Defaced

Je n'aime pas du tout la politique de Facebook.

Et ce n'est pas nouveau, ça fait depuis que j'en ai entendu parler, c'est-à-dire bien avant mon inscription. Si je n'ai rien contre le concept de réseau social en soi, ou contre le besoin que prétend satisfaire ce site, leur façon de gérer les données et les utilisateurs me mettrais presque hors de moi.

Et malgré ça, depuis des années j'ai un compte actif chez eux. J'imagine que ça doit être un peu comme la communauté internationale vis-à-vis de l'Allemagne des années 1930.

1 Point Godwin

Bon, ça, c'est fait. Passons aux choses sérieuses.

La grande force de Facebook, c'est tous les gens que l'on connaît et dont voudrait des nouvelles, et qui n'en publient que par ce site. En ce qui me concerne, ça ne fait finalement pas grand monde, mais c'est le lien informatif qu'ils proposent de plus efficace pour entretenir la relation émotionnelle. Alors j'ai mis de côté mes principes, et j'ai utilisé Facebook comme j'ai pu.

Pourtant au fil du temps, le malaise de « voter avec mon portefeuille » pour ce site s'est fait de plus en plus grand. Et mon opinion sur leur politique, déjà très mauvaise initialement, n'a fait qu'empirer.

Bon, avoir vu le film The Social Network n'a pas vraiment arrangé mon opinion non plus, mais en même temps c'est difficile de faire la part entre le côté cinéma et l'éventuelle base de vérité, donc je vais essayer de ne pas en tenir compte.

De plus, Facebook ne me rend aucun service que je n'aie déjà, en dehors de me prêter généreusement accès à ces données qu'il tient captives, ce qui reste douteux comme « plus value ». Je publie tout ce dont j'ai envie sur ce site, et mon « graphe social » n'est pas quelque chose qui vaille la peine d'être publiés.

Fondamentalement, je reste quand même beaucoup plus proche des idées de Christopher Poole que de celles de Mark Zuckerberg (c'est bien dit en anglais sur ZDnet aussi).

Je me demande combien de personnes sont comme moi, philosophiquement contre le système Facebook, mais trop pragmatiques pour ne pas mettre de côté ces idées en échange d'un moyen d'entretenir des vrais liens humains. Il m'arrive parfois d'être optimiste au point de me dire qu'ils sont assez nombreux pour faire une différence s'ils me suivaient tous, mais heureusement ce genre d'illusions ne dure pas.

Donc c'en est arrivé à un point où la fracture entre ma vision du monde et celle que Facebook essaye d'imposer est trop grande. J'ai renoncé au « lien Facebook », et si les personnes à l'autre bout ne veulent pas se donner la peine de passer par un lien humain plus décent, il est peut-être temps de remettre en question l'existence même de ce lien.

Perdre un « ami Facebook » n'est pas perdre un ami.

Perdre un compte Facebook, c'est améliorer les liens humains qui en valent la peine.

Commentaires

1. Le mardi 31 mai 2011 à 16:03, par K :

J'ai un compte Facebook totalement inactif avec une fausse identité dont le but ne sert qu'à avoir des nouvelles de certaines personnes qui comme tu le mentionnes ne s'expriment plus que via Facebook.

Je suis très mal à l'aise avec cette idée d'avoir "sa vie" à portée de tous. Qui je suis, ce que je pense, ce à quoi je ressemble, où je travaille, où j'habite, n'appartient qu'à moi et pas à Facebook qui ensuite peut en faire ce qu'il en veut.

2. Le mercredi 1er juin 2011 à 7:26, par Fred :

J'ai aussi un compte Facebook dont je me sers beaucoup mais contrairement à ce que pense K, j'y mets tout plein de choses sauf ce qui est vraiment privé dans ma vie privée.
Donc oui, les gens savent à plus ou moins qui je suis, à quoi je ressemble (enfin, vu ma photo de profil en ce moment, faut vraiment me connaitre :D), où j'habite (par contre, le travail, c'est trop secret ;-)) et toutes les conneries sans importance que j'ai envie de dire à mes amis éloignés.
En fait, je pense que c'est comme un blog, faut savoir ce que l'on veut y mettre et surtout bien verrouiller la confidentialité des données.
Après pour ce qui est des données commerciales associées à mes données à moi, j'ai encore rien vu de monstrueux... Enfin pas pire que les pubs ciblées sur mon compte Gmail (ben oui, j'aime pas Google plus que ça non plus)

3. Le lundi 20 juin 2011 à 14:37, par Natacha :

K, je crois que je comprends tout à fait le malaise envers l'idée de publier « sa vie ». Cependant comme le montre l'existence même du présent site, je n'ai rien contre publier un sous-ensemble bien contrôlé (ou presque) de ma vie, que j'appellerais « ma vie publique » (parce qu'au fond c'est exactement ça, malgré mon impopularité extrême). Et tout le monde n'a pas à avoir une vie publique…

Du coup, mon ex-compte Facebook (dont j'ai vérifié la destruction récemment) ressemblait plus à celui de Fred qu'à celui de K, quoiqu'un peu plus épuré : par exemple, je n'y publiais pas mon adresse personnelle (du moins depuis mon déménagement), ni « conneries sans importances » (que je publie déjà ici).

