Le français est une langue merveilleuse

Le français est une langue merveilleuse, aux milles surprises, qui nous reserve chaque jour de nouvelles découvertes incroyables.

Voici ce qu'une docte secrétaire m'a appris hier :

En français, les noms propres n'ont pas d'orthographe.

Heureusement que j'étais assise lorsque j'ai entendu ça. Le temps que je vérifie mentalement plusieurs fois que j'ai bien entendu les mots que je venais d'entendre, et que ça veut bien dire ce que j'avais l'impression que ça voulait dire, il s'était probablement écoulé quelques secondes.

J'imagine qu'elle a remarqué quelque chose dans mon expression, parce qu'elle a continué en précisant correctement sa pensée, au cas où je n'aie pas très bien compris du premier coup :

On peut les écrire comme on veut.

C'est loin d'être la première fois qu'on refuse d'orthographier correctement mon nom de famille, avec des justifications plus ou moins valables. Mais celle-là, on me l'avait jamais faite, et elle mérite sans doute un lot particulier. Elle a même réussi à me prendre au dépourvu.

Parce que voilà, il se trouve que mon nom de famille contient une majuscule un accent. Qui se reflète même sur la pronociation, en plus, ce qui double la faute d'orthographie d'une erreur de pronociation, et qui rend le tout encore plus pénible.

Non contente de fouler au pieds l'orthographe de mon nom, elle en nie même l'existence. Je continue de me demander comment est-ce qu'on peut humainement arriver à des contre-vérités aussi monumentales…

Commentaires

1. Le jeudi 24 juin 2010 à 18:25, par un anonyme :

Au XVIe siècle, l'ordonnance de Villers-Cotterêts a généralisé l'enregistrement des baptêmes, donc du nom de famille (mais sans fixation de l'orthographe), pour les catholiques.

[http://fr.wikipedia.org/wiki/Nom_de_famille_en_France]

2. Le jeudi 24 juin 2010 à 19:06, par Natacha :

Oui, et donc ?

Tu veux nous dire qu'il n'y a pas de différence entre « XVI » et « XXI » ? Ou peut-être qu'il n'est pas nécessaire de lire un article au delà des deux premiers paragraphes ?

3. Le jeudi 24 juin 2010 à 21:11, par Laurent :

J'ai déjà entendu ce genre de choses, mais pas à ce point. Il est légitime de faire remarquer que l'écriture des noms de famille est essentiellement arbitraire et qu'on ne peut donc pas se référer à une quelconque règle orthographique pour justifier telle ou telle graphie. Donc si j'écris mal le nom de quelqu'un, il s'agira d'une erreur d'orthographe de son nom, mais en aucun cas d'une faute d'orthographe.

Mais ta secrétaire là, elle a juste oublié de se servir de son cerveau.

4. Le jeudi 24 juin 2010 à 23:25, par Nimue :

Bah elle est bonne celle là :o
Elle pouvait pas mieux, comme dirait l'autre...

5. Le vendredi 25 juin 2010 à 7:50, par Cinn :

Collector...

Donc, si un jour elle écorche les noms de ses supérieurs hiérarchiques dans un courrier, ça semblera normal, voire visionnaire ?...

Signé : Sihnnn

6. Le vendredi 25 juin 2010 à 10:33, par Natacha :

Laurent , désolée, je ne maîtrise pas très bien la différence entre une erreur et une faute, même après de multiples et soigneuses relectures des articles correspondants dans le TLFI.

C'est quoi pour toi une « règle d'orthographe » ? Je n'ai jamais entendu parler de choses comme ça. Vu d'ici, la grammaire a des règles, alors que l'orthographe c'est juste connaître par cœur les graphies données par le dictionnaire.

D'ailleurs je ne vois pas en quoi les noms communs auraient une orthographe moins arbitraire que les noms propres. De la même façon que le lien entre un concept et la prononciation du mot qui le représente est arbitraire, et de même pour le lien entre la prononciation et la graphie. Tous ces arbitraires ont la particularité d'être des choix qui ne sont plus modifiables, car il sont figés par une convention qui est un prérequis pour la communication.

Et s'il fallait quantifier l'arbitrarité, j'aurais tendance à dire que les noms de famille et les prénoms le sont nettement moins que les noms communs : grâce à notre merveilleux système légal (mais pour en avoir un apperçu il ne faut pas s'arrêter aux deux premiers paragraphes ; je sais, ce n'est pas facile), un individu est représenté par une suite de caractères, et altérer cette suite revient à ne plus représenter l'individu en question. Donc soit on se tient précisément à ce que contiennent les registres d'état-civil et tout va bien, soit la mention du nom n'a plus aucune valeur, et autant mettre « Geroges Sand » sur mon diplôme, tant qu'à faire. Dans ce cas, il y aurait bien une sorte de « règle orthographique », qui est la correspondance aux registres officiels, et qui a bien été violée.

