À la recherche de mon prochain jouet

TL;DR

En complément de mon reflex numérique, je cherche un appareil photo compact que je pourrais emporter tous les jours avec moi et découvrir de nouvelles occasions de photographie.

Après moult recherches, j'aime bien le Canon PowerShot G7X mark II et le Fujifilm X70 et je n'arrive pas à me décider entre les deux.

Ils sont trop différents pour être vraiment comparables. Le Fuji l'emporte sur la qualité d'image, mais je ne sais pas dans quelle mesure. Le Canon l'emporte largement sur la versatilité, mais je ne sais pas dans quelle mesure j'en aurai l'usage.

Comment se décider dans un sens ou dans l'autre ? Ou y a-t-il un autre appareil photo sur le marché, qui m'aurait échappé et qui serait encore mieux que les deux ? Ou vaut-il mieux attendre de voir si un DL24-85 ou un GR III ne vont pas encore changer la donne ?

Introduction

Je suis en train de réfléchir à l'achat d'un nouvel appareil photo, et j'aimerais bien l'avis du public. D'un autre côté, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de weblogger aussi sur mon cheminement dans ce genre de situations.

Donc je vais commencer par une partie sur moi, que les amateurs de photo peuvent sauter si ça ne les intéresse pas, puis une partie sur où j'en suis dans mes recherches, dont les gens qui se foutent de la photo peuvent se passer, et qui est résumé dans la version courte ci-dessus pour les gens qui n'ont pas besoin de détails. Je suis prête à traduire la deuxième partie et/ou le TL;DR en anglais si vous pensez à quelqu'un qui pourrait contribuer utilement sans comprendre le français.

Note importante : j'ai eu le malheur d'intégrer dans mon vocabulaire le mot « jouet » dans un sens d'un objet concret d'indéfini, comme beaucoup de gens diraient « truc » ou « machin ». C'est dans ce sens que j'emploie ce mot aussi bien dans le titre du présent billet que dans mon tag Jouets que dans la vie de tous les jours, ce qui m'a déjà valu quelques ennuis diplomatiques (« Ce n'est pas pour jouer, c'est une centrifugeuse à 40 000 euros ! »). Merci de votre compréhension.

Comment je cherche mes jouets

J'ai du mal avec la pub', et il m'a fallu longtemps pour comprendre qu'en fait elle s'appuie sur des ressorts qui me sont complètement étrangers.

J'aime bien le mot « réclam' », pour son côté suranné (comme « weblog ») et parce que c'est l'aspect de la pub' que je comprends et auquel j'adhère, malgré sa rareté de nos jours.

Globalement, quand on me présente un produit, je cherche dans ma vie à moi des situations dans lesquelles j'aurais préféré avoir ce produit, au lieu de bêtement gober le message publicitaire. Et dans l'immense majorité des cas, je conclus avec un « bof » ou à la limite un « mouaif » qui ne justifie pas l'effort d'acquérir le produit en question.

La plupart de mes acquisitions sont en fait le résultat de la démarche inverse : au hasard de scruter des aspects de ma vie, je conçois une Idée d'objet qui aurait amélioré mon sort dans ce type de situations, et ensuite j'étudie le Marché à la recherche de jouets qui correspondent raisonnablement à cette Idée.

Parfois, je ne trouve pas, et je prends sur moi de le faire exister.

La plupart du temps, je trouve toute une gamme de produits qui correspondent, alors je lis des guides d'achats, des comparatifs et des critiques. Après avoir absorbé tout un tas d'informations et laissé reposer, il y a un modèle qui ressort, et je l'acquiers.

Je n'ai pas souvent conscience de tous les critères qui font ressortir un modèle plutôt qu'un autre. C'est un processus largement instinctif (et oui, on n'est pas sur rationnelle.eu), et les critères dont j'ai conscience sont souvent le résultat d'une rétro-ingénierie de mes réactions de plus bas niveau.

Et parfois, il y a plusieurs modèles qui ressortent, et ce processus n'arrive pas du tout à trancher, même après avoir bien laissé reposer, même après avoir l'impression d'avoir épuisé google. Et là, c'est le drame. Enfin, le billet de weblog.

Bon OK, pas toujours, de temps en temps j'arrive à trouver quelques critères rationnels qui guident mon choix. Mais la plupart du temps, les critères rationnels sont soit déjà intégrés dans le processus instinctif, soit m'indiffèrent au plus haut point.

À la recherche d'un nouvel appareil photo

Donc voilà, depuis quelques temps, j'ai envie d'acheter un appareil photo numérique.

Je reste très très très contente de mon Nikon D7000, et je n'ai pas (encore) l'intention de le remplacer. Mais c'est un reflex assez gros, que je ne prends avec moi que si je sais que je vais m'en servir. Pour les sorties photo et les gros évènements familiaux, quoi.

J'ai aussi un téléphone portable, dont je suis aussi très contente, mais qui n'est pas terrible dans le rôle d'appareil photo, parce que son capteur est plutôt mauvais et son interface me rebute au plus haut point. Je déteste les écrans tactiles, j'aime les contrôles physiques, et j'aime avoir plus de contrôle sur les paramètres de photographie que ce qui est typiquement offert sur un smartphone (j'imagine qu'il existe des app qui règlent ce dernier point, mais les autres sont déjà rédhibitoires).

Donc je cherche un appareil photo compact, de poche, que j'aurais la plupart du temps avec moi, pour pouvoir faire des photos même si je n'avais pas prévu d'en faire.

Et on peut déjà voir venir dans le paragraphe précédente la source de toutes mes difficultés : je veux mettre plus de photographie dans ma vie, mais je ne sais pas du tout encore à quoi elle va ressembler, vu que pour l'instant je ne prends pas de photo dans ces situations.

Alors je peux déjà faire le compte des situations dans lesquelles j'ai activement regretté de ne pas avoir tout le temps un appareil photo sur moi : les vacances « tranquille », et quelques scènes dans la rue ou entre collègues.

Or il y a dans ma liste d'idées cadeaux un objectif 18-200 mm depuis un bout de temps déjà, et il s'y trouve largement parce qu'on m'a convaincue qu'on pouvait se permettre de ne prendre que celui-là en vacances. J'ai accumulé dans un coin un budget pour me l'offrir moi-même, mais à bien y réfléchir je crois que je tirerais plus d'un « compact expert » à ce prix que de cet objectif (et honnêtement la plage 100-200 mm ne m'a pas encore vraiment manqué).

Et ça tombe plutôt bien, parce que j'ai l'impression que les gammes nettement moins chères taquinent la limite de qualité et d'intérêt avec les téléphones portables haut de gamme, et j'ai l'arrogance de croire que je peux sentir la différence.

Je vais donc naturellement voir l'article DPReview qui va bien puis les critiques détaillées de chaque modèle présenté, puis pourquoi Nikon n'est pas dans la liste, etc.

J'ai hésité un certain temps entre le Canon PowerShot G7X mark II et le Panasonic Lumix DMC-LX15, pour finalement préférer le Canon pour des motifs pas très clairs. Je suis plusieurs fois revenue sur ce duel, et c'est à chaque fois le Canon qui a gagné.

Ça aurait pu s'arrêter là si je n'avais pas vu passer les étrangetés que sont le Ricoh GR II et le Fujifilm X70. Si je comprends bien l'idée, il s'agit de prendre un capteur de reflex et une optique du même niveau de qualité, en laissant tomber tout le reste : pas de zoom, pas de stabilisation d'image, pas de vidéo correcte, pas de filtre ND, peu de buffer pour les rafales, moins de pixels, etc.

Là encore, j'ai tranché relativement rapidement, en faveur du Fuji, surtout pour l'écran inclinable dans les deux sens et l'interface physique.

Par contre, là où je ne m'en sors pas du tout, c'est pour me décider entre le Canon et le Fuji. Entre un appareil équilibré et une qualité d'images fixes qui pourrait rivaliser avec mon reflex.

On me dira que de toute façon ça dépend de ce qu'on veut en faire, du rapport entre les photos à assez grand angle et tout le reste.

Mais comme là le but c'est développer la photographe qui est en moi, je ne sais pas du tout si je vais me retrouver à faire de la photographie de rue à fond ou si je vais partir dans le vlogging.

Il y a plein d'inconnues aussi bien dans mon futur que dans certaines caractéristiques fines de ces modèles :

Alors, que choisir ? Quels critères retenir ?

Auriez‐vous un autre point de vue pour me sortir de cette impasse ?

Ou de l'expérience photographique pour me dire de quoi je fais une montagne sans raison et qu'est‐ce qui est vraiment pertinent ?

Publié le 5 mars 2017

Tags : Jouets Tarée

Victorinox Spirit

Ceux qui ont suivi l'évolution du bazar que je trimbale avec moi entre la version 2015 et la version 2016 ont pu remarquer que j'ai remplacé mon couteau suisse Victorinox Huntsman par une pince multi-fonctions Victorinox Spirit.

