n'apparaît pas du tout, mais c'est probablement la corruption du G H juste après le F qui fait tourner le fameux point d'interrogation.

Quant à la séquence dont j'avais cru me souvenir sur la fin, G' F H B', son premier mouvement est également faux, ou mal placé. Je ne sais pas si j'ai zapé le F' H' qui aurait dû être entre G' et F H B', ou si c'est le H' qui a été corrompu en G', mais j'aurais pu chercher très longtemps si ma mémoire n'avait pas fini par réparer cette erreur.

Enfin, ça fait 16 mouvements, alors que mon vague souvenir était au-dessus de la vingtaine. Je me souvenais que les algorithmes étaient de plus en plus longs, et avoir 8 mouvements dans les deux ne colle pas avec ce souvenir. Passer du simple au double ensuite est aussi suspect, parce que c'est « rond » pour que ça ne me marque pas.

Comme quoi, la fiabilité des neurones…

Conclusion

J'ai passé un bon bout de temps sur cette recherche, et le résultat n'est pas tellement à la hauteur en termes de satisfaction émotionnelle. C'était une énigme amusante, du même acabit qu'un problème du projet Euler, mais sans plus.

Je suis un peu peinée que même maintenant que je suis sûre d'avoir retrouvé l'algorithme manquant, et l'avoir répété quelques dizaines de fois, je n'arrive toujours pas à le ressortir sans notes. Ou du moins pas assez souvent pour pouvoir compter dessus pour résoudre un cube à l'improviste.

J'ai du mal à me motiver pour la réapprendre, mais je ne suis toujours pas complètement en paix avec la perspective de l'abandonner.

Annexe : la version complète de la méthode que j'ai apprise

Si ça intéresse quelqu'un, voici en entier la méthode que j'ai apprise.

Il s'agit d'abord de placer les pièces à deux faces (arrêtes) sans se préoccuper de leur orientation, puis orienter ces pièces, puis placer les pièces à trois faces (coins) sans orientation, puis les orienter.

Chacune de ces étapes est réalisée au moyen d'un algorithme, qui est une séquence qui fait un mouvement de base dans l'étape courante tout en préservant ce qui a été fait dans les étapes précédentes.

Et voici les quatre algorithmes :

  1. algorithme 1H F H' F' G' F G

  2. algorithme 2D B' D' B F' B F B'

  3. algorithme 3G B' D' B G' B' D B

  4. algorithme 4H' F' H F G H G' B G H' G' F' H' F H B'

Publié le 24 avril 2019

Tags : Évènement Geek Suite

Mais… mais… mais… pourquoi !?

C'est vrai ça, pourquoi, hein ?

Pourquoi je mets un titre comme ça sur ce billet, alors que je sais très bien que d'ici quelques années, quand je parcourrai l'archive du présent weblog, je me demanderai de quoi ça pourrait bien parler, et je serai irritée de devoir ouvrir ou charger la page pour le savoir.

C'est comme ce type que j'ai connu à El Paso. Un jour il s'est jeté dans les cactus a près s'être mis tout nu. Moi aussi, je lui ai demandé pourquoi.

En plus, il faut attendre le quatrième paragraphe pour découvrir qu'il est question ici de ma décision de passer le permis moto. Ou du moins, de m'inscrire dans une moto école dans ce but, car je ne sais pas encore par quel côté je vais en sortir. Notons que cette décision n'est pas encore concrétisée au moment de la publication de cet article, si vous commentez assez rapidement vous arriverez peut-être à me faire changer d'avis.

Du coup, chers lecteurs, après vous être tapé le suspense irritant que j'infligerai à moi-dans-le-futur, vous vous posez exactement la question éponyme.

En tout cas moi, je me la pose.

Du coup j'imagine que vous n'êtes pas au bout de vos frustrations dans ce billet. Comme moi.

Il m'a répondu qu'à ce moment-là, ça avait l'air d'une bonne idée.

Vin, dans les Sept Mercenaires

Peut-être que d'ici quelques années, je trouverai que ce choix de titre et de construction de billet ne seraient pas du tout mes pires décisions de 2019.

Je me suis longuement sondée, depuis des mois, pour trouver des éléments de réponse. Je n'ai rien trouvé de plus que le contenu de ce billet. Globalement, il y a quelque chose dans la moto qui me séduit, et ça ne va pas beaucoup plus loin.

Il est de fait que l'exemple de David Madore m'a influencée, mais probablement dans une très étroite mesure, parce que mon histoire remonte à bien a avant cette publication. Cependant, je me retrouve assez dans son histoire.

Je pense que mon goût général pour l'agilité, la compacité, et la prise directe sur les outils que je manipule ont pesé plus lourd que n'importe quel exemple.

Pour autant que je puisse faire confiance à des souvenirs aussi lointains, il me semble que j'avais assez tôt cette attirance, et qu'elle a ensuite été étouffée par le fait que ce n'est pas vraiment un truc de fille ni un truc d'intello.

Et puis des évènements récents (non décrits sur ce blog) ont peut-être fait sauter un certain nombre de préjugés mécaniques.

J'aime croire que l'accident de la route récent n'a pas eu du tout d'impact sur cette décision, mais la coïncidence reste suspecte. En tout cas, je ne me sens pas invulnérable aux crashs, si c'est ça qui vous inquiète, les suites psychologiques dans mon cas sont plutôt du côté « il suffit de si peu pour que la vie bascule, j'ai eu beaucoup de chance. »

J'écris sur des tendances vers « la moto », mais en vrai je n'ai pratiquement pas la moindre idée de quel effet ça fait de se déplacer en moto. Avant la semaine dernière, je n'avais jamais conduit de deux-roues motorisé, j'avais été passagère sur moins de cinq kilomètres cumulés sur toute ma vie, et je ne suis pas sûre d'avoir cumulé plus de trois heures sur deux-roues non-motorisé au cours de ce siècle.

Du coup, quelque part c'est ça qui m'a le plus poussée vers la moto-école : je suis séduite par ce que je m'imagine être faire de la moto, depuis assez longtemps pour être sûre que ça ne va pas passer tout seul avec le temps, et en dehors du temps le meilleur moyen pour se débarrasser de ce genre d'idées est de l'essayer. Soit ça me plait autant que je l'imagine, et je serai contente de m'être lancée, soit c'était juste de la hype et je serai contente d'en avoir été soulagée.

Je trouve que l'hédonisme est une assez bonne heuristique de quelles illusions garder et de quelles illusions se débarrasser.

