Mais… mais… mais… pourquoi !?

C'est vrai ça, pourquoi, hein ?

Pourquoi je mets un titre comme ça sur ce billet, alors que je sais très bien que d'ici quelques années, quand je parcourrai l'archive du présent weblog, je me demanderai de quoi ça pourrait bien parler, et je serai irritée de devoir ouvrir ou charger la page pour le savoir.

C'est comme ce type que j'ai connu à El Paso. Un jour il s'est jeté dans les cactus a près s'être mis tout nu. Moi aussi, je lui ai demandé pourquoi.

En plus, il faut attendre le quatrième paragraphe pour découvrir qu'il est question ici de ma décision de passer le permis moto. Ou du moins, de m'inscrire dans une moto école dans ce but, car je ne sais pas encore par quel côté je vais en sortir. Notons que cette décision n'est pas encore concrétisée au moment de la publication de cet article, si vous commentez assez rapidement vous arriverez peut-être à me faire changer d'avis.

Du coup, chers lecteurs, après vous être tapé le suspense irritant que j'infligerai à moi-dans-le-futur, vous vous posez exactement la question éponyme.

En tout cas moi, je me la pose.

Du coup j'imagine que vous n'êtes pas au bout de vos frustrations dans ce billet. Comme moi.

Il m'a répondu qu'à ce moment-là, ça avait l'air d'une bonne idée.

Vin, dans les Sept Mercenaires

Peut-être que d'ici quelques années, je trouverai que ce choix de titre et de construction de billet ne seraient pas du tout mes pires décisions de 2019.

Je me suis longuement sondée, depuis des mois, pour trouver des éléments de réponse. Je n'ai rien trouvé de plus que le contenu de ce billet. Globalement, il y a quelque chose dans la moto qui me séduit, et ça ne va pas beaucoup plus loin.

Il est de fait que l'exemple de David Madore m'a influencée, mais probablement dans une très étroite mesure, parce que mon histoire remonte à bien a avant cette publication. Cependant, je me retrouve assez dans son histoire.

Je pense que mon goût général pour l'agilité, la compacité, et la prise directe sur les outils que je manipule ont pesé plus lourd que n'importe quel exemple.

Pour autant que je puisse faire confiance à des souvenirs aussi lointains, il me semble que j'avais assez tôt cette attirance, et qu'elle a ensuite été étouffée par le fait que ce n'est pas vraiment un truc de fille ni un truc d'intello.

Et puis des évènements récents (non décrits sur ce blog) ont peut-être fait sauter un certain nombre de préjugés mécaniques.

J'aime croire que l'accident de la route récent n'a pas eu du tout d'impact sur cette décision, mais la coïncidence reste suspecte. En tout cas, je ne me sens pas invulnérable aux crashs, si c'est ça qui vous inquiète, les suites psychologiques dans mon cas sont plutôt du côté « il suffit de si pour que la vie bascule, j'ai eu beaucoup de chance. »

J'écris sur des tendances vers « la moto », mais en vrai je n'ai pratiquement pas la moindre idée de quel effet ça fait de se déplacer en moto. Avant la semaine dernière, je n'avais jamais conduit de deux-roues motorisé, j'avais été passagère sur moins de cinq kilomètres cumulés sur toute ma vie, et je ne suis pas sûre d'avoir cumulé plus de trois heures sur deux-roues non-motorisé au cours de ce siècle.

Du coup, quelque part c'est ça qui m'a le plus poussée vers la moto-école : je suis séduite par ce que je m'imagine être faire de la moto, depuis assez longtemps pour être sûre que ça ne va pas passer tout seul avec le temps, et en dehors du temps le meilleur moyen pour se débarrasser de ce genre d'idées est de l'essayer. Soit ça me plait autant que je l'imagine, et je serai contente de m'être lancée, soit c'était juste de la hype et je serai contente d'en avoir été soulagée.

Je trouve que l'hédonisme est une assez bonne heuristique de quelles illusions garder et de quelles illusions se débarrasser.

Pour m'aider dans cette réflexion, j'ai utilisé le cours d'évaluation que la moto-école doit faire passer avant de proposer un contrat. J'espérais que ça me donnerait suffisamment d'expérience concrète pour me faire une vague idée de la réalité de conduire une moto. Et à ce niveau, c'était un échec complet. C'était très bien comme premier cours, mais très nul comme démonstration de ce que je peux espérer vivre.

Au moins je sais que je ne suis pas sévèrement révulsée par la conduite en moto, et que je suis aussi mal coordonnée et mauvaise en apprentissage corporel que je le croyais (même si j'entretenais une lueur d'espoir d'avoir progressé dans ces domaines, cet espoir a été complètement éteint).

Autrement, je dois reconnaitre que j'espère aussi que l'apprentissage de la circulation à moto me permettra contiennent des éléments transposables à la conduite en voiture, et que même si je ne touche plus jamais de moto de ma vie après cette préparation au permis moto, j'en ressorte quand même meilleure conductrice. Je ne m'attends à ce que ce soit énorme, peut-être même pas significatif, mais je n'arrive pas à me débarrasser de l'idée que ce sera non-nul.

Et à ce point-là, j'ai fait le tour de tout ce que j'ai trouvé pour expliquer cette décision, et je conviens que c'est bien léger.

Cependant, je n'ai pas encore fait le tour de la question éponyme.

Pour une raison que je ne cerne pas du tout, j'étais partie sur l'idée de ne pas publier cette histoire, parce qu'elle ne me semblait évidemment pas conforme à ma ligne éditoriale. Alors qu'à y regarder de plus près, ce n'est pas si évident du tout.

Autant dire que ma fierté d'avoir une ligne éditoriale claire et de m'y tenir vient de voler en éclats.

Globalement, cette ligne est que ce weblog donne de mes nouvelles à ceux qui me connaissent, sans toucher à l'intime et en se restreignant à ce que j'assumerais devant mes collègues ; mais il ne permet pas de m'identifier sans déployer des efforts ciblés et personnalisés.

J'ai prévu de tenir des notes sur mon ressenti tout au long de cette aventure, et c'est là que je fais appel à vous, chers lecteurs : voulez-vous suivre avec moi mon évolution dans le maniement des deux-roues sérieusement motorisés, ou est-ce que je vais vous barber avec ce flood sans intérêt ?

Publié le 19 mars 2019

Tags : Autoexploration Évènement

Mon premier carton

De toute façon, tout ça, c'est la faute de Pauli.

La responsabilité étant posée, regardons les faits.

Le décor

Imaginons un carrefour en forme de T. On va toujours regarder les choses dans le même sens, donc ce n'est pas la peine de chercher à retourner le T, c'est juste une route à double sens « horizontale », avec une route qui arrive « par le bas ».

En réalité, la partie gauche et la partie droite de la barre horizontale du « T » ne sont pas tout à fait en face, il y a une légère chicane, mais ça n'a pas de conséquence sur ce qui va suivre.

Ce carrefour est sévèrement en travaux, avec du marquage jaune au sol, des plots en béton entre certaines parties du trottoir et la route, et une disposition pas forcément optimale des feux tricolores et des palissades opaques.

L'action se déroule autour du passage piéton de la branche gauche du « T ».

Le choc

So like the blink of an eye Just the second before a crash Time is standing still, I am frozen, I can't feel.

J'étais en train de traverser tranquillement ledit passage piéton, alors que le feu piéton était vert, avec donc le carrefour à ma droite. J'étais à peu près au milieu de la largeur du passage, plutôt à droite, et je l'avais traversé aux trois quarts, ce qui me plaçait à peu près au milieu de la voie des voitures qui vont de ma droite vers ma gauche.

La voiture est arrivée par la branche verticale du « T », c'est-à-dire dans mon dos, avec du coup son feu également vert. Elle est passée sur le passage piéton en même temps que moi.

Or le principe de Pauli exclut qu'une voiture et un piéton dans le même état quantique soient au même endroit en même temps. Dit comme ça, c'est peut-être me prêter des qualités quantiques que je ne peux raisonnablement revendiquer, mais ultimement c'est bien l'application de ce principe qui m'a fait quitter le passage piéton.

Pour être complètement honnête, je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé. J'ai vu le capot apparaître dans ma vision périphérique, l'espace d'un instant, à tel point que je ne me souviens pas avoir perçu le moindre déplacement. Juste après, je me souviens de l'impression d'aller vers le haut, sans aucune autre information sensorielle. Et juste après, je me souviens être couchée par terre, cinq mètres plus loin dans l'axe de la voie, avec déjà des gens autour de moi.

Je ne sais pas trop s'il y a plusieurs sortes de perte de connaissance, ou même si cette absence de mémoire correspond nécessairement ou non à une perte de connaissance sur le moment. En tout cas, il y a une tranche de temps dont je ne me suis jamais souvenue, assez longue pour la conductrice et des témoins me rejoignent, mais assez courte pour que les témoins ne décrivent pas de perte de connaissance. Je suppose que ça correspond à quelques dizaines de secondes.

J'ai l'impression que juste avant cette interruption des souvenirs, j'ai eu le temps de former successivement deux proto-pensées. Je désigne par là des entités mentales que l'on peut décrire par une phrase, mais qui sont vraiment un objet créé instantanément. Un peu comme une image, mais pour les concepts au lieu des sensations visuelles. La première proto-pensée serait à peu près la reconnaissance du non-arrêt de la voiture, et que je vais me retrouver couchée sur le capot, comme ça m'est déjà plusieurs fois ; et la deuxième est de l'ordre de « je vais mourir », mais sans la moindre couleur émotionnelle.

Je suis un peu réservée sur la véracité de ces proto-pensées, parce que même si maintenant j'ai sincèrement l'impression qu'elles font partie du souvenir du moment, je me souviens que je ne m'en souvenais pas du tout le jour même. Du coup je crains qu'à force de me remémorer cet évènement, il y ait une forme de réinterprétation qui soit venu s'y ajouter.

L'urgence qui dure

Donc à ce stade, pour resituer, je me suis « réveillée » couchée sur mon côté droit, au milieu de la voie que la voiture voulait emprunter, dans la longueur, avec la tête vers la voiture. La voiture était arrêtée avec l'avant qui dépassait d'un peu moins d'un mètre du passage piéton.