Je vous disais en 2015 que j'aime beaucoup ce couteau suisse, et ça n'a pas changé. Et même si je la possède depuis beaucoup moins longtemps, j'aime aussi beaucoup cette nouvelle pince, alors je lui ai laissé une chance, et je ne l'ai pas regretté.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, je m'attache rarement émotionnellement à des objets ; mais quand ça arrive, c'est un lien étonnamment fort, et ce sont des objets que je garde longtemps et dont la perte m'attriste.

Victorinox Spirit en pince

Je ne vais pas vous détailler tout ce que peut faire cette pince et son positionnement par rapport aux autres pinces multi-fonctions, il y a des déjà plein de gens un peu partout sur un internet qui font ça mieux que moi.

Cependant la plupart de ces gens sont américains, et se retrouvent avec des Victorinox qui ont fait le voyage transatlantique, ce qui les désavantagent sur le prix par rapport aux Leatherman locaux. Alors par chez moi, cet effet est inversé.

D'aucuns appellent le Victorinox Spirit « la Cadillac des pinces multi-fonctions », et y a indéniablement de la qualité et de la finesse d'ingénierie dans cet objet. Toutes les surfaces sont polies, toutes les arrêtes sont arrondies, et la courbe du manche, qui lui donne son aspect inhabituel repliée, sont à la fois jolies et confortables.

Victorinox Spirit ouvert

Au niveau des fonctions, ce sont les outils classiques de Victorinox, en un peu plus gros et trapus pour aller avec la taille de la pince. L'ouvre-boite, le décapsuleur, leurs tête de tournevis plat, et la scie à bois sont des transposées du Huntsman.

La lime, les ciseaux, l'alésoir et le tournevis curciforme sont clairement plus gros et plus robustes que leurs homologues des couteaux suisses, mais gardent les principes éprouvés.

Le crochet me laisse aussi perplexe que celui du Huntsman, et l'avoir dans la longueur du manche plutôt qu'à angle droit me semble réduire encore plus les possibilités d'utilisation.

J'y perds le tire-bouchon, mais je doute ça me manque.

Un mot particulier sur les ciseaux, à propos duquel j'ai lu beaucoup de reproches, parce qu'il ne s'ouvre pas beaucoup (6 mm entre les deux pointes à l'ouverture maximale) et qu'il coupe peu (14 mm entre le point de rencontre des lames et les pointes). En fait c'est presque plus une mini pince coupante que des ciseaux, la petitesse des lames comme d'autant plus de bras de levier sur le manche, et l'épaisseur des lames va dans le même sens. Et avec si peu d'allonge, je ne vois sincèrement pas l'intérêt d'ouvrir plus. Je n'ai encore jamais eu besoin de les ouvrir plus. Et en contre partie, cette étroitesse permet une construction plus robuste pour le ressort (mais du coup il ne peut pas être remplacé).

Il y a un outil étonnant et que je trouve pratique, qui a l'air de faire ciseau à bois à sa tête, et dont le tranchant grossier continue sur l'angle pour faire un ouvre-colis efficace et peu risqué.

Enfin, il y a la lame…

Lame originale du Victorinox Spirit XC

Honnêtement je penchais plus vers la version avec une lame normale, mais c'était cette version là qui était sérieusement en promo, à 80 €, contre 120 € pour la version (sans promo) avec la lame normale.

Ce genre de lames est très bien pour découper les tissus, les cordes, et les autres matériaux fibreux. Avec en plus le bout arrondi, j'imagine que c'est le meilleur outil de Victorinox pour découper la ceinture de sécurité d'une personne accidentée, ou pour découper des habits serrés autour d'une plaie ouverte.

Autant dire ce n'est pas un besoin que je rencontre tous les jours.

Par contre, il y a un dispositif qui bloque cette lame, comme tous les autres outils de la pince. Et la jurisprudence dans notre doux pays est qu'un mécanisme de blocage de lame permet de transformer un couteau pliant (un Opinel) en poignard, ce qui en fait une arme par nature, donc de port prohibé (sauf bonne raison).

Certes, cette lame est tellement arrondie que même bloquée, elle peut difficilement servir de poignard. De toute façon, la loi et la jurisprudence, ce ne sont des choses qui n'existent que dans les tribunaux, et qui ne déborde ailleurs que lorsque la menace des tribunaux est suffisamment pressante. Vu le prix de l'engin, ce n'est que l'arbitraire de l'agent plus ou moins légitime impliqué et ma bonne volonté qui vont compter.

Et pour ne rien arranger, ce doux pays de merde que je fuirai à la première occasion est parti dans un délire sécuritaire innommable, et tous les prétextes sont bons pour faire chier le citoyen de base suffisamment longtemps pour qu'il remarque qu'ils gesticulent.

Alors je me suis souvenu d'un anglais qui partait d'un constat similaire, et qui était très content de sa nouvelle spatule obtenue en supprimant le tranchant de cette lame.

Alors j'ai fait pareil, avec un résultat malheureusement moins propre.

Lame modifiée en spatule

J'ai pu tester que ça marche très bien pour étaler le beurre de cacahuètes, mais j'ai préféré en rester à cette expérience et considérer l'ensemble des outils de la pince comme non-alimentaire.

Je suis moi aussi très contente de cette modification, car je n'ai pas encore eu à couper de matériaux fibreux, mais j'ai été amenée à couper du papier (sans m'inquiéter de détruire le fil d'une vraie lame), à gratter, à sonder, et même à m'en servir de chausse-pied de fortune. Et dans toutes ces situations, j'étais contente de ne pas avoir de tranchant à ce morceau de métal.

Et quelqu'un qui essaye d'argumenter que cette pince est une arme, je pourrai dire sincèrement que j'ai fait des efforts pour être gentille.

Certaines personnes à qui j'en ai parlé ont trouvé dommage de détruire (ou neutraliser, je ne sais pas très bien quel terme est le plus approprié à quelle occasion) un tranchant. Après tout, ça peut toujours être utile, un tranchant, même denté.

Même si je n'ai pas trouvé dans ma vie urbaine des masses de situations où c'est si utile que ça, je concède qu'il y en a, et c'est pour ça que j'ai aussi un Bantam ou un Solo de Victorinox.

Au moment où j'écris ces lignes, après un peu plus d'un an de port quotidien, j'ai utilisé le bout de la pince, la lame/spatule, l'ouvre-colis, le gros tournevis plat au bout du décapsuleur, les ciseaux et le tournevis cruciforme.

Ça fait un quart des 24 fonctions listées par Victorinox (que je n'arrive honnêtement pas à toutes retrouver). On n'est pas encore au 100 % du Huntsman, mais il lui a aussi fallu des années avant de l'atteindre.

Publié le 28 février 2017

Tags : Jouets

Victorinox Bantam et Solo

Les moins suisses des couteaux suisses

Lorsqu'on évoque les couteaux suisses, on pense généralement à McGuyver et aux couteaux multifonctions qui ont vraiment beaucoup de fonctions. À tel point qu'on pourrait se demander si un couteau, même fabriqué par Victorinox, est authentiquement suisse s'il n'y a qu'une lame et un décapsuleur, voire juste une lame sans rien de plus.

Victorinox Bantam Alox et Victorinox Solo Alox

Et pourtant, Victorinox l'a fait, avec les modèles nommés Bantam (à gauche) et Solo (à droite).

En plus, les versions ci-dessus sont les versions dites « Alox », c'est-à-dire avec un manche en aluminium gaufré plutôt qu'en plastique cellidor, ce qui a pour conséquence directe qu'il n'y a ni la pince à épiler ni le cure-dents que l'on trouve souvent dans les manches des couteaux Victorinox.

Et si ça ne suffisait pas, ces deux modèles n'ont même pas le petit anneau porte-clefs pour les accrocher quelque part.

Un couteau juste pour couper

Mais alors, pourquoi s'embêter avec un couteau suisse pas-si-suisse quand on pourrait avoir un couteau multifonctions qui fait même le café ?

(Je vous l'ai déjà discrètement divulgâché)

J'aime beaucoup les couteaux en général, et les couteaux de poche en particulier, mais je dois reconnaître que dans le monde dans lequel je vis, ce n'est pas un outil que j'utilise souvent, à une exception près : couper de la nourriture.

Je ne me souviens pas de la dernière fois dont j'ai eu besoin d'un couteau pour couper autre chose que de la nourriture. Dans toutes les fois qui me reviennent en tête ou que j'arrive à imaginer, j'utilise un couteau faute de meilleur outil, comme un cutter, un emporte-pièce, un poinçon ou une paire de ciseaux.

Parallèlement, c'est de plus en pénible de posséder un couteau, à cause de la multiplication des situations où le délire sécuritaire a besoin de manifester et justifier son existence en s'attaquant à des objets à la fois courants et et qui ont l'air dangereux. Il n'y a guère que les batteries (et seulement depuis peu) qui peuvent rivaliser avec un canif sur ces critères.

Du coup, c'est de plus en plus intéressant de ne pas avoir de lame dans ses outils du quotidien (ou son EDC).