Pour m'aider dans cette réflexion, j'ai utilisé le cours d'évaluation que la moto-école doit faire passer avant de proposer un contrat. J'espérais que ça me donnerait suffisamment d'expérience concrète pour me faire une vague idée de la réalité de conduire une moto. Et à ce niveau, c'était un échec complet. C'était très bien comme premier cours, mais très nul comme démonstration de ce que je peux espérer vivre.

Au moins je sais que je ne suis pas sévèrement révulsée par la conduite en moto, et que je suis aussi mal coordonnée et mauvaise en apprentissage corporel que je le croyais (même si j'entretenais une lueur d'espoir d'avoir progressé dans ces domaines, cet espoir a été complètement éteint).

Autrement, je dois reconnaitre que j'espère aussi que l'apprentissage de la circulation à moto me permettra contiennent des éléments transposables à la conduite en voiture, et que même si je ne touche plus jamais de moto de ma vie après cette préparation au permis moto, j'en ressorte quand même meilleure conductrice. Je ne m'attends à ce que ce soit énorme, peut-être même pas significatif, mais je n'arrive pas à me débarrasser de l'idée que ce sera non-nul.

Et à ce point-là, j'ai fait le tour de tout ce que j'ai trouvé pour expliquer cette décision, et je conviens que c'est bien léger.

Cependant, je n'ai pas encore fait le tour de la question éponyme.

Pour une raison que je ne cerne pas du tout, j'étais partie sur l'idée de ne pas publier cette histoire, parce qu'elle ne me semblait évidemment pas conforme à ma ligne éditoriale. Alors qu'à y regarder de plus près, ce n'est pas si évident du tout.

Autant dire que ma fierté d'avoir une ligne éditoriale claire et de m'y tenir vient de voler en éclats.

Globalement, cette ligne est que ce weblog donne de mes nouvelles à ceux qui me connaissent, sans toucher à l'intime et en se restreignant à ce que j'assumerais devant mes collègues ; mais il ne permet pas de m'identifier sans déployer des efforts ciblés et personnalisés.

J'ai prévu de tenir des notes sur mon ressenti tout au long de cette aventure, et c'est là que je fais appel à vous, chers lecteurs : voulez-vous suivre avec moi mon évolution dans le maniement des deux-roues sérieusement motorisés, ou est-ce que je vais vous barber avec ce flood sans intérêt ?

Publié le 19 mars 2019

Tags : Autoexploration Évènement

Mon premier carton

De toute façon, tout ça, c'est la faute de Pauli.

La responsabilité étant posée, regardons les faits.

Le décor

Imaginons un carrefour en forme de T. On va toujours regarder les choses dans le même sens, donc ce n'est pas la peine de chercher à retourner le T, c'est juste une route à double sens « horizontale », avec une route qui arrive « par le bas ».

En réalité, la partie gauche et la partie droite de la barre horizontale du « T » ne sont pas tout à fait en face, il y a une légère chicane, mais ça n'a pas de conséquence sur ce qui va suivre.

Ce carrefour est sévèrement en travaux, avec du marquage jaune au sol, des plots en béton entre certaines parties du trottoir et la route, et une disposition pas forcément optimale des feux tricolores et des palissades opaques.

L'action se déroule autour du passage piéton de la branche gauche du « T ».

Le choc

So like the blink of an eye Just the second before a crash Time is standing still, I am frozen, I can't feel.

J'étais en train de traverser tranquillement ledit passage piéton, alors que le feu piéton était vert, avec donc le carrefour à ma droite. J'étais à peu près au milieu de la largeur du passage, plutôt à droite, et je l'avais traversé aux trois quarts, ce qui me plaçait à peu près au milieu de la voie des voitures qui vont de ma droite vers ma gauche.

La voiture est arrivée par la branche verticale du « T », c'est-à-dire dans mon dos, avec du coup son feu également vert. Elle est passée sur le passage piéton en même temps que moi.

Or le principe de Pauli exclut qu'une voiture et un piéton dans le même état quantique soient au même endroit en même temps. Dit comme ça, c'est peut-être me prêter des qualités quantiques que je ne peux raisonnablement revendiquer, mais ultimement c'est bien l'application de ce principe qui m'a fait quitter le passage piéton.

Pour être complètement honnête, je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé. J'ai vu le capot apparaître dans ma vision périphérique, l'espace d'un instant, à tel point que je ne me souviens pas avoir perçu le moindre déplacement. Juste après, je me souviens de l'impression d'aller vers le haut, sans aucune autre information sensorielle. Et juste après, je me souviens être couchée par terre, cinq mètres plus loin dans l'axe de la voie, avec déjà des gens autour de moi.

Je ne sais pas trop s'il y a plusieurs sortes de perte de connaissance, ou même si cette absence de mémoire correspond nécessairement ou non à une perte de connaissance sur le moment. En tout cas, il y a une tranche de temps dont je ne me suis jamais souvenue, assez longue pour la conductrice et des témoins me rejoignent, mais assez courte pour que les témoins ne décrivent pas de perte de connaissance. Je suppose que ça correspond à quelques dizaines de secondes.

J'ai l'impression que juste avant cette interruption des souvenirs, j'ai eu le temps de former successivement deux proto-pensées. Je désigne par là des entités mentales que l'on peut décrire par une phrase, mais qui sont vraiment un objet créé instantanément. Un peu comme une image, mais pour les concepts au lieu des sensations visuelles. La première proto-pensée serait à peu près la reconnaissance du non-arrêt de la voiture, et que je vais me retrouver couchée sur le capot, comme ça m'est déjà plusieurs fois ; et la deuxième est de l'ordre de « je vais mourir », mais sans la moindre couleur émotionnelle.

Je suis un peu réservée sur la véracité de ces proto-pensées, parce que même si maintenant j'ai sincèrement l'impression qu'elles font partie du souvenir du moment, je me souviens que je ne m'en souvenais pas du tout le jour même. Du coup je crains qu'à force de me remémorer cet évènement, il y ait une forme de réinterprétation qui soit venu s'y ajouter.

L'urgence qui dure

Donc à ce stade, pour resituer, je me suis « réveillée » couchée sur mon côté droit, au milieu de la voie que la voiture voulait emprunter, dans la longueur, avec la tête vers la voiture. La voiture était arrêtée avec l'avant qui dépassait d'un peu moins d'un mètre du passage piéton.

Je n'ai pratiquement pas bougé dans la largeur de la voie (ou dans la longueur du passage piéton), mais mes pieds étaient à environ 5 m du lieu de l'impact ; tandis que ma tête a fait un mouvement net d'un peu plus de 3 m horizontalement et ma taille verticalement. On n'est pas du tout dans une situation d'approximation des petits angles, mais de toute façon les trajectoires étaient sans doute loin d'être rectilignes, et comme je n'ai aucun souvenir de ce déplacement, je ne vais pas essayer de les estimer.