Je n'ai pratiquement pas bougé dans la largeur de la voie (ou dans la longueur du passage piéton), mais mes pieds étaient à environ 5 m du lieu de l'impact ; tandis que ma tête a fait un mouvement net d'un peu plus de 3 m horizontalement et ma taille verticalement. On n'est pas du tout dans une situation d'approximation des petits angles, mais de toute façon les trajectoires étaient sans doute loin d'être rectilignes, et comme je n'ai aucun souvenir de ce déplacement, je ne vais pas essayer de les estimer.

Du coup on pourrait compter que mon centre de gravité a dû se déplacer d'environ 4 m sous l'effet du choc, mais je ne sais pas à quel point c'est plus véridique que les 5 m de mes pieds que je considère habituellement.

Une témoin m'a dit de ne pas bouger, et j'avais le cerveau assez peu secoué pour savoir que c'est un bon conseil aux victimes d'accident de la route, alors j'ai obtempéré. Je me souviens que m'avait traversée l'idée de me relever en proposant « on oublie tout » pour rentrer chez moi et faire tout ce que j'avais prévu faire. Par prudence, je n'ai pas suivi cette idée, surtout par peur d'un dégât corporel grave qui ne soit pas subjectivement évident à moment là.

J'ai commencé par un inventaire des sensations dans mon corps. Je n'ai trouvé aucune douleur criante, je crois que j'avais déjà trouvé à ce stade des douleurs gérables à la jambe et au visage, mais j'étais surtout préoccupée par le sable et le goût de sang dans la bouche, et par l'inconfort de la pluie et de la flaque de boue sous ma hanche droite.

Ensuite j'ai continué en bougeant prudemment les extrémités, attentive au moindre indice que quelque chose pourrait être abîmé. Ma langue a indiqué que toutes les dents étaient là et fermement accrochées, mes bras et mes jambes répondaient correctement, avec une proprioception normale, sans douleur supplémentaire.

Un peu rassurée par ces autotests, je me suis dit que j'allais sagement attendre les secours, toujours par peur de dégâts non-évidents, genre à la colonne vertébrale.

Je ne sais pas combien de temps j'ai tenu avant d'en avoir vraiment trop mare de l'eau sur et sous moi, et de la désagréable impression de déranger tout le monde en restant au milieu du chemin. J'ai quand même fini par me lever tout doucement et prudemment, très attentive à la moindre anomalie proprioceptive.

Une fois debout, je me suis placée au bout du passage piéton que j'avais commencé à traverser avant toute cette histoire, et j'ai attendu les secours en discutant mollement avec les témoins, et la conductrice quand elle n'était pas au téléphone à essayer de joindre des secours ou des autorités.

J'ai appris au passage que la témoin juriste a lu dans les textes que l'accident du travail ce n'est que pour l'aller, et pas le retour vers chez soi, même si ce n'est pas vraiment appliqué comme ça. Et elle avait pris conscience de l'accident à cause du gros « boum » lors du choc, assez fort pour passer au-dessus de sa musique. Alors que je n'ai aucun souvenir de ce bruit.

J'ai aussi appris du témoin qui travaille sur le chantier que c'est un coin vraiment mal foutu et qu'à son poste de faiseur de signes aux camions du chantier il voit des accidents toutes les semaines, mais habituellement de la tôle froissée et non pas des blessés.

J'ai appris de la conductrice qu'elle était inquiétée par les annonces de neige et comment chercher son enfant à la crèche et rentrer chez elle sans se retrouver bloquée et elle m'a vue trop tard. Les témoins et moi comprenions la situation et le « tunnel » causé par l'inquiétude, mais sans rien excuser ou diminuer la responsabilité.

Et puis les pompiers ont fini par arriver, à peu près une demi-heure après le premier appel de la conductrice aux secours.

Alors que j'étais emmenée au véhicule des pompiers, j'ai à peine eu le temps de voir la conductrice se décomposer, en n'ayant plus le soutien de la responsabilité de gérer la situation, et de ne pas être libérée pour chercher son enfant alors qu'on était déjà cinq bonnes minutes près le dernier délai de fermeture de la crèche.

Autant dire que je trouve mon sort largement préférable au sien, mais c'est probablement biaisé par la chance que j'ai eue.

Le bilan externe

À ce stade je vais faire une parenthèse dans la chronologie pour décrire les conséquences visibles de cet accident sur mon corps.

J'ai principalement été abîmée à la jambe droite et à la tête, et le cuir de mon gant gauche a été sérieusement égratigné, mais il a bien protégé ma main.

Sur la jambe droite, j'avais un bleu un peu plus grand que ma paume, dans la moitié supérieure du mollet, sur le côté extérieur. Ça correspond probablement au premier impact avec le pare-chocs. Il y a un bleu un peu plus petit à peu près au milieu mollet et à l'arrière, et un autre encore plus petit juste au-dessus du genou, entre le côté extérieur et l'arrière.

En plus de ça, j'ai sur la moitié supérieure du bas de la jambe, à l'avant, quelques centimètres à côté du tibia, des lacérations horizontales sur quelques centimètres.

Au niveau de la tête, l'impact le plus fort s'est traduit par un bleu à droite de la pointe du menton et une éraflure sur la partie droite du menton. Je ne sais pas si le sang dans ma bouche vient de là ou d'une blessure interne.

J'avais en plus une éraflure secondaire sur la pommette droite, et des égratignures sur l'aile gauche du nez, le bas du front juste au-dessus du nez, et sur le haut de la tête.

J'adorerais avoir une idée de la dynamique du choc pour arriver à ce type de résultat, parce que là je ne comprends pas du tout. Sur la jambe, j'imagine l'impact primaire sur le plus gros bleu, qui conduit à plier le genou mécaniquement et/ou par réflexe, qui conduit à un choc secondaire qui cause les deux autres bleus, et le glissement de la jambe contre le pare-chocs ou le bitume qui cause ensuite les lacérations. Sur la tête, je n'ai même pas l'ombre d'une théorie.

Les soignants font ce qu'ils peuvent

Dans le camion de pompiers, j'ai eu droit aux premiers examens : tension, rythme cardiaque, température, oxygénation du sang, palpation de l'abdomen, et tout semblait bon.

Je ne sais pas exactement combien de fois j'ai répété mon histoire, entre la première évaluation de la situation par les pompiers, le rapport qu'ils devaient rédiger, le policier qui est venu ensuite pour établir le constat, etc.

Un truc qui m'a fait tiquer déjà à ce moment-là, c'est qu'ils n'arrivaient pas à intégrer que j'ai perdu une partie de la mémoire, et (je suppose) perdu conscience pendant ce temps. Je ne m'en rendais pas compte à l'époque, faute de miroir, mais c'était pourtant évident vu les traces que j'avais tapé sérieusement ma tête dans cette histoire.

Après un détour pour montrer à la police l'autre côté du chantier, le camion des pompiers m'a emmenée aux urgences, où je suis arrivée plus d'une heure après le choc. Je ne sais pas si c'est l'état normal des urgences ou si les prévisions de neige ont empiré les choses, mais il n'y a pas intérêt à avoir un truc trop urgent.

Les pompiers sont restés avec moi jusqu'à ce que je sois reçue une demi-heure plus tard par des infirmières, une qui voulait vérifier mon taux d'hémoglobine, pour détecter une hémorragie interne, alors que l'autre qui n'en voyait pas l'intérêt. Du coup la première l'a fait toute seule en soupirant.

Et là je me suis retrouvée seule dans la salle d'attente, et j'ai attendu.

Et qu'est-ce que j'ai attendu.

C'est dans les moments comme ça qu'avoir un livre dans son EDC c'est d'une aide colossale.

J'en profite aussi pour exprimer ma gratitude envers le lecteur qui m'a fait mettre de la nourriture dans mon EDC, parce que c'était déjà assez pénible comme ça, ça aurait été bien pire le ventre vide.

Au passage, j'ai pu vérifier mon inventaire, il n'a pas eu de dégât matériel de mon côté, à l'exception du collant lacéré, de mon gant gauche, et du verre de ma montre intelligente.

En particulier, le téléphone, certes blindé, a dû se retrouver entre la carrosserie et moi, et il n'a rien eu ; et sont également indemnes mon Thinkpad et mon livre électronique, tous les deux dans mon sac à dos, sur le quel je suis peut-être (ou pas) tombée.

Même le parapluie que j'avais dans ma main droite au moment du choc en est ressorti intact, mais je l'avais sélectionné pour la résistance (au vent) de son manche et baleines en fibres de verre.

Et puis plus de deux heures après mon arrivée, alors que la salle d'attente commençait à être bien vide, une infirmière est venue me demander que je lui rappelle mon nom. Autant dire que ça ne met pas en confiance…

Il faut voir que pendant ces deux heures, l'adrénaline a eu le temps de redescendre, et ma lassitude devant cette situation de monter, malgré la lecture. Avec la fatigue en plus par dessus, être dans une salle d'attente à l'heure où je devrais me coucher dans mon lit, ça n'est pas très propice aux choix rationnels. Et le gros mal de tête intermittent n'arrange rien.

Donc ils ont fini par me coller dans un coin en attendant un docteur, sans mon livre, histoire d'améliorer encore mes dispositions.

Au bout d'un temps indéterminé, un médecin arrive et me demande ce qu'il m'est arrivé, avec un fort accent. Je le dis sans xénophobie, juste qu'entre le raz-le-bol général et les difficultés de conversations, les efforts pour tout communiquer n'étaient pas tout à fait à ma portée.

Du coup, quand il m'a demandé où j'avais mal, j'ai répondu par la vérité, à savoir la jambe. Il a regardé et m'a envoyé faire une radio de la jambe. Un infirmier ou technicien m'a dit qu'il y aurait de l'attente parce que « ce n'est pas prescrit dans le dossier » (sic). La machine a chauffé, les clichés ont été pris.

