Provisions à emporter

Un gentil lecteur a vu mon EDC (le bazar que je transporte sur moi) et il m'a fait remarquer qu'il n'y a rien à manger là-dedans. C'est une bonne remarque, et j'ai vu qu'il y a beaucoup de gens qui transportent des en-cas. Ce n'est pas mon cas, parce qu'évidemment je n'en ai pas besoin, je mange très rarement entre les repas.

Au cours de ma vie, j'ai remarqué que c'est souvent intéressant de remettre en question les trucs qui ont l'air évidents, surtout lorsque c'est pour fermer une question.

En vrai j'ai un peu honte de la fréquence à laquelle je grignote en dehors des repas, mais c'est presque tout le temps dans les lieux familiers, où je stocke de la nourriture, de sorte que je n'ai pas besoin d'en transporter avec moi.

Cela étant, mon EDC contient bien un certain nombre d'objets dont je n'ai pas besoin tous les jours, mais dont l'utilisation en cas de besoin est suffisamment positive pour l'avoir toujours à portée de main, donc ça mérite quand même réflexion.

Et puis, comme un pied de nez du destin, quelques jours après être arrivée à cette conclusion, je me suis retrouvée à sauter un repas dans des circonstances amenées à se reproduire.

Je vais donc dans ce billet étaler le résultat de ces réflexions sur quelle nourriture intégrer à mon EDC, en laissant évidemment la porte ouverte à la réponse « rien ».

J'ai aussi réfléchi un peu plus loin que l'EDC, mais j'ai été facilement convaincue de placer à des endroits stratégiques du BP-5 / NRG-5, mais je m'en occuperai plus tard.

Je ne sais pas à quel point c'est pertinent sur ce weblog, mais je vais quand même préciser que tous les produits dont il sera question ici ont été achetés à mon initiative, suite à des recherches personnelles, avec mon budget personnel, sans aucun lien avec aucune entité commerciale que ce soit.

Contraintes initiales

Je suis donc, dans le cadre de ce billet, en train de considérer les choses comestibles à trimballer dans mon sac à main, ou éventuellement dans un sac à dos de boulot, au quotidien, pour une utilisation ponctuelle, en dépannage.

Je me suis donc restreinte à la nourriture « en barre », parce que j'ai l'impression qu'il n'y a que ça qui puisse être mangé dans des conditions improvisées, qui se conserve sur une durée raisonnable (donc pas un sandwich), et qui résiste à peu près aux contraintes physiques d'être transporté au quotidien (donc pas des biscuits).

Je me suis également restreinte aux barres issues de l'industrie agro-alimentaire, sans considérer les recettes que l'on peut mettre en œuvre chez soi, parce que malgré tous les reproches qu'on peut faire à cette industrie, je leur fais confiance sur les DLCO et l'analyse nutritionnelle (enfin plus confiance que dans le DIY).

Cela étant, après avoir faire le tour de l'offre industrielle et affiné ce que je veux (toujours en laissant ouverte la possibilité du rien), je n'exclus pas de regarder du côté des recettes DIY pour remplacer mon choix. Je ne me sens juste pas de commencer ma sélection en naviguant dans la pléthore des recettes existantes.

Si vous avez connaissance d'un autre format que les barres pour satisfaire toutes ces contraintes, merci de me le communiquer.

Analyse du besoin

Je suis donc repartie de la base, à savoir dans quelles circonstances je pourrais avoir besoin de quelque chose à manger dans mon sac à main.

La première situation est la bête gourmandise, mais comme je suis plutôt du côté grassouillet du BMI, je préfère éviter le plus possible cette utilisation.

Il y a aussi le support psychologique, pour lequel j'entretiens des tablettes (de chocolat) de secours mais la nourriture capable de remplir cette fonction est très limitée et trop difficile à stocker.

Il reste donc essentiellement couper la faim. Mais ça peut vouloir dire deux choses différentes : soit se nourrir suffisamment pour continuer de fonctionner, soit seulement supprimer la sensation de faim en sachant que les besoins du corps seraient satisfaits prochainement.

Par exemple, le premier cas pourrait être se retrouver coincé sur le bord de la route, ou dans un salon et il faut de l'énergie pour faire face à la situation et s'en sortir. Alors que pour le second cas, ça pourrait être la fin d'après-midi avant un diner festif et copieux et après un déjeuner très léger en prévision dudit diner.

La différence est de taille : le premier cas cherche les calories tandis que le second les évite. D'un autre côté, le premier cas est plus difficile à gérer par la volonté pure, mais il est peut-être moins fréquent dans ma vie.

Après mûre réflexion, je préfère supposer que je vais être capable de gérer le second cas avec la volonté pure, en étant prête à remettre en question si le futur mon contredit.

Ma réponse pour le second cas est donc « rien », et la suite de ce billet va chercher quoi répondre au premier cas.

Critères comparatifs

Donc à ce stade, je vais chercher essentiellement chercher de quoi me nourrir, pour une situation où mon corps à besoin de nourriture pour assurer un fonctionnement à peu près normal.

Par conséquent, je vais vouloir dans ma barre le plus d'énergie possible, dans le moins de volume possible. Comme le volume est trop chant à mesurer, je vais rapporter à la masse plutôt qu'au volume. Et du coup, je vais directement à rebours du nutri-score.

Comme ce n'est que pour une utilisation ponctuelle, je ne vais pas prendre en compte toute la composition détaillée, seuls les macro-nutriments me semblent pertinents.

À force de parcourir le grand 'ternet dans tous les sens, j'ai un peu perdu les sources, qui me contrarie un peu, j'ai retenu les critères suivants sur les macro-nutriments :

Le goût est un critère compliqué. À l'origine, je voulais le garder en dernier critère pour départager, mais au cours de mes tests je me suis rendu compte que certaines barres ont trop bon goût, et la gourmandise prend le dessus, ce qui en fait un point très négatif.

Les critères de stockage dans mon EDC (résistance mécanique et à la chaleur, durée de conservation) sont importants aussi, mais je n'ai pas vraiment pu les évaluer.

Essais

Je sais que les barres alimentaires sont classées en trois gammes : les barres protéinées, pour les sportifs qui veulent construire du muscle, les barres énergétiques, et les substituts de repas (qui se disent) hypocaloriques.

Dans les supermarchés que je fréquente, je vois aussi trois groupes, mais très différents : les barres « confiserie », les barres « petit déjeuner », et les barres de régime / substitut de repas.

J'ai zapé la confiserie, en supposant que ça ne m'intéresserait pas (mais c'est peut-être un préjugé), mais j'ai quand même mis ma barre préférée dans la liste pour avoir un repère.

Je ne sais pas trop à quelle gamme relier les barres « petit déjeuner », mais du coup je l'ai explorée quand même.

Les substituts de repas se prétendent hypocaloriques, mais ils ont une densité énergétique pas si éloignée de celle de la confiserie. Je suppose que c'est parce que la quantité qu'ils conseillent est faible, et donne suffisamment de tout sauf d'énergie dans cette quantité. Du coup je suppose que ça peut marcher pour mon utilisation, en faisant peut-être attention à ne pas trop accumuler de micro-nutriments.

Voici les barres que j'ai essayées, avec les nombres pour les principaux critères, pour 100 g de produit, sauf pour les sucres qui sont en pourcentage des apports énergiques.

Barre Énergie Prot. Fibres Lipides saturés Sucres
Nestlé Nuts 492 kcal 4.5 g 1.2 g 10.3 g 43 %
Kellog's Extra 459 kcal 8.9 g 4.9 g 5.  g 31 %
Kellog's Special K 388 kcal 7.0 g 14.  g 5.1 g 25 %
Neslté Clusters 412 kcal 6.3 g 6.7 g 6.2 g 24 %
Jordans Frusli 401 kcal 5.8 g 4.5 g 1.8 g 31 %
Gerlinéa Mon repas 378 kcal 24.  g 2.  g 0.8 g 38 %
Gerlinéa céréales 336 kcal 22.  g 19.  g 1.1 g 23 %

La sélection est évidemment biaisée par le fait qu'en magasin, j'ai choisi à peu près suivant mes critères initiaux.

Globalement, la densité énergique ne varie pas du simple au double, ce qui est plus que l'impression que j'avais, mais ce n'est pas spécialement impressionnant comme écart entre le produit « régime » et la confiserie.

J'ai été un peu étonnée de la variabilité au niveau de la quantité de fibres, et sur le reste on voit assez bien la distinction entre les produits « régime » et les autres. Une autre différence flagrante est au niveau du goût. Je ne sais pas si c'est une conséquence de l'orientation régime, ou un choix délibéré (pour quelles raisons ?), mais elles sont beaucoup moins tentantes que les autres barres.

Résultat, j'ai fait un petit stock du Gerlinéa Céréales, et on verra ce que ça donne au fil du temps. J'ai quand même eu une petite déception en remarquant qu'il semble n'avoir que deux ou trois mois de conservation.

Publié le 31 octobre 2018

Tags : Autoexploration Jouets

Besoin de fiction

J'ai déjà mentionné que la lecture a sur moi un effet qui ressemble à (ce que j'imagine être) l'effet d'une drogue. Je n'avais encore jamais envisagé que ce ne soit pas limité à la lecture, mais aussi à l'immersion dans un univers de fiction. C'est ce que je vais explorer dans ce billet.

À titre de référence, en temps normal, il y a chaque semaine dans ma routine environ quatre heures de lecture dans le bus, généralement de romans, et peut-être à peu près autant de séries télévisées dans mon salon. Donc à peu près huit heures loin de ce monde.

Et puis au moins d'août, il y a eu la conjonction de plusieurs choses indépendantes : j'étais en train de lire dans le bus une des rares non-fiction de ma liste de lecture, à savoir Thinking Fast and Slow, et juste après je me suis retrouvée dans deux semaines de vacances qui ont complètement bouleversé mon quotidien, et qui se sont trouvées de plus en plus pauvres en fictions, car des activités plus sociables occupaient toutes les journées. À tel point que j'ai fini par ressentir un manque que je n'ai pas pu interpréter immédiatement.

Bon, en vrai, ce n'était pas une découverte complète, et je ne suis pas vraiment partie de zéro. Par le passé j'ai déjà ressenti une version beaucoup plus faible de ce même manque, le dimanche soir. Ce besoin semble exister aussi à des échelles de temps plus petites, comme si j'avais besoin d'une dose à peu près tous les jours, probablement suivant mon état mental général, et peut-être la force de la fiction en cours de lecture, ou de mes occasions de rêvasser dans ma propre fiction par ailleurs.

Je ne sais pas trop quoi en penser. C'est un peu comme si je découvrais que je suis plus dépendante de la lecture que je ne le croyais, mais sans la noblesse associée à la lecture. Je trouve que c'est contrariant de dépendre de quoi que ce soit, même si c'est un peu idiot vu ma dépendance à la nourriture et à l'oxygène). J'essaye de me dire qu'au moins ce n'est pas physiologiquement malsain, mais c'est un maigre réconfort quand j'imagine les conséquences sociales que ça pourrait avoir.

Je ne sais pas trop comment organiser ma vie pour être sûre de ne pas manquer, quelque chose comme l'équivalent des repas qui rappellent périodiquement qu'il faut se nourrir même si pour une raison ou pour une autre la faim ne remplit plus ce rôle.

D'un autre côté, en regardant plus froidement ma description de cette situation, je me demande si je ne suis pas en train de confondre le besoin de fiction et le besoin de se ressourcer dans le calme qui découle de l'introversion.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Avez-vous aussi des besoins de fiction après s'en être passé trop longtemps ? Ressentez-vous une subtile nuance entre des besoins de fiction et des besoins de calme ?

En avez-vous marre de ces questions artificielles qui prétendent augmenter l'engagement ? Posteriez-vous les mêmes commentaires sans elles ?