Du coup on pourrait compter que mon centre de gravité a dû se déplacer d'environ 4 m sous l'effet du choc, mais je ne sais pas à quel point c'est plus véridique que les 5 m de mes pieds que je considère habituellement.

Une témoin m'a dit de ne pas bouger, et j'avais le cerveau assez peu secoué pour savoir que c'est un bon conseil aux victimes d'accident de la route, alors j'ai obtempéré. Je me souviens que m'avait traversée l'idée de me relever en proposant « on oublie tout » pour rentrer chez moi et faire tout ce que j'avais prévu faire. Par prudence, je n'ai pas suivi cette idée, surtout par peur d'un dégât corporel grave qui ne soit pas subjectivement évident à moment là.

J'ai commencé par un inventaire des sensations dans mon corps. Je n'ai trouvé aucune douleur criante, je crois que j'avais déjà trouvé à ce stade des douleurs gérables à la jambe et au visage, mais j'étais surtout préoccupée par le sable et le goût de sang dans la bouche, et par l'inconfort de la pluie et de la flaque de boue sous ma hanche droite.

Ensuite j'ai continué en bougeant prudemment les extrémités, attentive au moindre indice que quelque chose pourrait être abîmé. Ma langue a indiqué que toutes les dents étaient là et fermement accrochées, mes bras et mes jambes répondaient correctement, avec une proprioception normale, sans douleur supplémentaire.

Un peu rassurée par ces autotests, je me suis dit que j'allais sagement attendre les secours, toujours par peur de dégâts non-évidents, genre à la colonne vertébrale.

Je ne sais pas combien de temps j'ai tenu avant d'en avoir vraiment trop mare de l'eau sur et sous moi, et de la désagréable impression de déranger tout le monde en restant au milieu du chemin. J'ai quand même fini par me lever tout doucement et prudemment, très attentive à la moindre anomalie proprioceptive.

Une fois debout, je me suis placée au bout du passage piéton que j'avais commencé à traverser avant toute cette histoire, et j'ai attendu les secours en discutant mollement avec les témoins, et la conductrice quand elle n'était pas au téléphone à essayer de joindre des secours ou des autorités.

J'ai appris au passage que la témoin juriste a lu dans les textes que l'accident du travail ce n'est que pour l'aller, et pas le retour vers chez soi, même si ce n'est pas vraiment appliqué comme ça. Et elle avait pris conscience de l'accident à cause du gros « boum » lors du choc, assez fort pour passer au-dessus de sa musique. Alors que je n'ai aucun souvenir de ce bruit.

J'ai aussi appris du témoin qui travaille sur le chantier que c'est un coin vraiment mal foutu et qu'à son poste de faiseur de signes aux camions du chantier il voit des accidents toutes les semaines, mais habituellement de la tôle froissée et non pas des blessés.

J'ai appris de la conductrice qu'elle était inquiétée par les annonces de neige et comment chercher son enfant à la crèche et rentrer chez elle sans se retrouver bloquée et elle m'a vue trop tard. Les témoins et moi comprenions la situation et le « tunnel » causé par l'inquiétude, mais sans rien excuser ou diminuer la responsabilité.

Et puis les pompiers ont fini par arriver, à peu près une demi-heure après le premier appel de la conductrice aux secours.

Alors que j'étais emmenée au véhicule des pompiers, j'ai à peine eu le temps de voir la conductrice se décomposer, en n'ayant plus le soutien de la responsabilité de gérer la situation, et de ne pas être libérée pour chercher son enfant alors qu'on était déjà cinq bonnes minutes près le dernier délai de fermeture de la crèche.

Autant dire que je trouve mon sort largement préférable au sien, mais c'est probablement biaisé par la chance que j'ai eue.

Le bilan externe

À ce stade je vais faire une parenthèse dans la chronologie pour décrire les conséquences visibles de cet accident sur mon corps.

J'ai principalement été abîmée à la jambe droite et à la tête, et le cuir de mon gant gauche a été sérieusement égratigné, mais il a bien protégé ma main.

Sur la jambe droite, j'avais un bleu un peu plus grand que ma paume, dans la moitié supérieure du mollet, sur le côté extérieur. Ça correspond probablement au premier impact avec le pare-chocs. Il y a un bleu un peu plus petit à peu près au milieu mollet et à l'arrière, et un autre encore plus petit juste au-dessus du genou, entre le côté extérieur et l'arrière.

En plus de ça, j'ai sur la moitié supérieure du bas de la jambe, à l'avant, quelques centimètres à côté du tibia, des lacérations horizontales sur quelques centimètres.

Au niveau de la tête, l'impact le plus fort s'est traduit par un bleu à droite de la pointe du menton et une éraflure sur la partie droite du menton. Je ne sais pas si le sang dans ma bouche vient de là ou d'une blessure interne.

J'avais en plus une éraflure secondaire sur la pommette droite, et des égratignures sur l'aile gauche du nez, le bas du front juste au-dessus du nez, et sur le haut de la tête.

J'adorerais avoir une idée de la dynamique du choc pour arriver à ce type de résultat, parce que là je ne comprends pas du tout. Sur la jambe, j'imagine l'impact primaire sur le plus gros bleu, qui conduit à plier le genou mécaniquement et/ou par réflexe, qui conduit à un choc secondaire qui cause les deux autres bleus, et le glissement de la jambe contre le pare-chocs ou le bitume qui cause ensuite les lacérations. Sur la tête, je n'ai même pas l'ombre d'une théorie.

Les soignants font ce qu'ils peuvent

Dans le camion de pompiers, j'ai eu droit aux premiers examens : tension, rythme cardiaque, température, oxygénation du sang, palpation de l'abdomen, et tout semblait bon.

Je ne sais pas exactement combien de fois j'ai répété mon histoire, entre la première évaluation de la situation par les pompiers, le rapport qu'ils devaient rédiger, le policier qui est venu ensuite pour établir le constat, etc.

Un truc qui m'a fait tiquer déjà à ce moment-là, c'est qu'ils n'arrivaient pas à intégrer que j'ai perdu une partie de la mémoire, et (je suppose) perdu conscience pendant ce temps. Je ne m'en rendais pas compte à l'époque, faute de miroir, mais c'était pourtant évident vu les traces que j'avais tapé sérieusement ma tête dans cette histoire.