J'ai attendu encore un temps indéterminé avant que le médecin revienne pour m'expliquer que rien n'est cassé, et me donne une ordonnance de paracétamol et un arrêt maladie de trois jours en disait que j'avais le choix de l'utiliser ou non. Toutes les inquiétudes plus haut sur le tapage de tête et le fait que j'aie ou non perdu conscience semblaient complètement évaporées (ou perdues avec mon dossier), ça m'a paru suspect mais j'en avais tellement marre que j'ai pris l'option de juste rentrer chez moi et me rouler en boule dans le lit.

Avec tout ça, la neige annoncée avait quand même fini par tomber, et même sans neige je crois bien que j'en suis sortie après la fin du service de bus, un peu moins de cinq heures après le choc. J'en avais assez marre pour renoncer à l'appel de taxi et marcher les deux kilomètres jusque chez moi. Ce qui a confirmé au passage que rien n'est cassé dans la jambe.

La gueule du lendemain

Après une bonne nuit de sommeil, ça allait quand même nettement mieux. Je n'avais plus mal à la jambe tant que je ne m'en servais pas. Avec mon métier assise devant un ordinateur, ça me semblait tout à fait compatible avec mon état de santé, et j'ai donc décidé d'aller travailler comme d'habitude, au boitement près.

Encore aujourd'hui, je ne sais pas exactement ce qui a fait dire à mes collègues qu'il s'était passé un truc, mais ça devait être évident. Donc bien entraînée par la veille, j'ai raconté une fois de plus mon histoire.

En même temps, j'étais réveillée depuis assez longtemps pour constater que même si la jambe est gérable, il y a quand même des maux de tête et des nausées intermittentes, relativement courtes, mais quand même assez fortes.

Et c'est vrai que les maux de tête et les nausées, ce n'est pas forcément anodin après un choc à la tête.

Encore une fois, je me suis laissée faire, et j'ai laissé les collègues appeler le 15, qui a jugé pertinent d'affréter une ambulance pour me renvoyer aux urgences.

Une interne m'a fait un examen neurologique extensif, au demeurant assez amusant, pour conclure qu'il n'y avait aucun problème, et comme c'était seize heures après le choc, s'il y avait eu une conséquence ça se serait vu.

Elle était partie pour me renvoyer comme ça, en considérant que l'examen était assez bon pour ne pas mériter un complément par imagerie médicale ; mais dans le doute elle a quand même demandé confirmation à son chef, qui l'a manifestement convaincue de me faire quand même passer un scanner.

Le scanner a été assez rapide, et le résultat est que tout va bien, mais il y a du sang dans le sinus frontal gauche, ce qui est sans gravité et se résorbera tout seul.

Du coup je suis retournée directement au boulot, et mon employeur compréhensif a accepté de me laisser rattraper les trois heures passées aux urgences dans les jours qui suivent, au lieu de me forcer à poser un congé.

Conclusion

La veille de cet accident, je répétais encore à un collègue que le dernier plaisir sadique que je garde est regarder les parisiens en panique devant le moindre flocon. Appelez ça punition divine, karma, ou comme vous voulez, mais la leçon est rude.

Au moment où j'écris ces lignes, trois semaines après l'incident, il ne reste plus aucune marque sur le visage depuis longtemps, et il ne reste que quelques traces des deux plus gros bleus à la jambe et des éraflures.

J'avais un peu peur de l'impact psychologique de cette histoire, car c'était mon tout premier accident de la route, et finalement je n'ai pas spécialement d'angoisse avant de traverser.

Je ne suis retournée qu'une seule fois à ce carrefour en travaux. J'ai été reconnue par le témoin employé du chantier, qui se souvenait même de mon prénom et tout, et pour une raison obscure ça me cause un malaise beaucoup plus profond que l'accident lui-même. Du coup, j'ai changé mon itinéraire, pour passer des rues plus petites et un peu plus glauques, mais avec moins de risques motorisés.

Je ne sais pas trop pourquoi ça me travaille autant d'être reconnue dans la rue par des gens avec qui je n'entretiens pas vraiment de relation, mais c'est la troisième fois que je change de parcours pour éviter ça.

Mise à jour : j'étais un peu trop optimiste en pensant en être sortie psychologiquement indemne. Je traverse la route sans état d'âme, même quand des voitures arrivent, mais j'ai constaté une montée de stress à chaque fois qu'une voiture traverse ma vision périphérique pour passer derrière moi, au moins quand elle vient de ma droite (je n'ai pas encore vécu le cas symétrique). Heureusement que c'est une situation rare.

Publié le 20 février 2019

Tags : Évènement

La langue de l'imaginaire

Je vous ai déjà parlé moult fois de mes tendances en matière de lecture, à tel point que je viens même de fabriquer le tag « Lecture ».

Une chose qui m'interpelle ces jours ci est la langue dans laquelle je lis. Un rapide coup d'œil dans ma liste de lecture pourra vous révéler une écrasante majorité de fictions en anglais.

J'ai lu récemment Zoulag, qui est trop court pour figurer dans ma liste de lecture, mais en dehors de lui et de tentatives de rerentrer dans Les enfants de l'Ô, je n'ai pas lu de fiction en français depuis 2013.

Pourquoi si peu de français, alors que c'est ma langue maternelle ?

Pour une raison obscure, j'ai énormément de mal à rentrer dans les fictions en français. J'ai beaucoup de mal à décrire exactement ce qui me gêne. Lorsque j'essaye de me projeter dans l'univers imaginaire d'une histoire en français, il y a quelque chose dans la forme qui n'arrête pas de tirer vers la réalité.

Je me souviens d'un ami qui me disait il y a longtemps qu'il pouvait lire les romans en anglais, mais qu'il préférait les traductions parce qu'en anglais, le film que ça fait dans sa tête est basse définition, alors qu'en français c'est en HD. Je me demande si ce n'est pas juste une autre façon de décrire la même chose.

Mais qu'est-ce qui me gêne exactement ? Est-ce juste la langue, ou une composante particulière du style de l'auteur ? Cette gêne tire un peu plus fort à chaque lecture d'un passé simple, et plus encore quand j'aurais mis plutôt un imparfait à la place, mais je ne sais pas quoi faire de cette information.

Et pourquoi est-ce que je me plonge aussi facilement dans les histoires que j'ai écrites que dans les romans en anglais ? Est-ce que c'est juste la réactivation du souvenir de l'histoire avant qu'elle soit transcrite, ou est-ce que j'adopte intuitivement le style qui me touche le plus ?

Et un peu plus profondément, est-ce que c'est vraiment une question de style intrinsèque, ou juste un manque d'habitude qui pourrait s'estomper au fil des tomes ?

Si vous avez des recommandations de fictions du même style linguistique que mes écrits, ça m'intéresse de voir si j'accroche. En passant, si vous avez des recommandations de fictions en russe avec du vocabulaire facile, c'est un point de comparaison intéressant aussi. Et si vous avez des témoignages similaires, ça m'aiderait à avoir plus l'impression que c'est anodin.

Publié le 30 janvier 2019

Tags : Autoexploration Lecture

Histoires à partager

Avant de commencer, le plus important : je souhaite un très joyeux Noël à tous ceux qui liront cette phrase, et en prenant le mot « Noël » dans un sens très large, c'est-à-dire tout ce que vous pourriez être en train de fêter ces jours-ci.

Mais comme c'est un billet d'Appel au public, je vous remercie par avance de privilégier dans les réponses la sincérité à la volonté de faire plaisir à tout prix en cette période festive.

J'observe depuis un bon bout de temps les visites de ce site personnel se réduire progressivement. J'ai la nette impression que le système féodal des gros réseaux sociaux a rendu obsolète celui des petits sites personnels entretenus artisanalement.

Concrètement, ça ne dérange pas tellement. J'ai toujours considéré ce site comme une vitrine personnelle, mais le genre de vitrine qui serait dans mon salon, exposant des Metal Earth plus moins bien réussis.

Je veux dire par là que la majorité des choses que je publie ici sont des notes personnelles pour ma consommation personnelle, que je publie au cas où ça intéresse quelqu'un d'autre, un peu comme mon code. Je n'ai pas besoin d'audience pour continuer à l'identique ; l'audience c'est juste du bonus, principalement au bénéfice de ladite audience.

Dans le même ordre d'idée, il y a plein d'histoires dans ma tête, que je construis pour mon propre plaisir ou mon propre divertissement.

Parmi ces histoires, il y en a une petite partie que je décide de fixer sous forme de phrases, en général parce que ça enregistre des émotions que je ne suis pas sûre de pouvoir retrouver plus tard.

Une fois fixées, ces histoires ne sont généralement pas encore dans un état que je considère comme publiable, et je ne trouve pas la motivation nécessaire pour faire ce travail, ce qui explique le peu de nouveautés dans ma section Histoires.

Depuis très récemment, ma situation personnelle a subtilement évolué, et je me retrouve à pouvoir rendre publiables des histoires pour un effort moindre, et avec la possibilité de réorganiser mon emploi du temps pour y caser ce travail.

Mais ce travail n'est toujours pas satisfaisant pour moi seule. Ce serait un coût personnel sans bénéfice personnel direct. Le plaisir de partager mes histoires suffirait à me motiver pour le faire, à condition qu'il y ait une audience avec qui partager. S'il n'y en a pas, si tout le monde s'en fout, je préfère utiliser ce temps pour faire quelque chose de plus égoïstement satisfaisant.

L'objectif de ce billet est donc simplement de peser la question « ai-je une audience pou ces histoires ? »

À titre d'exemple, j'ai publié récemment Becoming, une nouvelle pour tester en grandeur nature mon nouveau système, que j'utilise à présent comme test grandeur nature d'audience.

Combien d'entre vous auraient envie de lire des histoires dans ce genre, si je mettais à en publier plus souvent ?

Il y a déjà un commentaire très encourageant sous Becoming, mais peut-être certains d'entre vous sont-ils passés à côté de la publication de la nouvelle, ou se manifesteraient plus en réponse à cet appel qu'à une publication quelconque ?

À ce stade je cherche juste un décompte de lectorat, j'écouterai volontiers tous les conseils sur comment faire mieux, voire transformer un non en oui, mais je n'en demande pas tant.

