Besoin de fiction

J'ai déjà mentionné que la lecture a sur moi un effet qui ressemble à (ce que j'imagine être) l'effet d'une drogue. Je n'avais encore jamais envisagé que ce ne soit pas limité à la lecture, mais aussi à l'immersion dans un univers de fiction. C'est ce que je vais explorer dans ce billet.

À titre de référence, en temps normal, il y a chaque semaine dans ma routine environ quatre heures de lecture dans le bus, généralement de romans, et peut-être à peu près autant de séries télévisées dans mon salon. Donc à peu près huit heures loin de ce monde.

Et puis au moins d'août, il y a eu la conjonction de plusieurs choses indépendantes : j'étais en train de lire dans le bus une des rares non-fiction de ma liste de lecture, à savoir Thinking Fast and Slow, et juste après je me suis retrouvée dans deux semaines de vacances qui ont complètement bouleversé mon quotidien, et qui se sont trouvées de plus en plus pauvres en fictions, car des activités plus sociables occupaient toutes les journées. À tel point que j'ai fini par ressentir un manque que je n'ai pas pu interpréter immédiatement.

Bon, en vrai, ce n'était pas une découverte complète, et je ne suis pas vraiment partie de zéro. Par le passé j'ai déjà ressenti une version beaucoup plus faible de ce même manque, le dimanche soir. Ce besoin semble exister aussi à des échelles de temps plus petites, comme si j'avais besoin d'une dose à peu près tous les jours, probablement suivant mon état mental général, et peut-être la force de la fiction en cours de lecture, ou de mes occasions de rêvasser dans ma propre fiction par ailleurs.

Je ne sais pas trop quoi en penser. C'est un peu comme si je découvrais que je suis plus dépendante de la lecture que je ne le croyais, mais sans la noblesse associée à la lecture. Je trouve que c'est contrariant de dépendre de quoi que ce soit, même si c'est un peu idiot vu ma dépendance à la nourriture et à l'oxygène). J'essaye de me dire qu'au moins ce n'est pas physiologiquement malsain, mais c'est un maigre réconfort quand j'imagine les conséquences sociales que ça pourrait avoir.

Je ne sais pas trop comment organiser ma vie pour être sûre de ne pas manquer, quelque chose comme l'équivalent des repas qui rappellent périodiquement qu'il faut se nourrir même si pour une raison ou pour une autre la faim ne remplit plus ce rôle.

D'un autre côté, en regardant plus froidement ma description de cette situation, je me demande si je ne suis pas en train de confondre le besoin de fiction et le besoin de se ressourcer dans le calme qui découle de l'introversion.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Avez-vous aussi des besoins de fiction après s'en être passé trop longtemps ? Ressentez-vous une subtile nuance entre des besoins de fiction et des besoins de calme ?

En avez-vous marre de ces questions artificielles qui prétendent augmenter l'engagement ? Posteriez-vous les mêmes commentaires sans elles ?

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  • Publié le 30 septembre 2018 à 19h10
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