Fin de série

Ça fait quelques années que je connais le concept de life hacking, que j'ai l'impression de traduire et résumer maladroitement en disant que c'est un ensemble de trucs et astuces pour tirer le mieux parti de notre temps dans ce monde.

Je n'ai pas cherché plus que ça, parce que la plupart de ces trucs et astuces ne semblent pas marcher sur moi. Je ne sais pas si c'est moi qui suis vraiment trop tordue dans ma tête, ou si tout le monde fait son marché dans tout ça en se retrouvant à laisser de côté une grande partie.

Un des rares principes qui marche à peu près sur moi est le calendrier de Seinfeld. Le principe est de se mettre une pression pour faire une tâche quotidienne en ayant un calendrier sur lequel on marque les jours dans lesquelles la tâche et faite, et ne se motivant à « ne pas casser la chaine », c'est-à-dire chercher à atteindre le plus grand nombre de jours consécutifs au cours desquels cette tâche est réalisée.

Dans ce billet, je vais appeler utiliser le mot série pour désigner un tel ensemble de jours consécutifs, comme traduction de l'anglais streak.

La puissance de ce système, c'est qu'avec le temps la série prend de plus en plus de valeur, mais qu'elle reste aussi fragile, anéantie en un seul jour.

La principale limite, c'est qu'une fois qu'une longue série est détruite, retrouver une valeur équivalente est tellement loin dans le futur que ça peut être difficile de se motiver à recommencer. Je ne serais pas surprise que ce système détruise un certain nombre de motivations qu'un système plus laxiste dont on se « remettrait » plus facilement.

Une façon d'amplifier ces deux côtés en même temps et d'afficher clairement la longueur de la série en cours. Le calendrier de Seinfeld original, c'est juste un tas de croix, la différence entre une série de 60 jours et une de 70 jours n'est pas forcément évidente, alors qu'un nombre qui augmente chaque jour et éventuellement retombe à zéro est plus direct et plus marquant mentalement.

C'est comme ça que quand je me suis inscrite sur GitHub il y a presque trois ans, j'ai découvert le calendrier chiffré, et ça a suffit à me donner l'idée et à réaliser (au moins) un commit par jour.

Plus récemment, je me suis inscrite sur Duolingo et sur memrise, qui sont tous les deux des gamifications de l'apprentissage de langue. En gros et à la hache, Duolingo est plus orienté « cours », et je le trouve dans l'ensemble mieux fait, alors que Memrise est plus « listes de vocabulaire », et a un système d'entretien des associations au fil du temps plus poussé, mais pas grand'chose d'autre.

Ainsi, avec mes capacités sociales légendaires, la seule chose vaguement intéressante sur mon profil Duolingo est la longueur de ma série (128 jours au moment où j'écris ces lignes).

Et pourquoi je parle de tout ça aujourd'hui ?

Parce qu'hier, GitHub a changé son interface, et supprimé complètement la notion de série, pour ne plus afficher que l'équivalent du calendrier original, et qui ne remonte même pas plus loin qu'un an dans le passé.

Voici le cadre « Contribution » tel que je le voyais avant-hier :

GitHub contributions avec série

Et voici le nouveau cadre « Contribution » de mon profil :

GitHub contributions avec série

Honnêtement, si l'interface était comme ça il y a trois ans, je ne pense pas que j'aurais envisager de faire un commit par jour. Est-ce que ça aurait fait avancer mes projets personnels plus lentement ? Je ne suis pas sûre, je dirais que oui, mais ce n'est pas évident du tout.

Cela dit, je comprends tout à fait les critiques de l'affichage public des séries. Je pense que ça ne me touche pas suffisamment (comme trop de trucs de life hacking) pour me faire du mal, mais je conçois tout à fait que la pression puisse être trop forte pour certaines personnes, et que ce nombre ait ainsi des effets néfastes.

Par exemple, Erik Romijn détaille ça dans How the GitHub contribution graph is harmful.

Je ne sais pas trop quel impact ça va avoir sur mes « commit du jour ». Je pense que l'inertie va me faire continuer un moment, mais il n'y a plus tellement d'en jeu à rater un jour, puis plusieurs, jusqu'à arrêt total...

Je pense qu'un bon moyen de limiter les défauts de ce système est d'offrir des échappatoires. Typiquement, git permet d'antidater des commits, donc si un jour je ne peux pas assurer mon commit, je peux en faire deux le lendemain. Exactement comme si j'étais en vacances, avec l'accès internet qui tombe en rade, et que je maintenais soigneusement le commit quotidien, mais que je ne push qu'une fois de retour. La difficulté, c'est juste d'accepter que ce n'est pas tricher mais une flexibilité du système.

Duolingo, par exemple, a une monnaie virtuelle dans le jeu, que l'on peut gagner en finissant des leçons ou en pariant qu'on peut tenir 5 jours de suite, et avec laquelle on peut acheter la non remise à zéro pendant une journée. Là c'est beaucoup plus évident que l'échappatoire fait partie du système est ne relève pas de la triche.

Alors que Memrise n'a aucun mécanisme d'échappatoire, et en plus ma série buggait, autour de 110 jours j'avais le changement de jour qui buggait : pas de remise à zéro du quota quotidien, ni d'incrémentation de la longueur de la série, pendant presque une semaine. Et quelques jours plus tard, dans des circonstances dont je ne me souviens plus très bien, j'ai raté de peu mon quota quotidien, et paf remise à zéro. Quelques jours plus tard, départ en vacances, et sur mon PC portable l'identification pour le site a expiré. Je me serais sans doute donné la peine de chercher le mot de passe s'il y avait une longue série en jeu, alors que là je n'y ai pas du tout touché pendant les vacances.

Publié le 21 mai 2016

Tags : Geek

Every Day Carry en 2016

Il y a un an, jour pour jour, heure pour heure même, j'ai publié mon everyday carry, c'est-à-dire en gros la liste des objets que je transporte avec moi tous les jours, ou presque. Il y a plus de détails au bout du lien précédent.

Les choses ont un peu changé en un an, aussi bien « naturellement » que sous l'impulsion des simagrées sécuritaires qui me poussent à cacher tout ça ailleurs que dans un sac, et donc à en réduire drastiquement l'encombrement (tant en termes de volume que de poids) pour s'adapter au nouveau port.

Nouveau port qui n'est pas encore très bien fixé, donc pour l'instant je ne vais pas en parler plus que ça, je bloguerai dessus une fois que j'aurai trouvé une solution satisfaisante. Donc pour l'instant, je n'ai fait qu'un premier dégraissage, en supprimant les fonctions inutiles et en cherchant des remplaçants moins encombrants aux fonctions conservées.

Vue d'ensemble

Photo de (presque) tout mon EDC en 2016

Évolution de l'EDC

Les valeurs sûres

Je vais commencer par une liste rapide des objets dont je ne vais pas parler ici parce que je les ai déjà décrits en détail l'année dernière et qu'ils sont encore dans mon EDC :

Suppression des inutiles

Ça se voyait déjà dans le descriptif que j'en faisais l'année dernière, mais le carnet de chèques et le conteneur de boucles d'oreilles n'avaient pas vraiment une utilité suffisante pour justifier leur place dans mon EDC, et ils ont disparus de mon sac à main bien avant que je cherche activement à faire du dégraissage.

Le sac de courses

Je n'ai pas caché ma déception envers le sac de courses de chez Picard, et celui que j'ai trouvé chez Monoprix a des plis nettement mieux construits, ce qui permet de le replier logiquement et facilement.

Le téléphone à tout faire

J'ai évoqué l'idée quand j'ai détaillé mon EDC, il s'agit de fusionner dans un seul appareil mon plan en papier, mon GPS, mon téléphone principal et mon téléphone durci de secours, dans un seul smartphone durci et des applications auxiliaires. En l'occurrence, mon Kyocera Torque KC-S701.

Les réserves sur le SPoF que constitue cette idée sont toujours d'actualité, mais dans le contexte de ce billet, le volume l'emporte sur ces considération.

J'ai donc mon Kyocera, et exeunt le plan, le GPS et le dumbphone secondaire.

Nomad Key

J'ai assez tôt remplacé mon câble micro-USB quelconque par une Nomad Key, avant même de me poser les questions spécifiques sur l'encombrement, juste parce que je trouve le concept très sympathique.

À la longue, je dois reconnaître que la petite taille de l'engin n'est pas toujours très pratique, surtout parce qu'il ne supporte pas le poids d'un téléphone. Par exemple, c'est pratiquement inutilisable sur les ports USB en façade d'une tour d'un PC fixe.

D'un autre côté, le PC fixe est fixe, et garder un câble micro-USB pas loin de chaque tour est pertinent.

