Halfway to the Grave, de Jeaniene Frost

Mise à jour : ci-dessous, mes impressions après une relecture au mois de juin 2017

Première lecture en 2013

Halfway to the Grave, publié en français sous le titre Au bord de la tombe, est le premier tome de la série Night Huntress (« Chasseuse de la nuit »), qui raconte l'histoire de Catherine Crawfield, une demi‐vampire en croisade contre tous les vampires.

En gros et sans (trop) spoiler, ce premier tome présente l'héroïne, le vampire dont elle tombe amoureuse, sa première grosse bataille, et il se finit sur sa rencontre avec des gens (importants par la suite) qui l'ont remarquée à l'occasion de cette bataille.

J'ai découvert le nom de cette série il y a quelques années, un jour où je m'étais perdue dans une randonnée sur TV Tropes. Je ne me souviens plus de quel(s) trope(s) il s'agissait, je me souviens seulement être arrivée à la conclusion que ça avait l'air d'avoir suffisamment de potentiel pour essayer, et le premier tome est apparu dans ma wishlist.

Et puis le temps a passé, jusqu'à ce que je recommence à (beaucoup) lire début 2013. Alors que j'étais en train voir arriver la fin d'Assassin's Quest, j'étais dans une période où j'avais besoin de pas mal de drogue littéraire, et je cherchais activement de quoi prendre le relai de l'Assassin Royal, au point même de mendier des conseils sur mon weblog. J'ai parcouru des échantillons des conseils ainsi reçus et de ma wishlist, jusqu'à tomber sur Halfway to the Grave. Et j'ai craqué.

Je suis un peu trop nouvelle en littérature pour comprendre exactement pourquoi j'ai craqué.

J'ai beaucoup aimé l'ambiance générale « Buffy-esque » de cette histoire, comme j'étais super-fan de Buffy à l'époque où il était diffusé en France. Et de même que j'ai adoré le personnage d'Angel, j'aime beaucoup tous les « casseurs de manichéisme », et Halfway to the Grave n'en manque pas.

J'ai beaucoup aimé l'héroïne, et je pense que sa proximité avec ce que je suis et/ou ce que je voudrais être joue beaucoup dans la facilité avec laquelle je me projette dedans, ce qui semble être un des fondements du côté « drogue » d'un livre. Plus particulièrement je me suis bien reconnue dans l'espèce naïveté ou de candeur qu'elle avait pendant une bonne partie du livre, et j'aurais beaucoup aimé perdre la mienne aussi vite qu'elle.

J'ai beaucoup aimé le personnage principal, avec son accent anglais, ses remarques tranchantes, sa maîtrise de toutes les situations, et toute sa façon d'être en fait. C'est un des personnages qui se rapproche le plus de ma notion du partenaire romantique idéal.

J'ai beaucoup aimé l'histoire d'amour, qui se passe dans l'ensemble plutôt bien : l'histoire porte (ou du moins me donne l'impression de porter) plus sur les combats menés par les personnages que sur la romance elle-même. Il y a suffisamment de contrariétés pour ne pas donner l'impression d'être idéale, mais en même temps je n'ai pas eu l'impression que le Destin s'acharnait irréalistement contre eux (contrairement à beaucoup d'autres histoires d'amour auxquelles j'ai été confrontée). Parce qu'évidemment, si je suis projetée dans les personnages, je préfère que ça se passe bien sur le plan amoureux plutôt qu'enchainer les coups durs.

J'ai beaucoup aimé les scènes de sexe. La première m'a surprise, parce que je ne m'attendais pas du tout à trouver ce genre de scènes explicites dans un texte qui n'est pas construit autour de ça, ou du moins qui n'en fasse pas son plus gros argument de vente. J'aime beaucoup la façon dont ces scènes sont écrites, ça me semble largement meilleur que ce que je lis d'habitude sur ce thème (mais en même temps j'ai très peu été confrontée à la littérature érotique, et le tout-venant du grand 'ternet n'est peut-être pas au même niveau). Et en plus, je suis beaucoup plus réceptive aux histoires érotiques avec des personnages et une situations que je connais bien (et encore plus quand je m'y projette), avec ici l'avantage que c'est complètement intégré à l'histoire principale au lieu d'être une fanfic avec la rupture d'environnement de lecture et souvent de style.

J'ai beaucoup aimé l'humour dans ce livre. Je suis en général très peu réceptive aux spectacles comiques et aux comédies, du coup j'ai parfois l'impression d'avoir du mal avec l'humour. Ce livre contient une forme d'humour qui me plaît beaucoup, et que j'aimerais beaucoup être capable de nommer, ou au moins de qualifier, pour savoir où je peux le retrouver ailleurs.

J'ai beaucoup aimé l'histoire en elle-même, avec des intrigues à tiroirs, des éléments subtilement placés qui reviennent plus tard, des personnages qui ne sont pas plats, un rythme que j'ai apprécié, avec des scènes d'action bien placées, et le côté « tranche de vie ».

J'ai bien aimé l'univers décrit dans ce livre, et surtout sa cohérence interne. J'y suis plutôt sensible lorsqu'elle n'est pas au rendez-vous, et de là vient ma préférence pour la science-fiction « dure ». Évidemment ici il n'est pas question de science-fiction mais de fantastique, mais il me semble quand même intéressant de considérer le « fantastique dur », où le système fantastique est cohérent et soumis à des lois simples et logiques, qui sont des prémisses aussi faciles à accepter que celles de la science fiction dure. Ce livre en particulier manque un peu de description des lois de cet univers, mais l'auteure a quand même bien réussi à me convaincre qu'elles existaient, et les tomes suivants que j'ai lus depuis me l'ont confirmé.