Après un détour pour montrer à la police l'autre côté du chantier, le camion des pompiers m'a emmenée aux urgences, où je suis arrivée plus d'une heure après le choc. Je ne sais pas si c'est l'état normal des urgences ou si les prévisions de neige ont empiré les choses, mais il n'y a pas intérêt à avoir un truc trop urgent.

Les pompiers sont restés avec moi jusqu'à ce que je sois reçue une demi-heure plus tard par des infirmières, une qui voulait vérifier mon taux d'hémoglobine, pour détecter une hémorragie interne, alors que l'autre qui n'en voyait pas l'intérêt. Du coup la première l'a fait toute seule en soupirant.

Et là je me suis retrouvée seule dans la salle d'attente, et j'ai attendu.

Et qu'est-ce que j'ai attendu.

C'est dans les moments comme ça qu'avoir un livre dans son EDC c'est d'une aide colossale.

J'en profite aussi pour exprimer ma gratitude envers le lecteur qui m'a fait mettre de la nourriture dans mon EDC, parce que c'était déjà assez pénible comme ça, ça aurait été bien pire le ventre vide.

Au passage, j'ai pu vérifier mon inventaire, il n'a pas eu de dégât matériel de mon côté, à l'exception du collant lacéré, de mon gant gauche, et du verre de ma montre intelligente.

En particulier, le téléphone, certes blindé, a dû se retrouver entre la carrosserie et moi, et il n'a rien eu ; et sont également indemnes mon Thinkpad et mon livre électronique, tous les deux dans mon sac à dos, sur le quel je suis peut-être (ou pas) tombée.

Même le parapluie que j'avais dans ma main droite au moment du choc en est ressorti intact, mais je l'avais sélectionné pour la résistance (au vent) de son manche et baleines en fibres de verre.

Et puis plus de deux heures après mon arrivée, alors que la salle d'attente commençait à être bien vide, une infirmière est venue me demander que je lui rappelle mon nom. Autant dire que ça ne met pas en confiance…

Il faut voir que pendant ces deux heures, l'adrénaline a eu le temps de redescendre, et ma lassitude devant cette situation de monter, malgré la lecture. Avec la fatigue en plus par dessus, être dans une salle d'attente à l'heure où je devrais me coucher dans mon lit, ça n'est pas très propice aux choix rationnels. Et le gros mal de tête intermittent n'arrange rien.

Donc ils ont fini par me coller dans un coin en attendant un docteur, sans mon livre, histoire d'améliorer encore mes dispositions.

Au bout d'un temps indéterminé, un médecin arrive et me demande ce qu'il m'est arrivé, avec un fort accent. Je le dis sans xénophobie, juste qu'entre le raz-le-bol général et les difficultés de conversations, les efforts pour tout communiquer n'étaient pas tout à fait à ma portée.

Du coup, quand il m'a demandé où j'avais mal, j'ai répondu par la vérité, à savoir la jambe. Il a regardé et m'a envoyé faire une radio de la jambe. Un infirmier ou technicien m'a dit qu'il y aurait de l'attente parce que « ce n'est pas prescrit dans le dossier » (sic). La machine a chauffé, les clichés ont été pris.

J'ai attendu encore un temps indéterminé avant que le médecin revienne pour m'expliquer que rien n'est cassé, et me donne une ordonnance de paracétamol et un arrêt maladie de trois jours en disait que j'avais le choix de l'utiliser ou non. Toutes les inquiétudes plus haut sur le tapage de tête et le fait que j'aie ou non perdu conscience semblaient complètement évaporées (ou perdues avec mon dossier), ça m'a paru suspect mais j'en avais tellement marre que j'ai pris l'option de juste rentrer chez moi et me rouler en boule dans le lit.

Avec tout ça, la neige annoncée avait quand même fini par tomber, et même sans neige je crois bien que j'en suis sortie après la fin du service de bus, un peu moins de cinq heures après le choc. J'en avais assez marre pour renoncer à l'appel de taxi et marcher les deux kilomètres jusque chez moi. Ce qui a confirmé au passage que rien n'est cassé dans la jambe.

La gueule du lendemain

Après une bonne nuit de sommeil, ça allait quand même nettement mieux. Je n'avais plus mal à la jambe tant que je ne m'en servais pas. Avec mon métier assise devant un ordinateur, ça me semblait tout à fait compatible avec mon état de santé, et j'ai donc décidé d'aller travailler comme d'habitude, au boitement près.

Encore aujourd'hui, je ne sais pas exactement ce qui a fait dire à mes collègues qu'il s'était passé un truc, mais ça devait être évident. Donc bien entraînée par la veille, j'ai raconté une fois de plus mon histoire.

En même temps, j'étais réveillée depuis assez longtemps pour constater que même si la jambe est gérable, il y a quand même des maux de tête et des nausées intermittentes, relativement courtes, mais quand même assez fortes.

Et c'est vrai que les maux de tête et les nausées, ce n'est pas forcément anodin après un choc à la tête.

Encore une fois, je me suis laissée faire, et j'ai laissé les collègues appeler le 15, qui a jugé pertinent d'affréter une ambulance pour me renvoyer aux urgences.

Une interne m'a fait un examen neurologique extensif, au demeurant assez amusant, pour conclure qu'il n'y avait aucun problème, et comme c'était seize heures après le choc, s'il y avait eu une conséquence ça se serait vu.

Elle était partie pour me renvoyer comme ça, en considérant que l'examen était assez bon pour ne pas mériter un complément par imagerie médicale ; mais dans le doute elle a quand même demandé confirmation à son chef, qui l'a manifestement convaincue de me faire quand même passer un scanner.

Le scanner a été assez rapide, et le résultat est que tout va bien, mais il y a du sang dans le sinus frontal gauche, ce qui est sans gravité et se résorbera tout seul.

Du coup je suis retournée directement au boulot, et mon employeur compréhensif a accepté de me laisser rattraper les trois heures passées aux urgences dans les jours qui suivent, au lieu de me forcer à poser un congé.

Conclusion

La veille de cet accident, je répétais encore à un collègue que le dernier plaisir sadique que je garde est regarder les parisiens en panique devant le moindre flocon. Appelez ça punition divine, karma, ou comme vous voulez, mais la leçon est rude.

Au moment où j'écris ces lignes, trois semaines après l'incident, il ne reste plus aucune marque sur le visage depuis longtemps, et il ne reste que quelques traces des deux plus gros bleus à la jambe et des éraflures.

J'avais un peu peur de l'impact psychologique de cette histoire, car c'était mon tout premier accident de la route, et finalement je n'ai pas spécialement d'angoisse avant de traverser.