Mais il reste quand même les situations pas si rares où il y a de la nourriture à couper, par exemple les déjeuners au boulot. J'ai envie de plus confortable que la vaisselle de base, mais je n'ai pas assez confiance dans tout un tas de choses pour laisser un bon couteau à mon bureau. Donc je veux un bon couteau pratique à transporter au fond du sac.

J'avais repéré le Bantam et le Solo comme des ajouts optionnels à mon EDC. Je n'ai pas besoin d'outils supplémentaires de couteau suisse, vu que tout ce que je veux porter en EDC est déjà dans l'EDC, et je n'ai pas besoin du reste. Par contre j'ai besoin de portabilité, c'est-à-dire léger et compat, ce qui plaide pour le manche « Alox », dont en plus j'aime bien le toucher.

Mon avis au quotidien

J'ai donc sélectionné les couteaux Bantam Alox et Solo Alox de Victorinox dans une utilisation « couteau de pique-nique », c'est-à-dire pour couper de la nourriture et être pratique à transporter (tant qu'on évite les idioties sécuritaires, hélas de plus en plus répandues).

Le Bantam a en plus un « combo-tool », qui fait décapsuleur et tournevis plat, et prétend pouvoir aussi faire ouvre-boite, tournevis cruciforme et dénudeur de fil, mais j'ai quelques doutes. Ça peut être un argument de choc en sa faveur, mais je n'en ai pas besoin donc je ne le compte pas.

Du coup pour moi, la seule différence pertinente est évidente sur la photo : la taille. L'avantage du Bantam est qu'il est plus petit, alors que l'avantage du Solo est qu'il est plus grand.

Le Bantam fait partie de la série 84 mm de Victorinox, et avec 6 mm d'épaisseur ça doit être leur modèle plus fin. Il se glisse n'importe où, et ses 28 g se font vite oublier. Malgré ça, le manche est confortable et la lame est tout à fait utilisable.

Le Solo fait partie de la série 93 mm, la plus courante. Son épaisseur de 9 mm et son poids de 45 g sont tout à fait honorables pour un couteau de poche, mais ça en fait un vrai objet à transporter. En contrepartie, le confort du manche et la manipulation du tranchant me semble au maximum de ce que je peux espérer de mes couverts.

Si le Bantam n'est pas inconfortable, je sens quand même que ça pourrait être mieux. Et si le Solo n'est pas lourd ou encombrant, je ne l'oublie pas sur moi comme le Bantam.

Verdict

Finalement, le Solo est au fond de mon sac PC pour le boulot. Le Bantam reste chez moi, prêt à être attrapé pour un pique-nique impromptu ou pour une randonnée.

Publié le 31 janvier 2017

Tags : Jouets

Merry ChristMaSu!

Je ne vais pas vous refaire le coup de la fangirl hystérique à chaque nouvelle sortie, et avec l'âge j'ai appris à modérer les manifestations physiques, même si je n'en pense pas moins.

Photo du CD Phantom Shadow sur des tee-shirts Machinae Supremacy

Machinae Supremacy a donc récemment sorti un nouvel album, Into the Night World, et le Père Noël a eu l'idée géniale de m'en garder une copie, avec les nouveaux tee-shirts sortis pour l'occasion.

Pour ceux qui ne comprennent pas le titre, mais qui ne trouvent pas qu'expliquer un jeu de mot en détruit tout l'intérêt, c'est un mot-valise entre « Merry Christmas », l'expression anglaise signifiant « Joyeux Noël », et « MaSu », qui est l'abréviation officielle de « Machinae Supremacy » (parce que « MS » ça fait un peu quelconque, et pour le côté un peu japonisant d'abréger avec les premières syllabes).

Et bien entendu, je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes de solstice d'hiver, quelque soit celle(s) que vous fêtez.

Publié le 29 décembre 2016

Tags : Vœux

Pour une fois qu'un wearable me plaisait…

Les wearable, ces objets électroniques censés révolutionner notre quotidien d'une façon ou d'une en les portant sur soi, me laissent souvent sceptique.

Il y a bien une exception, dont je préparais tranquillement une critique que je vous aurais présentée comme pour les autres jouets qui me plaisent. Malheureusement, l'actualité m'a rattrapée et je vous parlerai à la place de mon point de vue sur cette actualité.

Les outils et leur assimilation

Pour rappel à ceux qui n'étaient pas là ou qui ont oublié, j'ai une relation particulière avec les outils auxquels je suis confrontée. J'ai développé cette relation dans une tangente de Je ne suis pas une geekette, et je vais la résumer ici.

Pour les outils importants pour moi, et/ou que je suis amenée à utiliser souvent, j'ai besoin de ne pas seulement les utiliser, mais les assimiler au point des les considérer comme une extension de mon corps. Je n'utilise pas un marteau pour planter un clou, mais je plante un clou, accessoirement au moyen d'un marteau.

La différence est surtout au niveau de la frontière conceptuelle entre ce qui est moi (extensions comprises) et le monde sur lequel j'agis.

Je n'ai pas si souvent que ça besoin de cette assimilation : je peux tout à fait utiliser un distributeur automatique de billets, au travers d'une relation de nature implicitement contractuelle, comme interagir avec un hôte de caisse.

C'est comme ça que j'en arrive à utiliser naturellement les lignes de commandes ou les logiciels comme vim, parce que le langage que j'utilise pour communiquer avec ces outils est plus proche de ma pensée et ne me demande pas l'effort de les traduire dans le cadre étranger d'un système contractuel.

Malheureusement pour moi, les gadgets électroniques qui prétendent être grand public ont manifestement fait l'objet de gros efforts pour imposer un cadre flashy, façon Minority Report, pour cacher tous les indices sur la nature profonde de l'objet, et rendent presque impossible l'assimilation dont j'aurais besoin pour pouvoir en dépendre.

C'est la raison profonde pour laquelle je n'aime aucun smartphone actuel, je m'en sers a minima, et je regarde avec suspicion les wearable que je vois passer.

Pebble Time Round

Photo de ma Pebble Time Round

Je suis depuis à peu près un an l'heureuse propriétaire d'une « montre connectée » nommée Pebble Time Round, parce qu'il s'agit de la version ronde (et non pas rectangulaire) de la série Pebble Time.

Son premier avantage, qui la place déjà bien au dessus de pratiquement toutes les autres montres connectées, est qu'il n'y a presque pas de régression par rapport à une montre « stupide » : elle donne l'heure tout le temps, et elle passe dans la mode féminine.

À tel point que ça ma valu des « Tiens c'est quoi ta smartwatch ? Ah pardon je n'avais pas vu les aiguilles sous l'angle d'avant, j'ai cru que c'était une smartwatch ».

De façon plus générale, j'ai beaucoup aimé chez Pebble l'idée de ne pas vouloir trop en faire, par rapport à leur concurrent qui ont l'air de vouloir faire un smartphone de poignet.

Ma Pebble, c'est d'abord et avant tout une montre, et accessoirement comme y a de la place pour un accéléromètre et un moteur de vibration et quelques boutons, permet de faire des choses en plus.

Les choses en plus n'ont pas besoin d'être délirantes, seulement d'être pratique et efficace. À un moment ils parlaient de glanceability, que je n'arrive pas à traduire efficacement mais qui pourrait désigner en substance à la capacité être utile en y jetant un simple coup d'œil.

Le type de vibration me dit si c'est une notification ou un appel, et dans ce dernier cas un coup d'œil m'indique le numéro et me permet de décider si je rejette l'appel avec un bouton de la montre ou si je sors le natel pour décrocher. Si c'est une notification, je peux choisir d'y prêter attention plus tard, de jeter un œil pour voir la couleur qui indique s'il s'agit d'un SMS, une notification pushover ou autre chose, et lire le peu de texte qui tient à l'écran.

Mes utilisations actives se limitent au contrôle de la musique pour les rares fois où j'en écoute sur mon natel, un chronométrage occasionnel, l'envoi de SMS pré-formulés, ou la sélection d'un item dans une liste qui sera transmis à mon serveur dédié pour traitement. Des choses simples, mais pleinement adaptées à l'étroitesse de l'interface utilisateur.

Évidemment, la hackabilité, c'est-à-dire la possibilité de pouvoir développer des nouveaux modules pour cette montre dans mon garage ma chambre, est un point positif indéniable, mais honnêtement je pourrais m'en passer si le gadget de base remplit mes besoins (qui sont finalement assez génériques).

On comprend que dans une société basée sur l'économie de l'attention, et trop superficielle pour voir au delà du flashy, ce genre d'objet soit contre-sélectionné.

Et ce qui devait arriver arriva.

Au revoir Pebble

L'actualité dont je parlais en introduction, c'est la disparition de l'entreprise Pebble, partiellement rachetée par Fitbit.

Partiellement, parce que Fitbit prend des développeurs logiciels et la propriété intellectuelle, et tue tout le reste. En particulier au niveau matériel, la production est arrêtée, les ventes directes annulées, les garanties abandonnées.

Une grande partie des avantages dont j'ai parlé découlent du matériel et des choix philosophiques derrière sa conception.