Et j'ai bien aimé les scènes d'action aussi, mais j'ai l'impression d'être plutôt bon public à ce niveau là. En tout cas, je n'ai rien à reprocher au rythme de l'histoire ni au rythme de l'action ni à la façon dont elle est décrite.

Bref, comme dans Assassin's Apprentice, j'ai tout aimé, et je ne trouve aucun élément dans ce livre qui m'aurait déplu.

Dans les critiques rapides que j'en ai lues sur internet et auprès de mon entourage plus expérimenté que moi dans la lecture, j'ai vu souvent revenir le jugement que ce livre (et/ou la série entière) sont de la « junk food » littéraire.

Je peux tout‐à‐fait imaginer comment les ingrédients littéraires du surnaturel, de l'amour, du sexe et de l'action puissent être mélangés comme le gras et le sucré pour obtenir facilement quelque chose de basique qui plaît à coup sûr.

Malheureusement mon manque d'expérience littéraire ne me permet pas de distinguer entre un bête mélange d'ingrédients qui marchent, comme un Mars, d'une subtile composition de qualité qui utilise les mêmes ingrédients, comme une pâtisserie d'un grand chef. Du coup je ne peux pas trop juger si les qualificatifs de « junk food littéraire » sont justifiés ou non.

D'ailleurs ça m'embête beaucoup de ne pas savoir si les super-bons moments que j'ai passés en lisant ce livre sont l'équivalent de se goinfrer de Dragibus ou de savourer de la pâtisserie gastronomique.

Non pas que l'un me semble intrinsèquement plus désirable que l'autre, la qualité d'un divertissement ne se juge qu'au bon moment que je passe, mais pour pouvoir me situer par rapport au gros de l'offre littéraire existante. Car si mes besoins de drogue littéraire sont aussi faciles à assouvir qu'acheter de la junk food dans n'importe quel supermarché, ça n'est pas tout à fait pareil que s'il faut arpenter les rares et chères pâtisseries gastronomiques pour avoir une chance d'en trouver à mon goût.

Relecture en juin 2017

Ce livre est un des premiers que j'ai lus après avoir donné une place sérieuse à la lecture parmi mes loisirs, au début 2013, et l'effet est clair sur ma liste de lecture. J'ai découvert avec lui le fantastique urbain, qui compose une majorité écrasante de cette liste.

Je me suis plusieurs fois demandé si mes tellement impressions positives sur ce livre (et même toute la série) viennent seulement de la découverte du genre, ou j'ai eu un coup de chance énorme ne commençant par ce qui me plaît le plus.

Après plus de 4 ans et un peu moins d'une centaine de livres, j'hésitais entre relire ce livre avec des yeux (un peu) plus mûrs, et préserver l'excellent souvenir que j'en ai.

Et puis je suis tombée sur Crossover, qui m'a tellement plu que le livre suivant allait fatalement être injustement terne à mes yeux… Ce qui est l'occasion idéale pour juger aussi durement que possible Halfway to the Grave.

Je relis rarement des livres, parce que ma mémoire ressort inopportunément trop de choses, à tel point que ça me pourrit l'expérience de la lecture, sauf circonstances particulières.

Autant dire que ça n'a pas manque, et il m'a fallu beaucoup de courage pour m'accrocher pendant le premier tiers, entre la présentation des règles de l'univers que je connais trop bien, les « on ne peut être ensemble » et les « je pars et on ne se revoit plus jamais » de ce que je sais être le couple alpha. Et j'ai trouvé la sortie dans la boîte de nuit à vampires très creuse sans la surprise des différents retournements.

Il me semble avoir lu ou entendu l'opinion que les super-bons auteurs font une œuvre qui s'apprécier plusieurs fois, et donc a fortiori après divulgâchis ; j'ai trouvé que ce n'était pas le cas du début de ce livre. Ou en tout cas pas pour moi.

Et puis vers le tiers du livre, j'ai recommencé à accrocher, et même à accrocher fort. Je ne sais pas trop comment l'expliquer, un peu comme si ma projection dans l'histoire devenait tellement forte que ce qu'en dit ma mémoire n'avait plus d'importance.

Je me trouve à peu près avec les mêmes impression qu'à ma première lecture, à retrouver tous les éléments que j'adore et à ne pas pouvoir trouver d'élément qui m'aurait déplu en dehors du fait que je l'ai déjà lu.

C'est peut-être un peu tôt pour conclure sur l'ensemble de la série, mais je suis confiante sur le fait qu'elle mérite sa place dans le panthéon de mes séries préférées. Peut-être pas tout en haut (indépendamment de Cassandra Kresnov) comme j'aurais pu le croire, mais elle joue bien dans la même cour que Mercy Thompson.

Avec tout ça, je ne sais toujours pas si toutes mes séries relèvent de la junk food littéraire ou si elles ont des caractéristiques plus nobles pour me plaire, et ma relation avec la lecture est toujours aussi compliquée

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  • Publié le 3 juillet 2013 à 22h23
  • Dernière modification le 11 juillet 2017 à 18h43
  • Critique de livre
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