Cela étant, que ce soit avec un compte complètement bidonné ou avec un compte très contrôlé, utiliser Facebook c'est lui permettre de continuer d'exister, ce qui est dans mon échelle de valeurs une mauvaise chose. Obtenir des nouvelles par Facebook, c'est légitimer son système, avec toutes les conséquences qui sont avec. Et j'en suis arrivée au stade où je considère comme acceptable les dégâts collatéraux comme la perte des nouvelles de ceux qui sont restés prisonniers de la Martice^W^WFacebook.

Je conçois tout à fait que ce point de vue puisse ne pas être partagé. Et je conçois tout autant que mon geste est rendu beaucoup plus facile par le fait que je ne coupe la (sous-)communication que dans un seul : je n'ai pas à me censurer, car le présent site remplit tous mes besoins de communication en masse.

Enfin ce qui concerne Google, puisque la comparaison a été faite, je ne l'aime certes pas plus que ça non plus, mais je trouve ses pratiques nettement moins douteuses, ou plus précisément nettement moins basses dans mon échelle de valeurs, que celles de Facebook. En partie pour une raison structurelle : Google n'a aucun intérêt à revendre les données personnelles à des annonceurs, car ça les mettrait en compétition avec Google lui-même ; c'est le genre de « garanties » auxquelles je crois le plus. Si la publicité n'est pas moins ciblée, la propagation des données personnelles reste significativement moindre.

De plus, Facebook a un passif assez lourd en termes d'inutilisabilité des contrôles de vie privée (suspicieuse au point de se demander si c'est fait exprès), mais Google a aussi des points noirs dans son passé (genre Buzz), même s'ils ont l'air plus candides (ce qui peut être vu comme une bonne chose aussi bien qu'une mauvaise). Avec la façon dont Facebook traite ses utilisateurs, et la philosophie générale qui le sous-tend, je continue de trouver que Google est un bien moindre mal. Du moins, pour l'instant.

Au passage, Fred, le lien vers le site dans les commentaires n'est actif que s'il « ressemble » à une URI (ce qui veut dire pour l'instant commencer par « http », mais il se peut que ça évolue vers « http:// » ou « https:// », voire plus fin). Pour l'instant je corrige à la main, mais vu mon temps réponse et mon temps libre, ce n'est pas une solution très fiable.

4. Le mardi 21 juin 2011 à 11:33, par Fred :

Ouuupppsss, désolé de devenir un consommateur de ton temps :-)
Je vais corriger à partir de maintenant en faisant bien attention à l'aide à la saisie de mon Firefox :D

5. Le mercredi 22 juin 2011 à 14:08, par Natacha :

Le problème n'est pas tellement de « consommer » mon temps, parce finalement ça ne prend presque rien : environ 5-10 s si je mutualise avec le passage en mode spécial d'un commentaire que je poste (il n'y a pas moyen de changer le look d'un commentaire sans taper directement dans la base de données, et c'est une fonctionnalité ☺).

C'est plutôt que je ne passe pas souvent en mode « s'occuper du site », et l'adresse web peut ainsi rester très longtemps ignorée – par exemple dans le cas de ton commentaire n°2 ici, il a fallu 19 jours pour arranger ça. M'est avis que l'immense majorité des lectures de ce commentaire, et donc des clics potentiel sur un site de son auteur, se font dans les premiers jours qui suivent sa parution. 19 jours, c'est largement après la bataille (surtout dans cette société de l'immédiat ☹).

6. Le mercredi 22 juin 2011 à 18:31, par Fred :

Bon, je vais te rassurer tout de suite. La fréquentation de mon site m'intéresse juste pour le côté joli des graphiques phpMyVisites.
En dehors de ça, c'est pas super grave :D
En plus, compte tenu des sujets de haute importance et de la pérennité de mes articles, le fait de n'être référencé qu'en 19 jours n'a aucun impact :-)

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  • Publié le 31 mai 2011 à 12h19
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