Publié le 30 septembre 2018

Tags : Autoexploration

Requiescat III – Horlogium

La série noire de l'année 2018 continue, après mon téléphone mobile et mon appareil photo, c'est ma montre qui semble rendre l'âme. Comme les fois précédentes, alors que j'écris ces lignes je ne crois pas une seconde qu'un miracle se produise et rende ses fonctionnalités à ce morceau d'électronique, mais cette fois j'espère que l'invocation latine public ce weblog produise ce miracle.

Et comme l'espoir appelle la déception, je suppose que c'est justement cette fois que ça ne va pas marcher.

Cette montre est une Pebble Time Round, et je vous en avais déjà parlé lorsque son fabriquant a fermé ses portes, dans un article intitulé Pour une fois qu'un wearable me plaisait…, et je crois que sa batterie est mourante.

Le vieillissement soudain

Pour situer, lorsqu'elle était neuve, la batterie de cette montre tenait environ trois demi-journées, que ce soit deux jours et une nuit ou un jour et deux nuits. Les nuits sont quand je dors, ce qui est nettement plus court que la journée, mais j'avais une utilisation plus intensive de l'accéléromètre et j'étais en limite de portée bluetooth. Comme je n'aime pas l'irrégularité de cette demi-journée en plus, je l'ai rechargée à peu près tous les soirs, depuis trois ans.

D'ailleurs c'est amusant qu'à l'époque l'autonomie de cette montre était vivement critiquée, alors qu'aujourd'hui le marché est encore bourré de modèle qui tiennent à peu près aussi longtemps.

Du coup après un peu moins de trois ans de bons et loyaux services, cette batterie a tenu environ mille cycles, ce qui est une longévité honorable.

À force de ne pas utiliser la demi-journée en bonus, je ne saurais pas trop dire comment elle s'est réduite au fil des ans, mais au début du mois d'août 2018 je n'avais pas besoin de faire attention à quel moment de la soirée je lançais la recharge pour qu'elle tienne jusqu'à la soirée suivante. Il n'était donc pas rare que je lui demande de tenir 27 heures, et il semblait y avoir encore de la marge derrière.

Et puis en deux semaines ça s'est détérioré très rapidement. D'abord elle n'a plus tenu jusqu'au matin quelques jours de suite, ce qui est très contrariant car je compte sur ses vibrations pour me réveiller. Alors j'ai commencé à désactiver la liaison bluetooth pendant la nuit, et tout est rentré provisoirement dans l'ordre.

Ensuite elle a commencé à ne plus tenir la journée, en se mettant en mode d'économie d'énergie pendant mon trajet retour, qui est justement un des moments où les notifications me sont les plus importantes, car je n'ai pas d'ordinateur devant moi. Alors j'ai commencé à la recharger matin et soir, et tout est rentré provisoirement dans l'ordre.

Ensuite elle a commencé à se couper brutalement, sans même passer par le mode d'économie d'énergie qui donne encore l'heure, lorsqu'il fallait utiliser un pic de courant pour vibrer ou se reconnecter en bluetooth, alors que la dernière charge était trop loin. Alors j'ai commencé à la recharger trois fois par jour, et utiliser un autre réveil.

Et ensuite elle n'a plus été capable de sortir le moindre pic de courant sans être branchée, ce qui est son état actuel : elle donne l'heure et travaille l'accéléromètre, sans aucune vibration ni liaison radio, avec deux recharges par jour, dont une utilisée pour exfiltrer les données de l'accéléromètre.

Le remplacement

Contrairement aux requiescat précédent, ce morceau d'électronique est suffisamment bon marché pour que dès l'annonce de la fermeture de Pebble j'investisse dans une unité de rechange, en misant sur le fait que je ne trouverais pas de remplaçant avant l'expiration de l'unité « en production ». Pari gagné.

Mais maintenant que je n'ai plus d'unité de rechange, la prochaine mauvaise chute peut mettre fin à cet élément que je juge important dans ma vie. Il me semble donc raisonnable de réfléchir dès maintenant à comment gérer la mort de l'unité de remplacement.

D'autant plus que je crois me souvenir que dans les technologies actuelles de batteries au lithium l'entropie contribue plus au vieillissement que les cycles de chargement, ce qui peut rendre pessimiste sur la durée de vie de la batterie de cette unité de remplacement.

J'ai l'impression qu'il existe encore quelques stocks de Pebble Time Round, donc je pourrai refaire le pari sur une unité de remplacement, mais ça me semble un peu plus risqué qu'à l'époque, donc j'hésite. Et si j'hésite suffisamment longtemps, cette possibilité se fermera d'elle-même.

Je pourrais essayer d'ouvrir mon unité défunte pour remplacer sa batterie. J'ai assez peu à y perdre, l'étanchéité n'a jamais été terrible sur cette unité ; mais il faudrait d'abord trouver une batterie fonctionnelle, ce qui n'a pas l'air gagné du tout.

Alors si je me dis que choisir un nouvel appareil est inévitable, je retourne aux bases avec une analyse des besoins, par ordre d'importance :

  1. donner l'heure,
  2. réveiller par des vibrations discrètes,
  3. avertir de l'oubli de l'ordiphone,
  4. avertir des notifications pertinentes,
  5. présenter un résumé desdites notifications,
  6. envoyer un texte prédéfini par SMS à un correspondant.

Je suis assez indifférente aux fonctionnalités de fitness, quoique j'ai peut-être une certaine curiosité sur l'évolution de mon rythme cardiaque au fil de la journée.

En revanche, je suis très très réticente à voir les informations de fitness sortir de mon contrôle. Je suppose que vu l'état actuel du Marché, on y peut rien, mais le résultat net est que je préfère aucun suivi à un suivi cloudé.

Et je suis encore plus réticente à l'utilisation d'un écran tactile. Je déteste déjà ce type d'interfaces quand l'écran à une taille raisonnable, alors quand le doigt cache une portion significative de l'écran ça me met juste hors de moi. Les vrais contrôles physiques, utilisables en aveugle, c'est ça mon truc.

Je me rends compte au passage qu'entre le web en mode texte et la préférence pour les boutons physiques, ça commence à faire beaucoup de trucs grands publics que j'aimerais utiliser comme les malvoyants.

Avec tout ça, on dirait que le premier besoin de la liste suffit déjà à éliminer une grande partie des montres connectées, à moins qu'il y ait eu récemment des progrès spectaculaires dans la reconnaissance du geste de regarder le cadran.

En revanche, je découvre le principe des montres connectées « hybrides », avec un vrai cadran et des vraies aiguilles pour remplir le besoin de base d'une montre. Elles me semblent souvent pêcher au niveau de la présentation d'informations, mais si c'est la seule concession que je dois faire, c'est plutôt bien.

Cela dit, de façon purement fortuite, je suis tombée récemment sur un article qui recommande d'attendre un peu avant d'acheter une montre connectée, parce qu'une nouvelle puce est censée faire une révolution. Je suis un peu sceptique, mais je pense pouvoir attendre jusqu'au 10 septembre prochain pour voir si cette histoire à un impact sur les produits qui m'intéressent. Au moins je suis contente que ça arrive en plein dans une mode des montres hybrides, j'ai un peu plus d'espoir que d'habitude de ne pas me retrouver laissée sur le bord de la route du marché de consommation.

La tentation nihiliste

Comme à chaque fois qu'un de mes jouets tombe en panne et qu'il n'y a pas de remplacement, je me pose la question de son élimination. Est-ce que je m'encombre avec, ou ça apporte vraiment quelque chose ?

Je ne peux m'empêcher de remarquer que j'avais du mal à abandonner le téléphone Android pour ce que m'apportait la montre Pebble, et là j'ai du mal à abandonner la montre connectée pour ce en quoi elle complète le téléphone prétendument intelligent. Et si j'arrachais les deux en même temps ?

Il va quand même me falloir quelque chose qui donne l'heure, et qui peut me réveiller. Je ne comprends pas très bien pourquoi ce n'est pas possible complètement offline, peut-être que j'ai seulement mal cherché. Les montres avec alarme existaient déjà dans mon enfance, et remplacer le bip par un moteur haptique ne doit pas être si compliqué ces jours ci.

J'ai peut-être réfléchi un peu malsainement trop longtemps à cette question, mais je suis arrivée à la conclusion que finalement, ces notifications qui encombrent tellement ma vie pourraient aussi bien rester sur un PC que j'ai devant moi, et garder un pager pour les cas d'urgence.

Globalement, je crois qu'il me suffirait d'une montre idiote, d'un pager, d'un téléphone idiot éteint, d'un GPS, et d'un système d'accès en urgence à internet. S'il y avait moyen d'avoir un pager non-cellulaire, ça comblerait en même temps à peu près tous mes côtés paranoïaques sur les dérives actuelles du capitalisme de surveillance.

Je continue de suivre les actualités de KaiOS, dans l'espoir qu'il finisse par arriver sur un modèle à ma portée. Quand ce sera le cas, il est probable qu'il n'y ait pas de montre connectée qui aille avec…

Envoi

Et vous, quelle place donnez-vous à l'électronique sur votre poignet ?

Y a-t-il d'autres wearables qui valent le coup ces jours-ci ?

Faut-il démanteler le capitalisme de surveillance avant de pouvoir espérer le montre wearable qui ne soit pas un fitness tracker qui envoie tout dans dieu sait quel nuage ?

Y-a-til une chance de voir les makers et l'électronique grand public converger vers du DIY wearable ?

Non-miracle (ajout du 2 septembre 2018)

Sans grande surprise, il n'y a pas eu le miracle des fois précédentes.

Pour diverses raisons pratiques, j'ai continué d'utiliser l'ancienne unité pour avoir l'heure et suivre mon sommeil pendant ces deux dernières semaines.

Jusqu'à en arriver au point où une fois chargée au maximum, le débranchement conduit immédiatement à un avertissement de batterie presque vide, qui est accompagné d'une vibration qu'on ne peut désactiver, et qui cause l'extinction neuf fois sur dix à l'intensité minimale.

Et puis hier après midi, alors que je regardais l'heure, je remarque un vide inhabituel :

Photo de la montre physiquement cassée

Le point positif, c'est que l'ouverture du boîtier était justement ce que je redoutais le plus dans une tentative de réparation de cette montre, et du coup je n'ai plus rien à perdre en termes d'étanchéité.

Je mets aujourd'hui en production la nouvelle unité, et advienne que pourra.

Publié le 23 août 2018

Tags : Évènement Jouets

Vulgarisation et édification

De tous temps les hommes se sont Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu une certaine curiosité et une affinité pour toutes sortes de connaissances. J'ai passé de très bons moments avec Tout l'Univers, C'est pas sorcier, et d'autres sources de connaissances de ce genre.

Avec cette base, et la conviction philosophique que je répète (trop) souvent qu'une journée au cours de laquelle on n'a rien appris est une journée perdue, on pourrait croire que je serais restée assidue toute ma vie à un média de vulgarisation ou un autre. Ou en tout cas, moi je le crois.

Et pourtant, je me suis plusieurs fois rendu compte qu'en fait non, par les aléas de la vie j'étais « tombée du wagon ».

Prenez le temps d'e-penser

La dernière fois est plutôt récente, même si je ne me souviens pas exactement quand, et je m'étais abonnée au fil RSS de la chaîne YouYube e-penser. Pas de bol, c'était pendant sa période de hiatus pour réaliser sa websérie, au demeurant fort à mon goût, mais pas du tout vulgarisatrice.

Et puis récemment, il a sorti une nouvelle vidéo de vulgarisation, sur la superposition quantique, qu'il n'est pas nécessaire de regarder ou de comprendre pour la suite du présent billet.

Je suis très impressionnée par cette vidéo, parce que j'ai l'impression qu'il réussit à rendre accessible et amusant des explications beaucoup plus précises que la plupart des vulgarisations sur ce sujet.

