Un emploi pour manger, s'il-vous-plaît…

Comment ça, ça ne se mange pas, un emploi !?

Comme promis dans le billet précédent, voici formellement la version longue de tous les détails pratiques et de toutes mes réflexions personnelles sur ma recherche d'emploi.

C'est plus tard que ce à quoi je m'attendais, et je n'ai même pas fini tout ce que je voulais faire avant. Mes plans sont tous plus ou moins partis en latte, donc il faut faire avec les moyens du bord.

Cependant, mon CV est pratiquement mis à jour, ou du moins sont premier jet, et j'en profite pour remercier du fond de cœur tous ceux qui ont contribué à son élaboration. C'est dans ces moments là que c'est merveilleux de ne pas se sentir seule.

Les points rédhibitoires

Au jeu de go, c'est une marque de politesse d'abandonner la partie dès qu'il n'y a plus aucune chance de victoire. De la même façon en développement logiciel, il est souvent considéré comme positif de faire en sorte que l'échec d'un processus soit manifestée le plus tôt possible (fail fast). Dans le même état d'esprit, je vais commencer par une section très négative, contenant tous les points rédhibitoires de ma situation, de façon à n'avoir à aborder que les points fins et nuancé que si la base est déjà établie.

J'ai fait une thèse. Pour une raison obscure, il semble qu'en France un doctorat soit beaucoup plus souvent un handicap qu'un avantage. Ce serait la caractéristique des universitaires déconnectés de la réalité (en référence à l'image du chercheur comme un savant fou dans son monde ?), ou une « voie de garage » en termes de formations, ou le refuge des étudiants qui ne veulent pas affronter la « vraie vie » (du monde du travail), etc, j'en passe et des meilleures. Je ne sais pas d'où ça, mais en fait ça n'a pas d'importance dans l'immédiat : je suis à la merci du moindre caprice des gens qui recrutent, et pour ceux d'entre eux pour qui un doctorat est rédhibitoire, autant s'arrêter tout de suite.

Je n'ai pas de diplôme en informatique, combiné avec le fait que je n'ai pas d'expérience professionnelle hors de l'informatique. Donc s'il est question d'un boulot dans l'informatique et qu'il faut des diplômes, pas la peine d'aller plus loin, c'est fini pour moi. Réciproquement, pour un poste non-informatique (en supposant que j'arrive à trouver des compétences hors informatiques utilisables à un niveau professionnel, ce qui est déjà une hypothèse forte), l'expérience passée va indubitablement avoir l'air louche. Ceux à qui ça ne plaît pas peuvent sortir tout de suite.

J'ai 14 mois d'expérience professionnelle. Il semble que ce ne soit pas aussi grave que ce que je croyais il y a quelques semaines, du moins dans le domaine de l'informatique. Le fond du problème est que c'est trop long pour être une basique incompatibilité d'esprits ou de personnes (ce serait plus 3 mois qu'un an), mais trop court pour avoir le temps de rentrer vraiment dans une équipe (se serait plutôt 3 ans qu'un seul, et il semble que sur ce point justement l'informatique soit à une échelle de temps plus courte qui rend mon passé moins problématique). Du coup c'est soit l'indice que quelque chose s'est horriblement mal passé (si je prétends que j'ai été jetée dehors) ou que je suis instable (si je prétends que c'est mon propre choix), qui sont dans les deux cas un gros panneau « Attention : Danger ! Ne pas recruter ! »

J'habite en région parisienne. J'ai emménagé chez mon copain, qui n'a pas l'intention de déménager, et je n'ai pas l'intention de vivre ailleurs. J'ai déménagé pour mon emploi précédent, à quelques personnes près ça en valait vraiment le coup, mais je n'imagine même pas trouver une proposition comparable. Donc à moins de proposer un poste tellement colossalement alléchant que je n'arrive même pas à l'imaginer, si c'est trop loin de mon nouveau chez moi c'est éliminé directement.

Informatique, ou pas ?

Chercher un poste dans l'informatique ou ailleurs est un gros dilemme, auquel je n'ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante.

Souvent les gens me demandent ce que je veux faire, et j'avoue ne pas arriver à y répondre sans d'abord restreindre le champ à ce que je peux faire, pour ensuite me rendre compte qu'il est tellement restreint que ce n'est pas raisonnable de le restreindre encore plus avec du vœu.