Je ne suis retournée qu'une seule fois à ce carrefour en travaux. J'ai été reconnue par le témoin employé du chantier, qui se souvenait même de mon prénom et tout, et pour une raison obscure ça me cause un malaise beaucoup plus profond que l'accident lui-même. Du coup, j'ai changé mon itinéraire, pour passer des rues plus petites et un peu plus glauques, mais avec moins de risques motorisés.

Je ne sais pas trop pourquoi ça me travaille autant d'être reconnue dans la rue par des gens avec qui je n'entretiens pas vraiment de relation, mais c'est la troisième fois que je change de parcours pour éviter ça.

Mise à jour : j'étais un peu trop optimiste en pensant en être sortie psychologiquement indemne. Je traverse la route sans état d'âme, même quand des voitures arrivent, mais j'ai constaté une montée de stress à chaque fois qu'une voiture traverse ma vision périphérique pour passer derrière moi, au moins quand elle vient de ma droite (je n'ai pas encore vécu le cas symétrique). Heureusement que c'est une situation rare.

Publié le 20 février 2019

Tags : Évènement

La langue de l'imaginaire

Je vous ai déjà parlé moult fois de mes tendances en matière de lecture, à tel point que je viens même de fabriquer le tag « Lecture ».

Une chose qui m'interpelle ces jours ci est la langue dans laquelle je lis. Un rapide coup d'œil dans ma liste de lecture pourra vous révéler une écrasante majorité de fictions en anglais.

J'ai lu récemment Zoulag, qui est trop court pour figurer dans ma liste de lecture, mais en dehors de lui et de tentatives de rerentrer dans Les enfants de l'Ô, je n'ai pas lu de fiction en français depuis 2013.

Pourquoi si peu de français, alors que c'est ma langue maternelle ?

Pour une raison obscure, j'ai énormément de mal à rentrer dans les fictions en français. J'ai beaucoup de mal à décrire exactement ce qui me gêne. Lorsque j'essaye de me projeter dans l'univers imaginaire d'une histoire en français, il y a quelque chose dans la forme qui n'arrête pas de tirer vers la réalité.

Je me souviens d'un ami qui me disait il y a longtemps qu'il pouvait lire les romans en anglais, mais qu'il préférait les traductions parce qu'en anglais, le film que ça fait dans sa tête est basse définition, alors qu'en français c'est en HD. Je me demande si ce n'est pas juste une autre façon de décrire la même chose.

Mais qu'est-ce qui me gêne exactement ? Est-ce juste la langue, ou une composante particulière du style de l'auteur ? Cette gêne tire un peu plus fort à chaque lecture d'un passé simple, et plus encore quand j'aurais mis plutôt un imparfait à la place, mais je ne sais pas quoi faire de cette information.

Et pourquoi est-ce que je me plonge aussi facilement dans les histoires que j'ai écrites que dans les romans en anglais ? Est-ce que c'est juste la réactivation du souvenir de l'histoire avant qu'elle soit transcrite, ou est-ce que j'adopte intuitivement le style qui me touche le plus ?

Et un peu plus profondément, est-ce que c'est vraiment une question de style intrinsèque, ou juste un manque d'habitude qui pourrait s'estomper au fil des tomes ?

Si vous avez des recommandations de fictions du même style linguistique que mes écrits, ça m'intéresse de voir si j'accroche. En passant, si vous avez des recommandations de fictions en russe avec du vocabulaire facile, c'est un point de comparaison intéressant aussi. Et si vous avez des témoignages similaires, ça m'aiderait à avoir plus l'impression que c'est anodin.

Publié le 30 janvier 2019

Tags : Autoexploration Lecture

Histoires à partager

Avant de commencer, le plus important : je souhaite un très joyeux Noël à tous ceux qui liront cette phrase, et en prenant le mot « Noël » dans un sens très large, c'est-à-dire tout ce que vous pourriez être en train de fêter ces jours-ci.

Mais comme c'est un billet d'Appel au public, je vous remercie par avance de privilégier dans les réponses la sincérité à la volonté de faire plaisir à tout prix en cette période festive.

J'observe depuis un bon bout de temps les visites de ce site personnel se réduire progressivement. J'ai la nette impression que le système féodal des gros réseaux sociaux a rendu obsolète celui des petits sites personnels entretenus artisanalement.

Concrètement, ça ne dérange pas tellement. J'ai toujours considéré ce site comme une vitrine personnelle, mais le genre de vitrine qui serait dans mon salon, exposant des Metal Earth plus moins bien réussis.

Je veux dire par là que la majorité des choses que je publie ici sont des notes personnelles pour ma consommation personnelle, que je publie au cas où ça intéresse quelqu'un d'autre, un peu comme mon code. Je n'ai pas besoin d'audience pour continuer à l'identique ; l'audience c'est juste du bonus, principalement au bénéfice de ladite audience.

Dans le même ordre d'idée, il y a plein d'histoires dans ma tête, que je construis pour mon propre plaisir ou mon propre divertissement.

Parmi ces histoires, il y en a une petite partie que je décide de fixer sous forme de phrases, en général parce que ça enregistre des émotions que je ne suis pas sûre de pouvoir retrouver plus tard.

Une fois fixées, ces histoires ne sont généralement pas encore dans un état que je considère comme publiable, et je ne trouve pas la motivation nécessaire pour faire ce travail, ce qui explique le peu de nouveautés dans ma section Histoires.

Depuis très récemment, ma situation personnelle a subtilement évolué, et je me retrouve à pouvoir rendre publiables des histoires pour un effort moindre, et avec la possibilité de réorganiser mon emploi du temps pour y caser ce travail.

Mais ce travail n'est toujours pas satisfaisant pour moi seule. Ce serait un coût personnel sans bénéfice personnel direct. Le plaisir de partager mes histoires suffirait à me motiver pour le faire, à condition qu'il y ait une audience avec qui partager. S'il n'y en a pas, si tout le monde s'en fout, je préfère utiliser ce temps pour faire quelque chose de plus égoïstement satisfaisant.

L'objectif de ce billet est donc simplement de peser la question « ai-je une audience pou ces histoires ? »

À titre d'exemple, j'ai publié récemment Becoming, une nouvelle pour tester en grandeur nature mon nouveau système, que j'utilise à présent comme test grandeur nature d'audience.

Combien d'entre vous auraient envie de lire des histoires dans ce genre, si je mettais à en publier plus souvent ?