Si j'ai parfois l'impression (rapidement anéantie) d'avoir un talent pour expliquer, ce talent se limite aux cas interactifs, et je m'en sors nettement moins bien face à l'audience passive d'une vidéo ou d'un article.

D'ailleurs ça se voit bien sur le présent weblog, si je voulais transmettre le contenu de mes articles à une personne en face de moi, je couperais pas mal d'éléments en sachant que mon interlocuteur les a déjà (soit en le connaissant soit en m'en étant assurée par de façon verbale ou non).

Vulgarisation et culture

Il y a une autre chose qui m'a frappée dans cette dernière vidéo d'e-penser : je n'en ai rien appris. Elle ne contient rien que je ne sache déjà.

Certes, c'est rigolo et divertissant, mais je pourrais en dire autant d'un film de super-héros Marvel, ce qui n'est pas très glorieux en termes de vulgarisation.

Je crois que si je n'avais pas été à ce point impressionnée par la valeur intrinsèque de la vidéo, je n'aurais pas osé la désigner explicitement avant d'émettre ce jugement aussi négatif.

Parce qu'évidemment, le problème ce n'est pas elle, c'est moi. Quelque part, c'est plutôt rassurant qu'après des décennies à tremper dans la science, vulgarisée comme professionnelle, j'arrive à un stade où il ne me reste plus grand-chose à apprendre de la vulgarisation grand public. L'individu apprend beaucoup plus vite que la population.

J'ai beaucoup de mal à revendiquer une « culture scientifique », parce que ça attaque frontalement mes tendances à l'auto-dévalorisation, mon syndrome de l'imposteur, et mon horreur de l'arrogance ; mais il me semble que c'est bien comme ça qu'il faudrait appeler le capital de connaissances scientifiques que j'ai accumulé au fil des années.

La conséquence directe est que je trouve mieux à faire de mon temps qu'à suivre de la vulgarisation qui ne m'apprend rien, et je finis par ne plus suivre de vulgarisation du tout, jusqu'à ce que je me rende compte que ce manque et que le cycle recommence.

Quelle vulgarisation pour les gens comme moi ?

Maintenant que j'ai pris conscience de ce cycle, j'ai très envie de le casser.

Comment continuer mon œuvre d'édification personnelle si j'ai fait le tour de la vulgarisation scientifique grand public ? (en supposant que ce soit bien le cas et que je ne sois pas en pleine crise d'arrogance mégalomane)

La piste la plus facile, qui n'est pourtant pas la première qui me sois venue à l'esprit, est « par le côté », c'est-à-dire élargir les domaines que je cultive, au moyen de vulgarisation dans ces domaines où je ne suis pas significativement meilleure que le grand public.

Ce n'était pas dans une démarche aussi structurée, mais c'est un peu pour ça que j'avais commencé à suivre Denis Colombi (@Uneheuredepeine) et le projet Arcadie.

J'ai d'ailleurs découvert au passage un préjugé amusant, selon lequel la sociologie et la politique française sont moins utiles que les sciences plus dures que je connais mieux. Une fois mis en mots on voit à quel point c'est ridicule tant la législation française a plus d'impact sur ma vie que la superposition quantique.

Et en même temps, ce sont ces comptes, ainsi qu'un bon nombre de retweets de gens que je suis pour d'autres raisons, qui donnent une place irremplaçable à Twitter dans ma vie ces jours-ci, malgré tout le mal que j'en ai écrit, et dont la disparition va me peiner.

Cela dit, mon premier élan pour briser le cycle c'était de chercher une sortie « par le haut », c'est-à-dire de la vulgarisation à un niveau au-dessus.

Et j'ai été tristement surprise de ne rien trouver.

Pour prendre des exemples concrets, à la limite de ma culture scientifique se trouvent aujourd'hui les jauges en physique théorique, les diagrammes de Feynman, les limites du modèle de l'argent dette, le CMOS, ou les haptènes. J'ai juste assez de culture scientifique pour connaître ces mots, et savoir à peu près comment ils se situent par rapport à ce que je sais déjà, dans sans avoir le moindre détail du système qu'ils désignent.

À partir de ces mots, je suppose que je pourrais secouer un moteur de recherches jusqu'à ce qu'il me sorte des pages à portée qui expliquent ce bazar, et ainsi repousser la frontière de ma culture scientifique.

Mais ce n'est pas une solution, parce que quelque part ce sont des anomalies : la plus grosse partie de cette frontière ne contient pas d'expression qui permette de la repousser.

Donc ce que j'adorerais, ce serait un média de « vulgarisation avancée », ou quelque chose comme ça, qui détaille ce genre de chose, à un niveau pas « grand public » mais « polymathe », genre décrire la théorie des jauges en expliquant les groupes de Lie et en montrant des équations, décrire les équations représentées par les diagrammes de Feynman, montrer l'interaction moléculaire entre l'haptène et le système immunitaire et la réaction en chaîne que ça provoque dans ce système.

Et surtout, que ce média décrive de la même façon toutes les autres choses à ce niveau de détail dont je ne connais même pas le nom, quitte à donner quelques références pour combler les éventuels prérequis manquants.

Je pense que ce n'est pas du tout le même créneau qu'un e-penser ou un Today I Found Out, et le fait que je ne trouve rien à ce niveau me laisse perplexe.

Est-ce qu'en fait ce créneau n'existe pas, et n'est qu'un pur produit de mon imagination ? Ou existe-t-il mais avec un public tellement limité qu'aucun modèle économique ne permet de le remplir ? Ou existe-t-il mais je suis trop nulle pour le googler ?

Avez-vous des références à me conseiller, pour continuer mon édification personnelle, aussi bien vers le haut que vers le côté ?

Publié le 22 juillet 2018

Tags : Autoexploration Réflexion

Requiescat II – Photographum

L'année 2018 semble accumuler les évènements d'électronique qui me lâche. Après mon téléphone mobile, qui a connu un retour à la santé miraculeux, c'est au tour de mon appareil photo compact d'évoluer vers sa forme de presse-papier de luxe, sans rémission en vue.

Expiration

Samedi matin, juste avant une sortie, j'ai sorti de mon sac mon appareil photo Fujifilm X70, pour faire les vérifications habituelles de niveau de batterie et de carte mémoire.

Dans un clic, l'interrupteur change de position. Il ne se passe rien.

Je vérifie que l'interrupteur est bien en position on, parce que lorsque l'appareil s'éteint spontanément pour conserver la batterie, l'interrupteur reste sur on, et le faire basculer en position off n'a pas d'effet visible. Mais cette fois, il était bien sur on, alors je le rebascule sur off et j'attends quelques secondes.

Clic. Toujours rien.

La folie, c'est refaire la même chose en espérant un résultat différent, mais le temps de saisir la situation, je refais un cycle.

Clic. Toujours rien.

Il me semblait l'avoir rechargé relativement récemment, mais je ne compte plus le nombre de mauvaises surprises en découvrant une batterie qui s'est vidée inexplicablement rapidement.

Je me saisis donc de ma batterie de rechange, et je procède au remplacement.

Clic. Toujours rien.

Là ça devient très inquiétant, parce que cette batterie de rechange n'a pu subir que l'autodécharge, et je n'ai pas encore eu de mauvaise surprise avec les batteries débranchées.

Clic. Toujours rien.

Je vais jusqu'à mon ordinateur, pour brancher l'appareil sur le câble micro-USB qui lui est branché en permanence. Le témoin qui indique l'alimentation ou la charge reste éteint, ce qui est inhabituel et renforce encore le sentiment d'inquiétude.

Clic. Toujours rien.

J'en arrive donc logiquement à la prise de conscience que ce cher appareil électronique est dans une panne sérieuse, et à la première étape du deuil électronique : le « pourquoi ? »

Le sac à dos dans lequel je transporte habituellement cet appareil n'a pas subi de choc particulier ces derniers temps, et il contient d'autres objets aussi fragiles qui sont encore en très bon état.

En revanche, il y a eu ces derniers jours quelques pluies soudaines et abondantes. Je me souviens avoir été impressionnée par le sac à dos qui a presque gardé au sec un carton que je transportais lundi dernier, il y avait juste une goutte d'eau tombée dessus, alors que je portais sur moi plus lourd d'eau que de vêtements. Et le mardi matin j'étais un peu moins impressionnée en trouvant mon à main (au fond dudit sac à dos) humide. Mais l'appareil photo, dans sa housse, était au niveau carton et non au niveau du sac à main.

N'ayant rien à perdre, j'ai mis l'appareil dans un sac de riz. Deux jours plus tard, son état n'a pas changé.

Clic. Toujours rien.

J'ai contacté l'entreprise de vente par correspondance qui m'a vendu cet appareil (d'occasion quasi-neuve), et ils m'ont proposé de le renvoyer contre un remboursement, car ils n'ont plus de stock de ce modèle.

Je n'ai rien trouvé pour « débriquer » ce modèle d'appareil, pas de combinaison magique ou de bouton à maintenir appuyé.

Si vous avez des idées de trucs à essayer avant de le renvoyer, je suis toute ouïe.

Nécrologie

Il semble très difficile de remplacer cet appareil par un modèle identique, donc sauf rémission inespérée, ceci marque la fin de mon avec le Fujifilm X70.

Vous vous souvenez peut-être que j'ai choisi ce modèle après de longues héstations, notamment encore un compact quelconque et le compromis très particulier que représente cet appareil.

C'est un bon moment de comparer mes réflexions a priori et mes impressions a posteriori.

Le but de mon achat d'appareil compact était de commencer à faire des photos en dehors d'expéditions dédiées au cours desquels je prends mon reflex numérique Nikon D7000

C'est bien un succès à ce niveau, même s'il est un peu plus mitigé que je l'espérais. Mon photoblog se remplit doucement, et il a un backlog plus gros que son archive, donc la photographie n'est même pas le facteur limitant.

Même s'il est compact, ce X70 a un capteur et un objectif qui me semblent jouer dans la même cour que la gamme de reflex que je pratique, il m'est donc arrivé quelques fois de le prendre à la place du D7000, lorsque l'objectif grand angle s'y prête.

La focale fixe ne m'a pas dérangée du tout, j'ai souvent composé avec, et parfois j'ai recadré après coup pour faire l'équivalent d'un zoom numérique. La résolution sur mon photoblog est tellement basse que ça ne pose pas de problème, et je n'ai pas encore les qualités pour faire de la photo qui mérite de se retrouver sur papier.

J'ai pu m'accommoder de l'absence de stabilisation, et je n'ai jamais volontairement utilisé le flash, je me suis à chaque fois débrouillée pour improviser un pied ou monter dans les ISO.

La visée sur écran est gérable, même si c'est très pénible au soleil, je n'ai jamais consciemment regretté de ne pas avoir de viseur. Et j'ai plusieurs fois apprécié les points de vue que l'on peut atteindre en visant sur l'écran incliné.

La vidéo ça n'a vraiment pas l'air d'être mon truc.

Je ne m'attendais pas à accrocher autant au système de simulation de film de Fuji, et j'en discutais encore dans mon dernier billet. Je me demande à quel point c'est juste un tas de presets des paramètres de traitement numérique traditionnels, ou s'il y a du traitement original de Fuji en plus.

Dans l'ensemble, entre les simulations de films et la qualité des JPEG qui en sortent, le X70 permet de se passer complètement d'ordinateur, en faisant tous les traitements dans l'appareil. Pour les photos du quotidien qui ne méritent pas de sortir le reflex, c'est appréciable de ne pas avoir à sortir quand même l'artillerie lourde sur l'ordinateur.

J'ai aussi énormément accroché à l'interface physique, avec des boutons dédiés au temps d'exposition, à l'ouverture, et à la compensation. C'est colossalement plus à mon goût que le système « PSAM » habituel, bien plus que je m'y attendais.

Bref, je suis très contente de feu cet appareil et du compromis qu'il représente, et a posteriori je suis persuadée d'avoir fait le bon choix.

