Une demi-année

Ça fait six mois. 181 jours. 4343 heures. Exactement quinze millions six cent trente quatre mille huit cents secondes entre cette ligne MSN qui tombée sur ma vie comme une shape de plomb et la publication de ce billet. Ça fait une demi-année depuis que j'ai été larguée.

Une demi-année depuis que j'ai été abandonnée brutalement et sans préavis, comme un chien que l'on attache à un arbre sur une aire d'autoroute pour partir en vacances.

Une demi-année que je n'ai plus aucune confiance dans les liens humains. Une demi-année que j'ai l'impression que pourrais être abandonnée dans l'heure qui suit par n'importe qui, sans préavis ni raison.

Une demi-année depuis que tout ce sur quoi je m'appuyais a volé en éclats.

Une demi-année depuis que la fenêtre de ma cuisine a été cassée, parce que j'étais aussi injoignable qu'habitude.

Une demi-année depuis que mon appétit a disparu.

Une demi-année que toute ma vaisselle est sale et entassée dans la cuisine. Pas besoin de vaisselle propre quand on ne mange pas.

Une demi-année que je n'ai plus de futur. Une demi-année que mon présent tient précairement ensemble, et seulement parce que j'y mets toute mon énergie. Une demi-année que mon présent n'est pas assez solide pour espérer bâtir quoi que ce soit dessus.

Une demi-année que je résiste comme je peux aux ténèbres qui me proposent la solution aux problèmes qui n'en ont pas comme un dealer propose une dose gratuite à la sortie des classes.

Une demi-année que je suis dévorée par la solitude.

Une demi-année qu'à quelques (trop) rares exceptions près, je ne me suis plus endormie sans pleurer dans mon lit froid.

Une demi-année que je ne suis plus qu'une épave en train de sombrer lentement. Une demi-année que je prends l'eau de toute part. Une demi-année que les efforts du capitane qui écope avec un verre à vodka sont inutiles.

Une demi-année que je me bats de mon mieux. Une demi-année que j'essaye de tenir ma position. Une demi-année que malgré ça, je cède petit à petit du terrain. Une demi-année que j'attends en vain quelque chose pour retrouner la situation

Une demi-année que je me démène dans ces noirs sables mouvants. Une demi-année que j'essaye d'atteindre tout ce qui pourrait ressembler à une solution, ou au moins à quelque chose pour ne pas sombrer. Une demi-année que soit mon bras est trop court, soit je n'attrape qu'une illusion.

Une demi-année que finalement, je n'ai que ce je mérite : s'il y avait la moindre raison pour que ma situation puisse s'améliorer, j'en aurais déjà trouvé quelques indices.

Une demi-année que ma vie ne vaut plus rien.

C'est long une demi-année.

Tellement long qu'on peut trouver une nouvelle copine et lui donner tout ce que j'ai toujours rêvé d'avoir.

Tellement long que s'il y avait la moindre solution, j'aurais déjà du en voir une trace.

Tellement long que s'il y avait un dieu qui s'intéressait à mon sort, un miracle se serait déjà produit.

Tellement long que si j'étais sauvable, j'aurais déjà été sauvée.

Commentaires

1. Le jeudi 28 mai 2009 à 17:03, par Lui :

Mais on s'en branle.

2. Le vendredi 29 mai 2009 à 6:36, par Cinn :

Je pense que tu oublies de parler de plus d'un élément positif dans ton bilan (par exemple si, tu as bien des projets et un futur). Quand on voit les choses en noir, on voit les choses en noir et on ne peut pas faire un bilan objectif. On ne peut pas non plus se sauver soi-même (ou alors très lentement, trop lentement, pas en six mois), il faut de l'aide. De l'aide. Mais je te l'ai déjà dit.

3. Le vendredi 29 mai 2009 à 7:53, par Natacha :

Je sais bien que l'on ne peut pas se sauver soi-même, c'est pourquoi la dernière phrase est au passif.

Je sais bien qu'il me faut de l'aide. J'ai tendu la main vers tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à de l'aide. Il n'y a que des illusions à portée de mon bras.

4. Le vendredi 29 mai 2009 à 22:52, par Cédric :

On dirait que cette perte sentimentale te pèse vraiment beaucoup ... Est-ce que toi tu t'aimes ?

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  • Publié le 28 mai 2009 à 16h49
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