Portefeuille et porte-monnaie

J'aime beaucoup mon Tru Virtu Papers & Cards, mais il est de fait qu'il n'est pas petit, et qu'il faut transporter les pièces dans un porte-monnaie à part.

Tru Virtu fait aussi un Cash & Cards, un poil plus épais mais deux fois moins large, et capable de contenir cartes, billets et pièces, en quantité relativement limitée mais suffisante pour moi.

Entre la quête de réduction du volume et le côté pratique d'avoir les billets et les pièces dans le même conteneur, j'ai craqué.

À l'usage, il me convient tout à fait et je l'aime bien aussi, à un détail près : la tendance des pièces à s'empiler et se coincer dans le compartiment. Du coup seulement une partie des pièces sorts, je crois que je n'ai pas assez pour payer et je sors un billet, donc je me retrouve avec encore plus de pièces, et le cercle vicieux est bouclé.

Ce problème est à la limite entre supportable et rédhibitoire, et j'ai encore du mal à déterminer de quel côté de la limite il se trouve. En attendant, je teste diverses idées pour y pallier, avec un succès plutôt mitigé pour l'instant.

Le carnet

C'est plutôt contre-productif en termes d'encombrement, mais j'ai remplacé mon agenda au format Filofax Pocket par un carnet A6 de la Compagnie du Kraft.

Ils ont à peu près la même épaisseur, mais A6 par rapport à Filofax Pocket c'est 16 mm de hauteur et 14 mm de de largeur en plus. J'aime tellement le cuir, l'entreprise et le principe du carnet que ça m'embête de revenir en arrière, donc ce seront probablement les conteneurs qui feront la différence.

Les outils de crochetage

J'avais déjà parlé de l'utilité douteuse de mon jeu d'outils de crochetage. Relativement récemment, une des rares occasions de s'en servir pour de vrai s'est présentée, et j'ai lamentablement échoué. Il semble que la compétence de crochetage rouille plus vite que je croyais.

Il y a de quoi inciter à retirer complètement ces outils de mon EDC, parce que si je ne suis même pas suffisamment compétente pour tirer parti des rares occasions qui se présente, à quoi bon ?

Pour une raison bizarre que je ne comprends pas très bien, ma psychè a décidé de faire exactement l'inverse, et j'ai repris l'entraînement. Cet entrainement est du coup une raison de transporter ces outils.

Cependant, le souci de l'encombrement n'est pas résolu, et s'y ajoute en plus de la crainte de perdre mon unique jeu de crochets suite à une mauvaise rencontre avec un saltimbanque sécuritaire.

J'ai donc acquis un "Jackknife" du même fabriquant. En gros, c'est le principe du couteau suisse, mais avec des crochets au lieu des lames et autres outils. Comme les crochets sont fins et n'ont pas besoin d'être long, le résultat est très compact (87x20x6.5 mm), avec l'aspect d'un couteau de poche dont le manche est en métal.

J'aimerais beaucoup savoir à quoi ça ressemble sur une machine qui scan les bagages, mais je doute que le résultat soit vraiment plus favorable s'il ressorte en couteau de poche plutôt qu'en outil de crochetage.

Au passage, j'ai compris l'intérêt de la ligne slimline de SouthOrd, pour les serrures européennes, alors que le jackknife reprend le design des crochets pour serrures américaines. J'envisage d'européaniser mon jackknife à coups de lime, ou peut-être acheter une meule pour mini-perceuse.

Entre les têtes américaines et le poids du manche dont l'inertie tue les sensations dans le crochet, c'est un outil nettement inférieur à un jeu de crochets classiques. J'ai cependant du mal à croire qu'il y ait beaucoup de serrures là dehors auxquelles je pourrais être confrontée (légalement, donc) qui soient juste à la limite pour que la qualité de l'outil fasse la différence entre pouvoir l'ouvrir ou non, surtout à mon niveau de compétence.

Cela étant, j'envisage sérieusement de me procurer un jeu de Bogota, après avoir lu tellement de bien sur leur qualité, pour un encombrement pratiquement nul, par exemple en le stockant dans le porte-monnaie.

Celui là aussi, je me demande à quoi il ressemble sur les scanners de bagages, et si la forme particulière de la tête permettrait de passer pour quelque chose d'inoffensif en mettant quelque chose qui ressemblerait à un manche par dessus.

Accessoirement, je me demande aussi si ça ne représenterait pas suffisamment peu de métal pour passer sous un portique typique, éventuellement avec la version mini ou nano. Et voir s'ils pourraient être stockés dans le soutien-gorge, suffisamment proche des armatures pour que le détecteur à main ne les distingue pas. Cependant, même si j'aime beaucoup ce niveau de réflexion, la mise en pratique demanderait clairement des efforts disproportionnés par rapport à simplement se passer de crochets.

Les clefs

J'ai bien aimé le principe de [Key Smart][], mais ça n'a pas l'air idéal avec mon jeu de clefs de tailles hétérogènes, et les avis sur le grand 'ternet ne sont pas tous très positifs, et la gestion de l'épaisseur éventuellement variable du trousseau n'a pas l'air idéale.

En cherchant sur les systèmes similaires, j'ai fini par tomber sur KeyCage, qui m'a plus convaincue, et que j'utilise maintenant.

Je ne suis pas certaine d'avoir gagné grand chose en termes de poids ou d'encombrement, mais c'est beaucoup moins fouillis, tout en restant utilisable avec une seule main, même non dominante.

Le seul reproche que j'aurais à lui faire est d'être basé sur des vis à tête hexagonale, qui demande donc une clefs dédiée, plutôt qu'une tête à fente ou cruciforme plus standard.

L'outil multi-usages

J'avais évoqué l'idée de remplacer mon Victorinox Huntsman par un outil multi-usages à base de pince, parce qu'il y a quand même eu un certain nombre de fois où une telle pince m'a manquée. Sans grande motivation, parce que j'aime quand même beaucoup mon couteau suisse.

Et puis au détour d'une promotion assez intéressante, j'ai acquis un Victorinox Swisstool Spirit. J'en écrirai plus de détail dans un billet dédié, mais j'ai été très rapidement séduite par l'outil, au point de le prendre avec moi à la place du Huntsman, non sans un pincement au cœur.

Les ciseaux sont certainement un point faible du Spirit, pour l'instant je garde le Micra qui prend d'autant plus de valeur, mais ce n'est pas une décision arrêtée. Je vais peut-être remplacer le Micra par de petits ciseaux dédiés, ou le supprimer simplement si au fil du temps je suis suffisamment satisfaite des ciseaux du Spirit, éventuellement complété par des ciseaux dédiés à la papeterie.

Les bouchons auriculaires

J'ai une très bonne expérience avec les bouchons Alpine, donc je suis restée fidèle à la marque, mais je suis passée aux WorkSafe édition 2015, parce que l'atténuation est un peu plus forte (tant pis pour les distorsions acoustiques), et les éditions 2015 sont dans un conditionnement beaucoup plus compact.

EWDC, ou les objets supplémentaires pour les jours de boulot

J'avais déjà esquissé mon Every Work Day Carry l'année dernière, avec mon Thinkpad X220 et ma spork, et j'y ajouté les objets suivants, soit neufs soit reclassifiés depuis l'ex-EDC.

Le thermomètre infrarouge

Je l'avais évoqué parmi les candidats à l'EDC l'année dernière, et son utilité a été moult fois démontrée face au mug isotherme du boulot. Donc je l'ai adopté pour tous les jours travaillés.

Les fournitures de bureau

Il y a en fait une bonne partie de l'EDC que j'avais présenté qui relève plus des affaires de bureau que de ce dont on peut vraiment avoir besoin à n'importe quel moment : les stylos, le marqueur, la petite règle et le pointeur laser.

Je pense qu'il est judicieux de garder un stylo, si c'est possible. Et si ça ne l'est pas, le carnet n'a plus vraiment d'intérêt. J'ai choisi de garder le rollerball, parce que ça reste ce qu'il y a de plus « tous terrains », mais j'ai remplacé celui d'ONLINE à cartouche, parce qu'il n'arrêtait pas de se boucher faute d'utilisation suffisamment intensive, par un FriXion LX de Pilot.

Le reste est passé dans le sac de l'ordinateur portable.

Au passage, j'ai remplacé le Pilot Metropolitan par un Héritage 92 qui m'a été offert, parce que je trouve magnifique aussi bien l'objet lui-même que les lettres qu'il permet de former. Et je préfère aussi sérieusement la plume fine à la plume moyenne du Metropolitan.

Les affaires de maquillage/beauté

Le miroir et la pince à épiler me sont trop souvent utiles pour que je les sorte de mon EDC à ce stade. Tout le reste ne sert qu'à entretenir mon apparence physique et éviter les désagréments que la Société fait subir aux femmes qui ne se soumettent pas aux injonctions sur l'apparence.