D'ailleurs au niveau purement logiciel, mon expérience Pebble n'est pas si positive que ça.

La timeline était une bonne idée, mais la comm' s'est un peu emballée parce qu'il m'a semblé clair dès le début que ce n'est pas un paradigme qui s'applique vraiment à tout.

L'orientation fitness me laisse nettement plus perplexe ; j'imagine que c'est une façon d'attirer un plus grand public, mais ils aurait vraiment gagné à mes yeux à tenir leurs ambitions d'ouverture algorithmique. Cela dit dans tout les cas, par rapport à mon utilisation, ça reste un gadget accessoire.

Honnêtement, je n'ai aucune confiance dans Fitbit pour reprendre ce qui me plaisait dans Pebble, et je n'arrive à croire que les gens qu'ils ont recrutés arriveront à avoir une influence significative.

Et maintenant ?

Pour l'instant, tout continue de fonctionner.

Sauf action délibérée de la part de Fitbit, l'application du téléphone devrait continuer de fonctionner, et donc la montre de satisfaire mes attentes.

Mes superpouvoirs de développeuse vont me permettre de tenir plus longtemps que les autres face à l'extinction des serveurs Pebble. J'espère prudemment qu'il y a assez peu de rétro-ingénierie à faire pour remplacer tous les serveurs Pebble par une application sur le téléphone, tant que rien n'est fait pour tuer l'application Pebble, et que quelqu'un le mette à disposition.

Au prochain défaut matériel (avec l'hypothèse raisonnable qu'il soit assez loin dans le futur pour que les stocks d'unités Pebble soit épuisé chez la plupart des revendeurs) je perds tous les aspects de ma vie qui dépendent de cette montre connectée (surtout le réveil discret et les notifications non-intrusives) et tous les efforts que j'ai investis dans le développement d'applications pour la montre.

Dès que quelqu'un décide de supprimer ou d'estropier l'application Pebble sur le téléphone, je perds tout.

J'ai refait un tour de l'offre disponible, et entre les smartphones de poignet et les « coachs électroniques » trop limités pour mes demandes, je ne vois rien qui réponde à mes attentes.

Exactement comme pour Bifrost, mon ordinateur portable (Thinkpad X220) que j'utilise encore presque tous les jours, je ne vois pas remplaçant décent et je vis dans l'inquiétude de la prochaine panne, qui va marquer une régression sensible dans ma vie.

Publié le 9 décembre 2016

Tags : Jouets

Mon prochain sac à main

D'aucuns pourraient être surpris de me voir déjà à la recherche de mon prochain sac à main, à peine quatre mois après la mise en service de mon sac à main actuel.

Techniquement, il me donne pleine satisfaction, en dehors du manque de place pour mon e-reader, mais je m'inquiète de son impact sur ma silhouette, et de ce que projette le port d'un gilet en jean's.

De façon plus générale, pour toutes les alternatives que je vais imaginer dans ce billet, j'accorde beaucoup plus d'importance à l'effet que projette un type de sac à main que je ne suis capable d'évaluer par moi-même, et je ne sais pas du tout comment contourner ou améliorer ce problème.

D'autre part, une période propices aux cadeaux approche, et j'ai pu avoir malencontreusement avoué ma recherche de nouveau sac à main ; si quelqu'un venait à vouloir m'en offrir un, ce billet devrait donner des éléments intéressants sur mes critères de choix et ce qui pourrait me plaire.

Les critères

Aussi étonnant que cela puisse paraître, mes critères ont très peu évolué depuis plus de cinq ans, quand je cherchais (déjà) un doudou de grande personne. Pour rappel :

À quoi j'ai ajouté depuis :

On pourrait évidemment être optimiste, et se dire que l'état d'urgence ne va pas durer plus longtemps que le plan Vigipirate, et qu'il me faudra bien un sac à main une fois qu'il se sera levé (si ma retraite me permet de me le payer), et dans ce cas le dernier critère n'a plus aucune importance.

Le tout devant évidemment contenir mes affaires du quotidien, énumérées dans Every Day Carry en 2016.

Et aussi le critère de projeter une image qui est conforme à ce que je veux montrer, mais comme je n'arrive pas du tout à évaluer ce critère, ça me fait une belle jambe.

Le sac à dos

Malgré tous les reproches que l'on peut faire à un sac à main porté dos, j'aime bien le côté « mains libres » et le look des petits sacs à dos rectangulaires (mais là encore, est-ce que ça projette ce que je veux ?). Par exemple comme sac à dos Tibes

Ce qui n'empêche pas de vouloir limiter les reproches habituels. Par exemple avec une idée toute simple : l'ouverture côté corps (body-side opening), par exemple avec une fermeture éclair au milieu du pan qui est contre le dos, et les autres ouvertures scellées ou donnant sur des fausses poches.

Avec une fausse poche suffisamment bien construite on doit pouvoir même passer la plupart des contrôles de pseudo-sécurité. Et/ou l'avoir suffisamment peu épais pour être camouflé dans le creux du dos sous une veste un peu ample (mais à voir si mon volume d'affaires le permet).

Le sac de cuisse

Je ne sais pas trop comment s'appelle ce genre de sacs, construits sur le schéma des holsters typiques des westerns : un contenant qui s'étend le long de la cuisse entre une ceinture et une attache au dessus du genou.

Par exemple celui-ci, dont les autres configurations ne sont pas sans intérêt non plus. Et ce modèle est trop chargé à mon goût, je préfèrerais une construction plus sobre.

Dans le principe, je pense qu'un « casual streampunk » (disons suffisamment sobre pour ne pas être une attraction ambulante) serait le style non-neutre qui me tenterait le plus pour le quotidien. Mais là encore, je ne mesure pas vraiment tout ce que ça projette.

Dans la même veine que le gilet, ce genre de sac pourrait être suffisamment inhabituel pour échapper à la plupart des contrôles, surtout si c'est cohérent avec le reste du style.

Ou peut-être en jouant sur les ouvertures, il pourrait y avoir un moyen de le camoufler en vêtement comme pour le gilet.

Je me pose quand même beaucoup de questions sur les subtilités de conception pour qu'il reste confortable même assise, pour accéder facilement aux objets les plus souvent utilisés, tout en réussissant à contenir toutes mes affaires.

Du coup je ne sais même pas si cette idée est réalisable, et ça me rend réticente à investir des ressources suivant cette piste.

Le gilet construit façon dos

Le principal défaut esthétique de mon gilet/sac-à-main actuel vient du fait que les objets sont stockés sur le ventre, et ajoutent leur épaisseur à ce qui revient visuellement à de l'embonpoint. On pourrait résoudre ce problème en plaçant les objets dans le creux du dos, et éventuellement en continuant à la taille.

Le faire suivant le même principe que mon gilet actuel pose deux problèmes : l'inconfort pour s'adosser, qui pourrait être arrangé avec des parois relativement rigides, et l'accès aux objets, que je n'ai pas encore résolu.

Il faudrait pouvoir déplacer le contenant par rapport au corps pour accéder aux objets, mais de façon à ce qu'il revienne naturellement en place sans avoir à faire de contorsions.

Je sèche un peu à ce niveau là.

La puissance de l'artisanat

On notera qu'en partant de l'idée que j'aimerais bien un nouveau sac à main, toutes mes pistes sont arrivées à des choses qui n'existent pas encore.

Ça me fait penser que j'ai eu plusieurs fois l'impression de voir des gens s'enfermer dans les possibilités existantes et essayer tant bien que mal de faire avec la possibilité la moins inadaptée.

Il y a quelque chose dans mon esprit qui permet facilement de faire une sorte de cahier des charges sans se limiter à l'offre existante. Et du coup d'ajouter mentalement aux possibilités celle de construire sa propre solution.

Je suis suffisamment raisonnable pour arriver la plupart du temps à la conclusion que l'existant est largement préférable, avec son avantage de disponibilité immédiate, et de qualité et de prix liés à une industrie déjà au point.

Mais parfois, mes besoins tombent suffisamment loin de l'existant pour qu'une niche soit accessible même à mes capacité limitées d'artisane amatrice.

Je crains que la question du sac à main tombe dans cette catégorie, alors que mes critères (sauf le dernier, et encore) ne me semblent pas délirants.

Mais si vous connaissez des pistes « sur étagère » qui répondent à une partie des mes attentes, ou si vous avez une réponse à une des questions parsemées dans ce billet, je vous serai très reconnaissante de les partager.

Publié le 30 novembre 2016

Tags : Création Tarée

Usurper ou suivre ?

Les décisions dans l'urgence

Dans une situation d'urgence inattendues, la structure sociale est complètement chamboulée. Certaines personnes paniquent, et ne sont plus capables de gérer quoi que ce soit ou qui que ce soit, malgré leur éventuel rang hiérarchique. C'est aux personnes qui gardent la tête froide de prendre les choses en main, dans la mesure du possible.

J'ai tendance naturellement à suivre les décisions des autres, et à me laisser diriger, parce que ça facilite les interactions sociales et que ce n'est souvent pas si loin de l'optimal que ça.