Quand je fais le tour des choses que je sais faire assez bien pour en faire mon métier, je ne trouve rien en dehors de l'informatique. Plus précisément, je sais programmer et je sais administrer des ordinateurs sous FreeBSD. Sorti de là…

Je pense avoir un très sérieux jeu de « méta-compétences », aussi bien en termes d'apprentissage que d'approche des problèmes en général. Ce qui n'est pas à 100 % positif, parce que du coup je ne rentre pas dans les moules d'approches à ce niveau, et ça a déjà engendré pas mal de mécontentement. Ces qualités sont au demeurant très utiles pour atteindre un résultat voulu, même en équipe, même dans une équipe qui fonctionne différemment, ce n'est un problème que par le déni de pouvoir que d'autres humains voudraient avoir sur moi (et qui sont du genre à m'accuser de vouloir avoir toujours raison).

Bref, en pratique ça veut dire que je serais probablement capable de tenir n'importe quel poste assez rapidement, si je suis intéressée (ce qui n'est pas une condition très difficile à remplir) je peux apprendre très vite. Mon CV peut en témoigner.

Le problème c'est que les recruteurs veulent des gens directement utilisables, et mes capacités d'apprentissage, je peux m'assoir dessus. Ce qui ne laisse que l'informatique.

Mais à force de tripoter de l'informatique pendant mon temps libre, tout en n'étant pas une geekette, je me suis retrouvée avec une certaine vision des choses, et un goût pour une certaine façon de faire les choses. Et je serai très malheureuse dans un boulot où on m'oblige à faire moins bien que ce que sais faire librement.

Par exemple, je dis à qui veut l'entendre que je serai sans doute moins malheureuse en étant caissière dans un supermarché ou femme de ménage dans un grand hôtel que si je devais écrire du code en java ou interagir avec des ordinateurs sous Windows. Et ce n'est pas une exagération, je suis certaine que prise au pied de la lettre, cette phrase est vraie.

Si pénibles que soient les deux premiers postes, il n'y a pas vraiment moyen de faire mieux à mon échelle ; je concevrais et construirais volontiers une machine qui me remplacerait à une de ces tâches, mais il s'agit d'un travail complètement différent. Alors qu'écrire du code de m*rde dans langage contre lequel je me battrais (alors qu'un bon langage est un allié du programmeur), non seulement c'est pénible, mais en plus je sais comment faire beaucoup moins pénibles sans changer grand chose, donc en restant vraiment dans le même genre de postes.

Ce sont ces considérations qui me font penser que je suis peut-être trop étroite d'esprit, ou avec un goût trop prononcé du travail bien fait, pour m'épanouir en informatique. C'est pourquoi je cherche sérieusement quelles autres possibilités s'offrent à moi…

Et comme dit plus haut, il n'y en a pas des masses, de ces possibilités. Si j'en oublie, je vous remercie par avance de le signaler en commentaire à ce billet. Mes diplômes de biologie me permettrait d'être laborantine, qui un secteur complètement saturés et qui ne m'a pas l'air tellement plus enthousiasmant au quotidien que caissière. Ma thèse de physique ne m'apporte pas grand chose, déjà parce que c'est une thèse, j'en ai assez parlé, et parce que je n'ai vraiment pas le niveau en physique pour faire quoi que ce soit au niveau doctorat, ou même licence : il y a tellement de trous dans ma formation en physique que n'importe quel bac+3 vaut beaucoup mieux que moi (sauf si on me laisse le temps d'apprendre).

En dehors de ça je ne vois plus que la fonction publique, qui a le gros avantage de me former au boulot que je ferai, si je réussis le concours. Je vais regarder de ce côté là, mais j'ai beaucoup de mal à reposer sereinement tous mes espoirs là dessus.

Bon, et maintenant ?

Maintenant que les présentations sont faites, entrons dans le vif du sujet.

Je suis prête à considérer toutes les suggestions de boulots non-idiots en dehors de l'informatique, même si (et surtout car) les offres ne sont pas se bousculer à l'entrée.

Au niveau informatique, il y a trois axes majeurs que je suis capable de satisfaire, et je peux même satisfaire une combinaison de ces axes, ce que je considère comme une force, même si je doute que ça soit utile un jour :

Si on me propose n'importe quelle combinaison de ces axes, en respectant les préférences entre parenthèses, pour plus de 40 % de mon ancien salaire, à une distance raisonnable de chez moi (ou en télétravail), je signe tout de suite, sans hésiter.