Nimue , tiens, toi non plus tu ne la connaissais pas ?

Synh , quelle joie de te retrouver ici \o/

À mon avis ça risque d'être trop visionnaire pour ses supérieurs. Du coup elle doit se sentir frustrée et prêche d'autant plus ardamment sa bonne parole auprès de ceux sur qui elle a un pouvoir…

7. Le vendredi 25 juin 2010 à 11:33, par tth :

Bah, si c'est juste une affaire d'erreur sur la casse d'une lettre de ton nom, tu n'as plus qu'à attendre LE CAPS LOCK DAY pour aller dans les administrations machins....

8. Le vendredi 25 juin 2010 à 12:55, par Roman Age :

La seule chose que l'on peut lui accorder à cette secrétaire, c'est que l'orthographe des noms propres n'est pas censée être connue, puisque les noms de famille sont à la base inconnus des autres. Même pour un "Martin", il n'y a pas d'orthographe officielle, et on pourrait ainsi imaginer un "Marthain".

Mais ce n'est pas une raison pour ne pas l'apprendre, cette orthographe, une fois la personne connue. C'est un peu comme si chaque nom propre était un mot nouveau, donc une faute de nom propre est comme une faute d'orthographe.

9. Le vendredi 25 juin 2010 à 15:51, par Nimue :

j'ai déjà eu diverses excuses, du genre : "ça n'existe pas dans la langue française", "y a pas la lettre sur le clavier", "vous comprenez, l'informatique..."

M'enfin celle là, on me l'avait jamais faite :D

Sur mes tenues de travail blanches, j'ai depuis peu mon nom, en majuscule, avec accent. \O/ Mes collègues ne comprennent pas que ça m'émerveille...

10. Le samedi 26 juin 2010 à 2:46, par _FrnchFrgg_ :

Natacha, rassure-moi: dans l'avant-dernier paragraphe, s/majuscule/lettre accentuée/ non ? Ou alors je n'ai pas compris grand-chose (d'autant qu'en français je n'ai pas souvenance de casse qui influe sur la prononciation, alors que si on oublie ton accent aigu, ça fait tout de suite moins bien).

Et moi aussi ça me gave les gens qui justifient leur incapacité à utiliser correctement les logiciels par un "mais les accents sur les majuscules c'est pas important".

Au passage ça ne m'étonnerait pas que ladite préposée d'administration prenne mouche si on orthographie mal son prénom...

11. Le samedi 26 juin 2010 à 11:23, par W :

_FrnchFrgg_, j'ai mis un peu trop de temps à comprendre aussi, mais c'est bien le fait que la règle soit d'écrire les noms de famille en majuscules^W capitales qui fait que beaucoup de gens se sentent le droit, voire l'obligation, de se projeter dans l'ASCII.
Moi c'est le contraire, mon nom n'a pas d'accent, mais les gens croient devoir en inférer un pour que ça sonne mieux.

12. Le samedi 26 juin 2010 à 14:01, par Natacha :

Roman Age, je suis complètement d'accord avec ton analyse. Les noms propres ont une orthographe, même s'il est impossible de la deviner a priori. A posteriori en revanche, elle doit être respectée. Je doute que quelqu'un de raisonnable s'offusque lorsqu'on lui demande pour la première fois d'épeler son nom, alors qu'il a de bonnes raisons d'être offusqué lorsque l’épellation qu'il a donnée n'est pas respectée.

Nimue, je ne serais pas surprise que mon prochain employeur respecte mon accent, même s'il est étranger. Et il m'arrive (trop souvent à mon goût) d'espérer que ce soit le cas, il y a une espèce de plaisir malsain à voir les étranger moucher les français dans la maîtrise de la langue française. Bon en vrai j'ai peu d'espoir, le contrat de travail n'a pas d'accent, mais peut-être que la branche locale est plus compréhensive…

_FrnchFrgg_, effectivement j'ai lapsussé. Cet avant-dernier paragraphe est corrigé, merci beaucoup de me l'avoir fait remarquer.

Ça me met aussi hors de moi de voir des gens inventer des règles ou des justifications bancales, que ce soit pour ne pas perdre la face à cause de leur incompétence (en bureautique, pour les secrétaires) ou leur ignorance (en science, pour les prof'), ou pour tout autre raison que ce soit.

Cela dit, j'ai souvent entendu d'une secrétaire qu'« en français on ne met pas d'accent sur les majuscules », et il me semble avoir entendu cette règle en primaire venant d'un enseignant. La mémoire sélective et/ou la mauvaise foi auraient ensuite eu raison du fait que cette règle ne s'applique qu'à l'écriture cursive, et que juste à côté se trouve la règle « en français on ne met en majuscule que la première lettre des phrases et des noms propres » (qui pour le coup n'est pas limitée à un style d'écriture particulier).