Divers éléments du passé me laissent penser que je suis capable de garder la tête froide dans un panel de situations plus large que la plupart des gens que je côtoie, et que même dans la pression et les imprévus je suis capable d'adapter les décisions tactiques à un environnement imprévu et changeant.

C'est ainsi que depuis un moment, je me prépare moralement à pouvoir de prendre de force le pouvoir si la situation est dégradée au point que personne d'autre n'est capable de prendre des décisions raisonnables.

Je suis d'autant plus confiante dans cette préparation que c'est tellement contre mes inclinaisons, que si par hasard je n'étais pas en état de gérer la situation dégradée, je n'essayerais même pas. Donc si j'ai la lucidité pour juger que la situation est dégradée au point que je sois le leader le moins mauvais dans ces circonstances, c'est que c'est bien le cas.

Heureusement, les situations dégradées à ce point sont rares. Beaucoup moins rares sont les situations moins dégradées, où il n'est pas clair si les autres sont en dessous de leurs capacités ou non. Si j'aurais suivi une tactique radicalement différente, est-ce parce que le leader actuel est affecté (et je devrais m'imposer et usurper le pouvoir pour le bien du groupe) ou est-ce parce que je rate quelque chose (et il vaut mieux pour tout le monde que je reste coite et que je suive docilement) ?

L'exemple récent

Si j'y repense ces temps-ci, c'est qu'une telle situation grise s'est produire récemment.

Mon compagnon et moi devions aller à un évènement, et nous avions déjà mangé une bonne partie de notre marge, et nous commencions à courir le risque d'être en retard.

Nous devions aller à cet évènement en voiture.

Notre voiture sert peu souvent, et elle a parfois du mal à démarrer. Vu son âge et son modèle, on peut suspecter que la consommation de base de l'électronique soit déraisonnablement élevée ; mais le problème n'est pas tout à fait assez systématique pour exclure un simple vieillissement et/ou usure de la batterie.

Nous avons donc acheté il y a quelques mois un « booster » de batterie. D'aucuns considèrent ce genre d'objet comme des gadgets, tant l'énergie nécessaire pour démarrer un moteur diesel est énorme, mais il est de fait que les problèmes précédents ont été résolu avec une de ces batterie portables (mais prêtée par un professionnel), et il n'est pas absurde de penser que la batterie principale est suffisamment proche du seuil pour qu'une petite batterie en complément permette de démarrer.

Ce jour là, évidemment, la voiture ne démarrait pas. C'était l'occasion de tester notre nouveau booster tout neuf. Mais comme nous ne nous en étions encore jamais servi, nous ne savions pas combien de temps il faudrait pour découvrir son fonctionnement, ou pour le mettre en place.

Les contraintes de temps firent que mon compagnon décida d'essayer à notre retour, et de considérer la voiture comme inutilisable pour ce trajet. Nous cherchâmes donc à contacter quelqu'un pour nous covoiturer, et en parallèle je déballais quand même le booster, pour m'occuper les mains et l'esprit, et puis je parcourais sa documentation.

Le covoiturage finit par se révéler infaisable, et le temps d'essayer de le mettre en œuvre, il ne faisait plus aucun doute que nous serions en retard.

La situation à ce moment était visiblement dégradée, mais l'enjeu n'était que l'image donnée par un retard, et la pression dûe à la nécessiter d'improviser des solutions juste après plusieurs échecs, donc ça n'a évidemment rien à voir avec la situation de devoir quitter un bâtiment en feu ou la pression d'improviser une échappatoire après avoir été arrêté plusieurs fois par la fumée ou les flammes.

Devant l'échec du covoiturage, mon compagnon opta pour la recherche d'un taxi pour nous emmener à destination. De mon côté, j'aurais bien fait une ou deux tentatives de démarrage au booster avant d'en arriver à cette extrémité.

Le dilemme

Suivre docilement mon compagnon vers le taxi, ou lui usurper le pouvoir et imposer mon plan ?

Considérer que la situation était suffisamment dégradée pour qu'il ne soit pas en pleine possession de ces moyens, et de ce fait néglige les progrès que j'ai fait sur le booster ? Ou plus simplement qu'une fois la possibilité du booster écartée, il ne revienne simplement plus sur l'idée ?

Ou à l'inverse, y a-t-il un paramètre dans la situation que j'ai raté, et qui fait que malgré mon début de montée en compétence ne suffit pas à rendre le risque acceptable ? Ou bien ai-je mal évalué les risques liés à mon plan ?

Et surtout, comment tirer de cette situation une leçon plus générale ?

J'ai suivi docilement, mais c'est plus par manque de caractère et de confiance générale en soi. Je ne sais toujours pas ce qu'il aurait été mieux de faire avec les informations du moment, sans mes défauts personnels. Je ne sais pas ce qu'aurait fait la personne que j'aspire à être, et c'est ce qui me contrarie le plus dans toute cette histoire.

La solution au cas d'espèce

Il y a beaucoup de choix qui seraient beaucoup plus faciles si on avait une vision claire du futur qui découle de chaque possibilité de ce choix.

Il se trouve que dans l'exemple que j'ai pris, on a une très bonne approximation de ces futurs, puisque la solution du booster fût effectivement testée le soir même.

Il s'est révélé que j'avais mal lu la documentation, et mal identifié l'interrupteur du booster, de sorte que les premiers essais ont été faits sans batterie supplémentaire. D'autre part, les soucis de batterie sur cette voiture ne viennent jamais seul, il n'est pas rare de devoir réinitialiser le BSI, ce qui était le cas ici, et qui prend une dizaine de minutes.

D'ailleurs les soucis potentiels de BSI et la durée de leur solutions ne m'étaient pas du tout venus à l'esprit avant de les rencontrés, ce qui a biaisé mon évaluation de l'idée d'utiliser le booster avant de prendre le taxi.

Donc avec le recul, j'ai bien fait de me résigner et de ne pas saisir le pouvoir.

Envoi

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Dans le doute, vaut-il mieux prendre les choses en main, ou s'en remettre à la structure de commandement habituelle ?

Jusqu'à quelle de niveau de dégradation peut-on faire confiance à la structure de commandement habituelle ?

Avez-vous déjà vécu des situations similaires ? En avez-vous tiré de la sagesse à partager ici ?

Publié le 23 octobre 2016

Tags : Social

Relooking

Lorsque j'ai lancé ce site, le premier jour de l'année 2009, il avait exactement le même aspect visuel qu'à ce jour. J'ai juste faite une parenthèse pour un Blackout à l'efficacité prévisible.

Ça fait presque huit ans sans changer. Huit ans en informatique, c'est long. Huit ans sur le web, c'est vraiment super long.

Pour vous donner une idée, au moins à ceux à qui ça parle, à l'époque j'avais hésité à utiliser la propriété CSS max-width pour la zone de contenu centrale (où devrait se trouver le présent texte, si vous le lisez sur mon site), pour finalement renoncer parce que ce n'était pas assez largement supporté à mon goût.

Du coup je suis en train d'envisager un sérieux relooking du site, en prenant en compte les dernières avancées du design fluide, ou liquide, ou visco-plastique (c'est dur se maintenir à la page).

Mais ces dernières avancées impliquent de laisser sur la route les navigateurs les plus anciens. Quelle proportion de mon lectorat cela représente-t-il ? Difficile à évaluer, surtout que c'est le lectorat futur qui sera impacté qu'il faudrait mesuré, et non pas celui qui a laissé une trace dans mes logs.

Si je pouvais faire du A/B testing comme c'est la mode, je le ferai, mais je ne vois même pas quelle métrique utiliser pour évaluer un design.

L'évaluation la plus efficace, c'est vous demander votre avis, ce que je fais au travers du présent billet.

J'ai donc mis mon nouveau design comme feuille de style alternative sur toutes les pages, pour que vous puissiez essayer, tout en gardant le style traditionnel pour ne pas effrayer les nouveaux (au cas où le nouveau style soit effrayant).

Avec Firefox, il suffit d'aller chercher le « Thème en développement » dans le sous-menu « Style de la page » du menu « Affichage », comme ceci :

Capture d'écran dans firefox

On pourrait objecter que c'est chiant de devoir remettre le style à tester à chaque fois qu'on change de page, on pourrait préférer un autre navigateur qui ne permet pas de choisir une feuille de style alternative (par exemple Chrome).

Dans ce cas, je propose de visiter beta.instinctive.eu à la place d'instinctive.eu, avec la mise en garde que comme son nom l'indique, c'est mon site en bêta, donc parfois il n'est pas disponible pendant que j'essaye des nouveaux trucs. Et je n'ai pas d'alerte sur les éventuels commentaires ajoutés sur le site bêta, et ils peuvent être perdus à la prochaine synchronisation avec le site en production, donc faites attention à bien poster les commentaires sur le bon site.

Je vous remercie par avance pour tous les retours sur ce nouveau style, aussi bien de ce qu'il vaut par rapport à l'ancien ou de conseils pour l'améliorer encore plus.