Comme je doute que ça arrive, je vais simplement chercher à m'en approcher le plus possible. C'est pourquoi je supplie tout mon lectorat, si vous avez des pistes pour s'approcher de cet idéal, si vous connaissez quelqu'un qui recrute pas trop loin de ça et qui a une chance de bien vouloir de moi, merci d'avance de transmettre ces informations.

Je suis tout à fait prête à assumer cette page face à un employeur potentiel (tout comme tout le reste de ce site), d'ailleurs l'adresse de ce site se trouve sur mon CV, donc n'hésitez pas à donner un lien vers cette page aux employeurs potentiellement intéressés. Un lien vers la page de contact peut se révéler utile aussi, sinon il ne me reste qu'à espérer que les employeurs potentiels soient assez motivés pour lire jusqu'à cette phrase.

Merci d'avance.

Commentaires

1. Le vendredi 21 octobre 2011 à 17:16, par Nimue :

Pour ce qui est des 14 mois d’expérience :
Jérôme n'avait que 12 mois d’expérience quand il est venu à lyon, et il a rapidement trouvé du travail. Idem en venant ici, alors qu'il n'avait fait que 10 mois à lyon.
Je ne crois pas que ça ai posé problème. (Et il a un profil atypique aussi : son CV est un vide intersidéral avant ses 27 ans)
Une bonne partie de ton CV se situe à Paris, tu pourrais très bien avoir quitté la suisse par nostalgie, difficulté avec la langue allemande, envie d'habiter avec ton homme etc. Bref, la "petitesse" de l’expérience peut ne rien avoir à voir avec l'employeur.

2. Le mercredi 9 novembre 2011 à 10:31, par Cenwen :

Coucou ♥

Je suis trop "vieille" et sortie depuis trop longtemps du circuit, pour pouvoir t'aider, mais, je me suis permis de diffuser ton billet à plusieurs de mes contacts sur Twitter.

J'espère que tu auras un retour! En tout cas, je croise les doigts!

Et je t'envoie plein de bonnes ondes pour tes recherches!

Bisous ♥

3. Le mercredi 23 novembre 2011 à 13:13, par Mélina :

Contacte Adecco et autres entreprises d’intérim. C'est un bon moyen de recruter pour les entreprises, qui embauchent en interim, puis embauchent en CDI si cela se passe. Ca s'est passé comme ça pour moi sur Paris, et pour Nico sur Lille. Au début, les boites d’intérim te proposent de petites missions, puis quand ils te connaissent un peu mieux et sentent qu'une boite est en phase de recrutement, ils te placent sur les postes intéressants. Il y a Adecco, Expectra, et je n'arrive pas à me souvenir de la boite qui m'a faite embuacher à Paris.
Sinon j'espère que tu es inscrite à l'APEC ?

4. Le jeudi 24 novembre 2011 à 22:21, par Natacha :

Cenwen, merci beaucoup pour la diffusion du billet, même si manifestement ça n'a pas eu de résultat. Et merci aussi pour les bonnes ondes, sur lesquelles je me garderai bien d'avoir un justement négatif ;-)

Mélina, merci beaucoup pour ces conseils, mais je crois que je ne suis pas encore au stade de les utiliser. Ce que j'essayais de faire passer à travers ce billet, c'est que j'ai un parcours et un « profil » très « spéciaux » (comme les jeux olympiques « spéciaux »). Je ne rentre dans aucune case, et je serai malheureuse quelque soit la case dans laquelle on me force. Personne ne cherche à pourvoir de poste qui me plairait, mon seul espoir est de convaincre quelqu'un de fabriquer un tel poste. Les SSII, les trucs d'intérim, les sites, etc ne manipulent pas des êtres humains, seulement des profils, auxquels je ne vais pas coller, et pour lesquels il y aura toujours bien plus adapté que moi.

Enfin tout ça, c'est pour l'instant, tant que je crois encore que la différence est une richesse à exploiter. Il arrivera un moment où je me ferai une raison, où j'accepterai que passer mes journées à faire quelque chose que je déteste est une fatalité, où je serai prête à accepter un boulot de caissière, où j'attendrai la fin de tout ça comme celle d'un mauvais film. Et à ce moment là, je suivrai ces conseils avisés.

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  • Publié le 21 octobre 2011 à 15h36
  • État de la bête : mendie des miettes de bonheur.
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  • Tag : Boulot

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