Si vraiment je devais lui faire des reproches, c'est vrai que la batterie est un peu courte, et je n'ai pas regretté d'en avoir une deuxième prête à servir. En même temps, ce n'est pas un appareil pour les expéditions photos, donc il n'y a guère qu'en vacances que ça gêne vraiment, mais ces dernières années j'ai préféré plus vivre les évènements que chercher le point de vue du photographe, fatalement extérieur.

Et il y a le fait qu'il n'est pas si compact que ça. J'aurais eu les mêmes difficultés d'EDC même avec un vrai compact, vu que le peu de poches dans ma gamme vestimentaire, mais il est de fait que ça limite les solutions pratiques de port.

Succession

Il y a donc maintenant dans ma vie un trou en forme d'appareil photo compact. Qu'en faire ?

Je crois que si je tombais un X70 en bon état, je sauterais (figurativement) dessus. Imaginons donc, pour le reste de cette partie, que ce ne soit pas le cas.

Du coup j'ai passé un temps indécent sur DPReview pour chercher avec quoi combler ce trou.

À l'époque de mon hésitation, j'avais envisagé le Ricoh GR II, mais pour des raisons pas très claires il ne me tente plus du tout.

La série des X100 de Fujifilm semble être ce qui se fait de plus proche aujourd'hui. Le X100F a l'air sympathique, mais la génération précédente, X100T a l'avantage d'utiliser les mêmes batteries que le X70.

Cela dit, ils sont significativement plus gros que le X70, et surtout beaucoup plus chers, ce qui rend d'autant plus dérisoire l'argument de réutiliser ma batterie de rechange. J'y mettrais peut-être ce budget si je voulais remplacer mon reflex D7000, mais il faudrait renoncer à trop de cas d'utilisation.

Le Canon G7X II, que j'avais retenu lors de mon hésitation, reste le plus tentant des compacts traditionnels. Il y a entretemps un G9X II qui est sorti, avec la même électronique, plus petit et moins cher, au prix d'un écran fixe et d'optiques moins bonnes. DPReview le recommande, mais je crois que je préfère quand même le G7X.

Mais j'ai un peu peur de trouver ces compacts trop quelconques. Sans le fun de construire autour des contraintes du X70 des images « qualité reflex », est-ce que je le sortirais aussi souvent ? Dur à prévoir, tant j'ai du mal à quantifier ce fun subtil.

Et puis malgré le capteur plus petit et les optiques dans une gamme plus basse, le comparateur de DPReview ne me donne pas l'impression d'une différence flagrante de qualité visuelle entre X70, X100F et G7X.

J'avais aussi regardé le Panasonic DMC-LX100, comme successeur au X70 dans l'idée « gros capteur dans un boîtier aussi compact de possible », mais il est un peu trop cher pour ce poste budgétaire, et je crains un peu que le progrès logiciel fasse plus que compenser la taille du capteur du G7X.

Mais tout ça, c'est remplacer le X70 sans tirer les leçons de sa disparition. Ne devrais-je pas plutôt regarder du côté des compacts blindés et étanches ?

Alternativement, je pourrais profiter de la situation pour ne pas repartir dans le compact.

Par exemple, je pourrais considérer la photo impromptue comme un échec, et m'en tenir aux expéditions photo reflex. J'ai déjà trop de loisirs par rapport à mon temps libre, il est peut-être temps de faire des coupes franches choisies au lieu de les subir.

Ou peut-être simplement faire plus attention au capteur photo lorsque je choisirai mon prochain téléphone mobile (mais alors, que faire en attendant ?).

Ou alors, je pourrais suivre l'exemple d'un certain nombre de personnes que je connais plus ou moins, en laissant tomber le reflex au profit d'un bridge aussi flexible et bien plus pratique.

En plus j'avoue que je me passerais volontiers des réactions des gens à la vue d'un reflex, à toutes choses égales par ailleurs je préfèrerais un appareil photo qui ait l'air d'un jouet qu'un qui ait l'air « sérieux ».

Si vous avez des avis ou des conseils sur ces questions, c'est bienvenu aussi (quoique pas autant qu'un miracle qui répare mon X70), même si je crains qu'il faille raffiner le cahier des charges avant de pouvoir utilement chercher conseil.

Miracle solsticial (ajout du 20 juin 2018)

Vous vous en doutez, avant d'écrire ce billet, j'ai immédiatement pensé à la situation similaire avec mon natel, qui s'est terminée par un retournement de situation qui m'a semblé miraculeux.

Mais je connais assez bien le monde du logiciel pour savoir qu'il est complètement délirant, et que des situations loufoques sont complètement dans le domaine du possible.

Alors que là, c'est manifestement un problème physique, ou au moins électronique. Ça devrait suivre un ensemble de règles simples et cohérentes.

Genre un composant qui casse parce qu'il a subit des contraintes mécaniques (par exemple un choc) au-delà de ce qu'il peut supporter, il va rester définitivement cassé. De l'eau qui emmène trop de courant à un endroit où il ne devrait pas y en avoir tellement, ça va aussi détruire irréversiblement quelque chose. De l'eau qui cause une corrosion, ça ne va pas être aussi rapide, mais ça ne va aussi aller que dans un seul sens.

Bref, des états clairs, bien distincts, avec des transitions sans ambiguïté.

Donc cet appareil photo qui mime un presse-papier le samedi matin, il n'a rien pu lui arriver mécaniquement dans les quinze heures qui précédent, et aucune infiltration aqueuse dans les quatre jours qui précède, il est globalement en régime permanent.

Quand il n'est manifestement pas capable de sortir de cet état en ajoutant de l'énergie, et quand une journée et demie sans aucune source d'énergie ne fait rien évoluer, on peut raisonnablement penser son état est définitif.

Non ?

Alors quel phénomène a bien pu se produire pendant le jour et demi suivant, pour qu'il se remette à fonctionner comme si rien n'était ? En perdant moins de 10 minutes à l'heure courante ? Quel processus est à l'œuvre pour qu'un jour et demi sans batterie ne corrige rien mais trois jours corrigent tout ?

Y a des gens qui m'ont parlé de soudure sèche et d'électrolyse lente, et c'est vrai que mon expérience professionnelle ces derniers mois m'a donné l'impression qu'en vrai le hardware c'est un monde aussi délirant que le logiciel, l'impression de logique et de cohérence des cours de physiques étant comparable à celle des analyses de complexité des algorithmes de tri habituels.

Donc à ce stade, ça pourrait aussi bien être l'offrande aux dieux du riz, malgré les moult pages internet qui expliquent que les prier sans offrande est tout aussi efficace, je ne voudrais pas risquer de les offenser.

Ou ça pourrait aussi bien être les répercussions quantiques du choix sincère d'un modèle de remplacement (à savoir le Canon G7X II).

Ou ça pourrait aussi bien être l'invocation en latin publiée sur un weblog.

Quelqu'en soient les tenants et les aboutissants, j'ai donc un Fujifilm X70 qui fonctionne impeccablement depuis presque vingt-quatre heures. Je vais le garder en observation pendant les jours, voire les semaines, qui viennent, parce que la confiance, ça ne se répare pas comme ça.

Contrairement à la fois avec mon smartphone, le fait de croire sincèrement que cet appareil était perdu ne m'a pas ouvert d'alternative qui me semble plus désirable.

Je pourrais certes imaginer quelques améliorations mineures pour le rendre encore plus à mon goût, mais dans l'ensemble toutes les alternatives que j'avais envisagées sont des pis-aller par rapport au miracle qui s'est finalement produit.

En supposant qu'il ne rechute pas rapidement, je tire quand même de cette expérience la désagréable impression que (ma représentation du) monde est un peu moins solide qu'avant, et l'énorme frustration de ne pouvoir tirer aucune leçon pratique de cet épisode.

Publié le 18 juin 2018

Tags : Évènement Jouets

Every Day Carry en 2018

Comme en 2015 et en 2016, je vais vous parler d'Every Day Carry, c'est-à-dire du bazar que j'emporte plus ou moins tous les jours avec moi.

Je n'ai pas fait d'édition 2017, parce que ça n'avait pas tellement changé. En deux ans ça a un peu plus changé, mais moi j'ai plus changé dans la façon dont je regroupe ces objets. Je ne vais pas vous faire un bête diff (à part dans le petit encadré ci-dessous, pour ceux que ça intéresse vraiment), à la place je vais tout reprendre depuis le début, comme ça le présent article est indépendant et n'a pas besoin du tag Suite.

Ce qui a changé dans la façon dont je regroupe ces objets, c'est que je n'ai plus un sac-à-main fourre-tout et éventuellement un sac de boulot, mais les choses sont (un peu) plus modularisées. Et à force de réfléchir en module, et avec plusieurs voyages courts ces derniers mois, j'ai développé des modules pour le quotidien pas chez moi. En fait, on pourrait voir ça bêtement comme une checklist avant de partir en voyage, modulée suivant le type de voyage.

Enfin par honnêteté il me semble pertinent de préciser qu'au moment où j'écris ces lignes, ces modules sont plus des projets qu'une réalité, parce que je n'ai pas encore trouvé les conteneurs pour les utiliser comme je le décris ici.

Évolution de l'EDC

DÉBUT D'ENCADRÉ OPTIONNEL

Cet encadré est pour ceux qui ont encore en tête mon EDC version 2016 et qui veulent juste voir les différences en deux ans.

J'ai n'ai abandonné que le Leatherman Micra, parce que finalement les ciseaux du Victorinox Spirit me suffisent.

J'ai fait quelques remplacements d'objets à peu près équivalents :

  • la NomadKey a cassé et a été remplacée par un bête câble micro-USB de 15 cm,
  • le Jackknife a été remplacé par un jeu de bogota, plus petits et plus pratiques,
  • la pince à épiler a été remplacée par une autre plus à mon goût,
  • le sac plastique a été remplacé par un autre qui contient son emballage,
  • le porte-monnaie TruVirtu marron a été remplacé par un bleu, que je trouve plus joli,
  • le stylo plume Custom Heritage 92 a été remplacé par un Cocoon, moins cher pour le laisser au boulot,
  • la petite règle a été perdue et remplacée par une règle molle Maped.

Et j'ai ajouté pas mal de choses même en gardant le même périmètre que les billets passés :

  • un câble micro-USB OTG,
  • une lampe torche frontale ZebraLight,
  • quelques mètres de paracord,
  • une batterie USB,
  • un briquet Zippo avec un brûleur à gaz,
  • une oreillette Bluetooth,
  • des lunettes de soleil.

FIN D'ENCADRÉ OPTIONNEL

Module 1 : extension de moi

Photo des objets du module 1

Les objets de ce module sont ceux que je voudrais avoir à portée de main en permanence, soit pour utilité critique en cas de besoin (pas forcément fréquent), soit parce que leur valeur est colossalement réduite par la nécessiter d'aller les chercher.

Concrètement, c'est ce que je mettrais dans mes poches si j'en avais.

Quand j'ai commencé à réfléchir à ce module, je prenais l'heuristique de tous les objets que je voudrais avoir avec moi-même en allant aux toilettes, en laissant le reste est dans un endroit sûr. Du coup je me retrouvais à vouloir y mettre des serviettes hygiéniques et des lingettes, alors qu'en fait je n'ai besoin de ça tout le temps sur moi.

La lampe et la pince sont à la limite entre ce module et le module 3.

Je mets la pince ici pour toutes les situations d'urgence qui demandent un outil et qui ne permettent pas d'attendre mon sac-à-main, soit parce que l'accès est bloqué soit parce que le temps pour l'atteindre est trop long. Ces situations sont cependant un peu trop rares pour justifier pleinement le port d'un tel outil.

Mais il y a aussi toutes les situations plus banales, où l'avantage d'un outil spécialisé ne suffit pas à compenser la facilité d'un outil généraliste déjà sous la main (surtout lorsqu'il y a un risque que l'outil spécialisé ne soit pas là où on croit qu'il est). Alors que s'il faut faire de toute façon quelques pas et fouiller dans un sac pour attraper n'importe quel outil, autant prendre l'outil le plus adéquat.