Il y a déjà un commentaire très encourageant sous Becoming, mais peut-être certains d'entre vous sont-ils passés à côté de la publication de la nouvelle, ou se manifesteraient plus en réponse à cet appel qu'à une publication quelconque ?

À ce stade je cherche juste un décompte de lectorat, j'écouterai volontiers tous les conseils sur comment faire mieux, voire transformer un non en oui, mais je n'en demande pas tant.

Pour vous donner une idée, le niveau ultime de réussite artistique personnelle à mes yeux n'a pas changé depuis ce vieux billet, les « fans qui attendent avec impatience ma prochaine publication, qui s'inquiètent un peu lorsqu'elle tarde inhabituellement, qui font des critiques constructives quitte à être négatives, tout en me laissant percevoir leur soutien. » C'est le 20/20 de mon échelle, quoi.

Et il y a un 30/20 dans ce que j'ai vu sur Errant Story à l'époque, avec un forum de gens qui vérifient la cohérence et spéculent sur les développements futurs et tout.

En question subsidiaire, je ne désespère pas encore de remettre en marche mon système d'images de synthèse, et je vais probablement finir un jour par explorer la bande dessinée, et ça m'intéresse de savoir s'il y aurait éventuellement plus de public pour des histoires fixées sur des planches de BD plutôt que fixées en phrases.

Publié le 26 décembre 2018

Tags : Appel au public Création

Aftershokz Trekz Titanium

Le casque pour entendre ce qu'on écoute pas

Photo du casque Aftershokz Trekz Titanium

J'utilise régulièrement depuis un peu plus d'un an un casque bluetooth à conduction osseuse, le Trekz Titanium d'Aftershokz.

Honnêtement, c'est le plus mauvais casque que j'ai jamais essayé sur presque tous les aspects, et pourtant c'est lui dont je me sers le plus souvent, c'est dire à quel point la conduction osseuse est une killer feature à mes yeux.

Pour bien le mesurer, il va falloir que je commence par expliquer ce qui a éveillé mon intérêt pour ce casque.

Le besoin à remplir

Je passe beaucoup de temps à marcher en ville, ce n'est pas vraiment nouveau, principalement sur des trajets entre mon lieu de travail et mon domicile. C'est un choix personnel, à la place de transports en communs, motivé par la combinaison de plusieurs raisons :

Le principal défaut de cette activité, c'est que ce n'est une activité que physique, et que de base je n'ai pas de moyen de m'occuper l'esprit pendant toutes ces heures. Alors je laisse gambader librement mon imagination, on ne peut pas dire que je m'ennuie ; c'est juste que parfois mon imagination se bloque dans un thème pas joli-joli, et je ne suis pas très douée pour gérer ça.

Ma première idée pour m'occuper l'esprit pendant que les jambes bossent, c'est utiliser mes oreilles, au moyen d'un casque. Le problème immédiatement évident, c'est que je marche aussi avec mes oreilles, pour naviguer dans l'environnement urbain et tous les dangers qui l'habitent. Donc il est hors de question que j'utilise mes casques préférés, parce qu'ils me coupent trop de l'environnement sonore.

Bon, je suis probablement inutilement parano' sur le risque de rater un indice important de mon environnement, donc même les casques avec une isolation pourrie m'inquiètent trop pour que je puisse marcher sereinement pendant une longue période.

La conduction osseuse

Je ne me souviens plus très bien à quelle occasion je suis tombée sur le concept de casque à conduction osseuse. L'idée est, au lieu de faire vibrer l'air en direction des oreilles, de faire vibrer des os pour envoyer l'acoustique directement à l'oreille interne. Le résultat net est strictement aucune atténuation des bruits ambiants.

Le principal inconvénient se résume au fait qu'en réalité, les gadgets ne sont jamais en contact avec un os, il y a toujours du tissu mou qui vient pourrir le couplage acoustique. Résultat, ça gaspille beaucoup d'énergie, le rendu sonore est difficile à maîtriser, et à forcer de gérer autant d'énergie on n'a parfois des soucis à faire autant virer des os qui n'ont pas l'habitude.

De ce que j'en ai lu, la technique fait beaucoup de progrès, mais le casque que j'utilise depuis plus d'un an est à peu près le plus pourri sur tous les critères qui me viennent à l'idée, et pourtant je suis loin d'être audiophile ou sensible aux finesses du rendu audio.

À mes yeux oreilles, il n'a pour lui que la killer feature de ne pas couvrir les sons ambiants.

Mon utilisation

Pendant les premières heures d'utilisation de ce casque, j'ai perçu une texture très particulière au son, mais je n'ai pas été capable de la retrouver depuis. Je ne sais pas si c'est une question de rodage de l'appareil, ou l'apprentissage d'une compensation dans le traitement auditif, ou une stabilisation du port de l'appareil, ou encore autre chose. Bref, tout ça pour dire qu'une première impression franchement dégueulasse n'est pas forcément rédhibitoire.

Cela dit, je ne suis toujours pas fan d'écouter de la musique avec, et je me limite aux titres que je connais tellement par cœur que c'est plus de la remémoration musicale que vraiment écouter.

En revanche, pour ce qui est de la voix, je n'ai rien à lui reprocher, les phonèmes passent sans problème, sans distorsion flagrante, et il n'y a guère que la violence des bruits de moteur pour gêner la compréhension.

Ce qui m'amène à la deuxième utilisation à laquelle j'ai renoncé : pendant un moment, j'ai essayé d'écouter l'audiobook de crossover, dans la continuité de mes réflexions sur l'écrit contre l'oral.

Manifestement, pour mon cas, ce n'est pas une bonne idée de mettre un livre à six étoiles sur cinq là-dedans. Quand je suis aspirée dans l'histoire je suis trop déconnectée de la réalité pour ne pas me mettre en danger ; quand la réalité prend le dessus, le manque est super désagréable ; et quand je ne rate que des petits morceaux (par exemple quand une sirène passe à toute allure), j'ai une espèce de FOMO très désagréable aussi.

Résultat, j'ai laissé tombé les audiobooks dans les environnements un peu bruyants, qui sont les seuls environnements dans lesquels la killer feature a le moindre intérêt.

Donc en gros la seule utilisation compatible avec mes conditions d'utilisation semble être le transfert d'informations sans charge émotionnelle, c'est-à-dire les podcasts.

Par chance, il y a largement de quoi m'occuper avec ça, surtout depuis que j'ai eu l'idée d'y mettre de quoi travailler une langue étrangère, un peu au-dessus de mon niveau. Comme je ne comprends globalement rien, je ne suis pas dérangée par les bruits trop forts, et je n'ai aucune réticence à déplacer mon attention sur un élément extérieur, et en plus je peux laisser les mêmes podcasts en random et découvrir de nouvelles choses même dans ceux que j'ai déjà entendu dix fois.