Du coup j'hésite encore à faire une trousse de maquillage que je ne transporterais pas en EDC. Par exemple dans le sac d'EWDC.

Le problème, c'est qu'en cherchant les occasions que j'ai eue de m'en servir, la plupart n'auraient pas été possibles, ou beaucoup plus pénibles, en limitant les affaires de beauté au sac de travail.

Je ne sais pas trop comment je vais prendre ce problème là, vos éventuelles suggestions sont bienvenue.

En attendant j'ai trouvé un peigne assez sympathique pour remplacer la brosse, qui est de loin l'objet le plus encombrant de cette catégorie. Il va demander nettement plus de temps pour obtenir un résultat, mais il me semble que le résultat est meilleur. Avec la rareté des utilisations, ça me semble être un très bon compromis dans l'optique de ce billet.

Candidats

Comme lors du billet de l'année dernière, finalement comme pendant une bonne partie de l'année, il y a un certain nombre d'objets que j'envisage d'ajouter à mon EDC, dans la mesure de la place disponible. Je ne vais pas être aussi détaillée que l'année dernière, parce que tout ça est très instable ces temps ci, mais pour vous faire une idée :

Conclusion

Voilà, j'ai encore fait une tartine pas forcément super intéressante, mais qui a au moins le mérite d'être exhaustive. Et presque la moitié de la longueur du billet de l'année dernière, pour à peu près la moitié des objets qui ont été changés, c'est vaguement raisonnable.

Mais est-ce que ça vous intéresse toujours ?

Ou préfèreriez-vous une page « EDC » cachée au fond de la section Natologie, mise à jour à chaque fois que nécessaire, sur le principe de ma wishlist et de ma liste de lecture, au lieu de billets de blog à intervalles réguliers ?

Au passage, j'étais toute fière d'avoir réussi à faire (presque) tout tenir sur un goban, soit 19 dm², avant de me rendre compte que les objets sur la photo de l'année dernière couvrent environ 25 dm². Pas très spectaculaire comme réduction…

Comme précédemment, et comme tout le reste du temps, les conseils sur quoi ajouter ou supprimer à l'EDC sont bienvenus, tout comme les pistes d'améliorations par rapport à l'environnement changeant de mon pays ou par rapport à autre chose.

Et évidemment, je me ferai un plaisir de lire, et critiquer si vous le souhaitez, vos EDC / EWDC / EDCC / ETC.

Publié le 3 mai 2016

Tags : Jouets Suite

La couture rabattue (Felled Seam)

Je commence à m'intéresser à la confection de vêtements en denim, et ça conduit au type de couture habituels des jeans, à savoir la couture rabattue. Dans ce billet je vais expliquer ce que j'en ai compris, ce qui me chiffonne dans ce que j'ai compris, et ce que j'ai l'intention de faire à la place si une âme charitable ne me remet pas rapidement sur le droit chemin.

Comme le grand 'ternet semble proposer beaucoup plus de ressources en anglais qu'en français, et comme la traduction des termes techniques de couture ne me semble pas vraiment évidente, j'ai mis dans le titre le nom anglais de cette couture, à titre de pense-bête. Le monde anglophone appelle ça une felled seam ou flat-fell seam.

La couture de base

Pour bien cadrer ce dont je vais parler et ce que je vais essayer de représenter par divers schémas, voici un schéma d'une couture de base :

Couture de base

Il s'agit d'une vue en coupe, en exagérant l'épaisseur des fils et des tissus pour qu'on voie ce qu'il se passe, et en ne représentant qu'une petite largeur de tissu pour zoomer sur la couture elle-même.

On a donc ici deux morceaux de tissus, un en bleu et un en vert, assemblés par un fil en noir. Typiquement les coutures sont cachées à l'intérieur des vêtements, donc sur ce schéma le bas représente le côté endroit et le haut le côté envers.

Je n'ai cependant pas représenté les finitions, et en fait la couture n'est même pas pressée, donc le schéma ci-dessus représente plus l'état intermédiaire juste après avoir fait la couture et ouvert les deux pièces de tissu.

En faisant abstraction des finitions, une couture ouverte correctement pressée ressemblerait à ça :

Couture ouverte

On pourrait éventuellement, pour des raisons esthétiques ou pour éviter que les surplus fassent n'importe quoi, surpiquer au bord des surplus, pour obtenir quelque chose de ce genre :

Couture ouverte supriquée

Vers plus de robustesse

Cette couture de base est très bien, pourquoi vouloir s'en éloigner ?

Les jeans étaient construits à l'origine pour être un vêtement de travail, pour les cowboys et les mineurs, donc destinés à être portés dans un environnement peu accommodant. Il fallait donc donner une certaine robustesse au vêtement sans trop en faire monter le prix. D'où les choix du denim, des rivets, etc.

Un défaut que je trouve particulièrement flagrant dans mes schémas, c'est que la solidité de l'assemblage est directement la solidité du fil. Lorsqu'on tire sur les deux pièces de tissu pour les écarter, toute la force se concentre sur le fil d'assemblage. N'y aurait-il pas quelque chose à faire pour améliorer ça ?

On pourrait certes doubler la couture, mais il faudrait passer exactement au même endroit que la première couture, sinon toutes les forces se concentreraient sur un seul des deux fils :

Double couture

Une meilleure idée serait d'utiliser les surplus, pour faire une deuxième couture qui partage l'effort, comme les doubles rangées de rivets que l'on peut voir sur les constructions métalliques.

Par exemple, on pourrait prendre la couture de base, et au lieu de la presser ouverte, presser les deux surplus du même côté et les surpiquer. Avec la technique habituelle, ça donnerait quelque chose comme ça :

Couture côté surpiquée

Et effectivement, le tissu vert est bien solidarisé au tissu bleu en deux points. Malheureusement, le tissu bleu n'est pas aussi bien solidarisé, parce que le tissu entre les deux coutures n'est pas tendu, ce qui transmet mal l'effort. Du coup, l'effort reste majoritairement sur la couture au milieu, et la surpiqure ne fait que renforcer le lien entre le tissu bleu et le surplus vert, ce qui est d'un intérêt douteux.

En même temps, ce n'est peut-être pas un hasard si les doubles rangées de rivets sont parallèles. Si au lieu de presser la couture avec l'endroit sur la surface plane de la table à repasser, on arrivait à tendre le tissu vert, on pourrait équilibrer l'effort entre la couture et la surpiqure, et ça ressemblerait à ça :

Couture côté surpiquée tendue

La couture rabattue

J'ai le sentiment que la couture rabattue suit cette ligne de réflexion en la poussant encore plus loin : les deux coutures, c'est bien, mais ne pourrait-on pas faire quelque chose avec ce pli ? Et tant qu'à faire équilibrer les points de contacts entre les deux pieces ? Et en bonus, assurer la finition ?

Je ne sais pas si c'est comme ça qu'a été conçue la couture rabattue, mais elle me semble bien s'inscrire dans cette logique. Au lieu de seulement replier le tissu en vert sur mes schéma, replier les deux pour équilibrer les efforts (au prix d'une épaisseur supplémentaire de tissu), et au lieu de simplement les poser l'un sur l'autre, les emboîter pour d'une part faire contribuer la tranche du tissu à la répartition des forces, et d'autre part emprisonner les bords vifs pour faire office de finition.

Ce qui me chiffonne un peu dans tout ça, c'est que dans toutes les techniques que j'ai vues, on part quand même de surplus pressés sur le côté, donc j'ai l'impression que ça aboutit à ça :

Couture rabattue

Et là, d'accord ça fait une bonne finition, ça fait un look jeans, mais je vois encore le flagrant point faible évoquée précédemment, qui me fait douter que l'ensemble soit significativement plus solide que la couture de base.

Cependant, comme dans la partie précédente, j'airais beaucoup plus confiance dans une construction de ce genre là :

Couture rabattue tendue

Mais là encore, je ne vois pas tellement comment arriver facilement à ce résultat.

Bon, j'imagine que la réalité n'est pas aussi extrême que ces schémas, parce que pendant qu'on presse les quatre couches de tissu, la simple couche bleue n'est pas magiquement pressée à fond, donc on arrive probablement à une situation intermédiaire entre ces deux schémas.

Peut-être même qu'en tirant soigneusement sur le surplus, en rendant donc cette couture encore plus chiante, on pourrait s'approcher un peu plus de la situation qui me convainc le plus, en tendant vers ça :

Couture rabattue tendue 2

La version Nat'

Je ressors de toute ça avec la nette impression que la couture rabattue telle que préconisée habituellement (sans machine dédiée) est bien plus chiante que la couture de base, pour un gain en solidité douteux.