Et si la mise en forme ne marche pas sur un navigateur, ça m'intéresse aussi de le savoir, pour éventuellement le corriger, ou au moins le dégrader avec grâce.

Note : je tiens à démentir toutes les folles rumeurs qui prétendent que ce changement de design n'aurait rien à voir avec l'âge du site ou les avancées graphiques, et ne serait dû qu'à mon ras-le-bol de me taper la marge de 35ex sur un écran de quatre pouces. Ces allégations relèvent de la médisance.

Merci encore d'avance pour vos avis.

Publié le 25 septembre 2016

Tags : Site

Mon nouveau sac à main

Gilet en denim

Vous ne voyez pas le sac à main ? C'est le but !

Contexte et motivations

J'ai déjà développé l'idée de l'Everyday Concealed Carry et mes motivations dans un billet passé.

Pour résumer, le pays dans lequel je vis est secoué par des gens terrorisés à l'idée de perdre les prochaines élections ou de se voir reproché de n'avoir pas agi ostensiblement. Donc ils gesticulent de façon à pourrir la vie d'un maximum de gens, stratégie infaillible pour que les gens en question remarquent que quelque chose est fait.

Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.

Devise des Shadoks

Le truc à la mode semble être de s'attaquer aux « sacs et bagages », qui offre un large public à emm*rder en soulevant très peu de critique. Au point que j'ai souvent l'impression qu'il n'y a que moi que ça gêne.

Donc pour minimiser les conséquences négatives de ce théâtre sécuritaire, il faut se retenir de démontrer par l'exemple à quel point la sécurité est pathétique, et juste passer sans sac visible.

Conception

Comment transporter toutes les petites choses qui facilitent tellement mon quotidien sans un sac pour les contenir ?

Avec des poches.

Mais les vêtements féminins ne sont pas très portés sur les poches. De façon plus générale, les éléments sont principalement des contraintes affichées pour montrer qu'on peut vivre avec (et/ou des amplifications de caractères sexuels féminins). Donc plutôt chercher un tas de poches dédiés.

J'avais fait quelques essais avec des conteneurs à la ceinture, mais je n'étais satisfaite ni de la capacité ni de l'esthétique.

Restent les tas de poches comme ceux qu'utilisent les pêcheurs, les photographes, les militaires, bref tous les gens qui ont leur tas de petites choses qui facilitent tellement leur activité : rassembler les poches sur un gilet.

Mais pour le côté concealed, et pour limiter les vols, j'ai préféré mettre les poches à l'intérieur du gilet, car je cherche à ne pas donner l'impression visuelle d'avoir un sac, et non pas à rendre mon équipement plus facile d'accès que dans un sac.

Je suis donc partie de l'idée de faire un haut tout ce qu'il y a plus basique, en surestimant mon tour de taille de 6 cm (un peu moins en fait, parce que le dos n'est pas chargé) pour avoir deux centimètres d'épaisseur pour le contenu des poches.

Contenu

Voici donc une photo du côté intéressant de la bête (ou cliquez dessus pour en voir une version plus grande) :

Intérieur du gilet

On y retrouve presque tout mon EDC version 2016 (sans la partie « travail »), avec même la place pour y mettre quelques mètres de paracord, un minimum de maquillage, une batterie USB, une torche et des mouchoirs en papier.

Le principal manque est le lecteur de e-books, pour lequel je n'ai pas trouvé de position satisfaisante sur le gilet : il y a trop de courbures sur mon corps pour un rectangle rigide aussi grand. Et même pour le carnet c'est limite, à force d'être à ma taille il est un peu gondolé, même si le renforcer avec ma carte d'identité a beaucoup limité cet effet.

Un manque moins évident est le sifflet. Si je pourrais facilement lui trouver une place, le but n'est pas seulement de le transporter, mais de pouvoir s'en servir en situation d'urgence. Il faut donc qu'il soit facile d'accès avec n'importe quelle main et dans le plus de positions possibles. J'avais pensé a une petite poche de poitrine, comme sur les chemises, mais elle devrait trop bailler pour que je trouve ça esthétiquement acceptable. Je cherche encore une solution pour ça‥

Au quotidien

Après l'échec cuisant des poches sur ceinture, ma plus grosse crainte était qu'après avoir mis tout ce temps et tous ces efforts dans un gilet, il se révèle inutilisable.

À ce niveau, c'est un succès : c'est aussi pratique et confortable qu'un sac à main. Évidemment, ça ne dispense pas de sac pour transporter le lecteur d'e-book, ou alors il faut le prendre à la main, ce qui est nettement pratique qu'un sac. Mais si j'accepte de me passer du lecteur, c'est aussi confortable qu'un sac à dos, avec le poids largement réparti sur les deux épaules, c'est aussi pratique qu'un sac en bandoulière ou à l'épaule pour accéder aux objets, et c'est plus rassurant que tous les sacs que j'ai connus vis-à-vis du risque de vol.

La seule difficulté que j'ai rencontré dans le port, c'est que j'ai vu un peu large pour le tour de taille ou la marge à y ajouter, et le gilet flottait au niveau de la taille, où sont tous les objets. Environ 1.5 kg mal attaché, c'est super pénible pour courir ou sauter. J'ai arrangé ça avec deux pinces dans le dos, mais c'est encore un tout petit peu trop large, surtout si je perds encore du poids.

Il y a une autre difficulté, lorsque je l'enlève : toutes les poches sont ouvertes, et les objets ont tendance à glisser en dehors des poches si le gilet n'est pas posé et déplacé avec précaution. Je cherche encore une bonne façon de résoudre ça sans rendre pénible l'utilisation des poches.

Au niveau de la résistance au théâtre sécuritaire, c'est aussi un franc succès. J'ai croisé un bon nombre de vigiles plus ou moins agressifs envers les sacs, et aucun ne s'est intéressé à moi.

Je n'ai pas encore eu l'occasion de tester l'effet du gilet face à un dispositif pseudo-sécuritaire plus flashy, genre avec un portique et un scanner de valises.

Enfin, une crainte que j'avais était que le denim épais, choisi pour encaisser le poids des objets et ne pas trop se déformer, soit trop chaud. Il est de fait que ce n'est pas super-agréable à porter pendant les canicules, mais en même temps ce n'est pas tellement pire qu'un sac à dos. Et concrètement, les températures me semble si rapidement insupportables qu'il n'y a que très peu d'occasions où je vivrais significativement moins mal sans le gilet qu'avec, même au plus chaud de l'été.

La dernière question en suspens, c'est comment ça va se passer en hiver, en dessous d'une veste.

Chroniques de la construction

Je ne sais plus où j'ai entendu qu'une journée au cours de laquelle on n'a rien appris est une journée perdue, mais je suis d'accord avec cette philosophie, donc j'ai expérimenté quelques nouvelles choses au cours de la confection de ce gilet.

D'abord, c'est la première fois que je fais un haut sans patron. Je n'ai pas vraiment fait de modélisme dans les règles de l'art, avec la construction du patron. J'ai directement tracé et découpé le tissu final, en re-mesurant et en ajustant le tir en cours de route. Avec des surplus de couture énormes, il y avait quand même des ajustements énormes (jusqu'à une dizaine de centimètres), j'ai eu de la chance de m'en sortir sans remplacer de pièce.

Ensuite, comme je m'attendais à ce que les pinces soient pénibles avec les poches qui s'y trouvent, j'ai fait pour la première fois les coutures courbes de la coupe princesse. Je m'attendais à ce que ce soit difficile, et finalement pas tant que ça. Mais du coup je n'ai pas essayé la couture courbe à la surjeteuse, que j'imagine quand même un cran au dessus en termes de difficulté.

J'ai été agréablement surprise de voir que six épaisseurs de denim ne posent pas trop de problème à la surjeteuse, à condition de ne pas utiliser le moteur et de tourner à la main. Sinon, même avec seulement trois épaisseurs, le fil de l'aiguille gauche casse très rapidement. Je ne comprends toujours pas pourquoi. On trouve pas mal d'explications sur un fil de boucleur qui casse, mais sur les aiguilles ça a l'air plus rare.

Enfin, j'ai pour la première fois usé une aiguille jusqu'au bout. C'est intéressant de voir les signes avant-coureurs, parce que sur du tissu moins robuste que du denim ça pourrait très mal se finir.

Pour se faire une idée des coûts, comme d'habitude la main d'œuvre l'emporte largement sur tout le reste. J'ai passé un peu plus de 53 heures sur ce projet, dont 3 heures sur les mesures et le design, 28 heures pour faire le gilet en lui-même, et 22 heures pour construire et assembler les poches.

Conclusion

Ça a été un sérieux investissement de ma part, et je suis plutôt contente du résultat.

Je crois que je préfère légèrement avoir un sac à main, pour la flexibilité supplémentaire du non-EDC qu'il peut transporter. Mais tant que les inepties du coup d'état d'urgence permanent dureront (j'imagine à peu près aussi longtemps que Vigipirate), c'est une alternative tout à fait à mon goût.

Je me pose juste quelques question sur l'image qu'envoie le port d'un gilet en denim comme ça. Qu'en pensez-vous ?