Pour vous donner une idée, le niveau ultime de réussite artistique personnelle à mes yeux n'a pas changé depuis ce vieux billet, les « fans qui attendent avec impatience ma prochaine publication, qui s'inquiètent un peu lorsqu'elle tarde inhabituellement, qui font des critiques constructives quitte à être négatives, tout en me laissant percevoir leur soutien. » C'est le 20/20 de mon échelle, quoi.

Et il y a un 30/20 dans ce que j'ai vu sur Errant Story à l'époque, avec un forum de gens qui vérifient la cohérence et spéculent sur les développements futurs et tout.

En question subsidiaire, je ne désespère pas encore de remettre en marche mon système d'images de synthèse, et je vais probablement finir un jour par explorer la bande dessinée, et ça m'intéresse de savoir s'il y aurait éventuellement plus de public pour des histoires fixées sur des planches de BD plutôt que fixées en phrases.

Publié le 26 décembre 2018

Tags : Appel au public Création

Aftershokz Trekz Titanium

Le casque pour entendre ce qu'on écoute pas

Photo du casque Aftershokz Trekz Titanium

J'utilise régulièrement depuis un peu plus d'un an un casque bluetooth à conduction osseuse, le Trekz Titanium d'Aftershokz.

Honnêtement, c'est le plus mauvais casque que j'ai jamais essayé sur presque tous les aspects, et pourtant c'est lui dont je me sers le plus souvent, c'est dire à quel point la conduction osseuse est une killer feature à mes yeux.

Pour bien le mesurer, il va falloir que je commence par expliquer ce qui a éveillé mon intérêt pour ce casque.

Le besoin à remplir

Je passe beaucoup de temps à marcher en ville, ce n'est pas vraiment nouveau, principalement sur des trajets entre mon lieu de travail et mon domicile. C'est un choix personnel, à la place de transports en communs, motivé par la combinaison de plusieurs raisons :

Le principal défaut de cette activité, c'est que ce n'est une activité que physique, et que de base je n'ai pas de moyen de m'occuper l'esprit pendant toutes ces heures. Alors je laisse gambader librement mon imagination, on ne peut pas dire que je m'ennuie ; c'est juste que parfois mon imagination se bloque dans un thème pas joli-joli, et je ne suis pas très douée pour gérer ça.

Ma première idée pour m'occuper l'esprit pendant que les jambes bossent, c'est utiliser mes oreilles, au moyen d'un casque. Le problème immédiatement évident, c'est que je marche aussi avec mes oreilles, pour naviguer dans l'environnement urbain et tous les dangers qui l'habitent. Donc il est hors de question que j'utilise mes casques préférés, parce qu'ils me coupent trop de l'environnement sonore.

Bon, je suis probablement inutilement parano' sur le risque de rater un indice important de mon environnement, donc même les casques avec une isolation pourrie m'inquiètent trop pour que je puisse marcher sereinement pendant une longue période.

La conduction osseuse

Je ne me souviens plus très bien à quelle occasion je suis tombée sur le concept de casque à conduction osseuse. L'idée est, au lieu de faire vibrer l'air en direction des oreilles, de faire vibrer des os pour envoyer l'acoustique directement à l'oreille interne. Le résultat net est strictement aucune atténuation des bruits ambiants.

Le principal inconvénient se résume au fait qu'en réalité, les gadgets ne sont jamais en contact avec un os, il y a toujours du tissu mou qui vient pourrir le couplage acoustique. Résultat, ça gaspille beaucoup d'énergie, le rendu sonore est difficile à maîtriser, et à forcer de gérer autant d'énergie on n'a parfois des soucis à faire autant virer des os qui n'ont pas l'habitude.

De ce que j'en ai lu, la technique fait beaucoup de progrès, mais le casque que j'utilise depuis plus d'un an est à peu près le plus pourri sur tous les critères qui me viennent à l'idée, et pourtant je suis loin d'être audiophile ou sensible aux finesses du rendu audio.

À mes yeux oreilles, il n'a pour lui que la killer feature de ne pas couvrir les sons ambiants.

Mon utilisation

Pendant les premières heures d'utilisation de ce casque, j'ai perçu une texture très particulière au son, mais je n'ai pas été capable de la retrouver depuis. Je ne sais pas si c'est une question de rodage de l'appareil, ou l'apprentissage d'une compensation dans le traitement auditif, ou une stabilisation du port de l'appareil, ou encore autre chose. Bref, tout ça pour dire qu'une première impression franchement dégueulasse n'est pas forcément rédhibitoire.

Cela dit, je ne suis toujours pas fan d'écouter de la musique avec, et je me limite aux titres que je connais tellement par cœur que c'est plus de la remémoration musicale que vraiment écouter.

En revanche, pour ce qui est de la voix, je n'ai rien à lui reprocher, les phonèmes passent sans problème, sans distorsion flagrante, et il n'y a guère que la violence des bruits de moteur pour gêner la compréhension.

Ce qui m'amène à la deuxième utilisation à laquelle j'ai renoncé : pendant un moment, j'ai essayé d'écouter l'audiobook de crossover, dans la continuité de mes réflexions sur l'écrit contre l'oral.

Manifestement, pour mon cas, ce n'est pas une bonne idée de mettre un livre à six étoiles sur cinq là-dedans. Quand je suis aspirée dans l'histoire je suis trop déconnectée de la réalité pour ne pas me mettre en danger ; quand la réalité prend le dessus, le manque est super désagréable ; et quand je ne rate que des petits morceaux (par exemple quand une sirène passe à toute allure), j'ai une espèce de FOMO très désagréable aussi.

Résultat, j'ai laissé tombé les audiobooks dans les environnements un peu bruyants, qui sont les seuls environnements dans lesquels la killer feature a le moindre intérêt.

Donc en gros la seule utilisation compatible avec mes conditions d'utilisation semble être le transfert d'informations sans charge émotionnelle, c'est-à-dire les podcasts.

Par chance, il y a largement de quoi m'occuper avec ça, surtout depuis que j'ai eu l'idée d'y mettre de quoi travailler une langue étrangère, un peu au-dessus de mon niveau. Comme je ne comprends globalement rien, je ne suis pas dérangée par les bruits trop forts, et je n'ai aucune réticence à déplacer mon attention sur un élément extérieur, et en plus je peux laisser les mêmes podcasts en random et découvrir de nouvelles choses même dans ceux que j'ai déjà entendu dix fois.

Cela dit, pour les vrais podcasts, il me manque quelque chose pour revenir légèrement en arrière, genre 5-10 s, mais j'imagine que c'est quelque chose qui est plus du ressort de l'appareil qui envoie la musique que du casque.

Avec tout ça, je m'en sors très souvent, et j'en suis globalement très contente. J'ai conscience de l'étroitesse de la niche qu'il remplit, mais je suis très contente qu'il existe.

Une chose que j'ai du mal à quantifier et qui m'inquiète un peu, c'est combien de son « fuit » du casque vers l'air, à quel point j'embête les gens que je croise dans la rue. Et comme je bascule facilement mon attention sur l'extérieur, il m'est arrivé plusieurs fis de parler avec des gens qui m'interpellent sans étendre le son, je me demande si c'est perçu et si oui comment.

Publié le 30 novembre 2018

Tags : Jouets

Provisions à emporter

Un gentil lecteur a vu mon EDC (le bazar que je transporte sur moi) et il m'a fait remarquer qu'il n'y a rien à manger là-dedans. C'est une bonne remarque, et j'ai vu qu'il y a beaucoup de gens qui transportent des en-cas. Ce n'est pas mon cas, parce qu'évidemment je n'en ai pas besoin, je mange très rarement entre les repas.

Au cours de ma vie, j'ai remarqué que c'est souvent intéressant de remettre en question les trucs qui ont l'air évidents, surtout lorsque c'est pour fermer une question.

En vrai j'ai un peu honte de la fréquence à laquelle je grignote en dehors des repas, mais c'est presque tout le temps dans les lieux familiers, où je stocke de la nourriture, de sorte que je n'ai pas besoin d'en transporter avec moi.

Cela étant, mon EDC contient bien un certain nombre d'objets dont je n'ai pas besoin tous les jours, mais dont l'utilisation en cas de besoin est suffisamment positive pour l'avoir toujours à portée de main, donc ça mérite quand même réflexion.

Et puis, comme un pied de nez du destin, quelques jours après être arrivée à cette conclusion, je me suis retrouvée à sauter un repas dans des circonstances amenées à se reproduire.

Je vais donc dans ce billet étaler le résultat de ces réflexions sur quelle nourriture intégrer à mon EDC, en laissant évidemment la porte ouverte à la réponse « rien ».

J'ai aussi réfléchi un peu plus loin que l'EDC, mais j'ai été facilement convaincue de placer à des endroits stratégiques du BP-5 / NRG-5, mais je m'en occuperai plus tard.

Je ne sais pas à quel point c'est pertinent sur ce weblog, mais je vais quand même préciser que tous les produits dont il sera question ici ont été achetés à mon initiative, suite à des recherches personnelles, avec mon budget personnel, sans aucun lien avec aucune entité commerciale que ce soit.

Contraintes initiales

Je suis donc, dans le cadre de ce billet, en train de considérer les choses comestibles à trimballer dans mon sac à main, ou éventuellement dans un sac à dos de boulot, au quotidien, pour une utilisation ponctuelle, en dépannage.

Je me suis donc restreinte à la nourriture « en barre », parce que j'ai l'impression qu'il n'y a que ça qui puisse être mangé dans des conditions improvisées, qui se conserve sur une durée raisonnable (donc pas un sandwich), et qui résiste à peu près aux contraintes physiques d'être transporté au quotidien (donc pas des biscuits).

Je me suis également restreinte aux barres issues de l'industrie agro-alimentaire, sans considérer les recettes que l'on peut mettre en œuvre chez soi, parce que malgré tous les reproches qu'on peut faire à cette industrie, je leur fais confiance sur les DLCO et l'analyse nutritionnelle (enfin plus confiance que dans le DIY).

Cela étant, après avoir faire le tour de l'offre industrielle et affiné ce que je veux (toujours en laissant ouverte la possibilité du rien), je n'exclus pas de regarder du côté des recettes DIY pour remplacer mon choix. Je ne me sens juste pas de commencer ma sélection en naviguant dans la pléthore des recettes existantes.