En voyant la construction de la couture, je vois une façon moins chiante de faire la couture rabattue, pour un résultat dans lequel j'ai plus confiance, et qui ressemble à ça :

Couture rabattue selon Nat'

Concrètement, la procédure serait :

  1. coudre les pièces de tissus ensemble, dans leur position presque finale, pour faire ce qui sera la couture au milieu du schéma ;
  2. plier et presser une pièce de tissu sur l'autre, en tendant bien jusqu'à la limite du bord vif qui sera emprisonné ;
  3. faire de même pour l'autre côté ;
  4. surpiquer chacun des plis.

Alors certes, ça fait trois coutures au lieu de deux, mais la première ne sert en fait que de bâti, et pourrait donc être faite plus rapidement qu'une couture définitive.

Mais le pressage me semble beaucoup plus abordable, il n'y a pas de petit truc ridicule à plier, il n'y a pas de risque de se vautrer dans la découpe d'un surplus et ne se rendre qu'à la fin que c'est tout moche.

La seule objection que je vois, c'est qu'il faut terminer complètement la couture avant d'avoir la forme finale de l'assemblage, alors qu'avec la méthode habituelle de la couture rabattue, on peut la laisser en couture ouverte le temps de faire le gros du travail, pour l'essayer et déplacer au besoin certaines coutures, avant de passer aux finitions sur un assemblage définitif.

Je ne me sens pas trop concernée par cette objection, parce que même dans la couture je suis profondément dans l'état d'esprit « mesurer deux fois (voire trois), couper une fois », donc je n'ai pas peur de ne me garder qu'une ou deux coutures pour les derniers ajustements.

Où est le piège ?

À ce stade, ma conclusion à ce billet est que la couture rabattue, telle qu'elle est décrite, et probablement pratiquée, depuis clairement plus d'un siècle, est plus chiante à faire pour un résultat moins bon que mon idée naïve qui sort de nulle part.

Ça ne choque personne ?

Comment croire une seule seconde que je sois la première à penser à ça ?

Je vois deux possibilités :

Comme je soupçonne sérieusement que la première possibilité aurait laissé des traces sur le grand 'ternet, et comme je n'ai pas été capable de trouver de telle trace, je penche sérieusement sur la deuxième possibilité.

Alors, amis lecteurs, saurez-vous trouver la faille dans ma méthode avant que je la subisse par moi-même ?

Publié le 14 avril 2016

Tags : Création

Esquisse d'Every Day Concealed Carry

Le titre de ce billet n'est pas forcément évident, alors je vais l'expliquer. Il est la fusion de deux expressions anglaises :

Je ne vais pas spécialement parler d'armes, en ne gardant que le sens littéral de concealed carry, pour l'appliquer à l'EDC. En clair, les objets utiles au quotidien que l'on peut cacher sur soi.

Mais cacher de qui ?

Comme toute de réflexion de sécurité qui se respecte (qui ne sont pas nombreuses), je vais commencer par définir un modèle d'attaquant, aux yeux duquel on souhaite cacher ces objets.

Pour l'instant je vais considérer l'attaquant le plus simple et le plus courant. Je ne sais pas encore si je parlerai un jour d'autres niveaux, par exemple avec un portique ou avec tout l'attirail typique des aéroports.

Le modèle d'attaquant

Depuis quelques mois, les simagrées pseudo sécuritaires (security theater) sont super à la mode dans la capitale de notre pays de merde France et dans sa région.

Parmi celles-ci, celles que je rencontre le plus souvent est un vigile plus ou moins idiot qui veut absolument voir le dessus du contenu de tous les sacs.

Je ne doute pas qu'il y ait parmi ces vigiles qui soient très gentils et responsables et qui ne font que suivre des ordres idiots, mais le modèle d'attaquant dans ce billet va être un peu plus pessimiste, c'est-à-dire un petit caïd, complètement corrompu par son pouvoir de nuisance, mais qui ira pleurer chez sa mère dès qu'il voit les limites de son pouvoir d'intimidation et de nuisance.

La solution la plus satisfaisante est évidemment de lui démonter la tête, histoire de bien montrer à qui veut voir que ce n'est qu'un petit caïd qui n'a que de la gueule, et qu'il est complètement inutile en termes de sécurité physique.

Malheureusement, cette solution présente quelques conséquences désagréables, qui l'emportent sur les bénéfices de la satisfaction obtenue.

La solution retenue va donc être moins satisfaisante mais bien moins coûteuse, en utilisant le fait que cet attaquant est réactif, ce qui permet d'agir de façon à réduire au minimum les interactions fatalement désagréables avec lui.

Le premier aspect de cette solution, pour lequel j'opte de plus en plus souvent, est tout simplement d'éviter cet attaquant, en renonçant à ce qu'il prétend protéger. Et ainsi voter avec son portefeuille (plus ou moins directement) contre ses commanditaires.

Le second aspect, dans les cas où ce vote es trop coûteux, est d'exploiter le fait qu'il se focalise sur les sacs, et donc se présenter sans aucun sac visible.

Je vais quand même évoquer le niveau juste au dessus d'attaquant, sans vouloir y résister complètement, mais pour éviter, dans la mesure du possible, d'empirer ma situation vis-à-vis de lui. Il s'agit des mêmes caïds, mais avec un portique détecteur de métaux et une machine pour scanner plus ou moins les bagages.

Première adaptation de l'EDC

Concrètement, faire un « EDCC » il faut résoudre à la fois deux questions imbriquées : quoi cacher ? et où le cacher ? Mes réflexions préliminaires me laissent penser qu'il y a un couplage fort entre choix du contenant et choix du contenu, de sorte qu'on ne peut pas regarder ces deux questions séquentiellement l'une après l'autre.

Cependant, il faut regarder les choses en face, et même si je pense sincèrement que le contenu de mon sac à main que j'appelle mon EDC est de volume raisonnable pour un sac, il est complètement irréaliste de vouloir planquer quatre litres de bazar sur moi.

Donc dans une toute première étape, je pense qu'on peut se permettre de laisser de côté la question du contenant et commencer par réduire au maximum le contenu.

J'avais prévu de décrire ici les évolutions que j'ai fait à mon EDC, pratiquement toutes dans ce sens, mais ça fait encore un roman (à peu près deux fois plus que le texte qui reste ici), donc je vais plutôt le mettre dans un prochain billet.

Les conteneurs

Ma réflexion est beaucoup moins avancée sur ce point là.

Tout ce billet est parti de la constatation que mon homme n'est pas inquiété avec son Rib, fait par Avidunion, dont le principe est un holster d'épaule avec un sac au lieu du support pour une arme.

J'avoue que je savoure un peu trop l'ironie de voir un sac le moins contrôlé dans des prétendues recherches d'armes a la position et la taille approximative d'un holster d'arme de poing.

J'ai aussi un Rib pour moi, et j'aime bien l'idée, mais il y a quelques vices de conception qui me gênent. La plupart d'entre viennent du fait, évident si on parcourt un peu le site d'Avidunion, est que c'est construit pour une morphologie masculine. J'arrive à régler la sangle pour un port confortable, mais du coup l'ouverture de la poche est tellement en arrière que le contenu est très difficile d'accès.

Cependant, j'aime beaucoup l'idée, donc j'envisage d'utiliser mes compétences en couture et de m'essayer à la coupe à plat pour construire un « gilet tactique », dans le sens du haut sans manches que j'aurais bourré de poches fines et discrètes pour mes affaires.

J'ai du mal à croire que je réussirai du premier coup, voire que j'arriverai un jour à avoir une version utilisable en été (il n'est peut-être même pas possible d'avoir un tissu suffisamment rigide pour estomper la forme du contenu sans être trop chaud), donc il va me falloir des solutions à plus court terme. Je garde l'idée, parce que ça me plait même en dehors de l'état d'urgence.

J'imagine aussi pouvoir cacher des affaires dans étuis de ceinture suffisamment fins pour ne pas être trop flagrants sous une veste légère, ou alors espérer que les étuis de ceintures ne soient pas considérés comme des sacs par l'attaquant, ce qui est peut-être jouable s'il est suffisamment petit.

C'est dans ce sens que j'ai commandé des étuis chez Skinth Solutions, pour mon téléphone portable, et peut-être des clefs ou un outil, et les petits trucs que je pourrai mettre avec.

En dehors de tout ça, je ne vois que les money belts, et conteneurs du même genre, mais avec toujours les doutes sur la capacité réelle, l'interaction avec la transpiration, et la discrétion par rapport au fait que presque toutes mes affaires font au moins 15 mm d'épaisseur.

Publié le 10 avril 2016

Tags : Société Tarée

À quoi je sers ?

Vous avez probablement vu passer dans l'actualité récentes l'opposition au projet de loi de réforme du droit du travail. À cette occasion est sorti le hashtag « On vaut mieux que ça. » Entre ma tendance à l'autodévalorsation et mon contexte professionnel dégradé, ma réaction pour mon cas particulier a été un mélange de « ah ouais ? » sceptique et de « ah bon ? » incrédule.