J'essayerais bien d'en faire un homologue dans un tissu plus classe, et/ou plus steampunk, mais je me demande vraiment quel autre tissu supporterait les contraintes mécaniques sans être trop chaud. Auriez-vous une idée ?

Avez-vous d'autres astuces pour continuer à vivre malgré les terrorisés qui ont trop de pouvoir ?

Publié le 31 août 2016

Tags : Création Jouets Société

Clonage de FreeBSD en 2016

Il y a presque six ans, j'ai publié Clonage de FreBSD, qui rassemble mes notes sur la fabrication d'un disque bootable à partir d'un FreeBSD existant, en branchant le futur disque système cible comme une unité de stockage externe sur le système hôte.

Depuis je me suis servie moult fois de ces notes, dont un fois pas plus tard qu'il y a deux semaines, pour l'arrivée de Tsuiraku. J'ai vu au fil du temps mes pratiques s'écarter de mes vieilles notes, À tel point qu'il m'a semblé utile cette fois-ci de refaire un billet avec la dernière version de la procédure et mes commentaires sur l'évolution depuis mon billet précédent.

Ce billet ne suppose pas la lecture du billet d'il y a six ans, par contre des notions de gestion ou d'administration système FreeBSD seront nécessaires.

Rappel du contexte

J'ai donc machine cible, en l'occurrence Tsuiraku, qui existe matériellement mais qui n'a pas encore de système d'exploitation.

J'ai aussi une machine hôte, en l'occurrence Yulai, qui fonctionne sous FreeBSD, qui a accès à internet et sur laquelle est branché le disque système de la machine cible, en tant que stockage externe, qui se trouve être /dev/da0.

Une particularité de Tsuiraku est d'être refroidi passivement. Pour faciliter la circulation d'air, j'utilise une clef USB comme disque système, au lieu d'utiliser l'emplacement 2.5" au dessus du processeur.

(Re)partitionnement du disque

Il y a six ans, je créais le pool directement sur le disque, en suivant des recommandations venues de Solaris, ce qui revient à sauter cette étape. Non seulement ce n'est pas utile pour FreeBSD, mais parfois ça pose des problèmes au niveau de la swap et/ou du bootloader.

# gpart delete -i 1 da0
# gpart destroy da0

La clef USB cible était livrée pré-formattée, donc il a fallu détruire la partition existante avant re répartir sur des bases saines.

# gpart create -s gpt da0
# gpart add -s 64K -t freebsd-boot da0
# gpart add -s 4G -t freebsd-swap -l swap1 da0
# gpart add -t freebsd-zfs -l disk1 da0

Il y a six ans je copiais sauvagement le booloader à coups de dd, mais comme j'utilise maintenant gpart, autant le faire à ce stade avec les autres commandes gpart:

# gpart bootcode -b /boot/pmbr -p /boot/gptzfsboot -i 1 da0

Notons cependant que cette commande installe le bootloader de l'hôte. Dans mon cas ce n'est pas un problème, car l'hôte et la cible sont tous les deux des 10.3-RELEASE, mais une différence significative pourrait justifier de télécharger les tarballs avant ce stade pour utiliser un bootloader cohérent avec le reste du système.

Chiffrement du disque

Philosophiquement, je suis de plus en plus partisane du chiffrement généralisé de mes supports de stockage, si possible avec un bouton « panique » qui coupe le courant et/ou détruit la clef, et/ou un jeux de mots de passe qui détruisent la clef au lieu de déchiffrer, et/ou des zones chiffrées niables

En pratique, c'est une image expérimentale pour une machine dont j'ignore les performances de chiffrement, donc autant expérimenter sur un système en clair.

D'autre part, je peux imaginer plusieurs scénarios où je serais contente de voir cette machine redémarrer complètement après une coupure de courant, sans intervention physique de ma part. J'imagine que ça se résoudrait avec le système d'exploitation en clair et le home chiffré, mais ça rend beaucoup plus difficile de s'assurer que des informations importantes ne se retrouvent pas dans la zone en clair.

Bref, j'ai couardement laissé tomber le chiffrement dans cette procédure, mais j'écris ce paragraphe pour me rappeler de ce problème à chaque fois que je verrai ces notes. Je mettrai à jour cette section quand j'aurai une solution satisfaisante.

Création du système de fichiers

J'ai pas mal changé le partitionnement. J'ai cherché l'intérêt de découper base, et faute de le trouver j'ai tout simplement arrêté. Je suis donc repartie de mes besoins et mes usages pour justifier mes découpages.

# zfs create ztsuiraku/root
# zfs create ztsuiraku/root/usr.local
# zfs create ztsuiraku/root/usr.local/db
# zfs create ztsuiraku/root/var
# zfs create ztsuiraku/root/var/log
# zfs create ztsuiraku/home
# zfs create ztsuiraku/home/nat
# zfs create ztsuiraku/reserve

D'abord, je veux séparer le système d'exploitation de mes données perso', pour pouvoir changer le premier sans toucher au second, et sauvegarder le second sans gaspiller des ressources sur le premier. D'où root et home.

home est découpé par politique de sauvegarde et d'utilisation, soit en première approximation par utilisateur.

root contient essentiellement le système de base, et je laisse tout ensemble pour les systèmes de courte espérance de vie, par exemple ma 11.0-BETA1.

Sinon son premier découpage est les répertoires demandant une politique spéciale, comme nosetuid ou un quota. En gros, /tmp, /var/tmp et /var/log. Je n'ai pas mis les tmp ici à cause du support clef USB, ils seront en mfs à la place.

Je sépare aussi les ports du système de base, avec root/usr.local qui sera monté sur /usr/local et root/usr.local/db monté sur /var/db/pkg. L'idée est de pouvoir snapshot et rollback des ports, par exemple lors de l'expérimentation de nouvelles options ou d'une nouvelle version à proposer. On m'a confirmé que ça ne suffit pas forcément, les ports peuvent faire à peu près n'importe quoi n'importe où, mais c'est ce qu'on peut faire de mieux sans snapshot tout root (ce qui reste possible avec cette construction).

J'ai re-séparé /var pour essayer une politique particulière décrite plus bas.

Enfin, ZFS a de gros problèmes quand le pool est presque plein. Il parait que c'est le cas avec tous les systèmes de fichiers qui essayent d'éviter intelligemment la fragmentation, mais j'ai cru comprendre que c'est encore pire avec ZFS. Pour éviter de trop remplir le pool, j'ajoute un FS vide auquel 10% du pool sont réservés.

J'imagine que j'aurais pu créer les fs directement avec les options ci-dessous, mais je préfère les lignes plus courtes et les explications séparées.

# zfs set compression=on ztsuiraku/home
# zfs set compression=on ztsuiraku/root
# zfs set compression=gzip-9 ztsuiraku/root/var/log

La compression, c'est bien et ce n'est pas cher. Enfin, j'espère. Je ne sais pas trop ce que ça donne sur un Celeron basse puissance, mais j'espère que c'est encore valable, surtout avec un système sur USB.

Je ne sais pas à quel point gzip-9 l'emporte sur simplement on quand on est certain d'avoir majoritairement du texte, comme c'est le cas pour /var/log.

# zfs set sync=disabled ztsuiraku/root/var

Il parait que désactiver la synchronisation sur /var aide les performances des systèmes sur clef USB. Ça me semble quand même plutôt dangereux, mais en même temps je ne sais as ce qui utilise vraiment /var, donc je suppose que je vais le découvrir à l'usage.

# zfs set reservation=3G ztsuiraku/reserve

La réserve pour empêcher le pool de dépasser 90% d'utilisation. Je me demande si je pourrais garantir la non-utilisation du FS en ajoutant un quota nul ou très faible, mais pour en vérifier l'efficacité il faudrait une expérimentation trop pénible à mettre en œuvre. Déjà que je n'ai jamais été en situation de vérifier que la réservation fonctionne bien…

Installation et configuration de FreeBSD

Il y a six ans, il était de compilation, en plus d'installation et de configuration. Ça ne m'amuse plus vraiment de compiler, et les paquets binaires aussi bien que les mises à jour binaires ont fait leurs preuves depuis.

Donc je ne compile plus, je télécharge directement les binaires.

# fetch ftp://ftp.freebsd.org/pub/FreeBSD/releases/amd64/amd64/10.3-RELEASE/base.txz
# fetch ftp://ftp.freebsd.org/pub/FreeBSD/releases/amd64/amd64/10.3-RELEASE/doc.txz
# fetch ftp://ftp.freebsd.org/pub/FreeBSD/releases/amd64/amd64/10.3-RELEASE/kernel.txz
# fetch ftp://ftp.freebsd.org/pub/FreeBSD/releases/amd64/amd64/10.3-RELEASE/lib32.txz

# tar -xvC /ztsuiraku/root -f base.txz
# tar -xvC /ztsuiraku/root -f doc.txz
# tar -xvC /ztsuiraku/root -f kernel.txz
# tar -xvC /ztsuiraku/root -f lib32.txz

Il faudrait sans doute que j'ajoute entre le téléchargement et l'extraction une étape de vérification des archives. Je pense sincèrement que ce n'est pas de la paranoïa que de faire cette vérification avec ce que l'on sait du monde actuel. Par contre ça demande de réfléchir fort à comment vérifier utilement, donc un modèle d'attaquant et tout et tout. La flemme l'emporte, et je mets un paragraphe pour me rappeler de le faire à chaque fois que je relirai ces notes, au lieu de le faire tout de suite.