Pour la lampe, la question est surtout la compétition avec le flash du téléphone, utilisé en continu comme le permet de nombreuses applications, ou avec l'écran du téléphone pour moins de puissance lumineuse. J'imagine qu'on pourrait se dire que le téléphone suffit pour les situations d'urgence et reléguer la lampe au module 3, voire se dire que le téléphone suffit tout le temps.

Cette lampe a deux avantages sur le téléphone qui justifient à mes yeux de la trimballer au quotidien, sans compter l'indépendance des batteries, qui permet d'utiliser l'un sans craindre de perdre l'autre, parce que même si j'aime bien ce point je ne le trouve pas assez important.

Le premier est la large gamme d'intensités lumineuses (sur trois ordres de grandeurs), qui lui permet d'être (un peu) plus forte que le flash de mon téléphone, ou de ne pas s'éblouir et ne pas réveiller ou déranger les gens autour.

Le deuxième est que le téléphone mobilise presque toujours une main, alors que cette lampe peut être posée sur surface plane, ou clipsée à un vêtement, ou accrochée à la tête, et avoir ainsi les deux mains disponibles pour agir sur la zone éclairée.

Cependant L'utilisation frontale ne me semble pas assez intéressante pour s'embêter à transporter le harnais dans ce module.

Module 2 : le précieux

Photo des objets du module 2

Les objets de ce module sont ceux que je garde près de moi uniquement pour leur valeur.

Par rapport au module précédent, c'est ceux que je voudrais avoir avec moi quand je vais aux toilettes et que je n'ai pas complètement confiance dans les capacités de surveillance de mon groupe. Par exemple dans un bar avec des collègues.

Au passage, il y a avec mes clefs un Tidashi, dont je n'ai encore jamais eu besoin, et que je transporte uniquement pour faire joli et me soumettre à la tentation de troller le théâtre sécuritaire des aéroports.

Suivant les conditions de transports, je suis prêt à laisser chez moi le carnet de tickets restaurant et à n'en transporter qu'un seul dans le porte-monnaie. En revanche la carte d'identité ne rentre pas dans ce format.

Je suis un peu tentée d'y mettre aussi un petit carnet de notes, parce que certaines notes sont précieuses pour moi. Ça va un peu contre mon principe qu'une information qui n'existe qu'en un seul exemplaire peut être déjà considérée comme perdue, mais quand même…

Dans ce cas, je mettrais avec un stylo bille Zebra SL-F1, parce que du papier sans rien pour écrire dessus, ça ne me satisfait pas vraiment.

Module 3 : les outils du quotidien

Photo des objets du module 3

Les objets de ce module sont à peu près le reste de mon sac-à-main fourre-tout, c'est-à-dire tout ce que je veux avoir à peu près tout le temps à ma disposition, pour faire face au quotidien.

Module 4 : le transport quotidien

Les objets de ce module sont ceux que je veux avoir à portée de main pendant mes déplacements urbains habituels, mais qui sont d'un intérêt très limité dans les environnements intérieurs privés entre lesquels je me déplace.

Il y a aussi le lecteur d'e-books qui est à la limite, parce que je ne m'en sers pas que dans les transports, mais aussi dans les autres situations où je dois temporiser, comme les queues ou les salles d'attente. Je ne sais pas si je peux compter sur le fait que ces situations sont toujours adjacentes à un transport. On pourrait par exemple imager une attente après un vestiaire dans lequel j'aurais laissé tous les objets de ce module.

Module 5 : au travail

Mon employeur me fournit tout ce qu'il faut pour travailler, comme il me semble que c'est souvent le cas dans les emplois de bureau de nos jours. Il y a cependant des objets, surtout de la papeterie, que je trouve bien plus confortables que les équivalents habituels, alors je les gère moi-même.

Photo des objets du module 5

Je suis ces jours-ci dans un environnement professionnel dans lequel j'ai plus confiance qu'en 2016, et avec plus d'espace personnel. Donc au lieu de tout transporter comme à l'époque, je ne garde avec moi plus que le Thinkpad, et je laisse le reste sur mon lieu de travail (d'où le fond différent sur la photo).

J'ai également dans un tiroir de mon bureau un certain nombre d'ustensiles alimentaires, dont la spork de LightMyFire, des baguettes de TiSurvival, le Victorinox Solo que je vous ai déjà présenté, et des contenants de Sea-To-Summit.

Module 6 : en déplacement

Les objets dans ce module sont ceux que j'utilise tous les jours chez moi, mais que je n'ai habituellement pas besoin de transporter, parce que je vis chez moi.

On est encore dans une page d'EveryDay Carry, donc il n'est pas question de faire une liste de tout ce dont je pourrais avoir besoin en vacances, mais plutôt une liste de ce que j'utilise sans y penser et qui risque donc de me manquer.

À cette liste j'ajoute aussi des objets pour les longs voyages, avec quelques explications :

Sous-module premiers soins

Photo des objets du sous-module premiers soins

J'avais écrit en 2016 que j'avais remplacé ma petite boîte à médicaments par une boîte d'Altoids, dans l'espoir d'en faire une mini trousse de premiers soins.

Voici ce qui s'y trouve ces jours-ci :

Pour l'instant rien de m'a manqué, et depuis que je transporte ça j'ai tout utilisé au moins une fois, donc c'est pas mal pour un EDC.

Je n'arrive pourtant pas à me débarrasser de l'impression que ce serait pas mal de mettre quelques trucs de plus, mais je n'arrive pas à trouver quoi. Si vous avez des suggestions, je suis toute ouïe.

Bonus : question aux photographes

J'avais fait une première série de photos pour ce billet avec l'émulation de film Velvia, et ça me plaît beaucoup moins que les équivalents Classic Chrome ci-dessus. Saurez-vous mettre des mots sur pourquoi une de ces émulations est plus jolie que l'autre ?

Conclusion

Je soupçonne qu'à ce stade j'ai perdu à peu près tout le monde en route, mais au fond ce n'est pas si grave, ce billet est autant pour moi que pour les autres.

Une fois cette joyeuse liste établie, on arrive à la question de quels conteneurs utiliser dans diverses circonstances. Ces jours-ci, j'ai à peu près les modules 1, 2, et 3 dans mon sac à main pour les trajets personnels ; entre le travail et chez moi j'ai un sac à dos (RiutBag R15) avec ledit sac à main, le module 4, et le Thinkpad du module 5 ; et pour les voyages courts je sors le sac à main du sac à dos et j'y mets le module 6 à la place.

Mais comme dit, j'aimerais bien avoir le module 1, et peut-être le 2, plus proche de moi, et je cherche encore quelle combinaison de sacs ou de poches peut me permettre d'y arriver.

Si dans tout ce tas de trucs il y a des objets qui vous intriguent, ou sur lesquels vous voudriez mon avis un peu plus détaillé, n'hésitez pas à le demander et je leur ferai un billet.

Publié le 30 mai 2018

Tags : Jouets

Internet et moi, au fil du temps

Au cas où des voyageurs venus du futur tomberaient sur ces lignes, je vais commencer par rappeler un peu de contexte historique : après le scandale Cambridge Analytica, des gens commencent à prendre vaguement conscience de problématiques de vie privée par rapport à Facebook, et il y a des appels à abandonner la plateforme (chose que je ne peux pas faire, faute de compte), dont les effets vus d'ici sont plutôt mitigés.

Dans ce contexte, je suis tombée sur une tribune intitulée Pourquoi je ne quitte pas (encore) Facebook, qui met des mots sur une intuition que j'avais sur l'évolution d'internet et de son utilisation depuis le début du siècle.

Toutes ces idées très intéressantes ont opportunément rencontré une introspection que je mène ces derniers temps sur le fait que beaucoup de gens se plaignent de la quantité d'informations à laquelle ils sont confrontés, alors que c'est un sentiment que je ne vis pas du tout.

Du choc de ces deux flux d'idées naît le présent billet, un peu brut, que j'aimerais bien confronter à votre vécu.

L'Ancien Monde contre le Nouveau Monde

En fait ce qui m'a le plus marquée dans cette tribune, c'est l'idée du « passage de l'Internet de la visite à celui de la notification ».

Moi aussi, je garde un souvenir ému des pages personnelles, de ces dossiers de « marque-pages » de gens qui écrivent des trucs intéressants, qu'on visite régulièrement, et des liens humains qui se créent comme ça.

Il n'aura probablement pas échappé à votre sagacité que la page que vous êtes en train de lire appartient à un site qui est exactement ça, à l'instar de son auteure, dinosaure rescapé d'une époque révolue et qui n'a pas encore remarqué qu'il est plus-que-temps de disparaître.

Sauf qu'en fait non, la période des marque-pages est surtout le résultat de ma propre incompétence (de novice), et cette époque empreinte de nostalgie contenait en vrai des flux RSS, qui apportaient déjà de la notification. Comme le disait si bien Willian Gibson, le futur est déjà là, il n'est simplement pas réparti équitablement.

Mais alors, qu'est-ce qu'il y a comme différence entre un lecteur de flux RSS et la newsfeed de Facebook ?

Comment voulez-vous que je le sache, depuis le temps que j'ai quitté ce site !

En revanche, je connais Twitter, j'y ai un compte. Je me souviens qu'un des arguments qui m'avait poussée à m'inscrire, c'était justement un ami qui le présentait comme une version améliorée du lecteur de flux. Et améliorée justement par le tri que font certaines personnes, de sorte qu'en suivant des gens avec qui on a des intérêts communs, on peut compter sur eux pour ne faire passer que les éléments les plus intéressants de ce qu'eux-mêmes voient.

De ce que je comprends de Facebook, c'est l'étape suivante dans l'évolution du lecteur basique qui affiche tout au lecteur amélioré par une sélection humaine, en étant un lecteur amélioré par une sélection automatique.

Dit comme ça, ça n'a pas l'air si méchant que ça. Probablement parce que cette description, c'est encore l'Ancien Monde, en ne changeant que les technologies. Elle passe à côté de l'essentiel du changement, qui est plus au niveau de l'utilisation des technologies que des technologies elles-mêmes.

Le contenu contre le contenant

J'ai l'impression que le plus gros changement n'est pas tant la façon dont l'information arrive aux gens, mais la nature de cette information.

À l'époque des pages personnelles, les contraintes techniques faisaient que le contenu était surtout des gros morceaux de texte, éventuellement agrémenté de quelques images.

En plus de réclamer une certaine affinité technique, ça imposait une démarche que je qualifierais volontiers d'« épistolaire ». C'est un écrit relativement long, structuré, et réfléchi. C'est la version individuelle de ce que j'adorerais trouver dans la presse.

Aujourd'hui, il y a une certaine démocratisation, et je pense sincèrement que c'est une bonne chose. Relâcher le filtre de la technique fait fatalement diminuer le niveau moyen, mais c'est quand même une bonne chose, parce que « niveau moyen » est un niveau sur une échelle subjective, et la diversité n'est mauvaise que pour les intolérants ou lorsque la sélection est trop difficile.

Ce que je vois d'un moins bon œil, c'est l'accélération. Les textes sont plus courts, moins construits, et surtout moins réfléchis. Je ne suis pas sûre qu'il y ait plus d'opinion qu'avant, mais en passant du développement à l'éructation, on est passé de la possibilité de convaincre ou au moins faire réfléchir à l'injonction de prendre parti dans un sens ou dans l'autre.

Je veux bien qu'on ouvre la gamme des communications électroniques aux émotions, mais je pense qu'il faudrait quand même se demander quel est le but de ces communications, que ce soit pour l'émetteur ou le récepteur.