J'ai une philosophie vaguement utilitariste, j'essaye de faire en sorte que chacune de mes actions ait un bilan positif (sur mon échelle de valeurs) sur le monde. Il ne faut pas se faire d'illusions, mon bilan sera toujours négligeable, je n'ai pas tant de pouvoir, mais si on était des milliards à faire comme ça…

Cependant, pour une fois que j'essaye de combattre mes biais personnels pour faire mon bilan, je me demande vraiment à quoi je sers.

Au boulot

Ça fait depuis longtemps que professionnellement, je ne sers à rien, et je prétends que c'est un fait objectif.

En résumé, je fais depuis plus d'un des missions de « validation », c'est à dire répercuter des évolutions dans les spécifications et le code sur un jeu de tests modulaires ou unitaires, pour vérifier que tout est cohérent. Dans le principe, c'est utile pour assurer une bonne qualité aux logiciels les plus critiques, et ce n'est pas pour rien que c'est imposé par les normes.

Le problème, c'est d'une part que 95% de mon travail pourrait être fait par un script (et c'est effectivement fait comme ça ailleurs) si l'ensemble n'était pas d'une qualité aussi misérable. Quand on fait du test black box en louchant sur le code un peu mais pas trop, quand il ne faut remonter que les problèmes plus gros que d'habitude, il faut un humain pour faire ces nuances.

D'autre part, comme c'est un truc qui marche en prod' depuis longtemps, c'est un truc qui juste marche, donc il ne peut pas y avoir de problème. En fait il faudrait juste mettre un tampon « OK » partout. Donc en pratique, je dois faire passer les problèmes sous le tapis ou les remonter à l'étage au dessus qui se chargera de les passer sous le tapis.

John Keynes prédisait la semaine de 15 heures à la fin du XXème siècle, et il semble qu'il ait plutôt sous-estimé le progrès technique, mais il n'a pas la création d'emplois inutiles pour lutter contre le chômage et satisfaire les petits chefs et les bureaucrates. J'ai déjà quatre chiffres au nombre d'heures dans la différence, et mon Vieil Adam n'est pas spécialement satisfait.

Cependant, même si je donne l'impression de râler, cette inutilité n'est pas une insatisfaction de mes besoins professionnels. J'ai conscience qu'un boulot intéressant, épanouissant et tire parti de mon jeu particulier de forces et de faiblesses est quelque chose de rare, auquel peu de privilégiés ont accès, et qui fait partie des premiers renoncement quand on négocie sa vie au rabais.

J'ai déjà eu deux occasions d'accéder à un tel boulot, par deux fois j'y ai renoncé, pour des raisons qui me semblent encore bonnes aujourd'hui. Je reste prête à me jeter sur la troisième qui se présentera, mais ça ne m'étonne pas spécialement qu'elle tarde, voire qu'elle n'arrive pas de mon vivant.

Auprès des proches

Comme pour beaucoup de monde finalement, l'emploi n'est qu'un moyen vers un salaire, qui permet d'entretenir la vie extra-professionnelle.

Il y a bien un homme avec qui je partage de ma vie, et j'essaye de croire que je lui apporte une certaine quantité de bonheur, comme lui m'en apporte. J'ai l'impression que comme énormément d'hommes, il n'est pas très doué pour le montrer, et en plus moi je ne suis pas très douée pour le percevoir. Donc je m'y accroche plus comme un axiome qu'autre chose, en me disant que si un jour ça ne devait plus être vérifié il y aurait communication claire.

Et à mon grand dam, la liste des humains avec qui j'interagis souvent dans l'espace physique s'arrête là. Je crois qu'il y a quelque chose de profondément raté dans gestion des relations humaines, et que je ne suis pas encore vraiment parvenue à le réparer.

Auprès des proches numériques

À défaut de communications dans l'espace physique, je communique numériquement au quotidien avec un certain nombre de personnes pour lesquelles j'éprouve un certain lien émotionnel. Globalement, ce sont les gens sur #gcu et #freebsd-fr.

Mais là encore, la réciproque n'est pas toujours évidente, et même si elle était là, je ne suis pas certaine que la charge émotionnelle soit suffisante pour me considérer comme utile.

Et ce n'est pas sans une certaine tristesse que je me rends compte que je n'ai pas vraiment d'utilité sur le plan technique non plus. Les gens de GCU sont très forts, donc ce n'est pas vraiment une surprise que je n'arrive pas (encore ?) à atteindre un niveau suffisant pour offrir de l'aide au lieu de seulement en demander.

Et sur #freebsd-fr, je crois que j'ai raté un renouvellement de gens, et je tombe souvent sur des gens que je ne connais pas avec des problèmes qui me dépasse. Ça a au moins le mérite de me rappeler à l'humilité sur mes compétences de sysadmin, mais ça ne me donne pas vraiment d'utilité.

Ma famille aussi tombe dans les plus-ou-moins proches numériques, mais en renonçant au réseau social principal, je n'ai plus droit à beaucoup de contacts numériques. J'envoie des nouvelles par e-mail assez régulièrement, en essayant en vain de montrer un exemple, mais je crois que ça ne marchera jamais.

Auprès des communautés

Si j'ai déjà du mal à gérer des liens humains, j'ai encore plus de mal à m'identifier comme appartenant à une communauté. Je suis assez clairement introvertie, et passablement ochlophobe, ce qui explique probablement que ce ne soit pas vraiment mon truc.

Il y a bien des causes auxquelles je contribuerais volontiers, en m'associant de facto à la communauté formée autour de ces causes. Mais ces causes sont très geek, et j'ai pu voir à quel point il ne faut pas bon se faire remarquer dans ces environnements là quand on est une femme, même dans les BSD. J'ai une vague idée des limites de ce que je peux encaisser, et je pense sérieusement que pour ma propre intégrité il vaut mieux que je reste dans mon inutilité apathique actuelle.

Sur ce site ?

Il me semble avoir presque fini le tour des gens à qui je pourrais éventuellement apporter quelque chose. Il ne reste que vous, chers lecteurs, sur le présent site (ou dans votre lecteur de flux abonné à mon site).

C'est un site personnel, qui n'a jamais vraiment été pensé pour les lecteurs, mais plutôt pour montrer différentes facettes de moi-même, apprécie qui pourra.

Depuis sept ans que j'entretiens ce site, je n'ai pas vraiment changé ma ligne éditoriale ou ce que j'en fais. Pourtant, la baisse du nombre de commentaires et de commentateurs est assez criante. Je pense qu'il s'agisse vraiment d'un problème avec moi ou ce que je fais, je pense plutôt qu'il s'agit d'un changement d'habitude des gens en général, et ceux qui me connaissent en particulier, moins tourné vers les blogs et sites personnels et l'internet décentralisé et ouvert, et plus tourné vers les réseaux sociaux centralisés, propriétaires et commerciaux.

Cela étant, pour vous qui restez, est-ce que je vous apporte quelque chose ?

Lisez-vous mes articles pour une autre raison que satisfaire une FoMO ?

J'ai déjà proposé d'autres supports, mais parmi la diversité de billets que je produits, y a-t-il des thèmes que vous aimez plus que d'autres ? (Par exemple, je n'avais envisagé de faire un billet sur les lunettes Gunnar que je porte depuis quelque mois, et un sur mes réflexions sur mon EDC dans le théâtre sécuritaire actuel, mais qui cela peut-il intéresser ?)

Ou des thèmes que vous préfèreriez que j'évite ? (par exemple mes états d'âme les plus sombres)

Ou des thèmes ou des sujets que je couvre pas mais que vous trouveriez bienvenu dans ces pages ?

Et au delà de ce weblog, y a-t-il de choses à sauver/nucléariser/ajouter dans le reste du site, qui ne fait guère que montrer au monde entier la maigre étendue de mes capacités artistiques ?

Publié le 28 mars 2016

Tags : Boulot Humeur Social

Appel à témoin (pour de l'internet mobile)

Un évènement récent ma donné une forte envie de changer d'opérateur d'internet mobile. Du coup je m'intéresse à tout le marché des abonnements mobiles, et je fais une fois de plus appel à mon lectorat pour me conseiller dans ce choix difficile et parfois engageant.

Les parties de billet sont globalement indépendantes et devraient pouvoir être sans avoir lu les autres et/ou dans le désordre.

Mes abonnements actuels et leurs histoires

Pendant la période où j'étais expatriée, j'avais un téléphone mobile de fonction avec un accès internet de fonction et une tolérance explicite de son utilisation personnelle tant que la facture n'explose pas. C'était la première fois que j'avais un smartphone entre les mains, et c'était mon seul abonnement mobile.