Si vous avez connaissance d'un autre format que les barres pour satisfaire toutes ces contraintes, merci de me le communiquer.

Analyse du besoin

Je suis donc repartie de la base, à savoir dans quelles circonstances je pourrais avoir besoin de quelque chose à manger dans mon sac à main.

La première situation est la bête gourmandise, mais comme je suis plutôt du côté grassouillet du BMI, je préfère éviter le plus possible cette utilisation.

Il y a aussi le support psychologique, pour lequel j'entretiens des tablettes (de chocolat) de secours mais la nourriture capable de remplir cette fonction est très limitée et trop difficile à stocker.

Il reste donc essentiellement couper la faim. Mais ça peut vouloir dire deux choses différentes : soit se nourrir suffisamment pour continuer de fonctionner, soit seulement supprimer la sensation de faim en sachant que les besoins du corps seraient satisfaits prochainement.

Par exemple, le premier cas pourrait être se retrouver coincé sur le bord de la route, ou dans un salon et il faut de l'énergie pour faire face à la situation et s'en sortir. Alors que pour le second cas, ça pourrait être la fin d'après-midi avant un diner festif et copieux et après un déjeuner très léger en prévision dudit diner.

La différence est de taille : le premier cas cherche les calories tandis que le second les évite. D'un autre côté, le premier cas est plus difficile à gérer par la volonté pure, mais il est peut-être moins fréquent dans ma vie.

Après mûre réflexion, je préfère supposer que je vais être capable de gérer le second cas avec la volonté pure, en étant prête à remettre en question si le futur mon contredit.

Ma réponse pour le second cas est donc « rien », et la suite de ce billet va chercher quoi répondre au premier cas.

Critères comparatifs

Donc à ce stade, je vais chercher essentiellement chercher de quoi me nourrir, pour une situation où mon corps à besoin de nourriture pour assurer un fonctionnement à peu près normal.

Par conséquent, je vais vouloir dans ma barre le plus d'énergie possible, dans le moins de volume possible. Comme le volume est trop chant à mesurer, je vais rapporter à la masse plutôt qu'au volume. Et du coup, je vais directement à rebours du nutri-score.

Comme ce n'est que pour une utilisation ponctuelle, je ne vais pas prendre en compte toute la composition détaillée, seuls les macro-nutriments me semblent pertinents.

À force de parcourir le grand 'ternet dans tous les sens, j'ai un peu perdu les sources, qui me contrarie un peu, j'ai retenu les critères suivants sur les macro-nutriments :

Le goût est un critère compliqué. À l'origine, je voulais le garder en dernier critère pour départager, mais au cours de mes tests je me suis rendu compte que certaines barres ont trop bon goût, et la gourmandise prend le dessus, ce qui en fait un point très négatif.

Les critères de stockage dans mon EDC (résistance mécanique et à la chaleur, durée de conservation) sont importants aussi, mais je n'ai pas vraiment pu les évaluer.

Essais

Je sais que les barres alimentaires sont classées en trois gammes : les barres protéinées, pour les sportifs qui veulent construire du muscle, les barres énergétiques, et les substituts de repas (qui se disent) hypocaloriques.

Dans les supermarchés que je fréquente, je vois aussi trois groupes, mais très différents : les barres « confiserie », les barres « petit déjeuner », et les barres de régime / substitut de repas.

J'ai zapé la confiserie, en supposant que ça ne m'intéresserait pas (mais c'est peut-être un préjugé), mais j'ai quand même mis ma barre préférée dans la liste pour avoir un repère.

Je ne sais pas trop à quelle gamme relier les barres « petit déjeuner », mais du coup je l'ai explorée quand même.

Les substituts de repas se prétendent hypocaloriques, mais ils ont une densité énergétique pas si éloignée de celle de la confiserie. Je suppose que c'est parce que la quantité qu'ils conseillent est faible, et donne suffisamment de tout sauf d'énergie dans cette quantité. Du coup je suppose que ça peut marcher pour mon utilisation, en faisant peut-être attention à ne pas trop accumuler de micro-nutriments.

Voici les barres que j'ai essayées, avec les nombres pour les principaux critères, pour 100 g de produit, sauf pour les sucres qui sont en pourcentage des apports énergiques.

Barre Énergie Prot. Fibres Lipides saturés Sucres
Nestlé Nuts 492 kcal 4.5 g 1.2 g 10.3 g 43 %
Kellog's Extra 459 kcal 8.9 g 4.9 g 5.  g 31 %
Kellog's Special K 388 kcal 7.0 g 14.  g 5.1 g 25 %
Neslté Clusters 412 kcal 6.3 g 6.7 g 6.2 g 24 %
Jordans Frusli 401 kcal 5.8 g 4.5 g 1.8 g 31 %
Gerlinéa Mon repas 378 kcal 24.  g 2.  g 0.8 g 38 %
Gerlinéa céréales 336 kcal 22.  g 19.  g 1.1 g 23 %

La sélection est évidemment biaisée par le fait qu'en magasin, j'ai choisi à peu près suivant mes critères initiaux.

Globalement, la densité énergique ne varie pas du simple au double, ce qui est plus que l'impression que j'avais, mais ce n'est pas spécialement impressionnant comme écart entre le produit « régime » et la confiserie.

J'ai été un peu étonnée de la variabilité au niveau de la quantité de fibres, et sur le reste on voit assez bien la distinction entre les produits « régime » et les autres. Une autre différence flagrante est au niveau du goût. Je ne sais pas si c'est une conséquence de l'orientation régime, ou un choix délibéré (pour quelles raisons ?), mais elles sont beaucoup moins tentantes que les autres barres.

Résultat, j'ai fait un petit stock du Gerlinéa Céréales, et on verra ce que ça donne au fil du temps. J'ai quand même eu une petite déception en remarquant qu'il semble n'avoir que deux ou trois mois de conservation.

Publié le 31 octobre 2018

Tags : Autoexploration Jouets

Besoin de fiction

J'ai déjà mentionné que la lecture a sur moi un effet qui ressemble à (ce que j'imagine être) l'effet d'une drogue. Je n'avais encore jamais envisagé que ce ne soit pas limité à la lecture, mais aussi à l'immersion dans un univers de fiction. C'est ce que je vais explorer dans ce billet.

À titre de référence, en temps normal, il y a chaque semaine dans ma routine environ quatre heures de lecture dans le bus, généralement de romans, et peut-être à peu près autant de séries télévisées dans mon salon. Donc à peu près huit heures loin de ce monde.

Et puis au moins d'août, il y a eu la conjonction de plusieurs choses indépendantes : j'étais en train de lire dans le bus une des rares non-fiction de ma liste de lecture, à savoir Thinking Fast and Slow, et juste après je me suis retrouvée dans deux semaines de vacances qui ont complètement bouleversé mon quotidien, et qui se sont trouvées de plus en plus pauvres en fictions, car des activités plus sociables occupaient toutes les journées. À tel point que j'ai fini par ressentir un manque que je n'ai pas pu interpréter immédiatement.

Bon, en vrai, ce n'était pas une découverte complète, et je ne suis pas vraiment partie de zéro. Par le passé j'ai déjà ressenti une version beaucoup plus faible de ce même manque, le dimanche soir. Ce besoin semble exister aussi à des échelles de temps plus petites, comme si j'avais besoin d'une dose à peu près tous les jours, probablement suivant mon état mental général, et peut-être la force de la fiction en cours de lecture, ou de mes occasions de rêvasser dans ma propre fiction par ailleurs.

Je ne sais pas trop quoi en penser. C'est un peu comme si je découvrais que je suis plus dépendante de la lecture que je ne le croyais, mais sans la noblesse associée à la lecture. Je trouve que c'est contrariant de dépendre de quoi que ce soit, même si c'est un peu idiot vu ma dépendance à la nourriture et à l'oxygène). J'essaye de me dire qu'au moins ce n'est pas physiologiquement malsain, mais c'est un maigre réconfort quand j'imagine les conséquences sociales que ça pourrait avoir.

Je ne sais pas trop comment organiser ma vie pour être sûre de ne pas manquer, quelque chose comme l'équivalent des repas qui rappellent périodiquement qu'il faut se nourrir même si pour une raison ou pour une autre la faim ne remplit plus ce rôle.

D'un autre côté, en regardant plus froidement ma description de cette situation, je me demande si je ne suis pas en train de confondre le besoin de fiction et le besoin de se ressourcer dans le calme qui découle de l'introversion.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Avez-vous aussi des besoins de fiction après s'en être passé trop longtemps ? Ressentez-vous une subtile nuance entre des besoins de fiction et des besoins de calme ?

En avez-vous marre de ces questions artificielles qui prétendent augmenter l'engagement ? Posteriez-vous les mêmes commentaires sans elles ?

Publié le 30 septembre 2018

Tags : Autoexploration Lecture

Requiescat III – Horlogium

La série noire de l'année 2018 continue, après mon téléphone mobile et mon appareil photo, c'est ma montre qui semble rendre l'âme. Comme les fois précédentes, alors que j'écris ces lignes je ne crois pas une seconde qu'un miracle se produise et rende ses fonctionnalités à ce morceau d'électronique, mais cette fois j'espère que l'invocation latine public ce weblog produise ce miracle.

Et comme l'espoir appelle la déception, je suppose que c'est justement cette fois que ça ne va pas marcher.

Cette montre est une Pebble Time Round, et je vous en avais déjà parlé lorsque son fabriquant a fermé ses portes, dans un article intitulé Pour une fois qu'un wearable me plaisait…, et je crois que sa batterie est mourante.

Le vieillissement soudain

Pour situer, lorsqu'elle était neuve, la batterie de cette montre tenait environ trois demi-journées, que ce soit deux jours et une nuit ou un jour et deux nuits. Les nuits sont quand je dors, ce qui est nettement plus court que la journée, mais j'avais une utilisation plus intensive de l'accéléromètre et j'étais en limite de portée bluetooth. Comme je n'aime pas l'irrégularité de cette demi-journée en plus, je l'ai rechargée à peu près tous les soirs, depuis trois ans.