Quant au double standard, je ne serais pas surprise non plus qu'elle prenne mal une situation inversée. Je reste toujours abasourdie devant l'incapacité des gens à envisager une situation à la place d'un autre intervenant.

13. Le dimanche 27 juin 2010 à 1:33, par _FrnchFrgg_ :

Il me semblait moi au contraire qu'on devait mettre les accents sur les majuscules, mais que le non respect de cette règle avait été toléré pour les écritures dactylographiées à une époque où ç'aurait été prohibitif pour les machines à écrire/traitements de texte de gérer la chose (je suppose que seuls les matheux sont suffisamment maso pour rajouter les accents/flèches/etc à la main après coup, d'un autre côté j'ai déjà eu à lire un vieux papier dont la version scannée par ACM était sans les ajouts à la main, et c'est vraiment désagréable).

Malheureusement dans l'esprit de certains, cette tolérance quasi "par la force des choses" s'est transformée en justification a priori de ne pas faire l'effort de saisir les majuscules accentuées, voire de ne pas en prévoir la possibilité dans le logiciel...

14. Le dimanche 27 juin 2010 à 18:28, par Schmurtz :

C'est encore la "faute à l'informatique", àmha.

Après les machines à écrire qui ne savaient pas faire de majuscules accentuées (c'était bien légitime, afin de limiter le nombre de touche), les télex qui étaient ASCII-only et juste en majuscules (on voit l'avancement de la techno)... on a maintenant des applis de l'administration ou d'informatique de gestion en web 2.0 avec toujours ces contraintes pourries.

Faut dire qu'avec un windows ne sachant pas proposer de solution simple pour taper des majuscules accentuées, ça n'aide pas.

15. Le mardi 6 juillet 2010 à 18:00, par Natacha :

_FrnchFrgg_, de ce que j'ai lu de plusieurs sources concordantes (mais pas forcément indépendantes) que je ne retrouve plus, on n'aurait jamais retrouvé d'exemple de majuscule accentuée dans une écriture cursive. L'imprimerie en revanche aurait depuis ses débuts accentué aussi bien minuscules que majuscules, quitte à se retrouver avec des caractères mobiles fragiles, chers, malpratique et/ou peu esthétiques. Les machines à écrire ont ensuite lancé la régression vers la non-accentuation des majuscules d'imprimerie, contrairement à la constance de l'écriture cursive. Il serait intéressant de faire un peu d'histoire de la grammaire ou de l'écriture pour voir comment l'accentuation a évolué.

En revanche je suis tristement d'accord avec ton deuxième paragraphe.

Schmurtz, tu ne rends pas compte à quel point une touche Compose est conceptuellement compliquée. Il ne faut surtout pas programmer ça, ça va faire peur aux lusers décérébrés qui servent de modèles de client à Microsoft et Apple.

16. Le mardi 1er octobre 2013 à 15:20, par lucodelincou :

Depuis des décennies une rumeur incite, à ne pas accentuer les majuscules. Voilà plusieurs années que je recherche et j'ai deux documents fondamentaux:" le guide pédagogique pour l'écriture et la disposition des documents avec des outils de bureautique" édité par le Ministère de l'Éducation nationale, d'une part,qui indique que les majuscules et les minuscules ont à être accentuées de la même façon,pour pouvoir transposer un texte en majuscules en un texte en minusculeset réciproquement. Ce guide est disponible sur le site Internet de Éducation nationale Deuxième référence, "le dictionnaire des règles typographiques "qui reconnait et prône l'accentuation des majuscules, y compris la préposition À .

17. Le mardi 1er octobre 2013 à 15:55, par lucodelincou :

Les accents sont apparus au XVIéme siècle. Dès cette époque de multiples documents ont été imprimés avec l'accentuation des majuscules avec souvent des moyens de fortune de la part des typographes , et Stéphane BERN,dans son émission télévisée concernant Richelieu, créateur DE l"ACADÉMIE FRANÇAISE nous a fait découvrir la première page du premier dictionnaire de
l'Académie comportant bien les accents et cédille de règle!Le site Internet de l'AcadémieFrançaise est également explicite sur le sujet.

18. Le jeudi 17 décembre 2015 à 5:43, par MECLENT :

Un nom propre mal orthographié est une "cacographie". On utilise ce terme lorsque l'erreur est volontaire (ex: ce photographe qui avait "francisé" les villes américaines: Nouillorc, Lausse-en-Gelesse...)

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  • Publié le 24 juin 2010 à 17h29
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