Cela dit, pour les vrais podcasts, il me manque quelque chose pour revenir légèrement en arrière, genre 5-10 s, mais j'imagine que c'est quelque chose qui est plus du ressort de l'appareil qui envoie la musique que du casque.

Avec tout ça, je m'en sors très souvent, et j'en suis globalement très contente. J'ai conscience de l'étroitesse de la niche qu'il remplit, mais je suis très contente qu'il existe.

Une chose que j'ai du mal à quantifier et qui m'inquiète un peu, c'est combien de son « fuit » du casque vers l'air, à quel point j'embête les gens que je croise dans la rue. Et comme je bascule facilement mon attention sur l'extérieur, il m'est arrivé plusieurs fis de parler avec des gens qui m'interpellent sans étendre le son, je me demande si c'est perçu et si oui comment.

Publié le 30 novembre 2018

Tags : Jouets

Provisions à emporter

Un gentil lecteur a vu mon EDC (le bazar que je transporte sur moi) et il m'a fait remarquer qu'il n'y a rien à manger là-dedans. C'est une bonne remarque, et j'ai vu qu'il y a beaucoup de gens qui transportent des en-cas. Ce n'est pas mon cas, parce qu'évidemment je n'en ai pas besoin, je mange très rarement entre les repas.

Au cours de ma vie, j'ai remarqué que c'est souvent intéressant de remettre en question les trucs qui ont l'air évidents, surtout lorsque c'est pour fermer une question.

En vrai j'ai un peu honte de la fréquence à laquelle je grignote en dehors des repas, mais c'est presque tout le temps dans les lieux familiers, où je stocke de la nourriture, de sorte que je n'ai pas besoin d'en transporter avec moi.

Cela étant, mon EDC contient bien un certain nombre d'objets dont je n'ai pas besoin tous les jours, mais dont l'utilisation en cas de besoin est suffisamment positive pour l'avoir toujours à portée de main, donc ça mérite quand même réflexion.

Et puis, comme un pied de nez du destin, quelques jours après être arrivée à cette conclusion, je me suis retrouvée à sauter un repas dans des circonstances amenées à se reproduire.

Je vais donc dans ce billet étaler le résultat de ces réflexions sur quelle nourriture intégrer à mon EDC, en laissant évidemment la porte ouverte à la réponse « rien ».

J'ai aussi réfléchi un peu plus loin que l'EDC, mais j'ai été facilement convaincue de placer à des endroits stratégiques du BP-5 / NRG-5, mais je m'en occuperai plus tard.

Je ne sais pas à quel point c'est pertinent sur ce weblog, mais je vais quand même préciser que tous les produits dont il sera question ici ont été achetés à mon initiative, suite à des recherches personnelles, avec mon budget personnel, sans aucun lien avec aucune entité commerciale que ce soit.

Contraintes initiales

Je suis donc, dans le cadre de ce billet, en train de considérer les choses comestibles à trimballer dans mon sac à main, ou éventuellement dans un sac à dos de boulot, au quotidien, pour une utilisation ponctuelle, en dépannage.

Je me suis donc restreinte à la nourriture « en barre », parce que j'ai l'impression qu'il n'y a que ça qui puisse être mangé dans des conditions improvisées, qui se conserve sur une durée raisonnable (donc pas un sandwich), et qui résiste à peu près aux contraintes physiques d'être transporté au quotidien (donc pas des biscuits).

Je me suis également restreinte aux barres issues de l'industrie agro-alimentaire, sans considérer les recettes que l'on peut mettre en œuvre chez soi, parce que malgré tous les reproches qu'on peut faire à cette industrie, je leur fais confiance sur les DLCO et l'analyse nutritionnelle (enfin plus confiance que dans le DIY).

Cela étant, après avoir faire le tour de l'offre industrielle et affiné ce que je veux (toujours en laissant ouverte la possibilité du rien), je n'exclus pas de regarder du côté des recettes DIY pour remplacer mon choix. Je ne me sens juste pas de commencer ma sélection en naviguant dans la pléthore des recettes existantes.

Si vous avez connaissance d'un autre format que les barres pour satisfaire toutes ces contraintes, merci de me le communiquer.

Analyse du besoin

Je suis donc repartie de la base, à savoir dans quelles circonstances je pourrais avoir besoin de quelque chose à manger dans mon sac à main.

La première situation est la bête gourmandise, mais comme je suis plutôt du côté grassouillet du BMI, je préfère éviter le plus possible cette utilisation.

Il y a aussi le support psychologique, pour lequel j'entretiens des tablettes (de chocolat) de secours mais la nourriture capable de remplir cette fonction est très limitée et trop difficile à stocker.

Il reste donc essentiellement couper la faim. Mais ça peut vouloir dire deux choses différentes : soit se nourrir suffisamment pour continuer de fonctionner, soit seulement supprimer la sensation de faim en sachant que les besoins du corps seraient satisfaits prochainement.

Par exemple, le premier cas pourrait être se retrouver coincé sur le bord de la route, ou dans un salon et il faut de l'énergie pour faire face à la situation et s'en sortir. Alors que pour le second cas, ça pourrait être la fin d'après-midi avant un diner festif et copieux et après un déjeuner très léger en prévision dudit diner.

La différence est de taille : le premier cas cherche les calories tandis que le second les évite. D'un autre côté, le premier cas est plus difficile à gérer par la volonté pure, mais il est peut-être moins fréquent dans ma vie.

Après mûre réflexion, je préfère supposer que je vais être capable de gérer le second cas avec la volonté pure, en étant prête à remettre en question si le futur mon contredit.

Ma réponse pour le second cas est donc « rien », et la suite de ce billet va chercher quoi répondre au premier cas.

Critères comparatifs

Donc à ce stade, je vais chercher essentiellement chercher de quoi me nourrir, pour une situation où mon corps à besoin de nourriture pour assurer un fonctionnement à peu près normal.

Par conséquent, je vais vouloir dans ma barre le plus d'énergie possible, dans le moins de volume possible. Comme le volume est trop chant à mesurer, je vais rapporter à la masse plutôt qu'au volume. Et du coup, je vais directement à rebours du nutri-score.

Comme ce n'est que pour une utilisation ponctuelle, je ne vais pas prendre en compte toute la composition détaillée, seuls les macro-nutriments me semblent pertinents.