D'ailleurs c'est amusant qu'à l'époque l'autonomie de cette montre était vivement critiquée, alors qu'aujourd'hui le marché est encore bourré de modèle qui tiennent à peu près aussi longtemps.

Du coup après un peu moins de trois ans de bons et loyaux services, cette batterie a tenu environ mille cycles, ce qui est une longévité honorable.

À force de ne pas utiliser la demi-journée en bonus, je ne saurais pas trop dire comment elle s'est réduite au fil des ans, mais au début du mois d'août 2018 je n'avais pas besoin de faire attention à quel moment de la soirée je lançais la recharge pour qu'elle tienne jusqu'à la soirée suivante. Il n'était donc pas rare que je lui demande de tenir 27 heures, et il semblait y avoir encore de la marge derrière.

Et puis en deux semaines ça s'est détérioré très rapidement. D'abord elle n'a plus tenu jusqu'au matin quelques jours de suite, ce qui est très contrariant car je compte sur ses vibrations pour me réveiller. Alors j'ai commencé à désactiver la liaison bluetooth pendant la nuit, et tout est rentré provisoirement dans l'ordre.

Ensuite elle a commencé à ne plus tenir la journée, en se mettant en mode d'économie d'énergie pendant mon trajet retour, qui est justement un des moments où les notifications me sont les plus importantes, car je n'ai pas d'ordinateur devant moi. Alors j'ai commencé à la recharger matin et soir, et tout est rentré provisoirement dans l'ordre.

Ensuite elle a commencé à se couper brutalement, sans même passer par le mode d'économie d'énergie qui donne encore l'heure, lorsqu'il fallait utiliser un pic de courant pour vibrer ou se reconnecter en bluetooth, alors que la dernière charge était trop loin. Alors j'ai commencé à la recharger trois fois par jour, et utiliser un autre réveil.

Et ensuite elle n'a plus été capable de sortir le moindre pic de courant sans être branchée, ce qui est son état actuel : elle donne l'heure et travaille l'accéléromètre, sans aucune vibration ni liaison radio, avec deux recharges par jour, dont une utilisée pour exfiltrer les données de l'accéléromètre.

Le remplacement

Contrairement aux requiescat précédent, ce morceau d'électronique est suffisamment bon marché pour que dès l'annonce de la fermeture de Pebble j'investisse dans une unité de rechange, en misant sur le fait que je ne trouverais pas de remplaçant avant l'expiration de l'unité « en production ». Pari gagné.

Mais maintenant que je n'ai plus d'unité de rechange, la prochaine mauvaise chute peut mettre fin à cet élément que je juge important dans ma vie. Il me semble donc raisonnable de réfléchir dès maintenant à comment gérer la mort de l'unité de remplacement.

D'autant plus que je crois me souvenir que dans les technologies actuelles de batteries au lithium l'entropie contribue plus au vieillissement que les cycles de chargement, ce qui peut rendre pessimiste sur la durée de vie de la batterie de cette unité de remplacement.

J'ai l'impression qu'il existe encore quelques stocks de Pebble Time Round, donc je pourrai refaire le pari sur une unité de remplacement, mais ça me semble un peu plus risqué qu'à l'époque, donc j'hésite. Et si j'hésite suffisamment longtemps, cette possibilité se fermera d'elle-même.

Je pourrais essayer d'ouvrir mon unité défunte pour remplacer sa batterie. J'ai assez peu à y perdre, l'étanchéité n'a jamais été terrible sur cette unité ; mais il faudrait d'abord trouver une batterie fonctionnelle, ce qui n'a pas l'air gagné du tout.

Alors si je me dis que choisir un nouvel appareil est inévitable, je retourne aux bases avec une analyse des besoins, par ordre d'importance :

  1. donner l'heure,
  2. réveiller par des vibrations discrètes,
  3. avertir de l'oubli de l'ordiphone,
  4. avertir des notifications pertinentes,
  5. présenter un résumé desdites notifications,
  6. envoyer un texte prédéfini par SMS à un correspondant.

Je suis assez indifférente aux fonctionnalités de fitness, quoique j'ai peut-être une certaine curiosité sur l'évolution de mon rythme cardiaque au fil de la journée.

En revanche, je suis très très réticente à voir les informations de fitness sortir de mon contrôle. Je suppose que vu l'état actuel du Marché, on y peut rien, mais le résultat net est que je préfère aucun suivi à un suivi cloudé.

Et je suis encore plus réticente à l'utilisation d'un écran tactile. Je déteste déjà ce type d'interfaces quand l'écran à une taille raisonnable, alors quand le doigt cache une portion significative de l'écran ça me met juste hors de moi. Les vrais contrôles physiques, utilisables en aveugle, c'est ça mon truc.

Je me rends compte au passage qu'entre le web en mode texte et la préférence pour les boutons physiques, ça commence à faire beaucoup de trucs grands publics que j'aimerais utiliser comme les malvoyants.

Avec tout ça, on dirait que le premier besoin de la liste suffit déjà à éliminer une grande partie des montres connectées, à moins qu'il y ait eu récemment des progrès spectaculaires dans la reconnaissance du geste de regarder le cadran.

En revanche, je découvre le principe des montres connectées « hybrides », avec un vrai cadran et des vraies aiguilles pour remplir le besoin de base d'une montre. Elles me semblent souvent pêcher au niveau de la présentation d'informations, mais si c'est la seule concession que je dois faire, c'est plutôt bien.

Cela dit, de façon purement fortuite, je suis tombée récemment sur un article qui recommande d'attendre un peu avant d'acheter une montre connectée, parce qu'une nouvelle puce est censée faire une révolution. Je suis un peu sceptique, mais je pense pouvoir attendre jusqu'au 10 septembre prochain pour voir si cette histoire à un impact sur les produits qui m'intéressent. Au moins je suis contente que ça arrive en plein dans une mode des montres hybrides, j'ai un peu plus d'espoir que d'habitude de ne pas me retrouver laissée sur le bord de la route du marché de consommation.

La tentation nihiliste

Comme à chaque fois qu'un de mes jouets tombe en panne et qu'il n'y a pas de remplacement, je me pose la question de son élimination. Est-ce que je m'encombre avec, ou ça apporte vraiment quelque chose ?

Je ne peux m'empêcher de remarquer que j'avais du mal à abandonner le téléphone Android pour ce que m'apportait la montre Pebble, et là j'ai du mal à abandonner la montre connectée pour ce en quoi elle complète le téléphone prétendument intelligent. Et si j'arrachais les deux en même temps ?

Il va quand même me falloir quelque chose qui donne l'heure, et qui peut me réveiller. Je ne comprends pas très bien pourquoi ce n'est pas possible complètement offline, peut-être que j'ai seulement mal cherché. Les montres avec alarme existaient déjà dans mon enfance, et remplacer le bip par un moteur haptique ne doit pas être si compliqué ces jours ci.

J'ai peut-être réfléchi un peu malsainement trop longtemps à cette question, mais je suis arrivée à la conclusion que finalement, ces notifications qui encombrent tellement ma vie pourraient aussi bien rester sur un PC que j'ai devant moi, et garder un pager pour les cas d'urgence.

Globalement, je crois qu'il me suffirait d'une montre idiote, d'un pager, d'un téléphone idiot éteint, d'un GPS, et d'un système d'accès en urgence à internet. S'il y avait moyen d'avoir un pager non-cellulaire, ça comblerait en même temps à peu près tous mes côtés paranoïaques sur les dérives actuelles du capitalisme de surveillance.

Je continue de suivre les actualités de KaiOS, dans l'espoir qu'il finisse par arriver sur un modèle à ma portée. Quand ce sera le cas, il est probable qu'il n'y ait pas de montre connectée qui aille avec…

Envoi

Et vous, quelle place donnez-vous à l'électronique sur votre poignet ?

Y a-t-il d'autres wearables qui valent le coup ces jours-ci ?

Faut-il démanteler le capitalisme de surveillance avant de pouvoir espérer le montre wearable qui ne soit pas un fitness tracker qui envoie tout dans dieu sait quel nuage ?

Y-a-til une chance de voir les makers et l'électronique grand public converger vers du DIY wearable ?

Non-miracle (ajout du 2 septembre 2018)

Sans grande surprise, il n'y a pas eu le miracle des fois précédentes.

Pour diverses raisons pratiques, j'ai continué d'utiliser l'ancienne unité pour avoir l'heure et suivre mon sommeil pendant ces deux dernières semaines.

Jusqu'à en arriver au point où une fois chargée au maximum, le débranchement conduit immédiatement à un avertissement de batterie presque vide, qui est accompagné d'une vibration qu'on ne peut désactiver, et qui cause l'extinction neuf fois sur dix à l'intensité minimale.

Et puis hier après midi, alors que je regardais l'heure, je remarque un vide inhabituel :

Photo de la montre physiquement cassée

Le point positif, c'est que l'ouverture du boîtier était justement ce que je redoutais le plus dans une tentative de réparation de cette montre, et du coup je n'ai plus rien à perdre en termes d'étanchéité.

Je mets aujourd'hui en production la nouvelle unité, et advienne que pourra.

Publié le 23 août 2018

Tags : Évènement Jouets

Vulgarisation et édification

De tous temps les hommes se sont Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu une certaine curiosité et une affinité pour toutes sortes de connaissances. J'ai passé de très bons moments avec Tout l'Univers, C'est pas sorcier, et d'autres sources de connaissances de ce genre.

Avec cette base, et la conviction philosophique que je répète (trop) souvent qu'une journée au cours de laquelle on n'a rien appris est une journée perdue, on pourrait croire que je serais restée assidue toute ma vie à un média de vulgarisation ou un autre. Ou en tout cas, moi je le crois.

Et pourtant, je me suis plusieurs fois rendu compte qu'en fait non, par les aléas de la vie j'étais « tombée du wagon ».

Prenez le temps d'e-penser

La dernière fois est plutôt récente, même si je ne me souviens pas exactement quand, et je m'étais abonnée au fil RSS de la chaîne YouYube e-penser. Pas de bol, c'était pendant sa période de hiatus pour réaliser sa websérie, au demeurant fort à mon goût, mais pas du tout vulgarisatrice.