Si je suis prête à recevoir et étudier les idées de n'importe quel humain (ou non-humain, d'ailleurs), je me contrefous joyeusement des émotions de milliards d'humains, et je ne tiens pas à leur soumettre les miennes.

Je me rends bien compte que je ne suis probablement pas représentative, en cherchant de la profondeur dans toutes mes relations humaines, mais j'ai quand même l'impression que le Nouveau Monde est majoritairement constitué de l'exploitation commerciale d'éléments comportementaux induits à outrance.

Vu d'ici, c'est tellement gros que je me dis que ce n'est pas possible que ce soit aussi simple, et pourtant ça a l'air de marcher. Si les notifications intrusives et émotionnellement chargées provoquent bien la décharge de dopamine dont j'ai plusieurs fois entendu parler (mais qui n'a pas l'air de marcher sur moi), Facebook et Twitter et les autres ont un comportement logique d'exploitation non-durable de leurs ressources pour faire payer les annonceurs.

Et là en fait que se trouve la différence majeure entre le lecteur de flux amélioré par sélection humaine et celui amélioré par sélection automatique : on peut comprendre l'humain qui fait la sélection lorsqu'on le choisit, et indirectement contrôler le filtrage que l'on se donne pour son propre intérêt, alors que le filtrage automatique est contrôlé par un marchand de pub' pour son intérêt à lui.

C'est pour ça que ce n'est pas sans inquiétude que je vois Twitter vouloir prendre le chemin de Facebook, que j'espère que la vague Mastodon ne m'atteindra pas trop tard.

L'enclave du passé

Les forces en présence étant posées, je vais essayer de vous décrire mon Ancien Monde, tel qu'il est en 2018. J'en ferai peut-être une version raffinée dans un article de natologie un de ces jours.

En général, j'agis par défaut de la façon dont j'aimerais bien voir les autres agir, et en l'occurrence le présent site est exactement ce que j'adorerais retrouver chez les autres.

Comme je l'ai expliqué plusieurs fois, dans ce site je colle bout-à-bout deux choses très différentes : des nouvelles personnelles, dans le présent weblog ; et des pages qui peuvent éventuellement avoir un intérêt pour elles-mêmes, dans tout le reste du site.

Ces deux sections visent deux objectifs différents, et c'est pour ça que je propose des flux ATOM pour chacune d'entre elles indépendamment.

Les nouvelles personnelles servent à transmettre des émotions, et ma petite vie à moi, et n'a pas d'autre ambition que de maintenir un lien humain déjà existant ou naissant. Ces pages sont là pour les gens qui s'intéressent à moi en tant que personne, et qui voudraient maintenir un contact humain malgré les kilomètres ou l'emploi du temps.

Le reste du site sert à transmettre des idées, ou d'autres choses qui peuvent intéresser des gens qui ne me connaissent pas du tout et n'ont a priori que faire de mon sort.

Je présente ça parce que j'ai les deux, mais c'est un choix personnel, et je ne tiendrais rigueur à personne de n'avoir une présence numérique que sur un seul des deux aspects.

Mon utilisation de Twitter est (pour l'instant) le symétrique en réception de ce qu'est mon site en émission : je suis les comptes de ma famille et d'amis, dont le sort me touche personnellement, et des comptes de gens qui parlent de sujet qui m'intéressent.

J'avais envie de prendre mon lecteur de flux pour faire le symétrique, mais je sens que j'aurais été très déçue de pouvoir compter sur mes doigts les blogs d'amis encore mis à jour et avoir l'autre main encore libre pour taper.

Le problème de Twitter, c'est que contrairement au présent site, il n'y a pas généralement pas de séparation entre le personnel et les idées. Je pense que le plus flagrant ces jours-ci est Maître Eolas, dont j'apprécie énormément la vulgarisation sur son blog, mais sa chute en vélo m'indiffère autant que n'importe quel autre fait divers routier.

Ces derniers temps, avec les ambitions de filtrage de Twitter, et la toxicité de la plateforme qui plane au-dessus de mon utilisation comme une épée de Damoclès, j'ai commencé à envisager son abandon, et donc compter le temps que je perds passe dessus et où trouver ce que j'y trouve.

Je dois reconnaître qu'il y a une bonne quantité d'édification personnelle ces dernières années que je dois à des retweets « hors sujet ». Je ne saurais pas trop donner d'exemples, parce que toutes ces évolutions ont été assimilées au point de faire partie de moi, et je ne sais plus retrouver l'avant ou la transition. Mais en dehors de liens partagés par IRC ou par Twitter, je ne trouve sur internet à peu près que ce que je cherche, ce qui n'est pas propice à la découverte de nouveaux concepts.

C'est pour ça que je n'ai aucune envie de retourner sur Facebook et que je suis prête à lâcher Twitter au moment où ils introduisent du filtrage algorithmique : pour les raisons mercantiles évoquées, ce filtrage va chercher une réaction binaire, et je vais me retrouver dans un bulle coupée de nouveaux concepts.

Et la quantité de données ?

DÉBUT D'ENCADRÉ OPTIONEL

Avec tout ça, je n'ai pas expliqué pourquoi je n'ai pas l'impression d'être submergée d'informations, mais je n'ai pas les idées très claires sur cette question.

J'imagine qu'on pourrait se dire que Mme Golovina aurait une intelligence suffisante pour gérer plus d'informations que la plupart des gens, mais ça ne me convainc pas vraiment parce que le système des réseaux sociaux ressemble à une boucle d'auto-amplification et submergerait n'importe quelles capacités pour peu qu'on soit susceptible à cet effet.

Je regarderais plutôt du coûté de mon insensibilité à cette prétendue décharge de dopamine à chaque notification.

Ou alors le fait que je n'utilise pas de notifications au sens habituel, j'utilise les réseaux sociaux comme un canal IRC ou un lecteur de flux, je prends l'initiative de chercher les mises à jour quand je le veux, et il n'y a rien qui vienne me chercher comme un SMS ou un hilight sur IRC.

Ou peut-être parce que cette utilisation rend plus évident le budget temporel dédié aux réseaux sociaux, et invite naturellement à dimensionner les comptes suivis pour tenir dans ce budget.

FIN D'ENCADRÉ OPTIONEL

Que faire maintenant ?

Malheureusement, avec tous ces efforts pour ne pas jouer le jeu de Facebook, je me trouve à me couper des gens (dont je voudrais vraiment avoir des nouvelles) qui ne communiquent que par cette plateforme. Je ne sais pas combien de temps je fais résister à cette tentation.

Est-ce qu'il y a un moyen de se développer personnellement sans les articles fortuitement rencontrés par Twitter ? Je sais que je rate beaucoup de choses dans les essais et les livres « non-fiction », mais un seul de ces livres sur un concept auquel je n'accrocherais pas représente des semaines de mon utilisation actuelle de Twitter…

Et avec tout ça, je suis restée au stade textuel du web 0.8, et il y a tout un monde de podcasts et de vidéos que je rate complètement parce que je supporte moins en moins firefox et que je me retranche dans w3m.

Et à chaque fois que je regarde avec tristesse mon lecteur de flux RSS, je me demande à quel moment ce sera à mon tour de mettre la clef sous la porte. Est-ce que le présent site apporte quelque chose à qui que ce soit ? Est-ce que ça a vraiment un sens de passer des heures à concevoir un article comme celui-ci au lieu de simplement twitter un gif de chien en train de péter ?

Publié le 30 avril 2018

Tags : Autoexploration Réflexion Société Vision atypique

Requiescat

Hier, mon téléphone portable Kyocera Torque KC-S701 est soudainement devenu inutilisable. Je vais vous raconter dans ce billet les symptômes du mal qui le ronge, puis les détails techniques de ce que j'ai essayé de faire pour arranger ça, et enfin les différents avenirs que j'envisage si je n'arrive pas à le refaire fonctionner.

Le point faible de Dormammu

Je ne vais pas vous divulgâcher le film Doctor Strange, mais j'imagine que ceux qui s'en souviennent comprendront le parallèle.

Depuis plusieurs mois, ce téléphone prétendument intelligent redémarre spontanément de temps en temps, sans que je trouve quoi que ce soit à corréler à ce comportement. Évidemment, la pauvreté des logs et les cachoteries de l'interface qui se croit user-friendly n'aident pas vraiment.

Jusqu'à hier, ça n'avait pas plus de conséquence que l'exaspération d'un outil qui ne se laisse pas assimiler et la consommation monstrueuse de batterie lorsqu'il plante le soir et qu'il passe toute la nuit à demander la passphrase avec l'écran éclairé au maximum.

Je ne sais pas exactement ce qui a changé en ce vendredi 30 mars, mais vers 16h, presque immédiatement après un redémarrage, il a redémarré encore. Et puis encore. Et encore. Jusqu'à ce que je profite des quelques dizaines de secondes d'utilisabilité pour l'éteindre complètement.

Bref, il est techniquement mort. Je n'ai pas essayé de seulement attendre qu'il revienne à la vie spontanément, mais ce serait une mauvaise blague.

Au bloc opératoire

Le régime sec

J'ai essayé de le laisser reposer, des fois qu'il change d'avis, ou qu'il refroidisse.

J'ai coupé le wifi, les données mobiles, et puis j'ai même mis le mode « avion ».

J'ai trouvé un SafeMode en maintenant appuyé le bouton de diminution du volume pendant tout le démarrage.

J'ai supprimé ou désactivé toutes les applications qui pouvaient l'être.

Rien de tout ça n'a eu le moindre effet visible.

Vendredi soir, après avoir seulement coupé le wifi et les données mobiles, il semblait tenir le coup. Je ne sais pas exactement à quel moment de la nuit il est reparti en crashloop, mais aujourd'hui, couper wifi, données, ou même toute émission radio, n'a pas aidé.

Les étrangetés sécuritaires

J'ai assez tôt voulu revenir à une image logicielle de confiance.

Je veux dire par là que c'est un Android version 4.4.2, c'est-à-dire antédiluvienne et dont les trous de sécurités évoquent plus la passoire que le coffre-fort. Donc je ne serais pas surprise qu'une publicité malheureuse m'ait refilé la chtouille, surtout avec l'idée malheureuse d'installer un jeu évidemment financé par l'exécution de code arbitraire la pub'.

Donc pour vérifier que le souci n'est pas logiciel, le truc évident c'est un Factory reset.

Il m'a fallu pas mal de temps pour sauvegarder tout ce qui m'intéressait sur ce téléphone, par tranches d'une vingtaine de seconde entre deux redémarrages.

Et puis une fois dans le menu du Factory reset, après avoir confirmé que je suis bien sûre de vouloir tout arracher, j'appuie sur le bouton final. Il devient vert quand je pose le doigt, et il redevient blanc quand je relève le doigt. Et rien d'autre ne se passe. Je réappuie, encore, encore et encore. Toujours rien.

Encore plus tôt, j'avais essayé d'enlever le chiffrage du disque, pour ne plus être obligée de rentrer la phrase de passe à chaque redémarrage. J'ai été un peu étonnée que dans le menu Decrypt, après les confirmations habituelles le bouton final soit Encrypt my phone. Mais pareil, aucun effet. J'avais attribué ça au fait qu'il soit encore tôt dans le démarrage, et peut-être que tout n'est pas encore prêt. Mais là, la similarité est suspecte.

Dans l'opération nettoyage de toutes les applications, j'ai voulu désinstaller des applications qui avaient des droits spéciaux d'administration. Ce sont des applications que j'ai installées volontairement et je leur avais donné ces droits en connaissance de cause. Mais là, au moment de retirer les droits pour pouvoir les déinstaller, le bouton pour ce faire n'a pas d'effet non plus.

Ça commence à faire beaucoup de bizarreries similaires, mais je ne sais pas trop quoi en conclure.

Sondages

Après m'être battue avec les dépendances, j'ai installé adb, qui permet de voir les entrailles de l'androïde.