À mon retour en France, j'étais plutôt convaincue par l'intérêt d'avoir un téléphone mobile, et j'ai pris un abonnement adapté à mes besoins chez Prixtel. Cet abonnement est encore mon abonnement téléphonique principal à ce jour.

Pour des raisons que j'ai oubliées, j'ai souscrit quelques années plus tard à un abonnement mobile pas cher chez Free, et je l'ai conservé ensuite principalement pour la redondance (lorsque j'avais un téléphone principal fragile, pour pouvoir appeler à l'aide avec mon téléphone blindé, comme expliqué dans le détail de mon EDC) et pour les appels bon marchés à l'étranger depuis l'étranger (par exemple pendant le FOSDEM).

Enfin, la première fois que j'ai été confrontée à un accès internet professionnel très limité et contrôlé, j'ai préféré les astuces bancales pour faire un tunnel sous le firewall, pour à la place passer « au dessus », c'est-à-dire utiliser le modem 3G intégré à Bifrost.

À l'époque, et semble-t-il encore maintenant, les CGV de la plupart des opérateurs interdisent d'utiliser leurs SIM pour téléphone dans des modems 3G ou des points d'accès mobiles. La généralisation de l'autorisation du tethering ne semble pas avoir amélioré cette situation.

Certains opérateurs proposent des offres dédiées, et à l'époque j'ai pris la moins cher du tas, qui convenait à mes besoins, à savoir du Bouygues Telecom avec, pour 10 € par mois, un forfait de 500 Mo et un bridage du débit à 16 ko/s au delà.

Il se trouve que ma consommation mensuelle est d'environ 500 Mo, parfois un peu plus. Mon utilisation d'internet, à coups de mosh et de w3m, est tout à fait compatible avec la restriction de vitesse.

Au fil des années les forfaits ont légèrement évolué, sans que ça n'ait beaucoup d'impact. Je me retrouvais avec un budget mobile de 12 à 17 €/mois, ce qui me semble tout à fait honorable.

Bétonnage de forfait

Tout allait bien dans ces conditions jusqu'au 19 février dernier, où Bouygues m'annonce qu'ils vont unilatéralement remplacer mon forfait bien sympathique par un à 17€ par mois, pour 10 Go (en prétendant me le faire à 15€ par mois en fait, mais sans indication de durée donc j'ai moyennement confiance).

Autant dire qu'une augmentation de prix de 70%, ça ne me mets pas vraiment d'une humeur coopérative.

C'est à ce stade, chez lecteurs, que je vous pose la question : que faire ?

Les différents compromis

Une SIM dédiée ou un partage de connexion ?

Concrètement, soit je garde une carte SIM dans mon PC portable, soit j'utilise mon natel en tethering, ou en français en partageant la connexion internet du téléphone vers le PC.

Les avantages du tethering, c'est je me retrouverais du coup avec un « gros » accès internet pour mon téléphone, ce qui peut avoir un certain confort ; et qu'il y a moyen d'en avoir pour moins cher.

Le gros inconvénient du tethering, c'est que ça augmente énormément la consommation du téléphone, ce qui n'est pas terrible pour un dispositif d'urgence, et qui va probablement accélérer l'usure de la batterie.

On pourrait objecter qu'une consommation de base plus élevée, ça permet d'adapter la gestion quotidienne de la batterie, et améliorer la fiabilité du dispositif d'urgence, par rapport à la situation actuelle où une appli' qui se met à délirer peut passer inaperçue toute la journée et manger au passage toute la batterie.

On pourrait aussi objecter que je pourrais connecter le téléphone à l'ordinateur par USB, au lieu du Wifi, ce qui consomme moins d'énergie et recharge le téléphone au passage, au prix d'une mobilité plus réduite (débrancher le téléphone avant d'aller aux toilettes) et de l'usure d'une batterie en permanence à 100 % (il me semble que la technologie actuelle s'use moins autour de 50 %).

Prixtel ou Free ?

La question de mon opérateur principal est très importante si je choisis le partage de connexion, mais elle se pose quand même dans tous les cas.

Le compromis est simple : j'aimerais beaucoup ajouter des alertes SMS à mes serveurs personnels, dont celui qui gère le présent site, et Free propos(ait ?) une API pour faire ça simplement. Je n'en retrouve plus aucune référence officielle, donc je suis un peu inquiète, mais en supposant que ce service existe encore, c'est un gros point en faveur de Free pour mon numéro principal.

Inversement, mon numéro Prixtel est celui que tout le monde connait, ce qui aussi un gros point fort. Je pourrais utiliser la portabilité du numéro pour avoir un abonnement Free à la place, mais j'y perdrais la diversités des opérateurs (et mon abonnement historique est beaucoup plus intéressant que les nouveaux abonnements Prixtel pour mon utilisation).

Par contre, j'ai suffisamment d'internet pour mes besoins avec 14€/mois de Prixtel, alors qu'en choisissant Free il me faudrait leur forfait à 20€/mois.

Quelques scénarios

Ne rien faire

Dans l'état actuel des choses, si je ne touche à rien, et si l'e-mail de Bouygues ne contient pas une escroquerie, je me retrouverais avec une SIM internet dédiée pour 15€/mois, avec un forfait de 10 Go, soit un budget mobile total de 21€/mois. Si ma méfiance est justifiée, ça fait 23€/mois.

Avantages :

Inconvénients :

Orange Let's Go

D'après la dernière mise à jour d'un comparatif sorti par Google, l'abonnement pour modem 3G est Orange Let's Go, dont la plus petite version est à 10€/mois, comme l'abonnement que Bouygue m'enlève. Je peux donc rester à mon budget actuel de 16€/mois.

Avantages :

Inconvénients :

Prixtel en tethering

Assez peu de démarches ici : résilier mon abonnement Bouygues et utiliser mon abonnement principal Prixtel aussi pour accéder à internet. Je m'en tire avec 16€/mois en tout tant que je ne dépasse 1.5 Go de données.

Avantages :

Inconvénients :

Free en tethering

Basculer mon abonnement Free en abonnement principal, garder le Prixtel en backup et pour les gens qui n'ont pas reçu le nouveau numéro de téléphone. Vu ma consommation internet, le gros forfait est plus pertinent que le petit, Soit un total de 21€/mois avec un forfait Prixtel peu utilisé.

Avantages :

Inconvénients :

Conclusion

Quelque part, je suis un peu surprise du peu de variations dans les tarifs : de 16 à 23€ dans le pire des cas, c'est certes une différence qui s'accumule, mais ce n'est pas outrageusement différent non plus.

La différence se joue plus sur la quantité de données, doute façon largement suffisante si je ne change pas mes habitudes, et sur les questions qualitatives que sont le tethering et l'opérateur principal.

Et vous, que pensez-vous de cette analyse ? Ai-je raté un ou plusieurs points importants ? Connaissez vous une offre qui pourrait faire basculer cette étude de marché ?

Ou pensez-vous que je me prends la tête pour rien ?

Publié le 29 février 2016

Tags : Geek

Fatiguée

J'ai tendance à me considérer comme une développeuse, même si relativement récent, avant j'utilisais plutôt le mot codeuse dans le même sens.

J'ai appris à programmer au millénaire dernier, et je n'ai jamais vraiment arrêté depuis.

Pourtant, comme je l'ai expliqué dans Je ne suis pas une geekette, je ne suis pas passionnée par la programmation, ou par aucun élément de l'ingénierie logicielle. Je programme parce que je le peux et parce que c'est un outil pertinent pour atteindre un but que je me serais fixé. Je ne programme pas pour le plaisir.

Ce qui explique probablement que je ne ressens pas de besoin de « complexité », et ce n'est pas malvenu qu'un problème que je cherche à résoudre par la programmation soit simple. C'est même plutôt bienvenu, parce que j'atteins d'autant plus rapidement l'objectif, qui est la seule chose qui m'intéresse dans l'histoire.

Mais parfois, ce n'est ni simple, ni complexe.

Et je trouve ça de plus en plus usant.

J'ai passé une proportion significative de ma journée dans cet entre-deux : j'ai enchaîné les problèmes dans le projet perso' qui m'occupe en ce moment, mais il n'y avait aucune complexité conceptuelle, ni même de complexité technique. Juste un gros tas de petites merdes (je me demande si ce ne sont pas des choses que David Madore appelerait « crottes de ragondins »).

Je ne sais pas si c'est un effet du vieillissement, ou si c'est le manque de développement intéressants, tant sur le plan professionnel (je n'ai pas vraiment développé professionnellement depuis plus de deux ans) que sur le plan personnel (mon github est rempli de commits extrêmement simples depuis des années), ou autre chose.

Et depuis plusieurs mois le boulot est quasiment soul-crushing, et je suis trop vidée une fois rentrée à la maison pour faire beaucoup de choses intéressantes pendant mes temps de loisir. Ça n'aide sans doute pas.