Et puis récemment, il a sorti une nouvelle vidéo de vulgarisation, sur la superposition quantique, qu'il n'est pas nécessaire de regarder ou de comprendre pour la suite du présent billet.

Je suis très impressionnée par cette vidéo, parce que j'ai l'impression qu'il réussit à rendre accessible et amusant des explications beaucoup plus précises que la plupart des vulgarisations sur ce sujet.

Si j'ai parfois l'impression (rapidement anéantie) d'avoir un talent pour expliquer, ce talent se limite aux cas interactifs, et je m'en sors nettement moins bien face à l'audience passive d'une vidéo ou d'un article.

D'ailleurs ça se voit bien sur le présent weblog, si je voulais transmettre le contenu de mes articles à une personne en face de moi, je couperais pas mal d'éléments en sachant que mon interlocuteur les a déjà (soit en le connaissant soit en m'en étant assurée par de façon verbale ou non).

Vulgarisation et culture

Il y a une autre chose qui m'a frappée dans cette dernière vidéo d'e-penser : je n'en ai rien appris. Elle ne contient rien que je ne sache déjà.

Certes, c'est rigolo et divertissant, mais je pourrais en dire autant d'un film de super-héros Marvel, ce qui n'est pas très glorieux en termes de vulgarisation.

Je crois que si je n'avais pas été à ce point impressionnée par la valeur intrinsèque de la vidéo, je n'aurais pas osé la désigner explicitement avant d'émettre ce jugement aussi négatif.

Parce qu'évidemment, le problème ce n'est pas elle, c'est moi. Quelque part, c'est plutôt rassurant qu'après des décennies à tremper dans la science, vulgarisée comme professionnelle, j'arrive à un stade où il ne me reste plus grand-chose à apprendre de la vulgarisation grand public. L'individu apprend beaucoup plus vite que la population.

J'ai beaucoup de mal à revendiquer une « culture scientifique », parce que ça attaque frontalement mes tendances à l'auto-dévalorisation, mon syndrome de l'imposteur, et mon horreur de l'arrogance ; mais il me semble que c'est bien comme ça qu'il faudrait appeler le capital de connaissances scientifiques que j'ai accumulé au fil des années.

La conséquence directe est que je trouve mieux à faire de mon temps qu'à suivre de la vulgarisation qui ne m'apprend rien, et je finis par ne plus suivre de vulgarisation du tout, jusqu'à ce que je me rende compte que ce manque et que le cycle recommence.

Quelle vulgarisation pour les gens comme moi ?

Maintenant que j'ai pris conscience de ce cycle, j'ai très envie de le casser.

Comment continuer mon œuvre d'édification personnelle si j'ai fait le tour de la vulgarisation scientifique grand public ? (en supposant que ce soit bien le cas et que je ne sois pas en pleine crise d'arrogance mégalomane)

La piste la plus facile, qui n'est pourtant pas la première qui me sois venue à l'esprit, est « par le côté », c'est-à-dire élargir les domaines que je cultive, au moyen de vulgarisation dans ces domaines où je ne suis pas significativement meilleure que le grand public.

Ce n'était pas dans une démarche aussi structurée, mais c'est un peu pour ça que j'avais commencé à suivre Denis Colombi (@Uneheuredepeine) et le projet Arcadie.

J'ai d'ailleurs découvert au passage un préjugé amusant, selon lequel la sociologie et la politique française sont moins utiles que les sciences plus dures que je connais mieux. Une fois mis en mots on voit à quel point c'est ridicule tant la législation française a plus d'impact sur ma vie que la superposition quantique.

Et en même temps, ce sont ces comptes, ainsi qu'un bon nombre de retweets de gens que je suis pour d'autres raisons, qui donnent une place irremplaçable à Twitter dans ma vie ces jours-ci, malgré tout le mal que j'en ai écrit, et dont la disparition va me peiner.

Cela dit, mon premier élan pour briser le cycle c'était de chercher une sortie « par le haut », c'est-à-dire de la vulgarisation à un niveau au-dessus.

Et j'ai été tristement surprise de ne rien trouver.

Pour prendre des exemples concrets, à la limite de ma culture scientifique se trouvent aujourd'hui les jauges en physique théorique, les diagrammes de Feynman, les limites du modèle de l'argent dette, le CMOS, ou les haptènes. J'ai juste assez de culture scientifique pour connaître ces mots, et savoir à peu près comment ils se situent par rapport à ce que je sais déjà, dans sans avoir le moindre détail du système qu'ils désignent.

À partir de ces mots, je suppose que je pourrais secouer un moteur de recherches jusqu'à ce qu'il me sorte des pages à portée qui expliquent ce bazar, et ainsi repousser la frontière de ma culture scientifique.

Mais ce n'est pas une solution, parce que quelque part ce sont des anomalies : la plus grosse partie de cette frontière ne contient pas d'expression qui permette de la repousser.

Donc ce que j'adorerais, ce serait un média de « vulgarisation avancée », ou quelque chose comme ça, qui détaille ce genre de chose, à un niveau pas « grand public » mais « polymathe », genre décrire la théorie des jauges en expliquant les groupes de Lie et en montrant des équations, décrire les équations représentées par les diagrammes de Feynman, montrer l'interaction moléculaire entre l'haptène et le système immunitaire et la réaction en chaîne que ça provoque dans ce système.

Et surtout, que ce média décrive de la même façon toutes les autres choses à ce niveau de détail dont je ne connais même pas le nom, quitte à donner quelques références pour combler les éventuels prérequis manquants.

Je pense que ce n'est pas du tout le même créneau qu'un e-penser ou un Today I Found Out, et le fait que je ne trouve rien à ce niveau me laisse perplexe.

Est-ce qu'en fait ce créneau n'existe pas, et n'est qu'un pur produit de mon imagination ? Ou existe-t-il mais avec un public tellement limité qu'aucun modèle économique ne permet de le remplir ? Ou existe-t-il mais je suis trop nulle pour le googler ?

Avez-vous des références à me conseiller, pour continuer mon édification personnelle, aussi bien vers le haut que vers le côté ?

Publié le 22 juillet 2018

Tags : Autoexploration Réflexion

Requiescat II – Photographum

L'année 2018 semble accumuler les évènements d'électronique qui me lâche. Après mon téléphone mobile, qui a connu un retour à la santé miraculeux, c'est au tour de mon appareil photo compact d'évoluer vers sa forme de presse-papier de luxe, sans rémission en vue.

Expiration

Samedi matin, juste avant une sortie, j'ai sorti de mon sac mon appareil photo Fujifilm X70, pour faire les vérifications habituelles de niveau de batterie et de carte mémoire.

Dans un clic, l'interrupteur change de position. Il ne se passe rien.

Je vérifie que l'interrupteur est bien en position on, parce que lorsque l'appareil s'éteint spontanément pour conserver la batterie, l'interrupteur reste sur on, et le faire basculer en position off n'a pas d'effet visible. Mais cette fois, il était bien sur on, alors je le rebascule sur off et j'attends quelques secondes.

Clic. Toujours rien.

La folie, c'est refaire la même chose en espérant un résultat différent, mais le temps de saisir la situation, je refais un cycle.

Clic. Toujours rien.

Il me semblait l'avoir rechargé relativement récemment, mais je ne compte plus le nombre de mauvaises surprises en découvrant une batterie qui s'est vidée inexplicablement rapidement.

Je me saisis donc de ma batterie de rechange, et je procède au remplacement.

Clic. Toujours rien.

Là ça devient très inquiétant, parce que cette batterie de rechange n'a pu subir que l'autodécharge, et je n'ai pas encore eu de mauvaise surprise avec les batteries débranchées.

Clic. Toujours rien.

Je vais jusqu'à mon ordinateur, pour brancher l'appareil sur le câble micro-USB qui lui est branché en permanence. Le témoin qui indique l'alimentation ou la charge reste éteint, ce qui est inhabituel et renforce encore le sentiment d'inquiétude.

Clic. Toujours rien.

J'en arrive donc logiquement à la prise de conscience que ce cher appareil électronique est dans une panne sérieuse, et à la première étape du deuil électronique : le « pourquoi ? »

Le sac à dos dans lequel je transporte habituellement cet appareil n'a pas subi de choc particulier ces derniers temps, et il contient d'autres objets aussi fragiles qui sont encore en très bon état.

En revanche, il y a eu ces derniers jours quelques pluies soudaines et abondantes. Je me souviens avoir été impressionnée par le sac à dos qui a presque gardé au sec un carton que je transportais lundi dernier, il y avait juste une goutte d'eau tombée dessus, alors que je portais sur moi plus lourd d'eau que de vêtements. Et le mardi matin j'étais un peu moins impressionnée en trouvant mon à main (au fond dudit sac à dos) humide. Mais l'appareil photo, dans sa housse, était au niveau carton et non au niveau du sac à main.

N'ayant rien à perdre, j'ai mis l'appareil dans un sac de riz. Deux jours plus tard, son état n'a pas changé.

Clic. Toujours rien.

J'ai contacté l'entreprise de vente par correspondance qui m'a vendu cet appareil (d'occasion quasi-neuve), et ils m'ont proposé de le renvoyer contre un remboursement, car ils n'ont plus de stock de ce modèle.

Je n'ai rien trouvé pour « débriquer » ce modèle d'appareil, pas de combinaison magique ou de bouton à maintenir appuyé.

Si vous avez des idées de trucs à essayer avant de le renvoyer, je suis toute ouïe.

Nécrologie

Il semble très difficile de remplacer cet appareil par un modèle identique, donc sauf rémission inespérée, ceci marque la fin de mon avec le Fujifilm X70.

Vous vous souvenez peut-être que j'ai choisi ce modèle après de longues héstations, notamment encore un compact quelconque et le compromis très particulier que représente cet appareil.

C'est un bon moment de comparer mes réflexions a priori et mes impressions a posteriori.