Ça permet aussi d'installer une nouvelle image, donc de faire un Factory reset, sauf qu'il faut avoir ladite image, et que manifestement Kyocera n'est pas assez populaire pour que ça se trouve facilement.

J'ai quand même trouvé des logs qui vont directement jusqu'à l'ordinateur jusqu'au moment du crash. Il se passe des tonnes de trucs, mais la fréquence du problème permet de limiter à 4 lignes communes à tous les plantages :

W/chromium( 2730): [WARNING:simple_index_file.cc(305)] Could not map Simple Index file.
I/chromium( 2730): [INFO:simple_index_file.cc(397)] Simple Cache Index is being restored from disk.
I/BgTaskExecutorImpl( 2854): Starting PERIODIC background task content_store_delete_expired_content.
W/SearchService( 2854): Abort, client detached.

Je n'ai aucune idée de ce qu'on peut en faire. La rareté de tout ça dans les résultats des moteurs de recherche ne me donne pas vraiment beaucoup d'espoir…

Et maintenant ?

Sauf miracle pascal ou solution inattendue, il va se poser la question de comment réagir à cette panne.

Pour la plupart des objets que je considère comme particulièrement importants dans ma vie, je garde des remplacements prêts à être mis en service immédiatement.

Il n'est d'ailleurs pas si rare que je le regrette, lorsque l'objet est remplacé ou plus si important, j'ai une très désagréable impression de gaspillage devant ce double encore neuf.

Pour le téléphone, je n'ai pas de rechange, à la fois parce que c'est un objet cher, que le remplacement n'est pas immédiat à moins de lutter sérieusement, et qu'il résiste à l'assimilation.

Donc si je suis difficilement joignable dans les jours qui viennent, c'est à cause de ça.

Pour revenir à une situation confortable, je vois à peu près trois catégories de futurs.

Le statu quo

Je pourrais me racheter un ordiphone androïde, de préférence blindé, histoire qu'il périsse à nouveau pour raison logicielle stupide au lieu de faire comme tout le monde avec une chute ou une infiltration d'eau.

C'est ce qui risque fort d'arriver aussi si mon Kyocera s'en remet, d'ailleurs.

Pour regarder de plus près cette possibilité, afin de la comparer aux autres, j'utilise cet objet principalement pour :

Il y a aussi parfois un jeu pour m'occuper l'esprit quand je n'ai rien de mieux à ma portée (par exemple aux toilettes).

Le problème du statu quo, c'est la situation présente, qui a tout loisir de se reproduire. Et une alternative plus assimilable serait bienvenue.

Une subtile variante du statu quo, ce serait de laisser tomber l'idée du téléphone et prendre à la place une tablette. Cette possibilité existe principalement parce que j'ai déjà une tablette qui n'a pas beaucoup d'utilisation, et qu'en fait il n'y a pas tant de différence que ça.

J'utilise une oreillette bluetooth pour les appels vocaux, parce que les boucles d'oreilles qui cognent dans le téléphone sont très désagréables pour moi, et probablement encore plus pour mon interlocuteur.

Avec la Pebble qui permet de servir d'écran pour le routage, j'ai l'impression qu'une grande majorité des situations où la taille de la tablette est pénible sont évitées.

Le téléphone idiot

Je me souviens encore de l'époque où je transportais un téléphone idiot et un GPS, et honnêtement ce n'est pas complètement mieux, mais pas vraiment complètement moins bien non plus.

Il s'agit donc d'utiliser un téléphone idiot et blindé pour les communications d'urgence, un GPS Garmin. C'est super pour les urgences, mais les interfaces sont quand même assez pénibles. Malgré ma détestation des écrans tactiles, je dois bien concéder que ces interfaces non-tactiles sont moins confortables.

Sans compter qu'en plus, c'est nettement plus encombrant, même sans compter l'androïde de confort hors-urgence que j'avais en plus en 2015.

Je suis authentiquement tiraillée entre le confort de transport et d'utilisation de l'androïde blindé à tout faire, et la robustesse, l'assimilabilité, et la fiabilité des appareils idiots séparés.

J'ai vu que le Samsung GT-B2710 prétend avoir un GPS et un navigateur. Je me doute bien que la navigation en 320×240 ne doit pas être terrible, mais pour le genre d'internet de secours dont j'ai besoin ça devrait suffire ; par contre je ne sais si le GPS peut être couplé avec des cartes pré-téléchargées et si le routage est décent et pas trop pénible à utiliser.

Ça fait beaucoup d'inconnues, mais j'aime bien la direction que prend cette réflexion, parce qu'il y aurait tout ce dont j'ai besoin (sauf les notifications) dans un téléphone encore moins encombrant (et probablement plus résistant) qu'un clone d'iPhone.

J'en suis à me dire que ce qui serait génial, ce serait de récupérer un téléphone comme ça, ou peut-être un de ses successeurs, en espérant aucune avarie comme d'autres ont pu rencontrer, et se faire soi-même un firmware aux petits oignions. Je rêve sans doute, mais j'adorerais un téléphone comme ça, en barre robuste et étanche, avec un soft hackable pour converger vers une interface à mon goût.

Et finalement, ce téléphone n'aurait même pas besoin d'être idiot, il pourrait y avoir un SoC sympa dedans, avec un vrai OS civilisé.

Off-grid

Une autre série de possibilités est de profiter du changement pour changer sérieusement.

Je trouve que cette société de surveillance pue un peu, et prend une direction dont je ne suis pas fan du tout.

Au lieu de m'attrister de la perte des notifications sur ma montre connectée, c'est peut-être moi qui devrais déconnecter ?

Je ne vois pas trop comment construire ma vie actuelle comme ça, je suppose qu'il faudra casser pas mal de choses, mais ça va rester quelque part dans ma tête, avec l'idée de la maisonnette isolée dans la montagne.

Miracle pascal (ajout du 3 avril 2018)

J'ai peut-être été un peu trop pessimiste en écrivant les lignes ci-dessus, car finalement la situation a pu être résolue.

Comme je l'avais écrit, logs transmis par adb font mention de content_store_delete_expired_content, qui laisse penser que quelque chose se passe mal dans l'élimination de quelque chose de périmé. Les logs sont tellement copieux que le vrai problème pouvait apparaître des centaines de lignes avant ça, mais désespérée comme j'étais ça ne coûtait rien de suivre cette piste.

Comme l'appareil était complètement coupé de toute source de données, il m'a suffi de configurer manuellement une date dans le passé, par exemple Mardi Gras, pour voir si ça élimine la péremption problématique.

Et effectivement, ça a instantanément et durablement stabilisé le téléphone. J'ai pu constater que toutes les fonctions de sécurité fonctionnaient à nouveau correctement, sauf le déchiffrement du stockage (qui bloque plus loin) et le factory reset (que je n'ai pas essayé en raison de son caractère irréversible).

Et puis finalement, j'ai quand même lancé le factory reset, puis tout réinstallé, et depuis il n'y a absolument aucun problème. L'appareil est comme neuf (en dehors des senseurs qui ont cassé au fil du temps).

Le statu quo est donc rétabli.

Ou presque : cet épisode m'a rappelé les défauts d'Android, et j'en ressors avec une très grosse envie d'autre chose, alimentée par toutes mes réflexions sur par quoi remplacer mon androïde défaillant.

Concrètement, aujourd'hui, le téléphone de mes rêves, c'est quelque chose ressemble physiquement au Samsung GT-B2100 que je possède déjà (ou au GT-B2710 déjà évoqué), avec voix et SMS comme on peut s'y attendre, un navigateur basique, un GPS et de quoi faire de la navigation (par exemple quelque chose comme GpsMid), de quoi envoyer les notifications sur ma montre connectée, et si je pouvais avoir une cerise sur ce gâteau, la possibilité d'y coller un clavier bluetooth.

Dit comme ça, j'ai un peu l'impression que le GT-B2710 est quand même très proche de ce rêve.

Il paraît que GpsMid marchotte dessus, mais les commentaires sont juste assez inquiétants pour se demander si c'est du proof of concept ou si c'est utilisable concrètement.

De la même façon, avec son support matériel du Bluetooth 2.1, et les code de GadgetBrdige et du projet Rebble, il devrait être possible d'écrire une application J2ME qui fait ce qu'il me faut avec ma Pebble.

Ça fait beaucoup de trucs qui sont limites, ça fait plutôt cher (en euros aussi bien qu'en temps) pour essayer, au risque que tout ait été fait pour rien si un seul truc échoue. Sans compter que ce n'est pas très futureproof tout ça…

Donc je suis tiraillée entre la possibilité d'un appareil beaucoup plus à mon goût qu'un androïde, et le pari déraisonnable sur le GT-B2710 pour ce rôle.

Je suis quand même perplexe devant mon impression d'être obligée de remonter aussi loin dans le temps pour trouver satisfaction. J'imagine bien que la fonction GPS n'est pas super-prioritaire dans un téléphone « idiot » (feature phone), mais le blindage a l'air sensiblement plus courant, et je ne comprends pas qu'il n'y ait pas d'autre feature phone « de chantier » avec GPS.

Je me demande si la vague rétro (gnere Nokia) de ces derniers temps va faire émerger un modèle qui me plaît, ou si ma patience sera mise à moins rude épreuve avec du J2ME.

Publié le 31 mars 2018

Tags : Évènement Jouets

Madeleine d'hiver

Il faudra un jour que je me renseigne sérieusement sur cette histoire de madeleine de Proust, pour éviter de me ridiculiser en balançant cette référence à mauvais escient.

Ceux qui suivent vaguement l'actualité récente en France n'ont sans doute pas raté l'apocalypse parisienne causée par trois pauv' flocons de neige qui n'ont pas fondu immédiatement en arrivant au sol.

Je suis sans doute injustement moqueuse, parce que j'ai l'impression d'avoir grandi avec de la neige tous les hivers. C'est même presque ma définition de l'hiver, la présence de neige qui tient ; parce que le froid seul n'est pas rare dans ma conception de l'automne et du printemps.

J'ai l'impression que dans mon enfance, il y avait presque chaque année au moins trois quatre semaines de manteau neigeux sur la campagne de mon enfance. Ce n'a pas été le cas depuis de nombreuses années ; je ne sais pas si c'est dû au réchauffement climatique ou à l'embellissement des souvenirs lointains. Et je ne suis pas sûre de vouloir le savoir, ces souvenirs me plaisent bien comme ils sont, et pour une fois je préfère les préserver plutôt qu'avoir la vérité.

Donc mardi dernier, j'ai trouvé mon décor urbain habituel de banlieue sous une jolie couche blanche, comme au premier jour de ces trois quatre semaines de mon enfance. Et ça faisait super longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Et ça m'a fait plaisir, comme retrouver un plat que j'aime bien (mais sans plus) après très longtemps sans y avoir pensé. Je crois que le coup de la madeleine, ce n'est pas tout à fait ça.

Au moins ça m'a donné un sourire plutôt rare ces jours-ci.

Pour donner une idée quantitative, quand j'ai marché mardi soir il devait y avait peut-être deux centimètres de neige sur les trottoirs intouchés, et cinq centimètres sur le toit des voitures.

De façon complètement indépendante, ce mardi-là j'ai oublié mon lecteur de musique, donc pendant mon retour du boulot je n'avais rien d'autre pour m'occuper l'esprit que regarder autour de moi, en moi, et réfléchir à tout ça. Le lendemain matin, pas de transports en commun, donc aller au boulot à pied, et comme je n'avais jamais fait ce chemin dans ce sens, pas de distraction non plus.

Ça fait beaucoup de temps avec l'esprit en roue libre, ces treize kilomètres de marche sur trottoir glissant. Il n'a pas de raison que je sois la seule à en souffrir, donc voici un condensé de ces observations et ces réflexions.

Les différentes méthodes de déneigement

J'ai l'impression qu'il y aurait des choses intéressantes à en conclure, mais ça m'échappe un peu ces jours ci.