Le problème, c'est que je ne vois pas trop comment sortir de cette situation, à part en trouvant la racine du mal pour l'attaquer directement.

Vu que je n'ai jamais programmé pour le plaisir, je ne peux pas vraiment l'abandonner comme un loisir qui n'en apporterait plus, car ce n'a jamais été le but. Je ne vois comme options que de continuer à encaisser cette chiantise, ou renoncer aux objectifs qui me font programmer.

Publié le 24 janvier 2016

Tags : Humeur

Joyeuses fêtes

Sapin de Noël

Je souhaite à tout mon lectorat un très joyeux Noël.

Mon lectorat est suffisamment limité pour ne pas avoir besoin de politiquement correct, ou moins l'homogénéité culturelle permettra à cette occasion de passer.

Et loin de cette polémique, je vous souhaite aussi de joyeuses fêtes de fin d'année civile ☺

Publié le 25 décembre 2015

Tags : (Sans tag)

Ouverture des commentaires en markdown

J'ai déjà vu moult fois des développeurs s'enflammer pour une fonctionnalité qu'ils sont en train d'écrire, en n'arrivant pas à imaginer autre chose que des utilisateurs enthousiastes à l'idée de l'utiliser. Et souvent, à la grande surprise desdits développeurs, la fonctionnalité fait un gros flop : tout le monde s'en fout.

Pour une raison obscure, j'ai l'impression que c'est ce qui est en train de m'arriver. Ou bien suis-je seulement victime du pessimisme ambiant ? L'avenir nous le dira rapidement…

Bref, tout ça pour dire que parmi les fonctionnalités que j'avais prévues en lançant mon nouveau moteur de site, c'était de permettre de nouveaux formats pour la mise en forme des commentaires, en particulier le Markdown.

C'est seulement maintenant que j'ouvre cette possibilité, parce que l'interface utilisateur est (comme souvent) plus compliquée que prévu.

Au passage, depuis le lancement de ce nouveau moteur jusqu'à aujourd'hui, la mise en forme historique était cassée. Personne ne m'en a fait part et aucun commentaire posté n'utilise cette mise en forme. Je ne sais pas si c'est vraiment passé complètement inaperçu, ou si vous avez remarqué ça dans les prévisualisation.

Bref, toujours est-il que maintenant, la mise en forme historique fonctionne à nouveau, et on peut poster des commentaires en Markdown.

Have fun ☺

Publié le 29 novembre 2015

Tags : Site

Kyocera Torque KC-S701

Ça va encore être une tartine, mais dans ce billet je vais détailler comment j'ai été a priori séduite par le téléphone éponyme puis ce que j'en pense après plusieurs mois d'utilisation.

ATTENTION: il existe plusieurs téléphones vendus par Kyocera sous le nom « Torque », je ne vais parler que du modèle KC-S701, qui est le premier téléphone Kyocera sur le marché européen, annoncé en février 2015 et commercialisé quelques mois plus tard.

Kyocera Torque KC-S701

Étude de marché

Motivation générale

J'ai toujours considéré le téléphone mobile comme un dispositif d'urgence, pour pouvoir joindre rapidement de l'aide en cas de coup dur imprévu, ou pour être joignable pour être soi-même cette aide.

Or il se trouve que c'est lorsque tout part en vrille que justement, tout part en vrille. Donc j'attends de mes dispositifs d'urgence qu'ils soient spécialement résistants aux conditions environnementales qui peuvent être la cause même de la situation d'urgence.

Dans mon article sur mon EDC je prenais l'exemple d'une rue peu fréquentée dans laquelle je m'abimerais une cheville en glissant, et je tomberais sur mon sac à main. Je conviens que ce scénario précis est improbable, mais il me semble que parmi les situations d'urgence, il s'en trouve une proportion non-négligeable qui font souffrir l'électronique au moins autant que moi.

D'autre part, de façon plus générale, j'apprécie avoir des outils robustes et sur lesquels je peux compter même en situation dégradée, même lorsque ces outils ne sont pas explicitement des dispositifs d'urgence.

Je me suis donc intéressée aux téléphones « résistants », c'est-à-dire surtout antichocs et étanches, dès que j'en ai appris l'existence.

C'est ainsi que je possède depuis des années un Samsung Solid B2100, qui me semble être un des premiers téléphones résistants à essayer d'être grand public. Du moins, c'est le premier dont j'ai entendu parler.

Je me suis servi de ce B2100 comme téléphone principal pendant longtemps, mais au fil du temps j'ai été forcée de reconnaître le confort nettement supérieur de l'interface Android, surtout pour les SMS.

J'en suis ainsi arrivée à la situation décrite avec mon EDC, à savoir un téléphone principal sous Android, et le B2100 en téléphone de secours, en faisait l'hypothèse raisonnable que dans une situation d'urgence qui détruit un téléphone normal, j'ai surtout besoin de joindre plutôt que d'être joignable, et que les situations d'urgence dans lesquelles je suis appelée à l'aide ne menacent pas mon téléphone (au moins au moment de l'appel).

J'ai cependant continué à regarder du côté des téléphones « durcis », et en particulier les smartphones de cette catégorie (car le B2100 remplit parfaitement sa fonction).

Les androïdes blindés

Ma première impression des smartphones durcis n'était pas vraiment positive. Ils avaient l'air nettement moins solides que les autres « durcis », tout en étant très en retard technologiquement sur les smartphones non-durcis.

Et puis il y a eu le catphone, B15 à l'époque, qui m'a semblé être un peu l'équivalent aux smartphones du B2100, à savoir chercher à être sérieusement durci tout en étant raisonnablement grand public.

En même temps, les grandes marques semblaient sortir des modèles prétendument durcis, qui sont effectivement plus résistants que les smartphones normaux, mais encore loin des téléphones vraiment durcis.

La distance entre les deux champs a continué à se réduire avec le temps.

Fin 2014, j'ai commencé à trouver ces téléphones vraiment séduisants, avec la sortie des catphones B15Q et S50, mais il y avait encore un petit quelque chose d'indéfinissable qui me retenait.

Dans ce petit quelque chose, il y avait certainement le prix, et aussi des craintes de retard technologique et de stabilité logicielle pour le B15Q, et de fragilité et d'encombrement pour le S50.

Encore maintenant, je trouve qu'un écran 5" c'est énorme pour un téléphone, et avec le blindage en plus ça fait un appareil beaucoup trop gros à mon goût. Mais j'ai un peu l'impression que la qualité des écrans est inutilement liée à leur taille, de sorte que 4" c'est forcément vieux et/ou bas de gamme.

Peu après j'ai découvert Crosscall, qui propose des alternatives aux Catphones moins chères mais apparemment aussi efficaces. Il y avait l'Odyssey+ et le Trekker X1, mais j'avais les mêmes réticences que pour le B15Q et le S50 respectivement.

Le coup de cœur

Et puis j'ai fini par tomber sur des tests du Kyocera Torque KC-S701, réalisé lors du Mobile World Congress de 2015, juste après l'annonce de l'arrivée de Kyocera sur le marché européen.

Et j'ai tout de suite flashé : un écran pas trop gros mais dont on dit beaucoup de bien, un blindage efficace mais qui n'augmente pas énormément la taille de l'appareil, et surtout l'écran tactile utilisable même mouillé, et même avec des gants, ce qui était assez innovateur. Et le reste du matériel autour qui est tout à fait respectable, hormis une légère faiblesse au niveau de l'appareil photo.

J'ai épuisé toutes les critiques que les moteurs de recherche arrivaient à me trouver, et chacune me renforçait un peu plus dans ma préférence pour ce smartphone blindé plutôt qu'un autre.

En écrivant cet article, je suis évidemment tombée sur les modèles plus récents de Catphone et de Crosscall, et la situation me semble beaucoup moins tranchée qu'à l'époque. Si je devais remplacer ce téléphone demain, suite à un problème non-technique (par exemple un vol), je referais toute une étude de marché sur les modèles disponibles actuellement.

Impressions personnelles

Début difficile

Mon tout premier contact avec un téléphone Kyocera n'a pas été vraiment positif : c'est bien gentil de faire un look « blindé » avec des vis apparentes, mais encore faut-il les visser correctement.

Défaut de vissage

La photo n'est pas terrible – ce n'est pas facile de faire de la macro sans objectif macro – mais on y voit clairement que la vis n'est pas vissée jusqu'au bout.

Ce qu'on voit bien en vrai mais mal sur la photo, c'est qu'en fait la vis est insérée de travers par rapport au trou, et j'imagine qu'il y a une machine qui visse jusqu'à atteindre un couple prédéfini, couple atteint trop tôt parce qu'on visse en dehors de l'axe.