Pour la configuration, il y a six ans je n'avais mis que la liste des fichiers à modifier, mais j'ai trouvé pénible de réinventer à chaque fois leur contenu, donc cette fois que vais le mettre avec.

# cat >/ztsuiraku/root/boot/loader.conf <<-EOF
vfs.root.mountfrom="zfs:ztsuiraku/root"
zfs_load="YES"
kern.hz=100
EOF

Du full ZFS classique, avec un kern.hz pour une utilisation interactive et basse consommation.

# cat >/ztsuiraku/root/etc/rc.conf <<-EOF
hostname="tsuiraku"

ifconfig_DEFAULT="DHCP"

devfs_system_ruleset="localrules"

kld_list="aesni coretemp"
ntpd_enable="YES"
ntpdate_enable="YES"
sendmail_enable="NONE"
sshd_enable="YES"
tmpmfs="YES"
tmpsize="1g"
zfs_enable="YES"
EOF

Pour celui-là, j'ai un peu triché, parce que je n'avais aucune idée du type d'interface réseau dans la machine avant le premier boot, donc en fait la ligne ifconfig_re0 a été ajoutée dans un deuxième temps.

Correction : on peut arranger ce problème de divination en mettant ifconfig_DEFAULT au lieu de ifconfig_re0, et j'ai mis à jour le code ci-dessus dans ce sens. Mille mercis à Olivier de me l'avoir soufflé et de m'avoir rappelé qu'il faut charger aesni explicitement (même si en fait le Celeron J1800 de Tsuiraku n'a pas le support).

En plus des mes trucs habituels, il y a le tmpmfs que j'ai évoqué plus haut. J'ai mis 1g plus ou moins au hasard, je verrai à la longue si c'est trop peu (et peut-être si c'est trop, quoique ça risque d'être moins facile à percevoir).

Ajout : J'ai désactivé sendmail dans le rc.conf ci-dessus, mais je n'ai jamais tenu compte des conséquences de l'absence de MTA sur mes machines de bureau, surtout par rapport à periodic.

# mkdir /ztsuiraku/root/var/log/periodic
# cat >/ztsuiraku/root/etc/periodic.conf <<-EOF
daily_output=/var/log/periodic/daily-$(date +%F).log
weekly_output=/var/log/periodic/weekly-$(date +%F).log
monthly_output=/var/log/periodic/monthly-$(date +%F).log
daily_status_security_inline="YES"

daily_clean_hoststat_enable="NO"
daily_status_mail_rejects_enable="NO"
daily_status_include_submit_mailq="NO"
daily_submit_queuerun="NO"

daily_scrub_zfs_enable="YES"
daily_status_smart_devices="AUTO"
EOF

Le premier bloc élimine toutes les sorties par e-mail, et concentre tout dans /var/log/periodic. Le deuxième bloc recopie bêtement les recommandations pour ceux qui n'utilisent pas sendmail comme MTA. Il faudra d'ailleurs que je vérifie comment ça évolue avec l'arrivée de DMA dans base. Le dernier bloc contient mes ajustements personnels : un scrub et un test SMART périodiques. Même si en vrai, la clef USB de Tsuiraku n'a pas l'air de supporter SMART, donc je n'ai pas mis la dernière ligne, et j'hésite à augmenter l'intervalle entre deux scrubs, mais il me semble que c'est surtout de la lecture, donc ça ne devrait pas trop user la clef. Fin d'ajout

# cat >/ztsuiraku/root/etc/devfs.rules <<-EOF
[localrules=5]
add path 'da*' mode 0660 group operator
EOF

# cat >>/ztsuiraku/root/etc/sysctl.conf <<-EOF
vfs.usermount=1
hw.acpi.cpu.cx_lowest=C3
dev.cpu.0.cx_lowest=C3
dev.cpu.1.cx_lowest=C3
EOF

Le usermount standard, et l'activation des gros C-states pour continuer dans le thème basse consommation.

# cat >/ztsuiraku/root/etc/fstab <<-EOF
/dev/da0p1                      none            swap    sw 0 0
ztsuiraku/root/var              /var            zfs     rw 0 0
ztsuiraku/root/var/log          /var/log        zfs     rw 0 0
ztsuiraku/root/usr.local        /usr/local      zfs     rw 0 0
ztsuiraku/root/usr.local/db     /var/pkg/db     zfs     rw 0 0
EOF

C'est parfois un peu fastidieux de mettre tous les systèmes de fichiers dans /etc/fstab, mais je n'ai pas trouvé d'autre façon de changer facilement de système de base. Comme /etc/fstab est dans /, il suffit de changer le bootfs du pool pour passer sur une autre base. Avec tout ce que j'ai jonglé entre la 10.3-RELEASE, les 11.0-BETA et les CFT, je suis plutôt contente d'avoir fait comme ça.

Ajout :

# cat >/etc/syslog.conf <<-EOF
*.err;kern.warning;auth.notice;mail.crit                /dev/console
*.*     @172.22.0.2
EOF

Dans le cas particulier de Tsuiraku, qui sera éventuellement amené à se reproduire donc je le note ici, je préfère envoyer les logs système sur le réseau local plutôt que de les écrire sur la clef, donc j'ai piqué le syslog.conf d'un nanoBSD. Fin d'ajout

# mv -i /ztsuiraku/root/var/tmp{,-no}
# ln -s /tmp /ztsuiraku/root/var/tmp

Je n'ai jamais vraiment compris la différence entre /tmp et /var/tmp. Plutôt que de faire deux mfs, j'ai juste fait un lien symbolique, en gardant de côté le /var/tmp que les tarballs ont peuplé, des fois qu'en fait il soit vraiment utile. Là c'est de l'expérimental pur, je consignerai par ici mes éventuelles mauvaises expériences.

# chroot /ztsuiraku/root /bin/sh
passwd
tzsetup

Il y a peut-être une façon plus propre d'initialiser le mot de passe root et le fuseau horaire, ou peut-être simplement le faire après le premier boot. Pour l'instant je n'ai pas encore essayé autrement, c'est pareil qu'il y a six ans.

Rendre le disque dur bootable

J'ai déjà mis le bootloader dans une section précédente, donc je passe directement à la suite.

# zpool export ztsuiraku
# zpool import ztsuiraku
# cp -i /boot/zfs/zpool.cache /ztsuiraku/root/boot/zfs/

En vrai je n'ai pas fait l'export suivi de l'import, et j'ai été obligée de remettre à la main le mountfrom au boot suivant. Je ne sais pas s'il y a un lien de cause à effet, ou si j'ai eu une lenteur d'énumération de l'USB (da0 est apparu après le prompt) pour une autre raison. Dans le doute, je laisse l'export/import dans ces notes.

# zpool export ztsuiraku
# zpool import -R /zt ztsuiraku
# zfs set mountpoint=legacy ztsuiraku/root
# zfs set mountpoint=none ztsuiraku/reserve
# zfs set mountpoint=/home ztsuiraku/home
# zpool set bootfs=ztsuiraku/root ztsuiraku

Retour vers la cible

À ce stade, le disque est prêt, au petit détail près qu'il faut réussir à le débrancher de l'hôte pour le remettre dans la machine. Je n'ai toujours pas trouvé de solution satisfaisante.

Exporter le pool empêcher de démarrer dessus, arracher violemment pose de gros problème de cohérences des FS.

On m'avait suggéré de démonter tous les FS, et d'arracher ensuite, ce qui casse le pool du point de vue de l'hôte. Ça marche bien dans la machine cible, mais l'hôte se retrouve avec un pool fantôme, et tous mes essais pour le faire disparaitre ont soit été vains, soit aboutis à une commande qui ne termine pas (parfois même entrainant toutes les commandes zfs avec elle).

Reste éteindre complètement l'hôte avant de transplanter le stockage. C'est pénible, mais c'est propre.

Epilogue

Comme pour le contenu des fichiers à configurer, j'ai plusieurs fois regretté ne pas avoir dans mes notes les première commandes à faire sur la cible.

# pkg install tmux zsh vim-lite fossil smartmontools

Les outils de base.

# pw useradd -n nat -u 1001 -G wheel,operator -s =zsh

La commande que j'ai le plus de mal à retrouver, et que je ne semble pas capable d'assimiler (faute de m'en servir suffisamment souvent ?).

# pkg install pekwm rxvt-unicode xorg-server xinit xrdb xmodmap xauth xrandr setxkbmap conky xf86-input-{keyboard,mouse} xf86-video-intel

Le minimum pour avoir une interface graphique à mon goût.

Publié le 29 juillet 2016

Tags : BSD Geek Suite

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