J'ai été frappée par les différences de déneigement des trottoirs suivant les bâtiments qui les bordent. Entre les institutions où il y a manifestement une procédure, qui est exécutée avec plus ou moins d'efficacité ; les commercent qui se donnent du mal parce qu'ils ont conscience que la clientèle va bien le voir ; le déneigement involontaire par la mauvaise isolation ; les mesures ridicules, comme verser du sel sur cinq centimètres de neige fraîche, elle-même sur cinq centimètres de neige piétinée ; etc.

Boîtes à roues en métal

Je reconnais un certain plaisir sadique à voir les voitures lutter en vain contre une quantité de neige qui me semble dérisoire. En particulier une grosse voiture au milieu d'une montée relativement dégagée, qui s'acharnait à faire tourner ses roues arrières sans adhérence comme si tourner plus vite allait arranger quelque chose.

Ce plaisir fut de courte durée, supplanté par la pitié envers le kilomètre de gens coincés derrière cette unique voiture.

Mais finalement est-ce réellement du sadisme ?

Je n'emploie pas les mots « voitures » et « gens » juste pour la figure de style, cette espèce de sadisme est en fait la remise en perspective de l'arrogance et des préoccupations dérisoires de la technique humaine. Comme le colosse d'Ozymandias.

C'est un sentiment très différent de celui que je ressens envers les conducteurs qui revendiquent ouvertement leur égoïsme et leur mépris du code de la route et des autres usagers, et qui subissent un retour de karma. Celui-ci est bien envers l'humain au volant et non envers la voiture.

Et je me souviens d'un carrefour mardi dans lequel ces trois émotions ce sont mélangées, ça fait bizarre.

Le reste de la semaine a été très léger en circulation, et comme souvent c'est quand le bruit s'arrête qu'on se rend compte à quel point c'est mieux sans.

Un pied devant l'autre

C'est gentil les voitures, mais ça ne bouge pas des masses, et rouler est un mouvement tellement simple par rapport à la marche bipède.

Je me suis parfois dit que cette prétendue enfance avec la neige m'a appris à gérer la faible adhérence, juste avant de m'étaler pathétiquement, pour avoir eu l'arrogance de croire déroger à un axiome fondamental de l'univers. Donc je vais plutôt chercher des données objectives et factuelles avant de conclure.

Déjà, sur les treize kilomètres dont je parle (ni sur l'ensemble de l'année en cours) je ne suis pas tombée une seule fois. Même pas de rattrapage, et par là je veux dire que mes déplacements ont été réalisés uniquement grâce à des contacts entre mes semelles et le sol, et à des effets inertiels.

Et sur tous ces kilomètres, seulement quatre glissades, dans le sens d'aucun point de contact avec le sol qui soit immobile par rapport à celui-ci. Je précise, parce qu'il y a eu peut-être des milliers de glissements partiels, la plupart concernant le pied arrière quand presque tout le poids est sur le pied avant, et je n'y vois rien de particulièrement indésirable, car je garde le contrôle complet de mon mouvement.

J'ai ma démarche habituelle, quand le sol a une bonne adhérence ; et j'ai une autre démarche, qui vise clairement à réduire les efforts tangentiels sur le sol. J'ai découvert lors de cet épisode qu'en fait je sors automatiquement une démarche intermédiaire entre ces deux extrêmes, suivant une estimation de l'adhérence courante.

Je n'ai pas du tout conscience de comment est déterminée cette estimation de l'adhérence courante. J'ai l'impression qu'une grande partie est kinesthésique, en cherchant la limite de glissement sur le pied arrière lorsque le poids est sur le pied avant, et supposer que l'adhérence sera à peu près la même au poids suivant. Mais en même temps, il y a clairement des informations visuelles qui sont prises en compte, au moins pour anticiper les changements de surface ou de pente.

Je n'ai pas du tout conscience non plus des mouvements exacts qui sont mis en œuvre, je m'observe les faire, mais c'est un automatisme moteur hors du champ conscient.

Cet automatisme implique les deux jambes en même temps, je ne semble pas avoir de contrôle individuel de la démarche sur chaque jambe. En particulier, lorsque l'adhérence est très différente entre les deux côtés (par exemple parce que l'isolation du bâtiment à côté est assez mauvaise pour fondre complètement la neige sous un pied, mais assez bonne pour que le chemin de l'autre pied soit très glissant), je n'arrive pas à trouver une bonne démarche, et c'est aussi inconfortable qu'essayer de marcher avec les deux pieds à une hauteur différente.

Ziiip

Un autre automatisme intéressant est celui de la glissade.

Il n'y en a pas eu beaucoup, donc je n'ai pas tellement pu observer, mais je suis impressionnée par la complexité et l'adaptabilité de ces mouvements pour arriver à un résultat pas trop mauvais en un temps de traitement si réduit.

J'ai l'impression qu'en substance, il s'agit surtout de ramener le centre de masse à la verticale des appuis, en rigidifiant la posture et en utilisant les bras pour jouer sur la conservation du moment cinétique.

Ce qui m'interpelle, c'est que je soupçonne que ces mouvements pour rattraper le glissement sont incompatibles avec les mouvements pour initier une des roulades tant vantées par les arts martiaux.

J'ai l'intuition que c'est même pire que ça, dans le sens où la décision de partir en rattrapage ou en roulade me donne l'impression de devoir être prise très tôt, et donc sans vraiment pouvoir estimer les chances de réussite d'un rattrapage.

Mon sac à dos est rempli de choses précieuses affectivement, logistiquement et (un peu) économiquement. Du coup, je n'ai pas tellement de risquer d'abîmer tout ça si mon intégrité physique n'est pas en jeu.

Comme ce sont des automatismes, je n'ai pas vraiment le choix de ce qui sort quand la situation se présente, mais j'imagine qu'un entraînement permettrait d'influer ce qui sort dans telle ou telle circonstance.

Cela dit, je ne suis encore jamais partie en roulade par automatisme, ça a toujours été une impulsion consciente. Je me demande même si cet automatisme existe chez moi, ce qui reviendrait à être câblée pour privilégier le sac à dos au détriment des bras ou du coccyx, ce qui n'a pas l'air génial non plus.

Conclusion

C'est bien gentil d'observer tout ça chez moi, mais j'imagine que je ne suis pas exceptionnelle. Je me demande même si en fait, tout ce que je décris là, fait juste partie de la bipédie humaine peu importe la quantité de neige ou de terrains glissants rencontrés dans l'enfance. Qu'en pensez-vous ?

Sentez-vous aussi votre démarche s'adapter comme ça aux caractéristiques du terrain piétiné ?

Avez-vous aussi ce genre d'automatismes ? Ou d'autres qui ne reflèterait pas tout à fait les compromis que vous feriez consciemment ?

Est-ce que je vous fais ch*er avec mes conclusions en forme de questions destinées à susciter l'engagement et à donner une chaleur personnelle à mon texte ? Avez-vous une meilleure idée ?

Publié le 13 février 2018

Tags : Autoexploration Évènement

Comme une colonne de sel

J'ai l'impression que ces derniers temps à chaque fois que j'essaye de faire une référence biblique, ça se finit en grand moment de solitude, donc pour changer je vais commencer par le moment de solitude. Le titre est bien une référence biblique, la Genèse, chapitre 19, versets 17 à 26, qui vante les bienfaits des rétrospectives et des bilans.

J'avais hésité à faire à la place une référence à Janus, mais en réalité dans ce billet je ne vais regarder que vers l'arrière, donc ce n'est pas si approprié que ça, en plus d'être peu accessible.

Bilan blogesque

Il y a moult années, à une époque où je suivais pas mal de blogs et où ils n'étaient pas encore rendus hasbeen par les réseaux sociaux et les plateformes vidéo, il semblait de coutume de profiter du changement d'année pour faire des stats et publier des tendances.

Par exemple, je pourrais dire que la page la plus chargée est l'avis sur mon téléphone Kyocera Torque, suivie par mes réflexions sur le fait que je veux toujours avoir raison. Et que, coïncidemment, sur le peu de recherches encore dévoilées par les navigateurs dans le referrer, ce sont surtout des requêtes en rapport avec ces deux pages et avec je suis nulle (qui n'a pourtant par tellement de hits).

Ça ne fait pas très « 2017 » tout ça…

Je ne fais habituellement pas ce genre de bilan, parce que ça ne m'intéresse pas, mais si vous en voulez, je peux sortir ça en dix minutes, donc y a pas de problème, il suffit de demander dans les commentaires.

Bilan personnel

Bon, mais si le bilan bloguesque ne m'intéresse pas, pourquoi est-ce que je me suis mise à écrire ce billet ?

Je ne suis pas du genre à regarder vers l'arrière (il y a bien assez de soufre et de feu vers l'avant), parce qu'en général j'arrive à trouver le temps de tirer au fur et à mesure les leçons de ce qui m'arrive.

Je ne me retrouve jamais « la tête dans le guidon » au point de perdre de vue le contexte général de ce que je fais, et du coup je n'ai pas besoin de prendre des moments plus ou moins arbitrairement choisis dans le calendrier pour faire cette prise de recul.

Cependant, sans se forcer à choisir des moments arbitraires dans le calendrier, il y a certaines choses qui reviennent chaque année à la même période.

Par exemple, je vois rarement ma fratrie et mes parents en dehors des fêtes de fin d'année. Du coup en les retrouvant, pour raccrocher les wagons, je me remémore la situation de l'année précédente. Je me retrouve ainsi à comparer indirectement Moi-d'Il-Y-A-Un-an et Moi-Maintenant.

Fin 2016, lorsque la conversation tournait sur mon absence de permis de conduire, je m'imaginais déjà en train de faire les démarches pour y remédier. Je savais que ce ne serait pas facile, peut-être impossible sans quelques coups de pouce extérieurs, mais je comptais sur mon réseau pour m'y faire parvenir.

Alors que maintenant, je classe plutôt le permis de conduire parmi les trucs réalistes qui n'arrivent qu'aux autres, comme le brevet de pilote d'hélicoptère ou l'épanouissement au travail.

Une fois la tendance découverte, il n'a pas été très difficile de la retrouver à moult endroits. Toutes mes ambitions sont à la baisse. Je dépense plus d'énergie à lutter contre les démons intérieurs, et il m'en reste moins pour faire des trucs intéressants. Je vise médiocre, et je n'attends même pas cet objectif.

Un exemple publiquement visible est mon calendrier de Seinfeld sur github (qui ne sera plus visible à partir de juillet 2018), qui a expiré exactement comme je l'avais prédit, pendant l'année 2017.

Il y a actuellement quinze articles et billets de weblog qui sont en attente d'écriture, avec déjà un titre, un fil directeur, et un contenu assez bien délimité ; il ne reste plus qu'à se poser et le faire. Sans compter les trois avis sur des livres qui sont à peu près au même point dans le pipe. Ce sont des records.

Il y a de plus en plus de prises de paroles que je regrette amèrement, dans les contextes informels (la socialisation, quoi). Je n'arrive pas trop à décrire pourquoi, c'est complètement émotionnel, mais je ne suis pas satisfaite du tout des conséquences. De l'image que j'ai l'impression de renvoyer. Je ne sais pas si ça a déjà des effets, mais j'ai de plus en plus souvent envie de faire activement des efforts pour rester silencieuse.

Et même le présent billet, il est passé moult fois à deux doigts du rm, et si vous le lisez c'est que j'ai réussi à me mettre le dos au mur pour le publier (probablement en fin de mois).

J'ai un peu envie de mettre ça sur le dos du manque de sommeil, comme mes difficultés de mémoire, mais ça commence à un peu trop le charger pour mon goût. En dehors de ce bouc émissaire, je manque de pistes…

Et puis, est-ce que ça vaut vraiment la peine de se battre contre ? C'est peut-être juste une évolution normale à accepter…

Publié le 30 janvier 2018

Tags : Autoexploration Évènement Humeur

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