Ça a l'air difficilement bricolable, car la tête de vis est inhabituelle, en forme de Y, et l'ordre du millimètre. Et quand bien même on pourrait revisser dans l'axe, qu'en est-il de l'étanchéité, qui est une des fonctionnalités principales de mon cahier des charges.

J'ai naïvement essayé de contacter directement Kyocera, beaucoup d'efforts pour un résultat nul, avant de finalement prendre le temps d'atteindre une boutique physique du revendeur pour faire un échange standard.

Ça donne l'impression que tout le lot était plus ou moins affecté, il a fallu en sortir trois avant d'en avoir un dont l'état ne semblait pas trop grave.

Du coup, la première chose que j'ai faite après l'avoir allumé, c'est le coller 30 minutes au fond d'un saladier rempli d'eau. Le test est positif, il resterait à déterminer dans quelle mesure ça fragilise le téléphone face aux chocs, mais comment faire ?

Au quotidien

Je vis donc au quotidien avec mon Kyocera Torque depuis un peu plus de cinq mois, et j'en suis complètement satisfaite.

J'ai du mal à évaluer la qualité d'un écran ou de hauts parleurs. Cependant il est de fait que les hauts parleurs orientés vers l'avant est une super-idée, mais la stéréo sur la largeur d'un téléphone n'est pas d'un intérêt évident. La luminosité en réglage automatique permet voir l'écran même en plein soleil de début d'après-midi.

J'ai plusieurs fois mis à profit l'étanchéité pour utiliser le téléphone dans le bain.

Si l'écran tactile n'est pas utilisable sous l'eau, il lui en faut une sérieuse quantité pour le rendre inopérant. Même juste après l'avoir sorti d'une immersion, il est utilisable. L'écran est clairement moins réceptif qu'à sec, mais on prend vite le coup d'insister un peu plus. Ainsi le téléphone est parfaitement utilisable sous une pluie moyenne, ce qui n'avait manqué cruellement par le passé.

Je ne sais pas trop comment il s'en sort face aux chocs, c'est plus difficile à tester en conditions contrôlées que la résistance à l'eau. Je ne me souviens pas de chutes particulières qu'il ait subi. Ça a failli arriver à deux reprises, mais la dragonne métallique a sauvé le téléphone à chaque fois.

J'apprécie beaucoup le système de chargement sans fil (Qi). Je conviens volontiers que c'est un luxe pour un smartphone normal, mais la résistance à l'eau est assurée par un cache souple au dessus du port USB. Ouvrir ce cache est suffisamment pénible pour que je m'en passe volontiers, mais surtout je me demande combien de cycles d'ouverture/fermeture il est capable de supporter avant de casser (et de compromettre la résistance à l'eau). Avec le chargement sans fil, aucune pièce mobile n'est impliquée, et j'aime croire que la pérennité du téléphone en est améliorée, malgré la chauffe de la batterie.

J'aime bien les boutons physiques pour l'appareil photo (ce qui permet de prendre des photos sous l'eau), le passage en mode mains-libres, et un bouton configurable. De façon générale, j'aime beaucoup les interfaces physiques.

Cependant, le bouton de sortie de veille sur le haut de l'appareil plutôt que sur le côté n'est pas très confortable sur un appareil de cette taille.

Un des arguments de vente de ce téléphone est qu'il n'y a pas explicitement de haut parleur pour les conversations vocales, à la place l'écran tout entier vibre, ce qui permettrait de coller le téléphone contre un casque anti-bruits et pouvoir converser ainsi. J'avoue ne pas avoir du tout testé ça, mais j'ai l'impression que le son de mon interlocuteur est plus clair qu'avec mes téléphones précédents, mais c'est peut-être du placébo.

Et je n'ai toujours pas trouvé de solution au principal problème de son pendant mes conversations vocales, à savoir la boucle d'oreille qui cogne contre l'écran du téléphone.

J'arrive typiquement à tenir une semaine à dix jours avec une charge, en partie grâce à la grosse batterie dans le téléphone, et en partie parce que mon utilisation semble relativement légère :

30% après 8j 20h

Téléphone à tout faire ?

Dans la présentation de mon EDC, j'avais parlé de l'idée d'un « téléphone à tout faire », c'est-à-dire rassembler dans le même appareil les fonctionnalités d'appel d'urgence, de lampe torche, de GPS, et de plan.

Même si je reste un peu réticente à l'idée de tout concentrer dans un seul appareil, qui emporte tout avec lui s'il tombait en panne pour une raison ou pour une autre, j'ai essayé de voir dans quelle mesure ce téléphone pourrait remplir tous ces rôles.

Mon B2100 servait de communications d'urgence, et j'ai à peu près aussi confiance dans la solidité matérielle et logicielle de mon Torque. Cette fonction est couverte sans problème.

J'ai installé OsmAnd pour remplir à la fois le rôle de carte (pour remplacer un livre en papier) et de navigation GPS. J'ai tellement aimé que je leur ai même donné des sous.

En termes de carte, dépendre d'une batterie est indéniablement un point faible par rapport au papier, et l'écran 4.5" reste moins expressif qu'un livret un peu plus grand qu'A5, et le risque de vol est plus prononcé. Mais d'un autre côté, avec l'encombrement nettement moindre, l'étendue colossalement plus grande (en particulier la banlieue proche, qui m'a souvent manquée sur mon plan de Paris uniquement intra muros), les facilités de recherche (après avoir domestiqué l'interface, ce qui n'a pas été une mince affaire), la mise à jour plus facile, et les informations supplémentaires fournies par OSM (comme les arrêts de bus), j'ai l'impression d'y gagner largement.

En termes de navigation, par rapport à mon Garmin eTrex 20, le progrès en termes d'interface, tant en entrée qu'en affichage, est indéniable. J'ai lu à plusieurs endroits des critiques de l'algorithme de routage d'OsmAnd, mais je n'ai pas encore rencontré de résultat visiblement sous-optimal. La seule régression nette est au niveau de la consommation : l'écran transflexif de l'eTrex permet d'avoir en permanence la navigation affichée, alors que l'écran du téléphone chauffe et consomme tellement qu'il faut le couper entre chaque consultation, et même dans ce cas une navigation a un impact très significatif sur la batterie.

En termes de torche, j'ai un peu de mal à juger, car je ne connais pas très bien les critères pertinents, mais ça fait une source de lumière à laquelle les yeux s'adaptent. J'ai remarqué cependant que la LED flash du Torque a une lumière plus uniforme que la LED-torche dédiée du B2100, et que cette dernière est nettement plus forte dans l'axe. Je me demande aussi si la LED-flash peut tenir longtemps, aussi bien en termes de consommation batterie que de température. Cela étant, dans tous les modèles d'urgence que j'arrive à imaginer, soit il me faut une source de lumière courte pour rejoindre/réparer la civilisation, soit j'ai plus besoin d'adaptation visuelle que de torche.

Donc dans l'ensemble, ce téléphone est plutôt efficace dans tous les rôles qu'il pourrait occuper. Depuis que j'ai perdu confiance dans mon dernier sac à main, je fais différents essais pour trouver son remplaçant, et depuis plusieurs mois je me suis retrouvée à effectivement opter pour le « téléphone à tout faire ». Mais est-ce bien raisonnable ?

En plus de mes craintes autour la perte de toutes ces fonctions si un accident survenait, j'ai aussi une certaine appréhension au niveau de la batterie. Tout concentrer sur un appareil, c'est aussi taper fort sur sa batterie quand le besoin s'en fait sentir.

Certes, je tiens presque deux semaines en situation normale, mais il est déjà arrivé une fois qu'une application s'emballe et me mange toute la batterie en moins d'une journée. Et la contrepartie d'une faible utilisation qui préserve la batterie, c'est ce temps en plus avant de remarquer un problème.

J'imagine que je pourrais embarquer une batterie de secours, mais ça fait un objet de plus à entretenir et surveiller, voire utiliser régulièrement, pour éviter les mauvaises surprises en cas de besoin inopiné. Peut-être chercher un chercheur portable à base de piles alcalines standard, avec une réserve scellée de piles, c'est probablement ce qui est le plus fiable même en négligeant la maintenance. Si vous avez des suggestions à ce niveau, je suis très intéressée.

Conclusion

Dans l'ensemble, je suis très contente de ce téléphone, et il a contribué à donner à Android plus de place dans ma vie, malgré mes réticences envers son interface.

J'imagine que beaucoup considèrent le côté « durci » comme superflu, ou du moins une option encore déraisonnablement chère. Mes priorités étant ce qu'elles sont, je suis contente qu'il existe enfin des smartphones techniquement raisonnables avec cette option, et je paye volontiers pour cette robustesse.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Auriez-vous des conseils à me donner par rapport à ces besoins ? Ou avez vous des appli' indispensables à conseiller ?

Publié le 25 octobre 2015

Tags : Jouets

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