Le but de mon achat d'appareil compact était de commencer à faire des photos en dehors d'expéditions dédiées au cours desquels je prends mon reflex numérique Nikon D7000

C'est bien un succès à ce niveau, même s'il est un peu plus mitigé que je l'espérais. Mon photoblog se remplit doucement, et il a un backlog plus gros que son archive, donc la photographie n'est même pas le facteur limitant.

Même s'il est compact, ce X70 a un capteur et un objectif qui me semblent jouer dans la même cour que la gamme de reflex que je pratique, il m'est donc arrivé quelques fois de le prendre à la place du D7000, lorsque l'objectif grand angle s'y prête.

La focale fixe ne m'a pas dérangée du tout, j'ai souvent composé avec, et parfois j'ai recadré après coup pour faire l'équivalent d'un zoom numérique. La résolution sur mon photoblog est tellement basse que ça ne pose pas de problème, et je n'ai pas encore les qualités pour faire de la photo qui mérite de se retrouver sur papier.

J'ai pu m'accommoder de l'absence de stabilisation, et je n'ai jamais volontairement utilisé le flash, je me suis à chaque fois débrouillée pour improviser un pied ou monter dans les ISO.

La visée sur écran est gérable, même si c'est très pénible au soleil, je n'ai jamais consciemment regretté de ne pas avoir de viseur. Et j'ai plusieurs fois apprécié les points de vue que l'on peut atteindre en visant sur l'écran incliné.

La vidéo ça n'a vraiment pas l'air d'être mon truc.

Je ne m'attendais pas à accrocher autant au système de simulation de film de Fuji, et j'en discutais encore dans mon dernier billet. Je me demande à quel point c'est juste un tas de presets des paramètres de traitement numérique traditionnels, ou s'il y a du traitement original de Fuji en plus.

Dans l'ensemble, entre les simulations de films et la qualité des JPEG qui en sortent, le X70 permet de se passer complètement d'ordinateur, en faisant tous les traitements dans l'appareil. Pour les photos du quotidien qui ne méritent pas de sortir le reflex, c'est appréciable de ne pas avoir à sortir quand même l'artillerie lourde sur l'ordinateur.

J'ai aussi énormément accroché à l'interface physique, avec des boutons dédiés au temps d'exposition, à l'ouverture, et à la compensation. C'est colossalement plus à mon goût que le système « PSAM » habituel, bien plus que je m'y attendais.

Bref, je suis très contente de feu cet appareil et du compromis qu'il représente, et a posteriori je suis persuadée d'avoir fait le bon choix.

Si vraiment je devais lui faire des reproches, c'est vrai que la batterie est un peu courte, et je n'ai pas regretté d'en avoir une deuxième prête à servir. En même temps, ce n'est pas un appareil pour les expéditions photos, donc il n'y a guère qu'en vacances que ça gêne vraiment, mais ces dernières années j'ai préféré plus vivre les évènements que chercher le point de vue du photographe, fatalement extérieur.

Et il y a le fait qu'il n'est pas si compact que ça. J'aurais eu les mêmes difficultés d'EDC même avec un vrai compact, vu que le peu de poches dans ma gamme vestimentaire, mais il est de fait que ça limite les solutions pratiques de port.

Succession

Il y a donc maintenant dans ma vie un trou en forme d'appareil photo compact. Qu'en faire ?

Je crois que si je tombais un X70 en bon état, je sauterais (figurativement) dessus. Imaginons donc, pour le reste de cette partie, que ce ne soit pas le cas.

Du coup j'ai passé un temps indécent sur DPReview pour chercher avec quoi combler ce trou.

À l'époque de mon hésitation, j'avais envisagé le Ricoh GR II, mais pour des raisons pas très claires il ne me tente plus du tout.

La série des X100 de Fujifilm semble être ce qui se fait de plus proche aujourd'hui. Le X100F a l'air sympathique, mais la génération précédente, X100T a l'avantage d'utiliser les mêmes batteries que le X70.

Cela dit, ils sont significativement plus gros que le X70, et surtout beaucoup plus chers, ce qui rend d'autant plus dérisoire l'argument de réutiliser ma batterie de rechange. J'y mettrais peut-être ce budget si je voulais remplacer mon reflex D7000, mais il faudrait renoncer à trop de cas d'utilisation.

Le Canon G7X II, que j'avais retenu lors de mon hésitation, reste le plus tentant des compacts traditionnels. Il y a entretemps un G9X II qui est sorti, avec la même électronique, plus petit et moins cher, au prix d'un écran fixe et d'optiques moins bonnes. DPReview le recommande, mais je crois que je préfère quand même le G7X.

Mais j'ai un peu peur de trouver ces compacts trop quelconques. Sans le fun de construire autour des contraintes du X70 des images « qualité reflex », est-ce que je le sortirais aussi souvent ? Dur à prévoir, tant j'ai du mal à quantifier ce fun subtil.

Et puis malgré le capteur plus petit et les optiques dans une gamme plus basse, le comparateur de DPReview ne me donne pas l'impression d'une différence flagrante de qualité visuelle entre X70, X100F et G7X.

J'avais aussi regardé le Panasonic DMC-LX100, comme successeur au X70 dans l'idée « gros capteur dans un boîtier aussi compact de possible », mais il est un peu trop cher pour ce poste budgétaire, et je crains un peu que le progrès logiciel fasse plus que compenser la taille du capteur du G7X.

Mais tout ça, c'est remplacer le X70 sans tirer les leçons de sa disparition. Ne devrais-je pas plutôt regarder du côté des compacts blindés et étanches ?

Alternativement, je pourrais profiter de la situation pour ne pas repartir dans le compact.

Par exemple, je pourrais considérer la photo impromptue comme un échec, et m'en tenir aux expéditions photo reflex. J'ai déjà trop de loisirs par rapport à mon temps libre, il est peut-être temps de faire des coupes franches choisies au lieu de les subir.

Ou peut-être simplement faire plus attention au capteur photo lorsque je choisirai mon prochain téléphone mobile (mais alors, que faire en attendant ?).

Ou alors, je pourrais suivre l'exemple d'un certain nombre de personnes que je connais plus ou moins, en laissant tomber le reflex au profit d'un bridge aussi flexible et bien plus pratique.

En plus j'avoue que je me passerais volontiers des réactions des gens à la vue d'un reflex, à toutes choses égales par ailleurs je préfèrerais un appareil photo qui ait l'air d'un jouet qu'un qui ait l'air « sérieux ».

Si vous avez des avis ou des conseils sur ces questions, c'est bienvenu aussi (quoique pas autant qu'un miracle qui répare mon X70), même si je crains qu'il faille raffiner le cahier des charges avant de pouvoir utilement chercher conseil.

Miracle solsticial (ajout du 20 juin 2018)

Vous vous en doutez, avant d'écrire ce billet, j'ai immédiatement pensé à la situation similaire avec mon natel, qui s'est terminée par un retournement de situation qui m'a semblé miraculeux.

Mais je connais assez bien le monde du logiciel pour savoir qu'il est complètement délirant, et que des situations loufoques sont complètement dans le domaine du possible.

Alors que là, c'est manifestement un problème physique, ou au moins électronique. Ça devrait suivre un ensemble de règles simples et cohérentes.

Genre un composant qui casse parce qu'il a subit des contraintes mécaniques (par exemple un choc) au-delà de ce qu'il peut supporter, il va rester définitivement cassé. De l'eau qui emmène trop de courant à un endroit où il ne devrait pas y en avoir tellement, ça va aussi détruire irréversiblement quelque chose. De l'eau qui cause une corrosion, ça ne va pas être aussi rapide, mais ça ne va aussi aller que dans un seul sens.

Bref, des états clairs, bien distincts, avec des transitions sans ambiguïté.

Donc cet appareil photo qui mime un presse-papier le samedi matin, il n'a rien pu lui arriver mécaniquement dans les quinze heures qui précédent, et aucune infiltration aqueuse dans les quatre jours qui précède, il est globalement en régime permanent.

Quand il n'est manifestement pas capable de sortir de cet état en ajoutant de l'énergie, et quand une journée et demie sans aucune source d'énergie ne fait rien évoluer, on peut raisonnablement penser son état est définitif.

Non ?

Alors quel phénomène a bien pu se produire pendant le jour et demi suivant, pour qu'il se remette à fonctionner comme si rien n'était ? En perdant moins de 10 minutes à l'heure courante ? Quel processus est à l'œuvre pour qu'un jour et demi sans batterie ne corrige rien mais trois jours corrigent tout ?

Y a des gens qui m'ont parlé de soudure sèche et d'électrolyse lente, et c'est vrai que mon expérience professionnelle ces derniers mois m'a donné l'impression qu'en vrai le hardware c'est un monde aussi délirant que le logiciel, l'impression de logique et de cohérence des cours de physiques étant comparable à celle des analyses de complexité des algorithmes de tri habituels.

Donc à ce stade, ça pourrait aussi bien être l'offrande aux dieux du riz, malgré les moult pages internet qui expliquent que les prier sans offrande est tout aussi efficace, je ne voudrais pas risquer de les offenser.

Ou ça pourrait aussi bien être les répercussions quantiques du choix sincère d'un modèle de remplacement (à savoir le Canon G7X II).

Ou ça pourrait aussi bien être l'invocation en latin publiée sur un weblog.

Quelqu'en soient les tenants et les aboutissants, j'ai donc un Fujifilm X70 qui fonctionne impeccablement depuis presque vingt-quatre heures. Je vais le garder en observation pendant les jours, voire les semaines, qui viennent, parce que la confiance, ça ne se répare pas comme ça.

Contrairement à la fois avec mon smartphone, le fait de croire sincèrement que cet appareil était perdu ne m'a pas ouvert d'alternative qui me semble plus désirable.

Je pourrais certes imaginer quelques améliorations mineures pour le rendre encore plus à mon goût, mais dans l'ensemble toutes les alternatives que j'avais envisagées sont des pis-aller par rapport au miracle qui s'est finalement produit.

En supposant qu'il ne rechute pas rapidement, je tire quand même de cette expérience la désagréable impression que (ma représentation du) monde est un peu moins solide qu'avant, et l'énorme frustration de ne pouvoir tirer aucune leçon pratique de cet épisode.

Publié le 18 juin 2018

Tags : Évènement Jouets

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