À force de parcourir le grand 'ternet dans tous les sens, j'ai un peu perdu les sources, qui me contrarie un peu, j'ai retenu les critères suivants sur les macro-nutriments :

Le goût est un critère compliqué. À l'origine, je voulais le garder en dernier critère pour départager, mais au cours de mes tests je me suis rendu compte que certaines barres ont trop bon goût, et la gourmandise prend le dessus, ce qui en fait un point très négatif.

Les critères de stockage dans mon EDC (résistance mécanique et à la chaleur, durée de conservation) sont importants aussi, mais je n'ai pas vraiment pu les évaluer.

Essais

Je sais que les barres alimentaires sont classées en trois gammes : les barres protéinées, pour les sportifs qui veulent construire du muscle, les barres énergétiques, et les substituts de repas (qui se disent) hypocaloriques.

Dans les supermarchés que je fréquente, je vois aussi trois groupes, mais très différents : les barres « confiserie », les barres « petit déjeuner », et les barres de régime / substitut de repas.

J'ai zapé la confiserie, en supposant que ça ne m'intéresserait pas (mais c'est peut-être un préjugé), mais j'ai quand même mis ma barre préférée dans la liste pour avoir un repère.

Je ne sais pas trop à quelle gamme relier les barres « petit déjeuner », mais du coup je l'ai explorée quand même.

Les substituts de repas se prétendent hypocaloriques, mais ils ont une densité énergétique pas si éloignée de celle de la confiserie. Je suppose que c'est parce que la quantité qu'ils conseillent est faible, et donne suffisamment de tout sauf d'énergie dans cette quantité. Du coup je suppose que ça peut marcher pour mon utilisation, en faisant peut-être attention à ne pas trop accumuler de micro-nutriments.

Voici les barres que j'ai essayées, avec les nombres pour les principaux critères, pour 100 g de produit, sauf pour les sucres qui sont en pourcentage des apports énergiques.

Barre Énergie Prot. Fibres Lipides saturés Sucres
Nestlé Nuts 492 kcal 4.5 g 1.2 g 10.3 g 43 %
Kellog's Extra 459 kcal 8.9 g 4.9 g 5.  g 31 %
Kellog's Special K 388 kcal 7.0 g 14.  g 5.1 g 25 %
Neslté Clusters 412 kcal 6.3 g 6.7 g 6.2 g 24 %
Jordans Frusli 401 kcal 5.8 g 4.5 g 1.8 g 31 %
Gerlinéa Mon repas 378 kcal 24.  g 2.  g 0.8 g 38 %
Gerlinéa céréales 336 kcal 22.  g 19.  g 1.1 g 23 %

La sélection est évidemment biaisée par le fait qu'en magasin, j'ai choisi à peu près suivant mes critères initiaux.

Globalement, la densité énergique ne varie pas du simple au double, ce qui est plus que l'impression que j'avais, mais ce n'est pas spécialement impressionnant comme écart entre le produit « régime » et la confiserie.

J'ai été un peu étonnée de la variabilité au niveau de la quantité de fibres, et sur le reste on voit assez bien la distinction entre les produits « régime » et les autres. Une autre différence flagrante est au niveau du goût. Je ne sais pas si c'est une conséquence de l'orientation régime, ou un choix délibéré (pour quelles raisons ?), mais elles sont beaucoup moins tentantes que les autres barres.

Résultat, j'ai fait un petit stock du Gerlinéa Céréales, et on verra ce que ça donne au fil du temps. J'ai quand même eu une petite déception en remarquant qu'il semble n'avoir que deux ou trois mois de conservation.

Publié le 31 octobre 2018

Tags : Autoexploration Jouets

Besoin de fiction

J'ai déjà mentionné que la lecture a sur moi un effet qui ressemble à (ce que j'imagine être) l'effet d'une drogue. Je n'avais encore jamais envisagé que ce ne soit pas limité à la lecture, mais aussi à l'immersion dans un univers de fiction. C'est ce que je vais explorer dans ce billet.

À titre de référence, en temps normal, il y a chaque semaine dans ma routine environ quatre heures de lecture dans le bus, généralement de romans, et peut-être à peu près autant de séries télévisées dans mon salon. Donc à peu près huit heures loin de ce monde.

Et puis au moins d'août, il y a eu la conjonction de plusieurs choses indépendantes : j'étais en train de lire dans le bus une des rares non-fiction de ma liste de lecture, à savoir Thinking Fast and Slow, et juste après je me suis retrouvée dans deux semaines de vacances qui ont complètement bouleversé mon quotidien, et qui se sont trouvées de plus en plus pauvres en fictions, car des activités plus sociables occupaient toutes les journées. À tel point que j'ai fini par ressentir un manque que je n'ai pas pu interpréter immédiatement.

Bon, en vrai, ce n'était pas une découverte complète, et je ne suis pas vraiment partie de zéro. Par le passé j'ai déjà ressenti une version beaucoup plus faible de ce même manque, le dimanche soir. Ce besoin semble exister aussi à des échelles de temps plus petites, comme si j'avais besoin d'une dose à peu près tous les jours, probablement suivant mon état mental général, et peut-être la force de la fiction en cours de lecture, ou de mes occasions de rêvasser dans ma propre fiction par ailleurs.

Je ne sais pas trop quoi en penser. C'est un peu comme si je découvrais que je suis plus dépendante de la lecture que je ne le croyais, mais sans la noblesse associée à la lecture. Je trouve que c'est contrariant de dépendre de quoi que ce soit, même si c'est un peu idiot vu ma dépendance à la nourriture et à l'oxygène). J'essaye de me dire qu'au moins ce n'est pas physiologiquement malsain, mais c'est un maigre réconfort quand j'imagine les conséquences sociales que ça pourrait avoir.

Je ne sais pas trop comment organiser ma vie pour être sûre de ne pas manquer, quelque chose comme l'équivalent des repas qui rappellent périodiquement qu'il faut se nourrir même si pour une raison ou pour une autre la faim ne remplit plus ce rôle.

D'un autre côté, en regardant plus froidement ma description de cette situation, je me demande si je ne suis pas en train de confondre le besoin de fiction et le besoin de se ressourcer dans le calme qui découle de l'introversion.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Avez-vous aussi des besoins de fiction après s'en être passé trop longtemps ? Ressentez-vous une subtile nuance entre des besoins de fiction et des besoins de calme ?

En avez-vous marre de ces questions artificielles qui prétendent augmenter l'engagement ? Posteriez-vous les mêmes commentaires sans elles ?

Publié le 30 septembre 2018

Tags : Autoexploration Lecture

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