… in Death (1 à 7), de J.D. Robb

…in Death est une série de livres écrits par Nora Roberts, sous le nom de plume J.D. Robb, qui suit une policière dans un monde futuriste plutôt cyberpunk.

Il faudrait vraiment que je gère mieux la traçabilité dans ma to-read list, parce que je n'ai aucune idée de comment cette série est arrivée là. Tout ce que j'ai c'est la ligne InDeath Nora Roberts, complété plus tard avec l'annotation (J.D.Robb). Un peu léger, quoi.

J'ai fait confiance à mon moi‐du‐passé, et j'ai acheté le premier tome juste parce qu'il était dans ma liste et après avoir lu que c'est une longue série avec une policière dans un univers cyberpunk.

Je me souviens qu'après mon impression colossalement positive de Crossover, j'avais envie de plus de cyberpunk, tout en gardant une préférence pour les personnages principaux féminins, ce qui n'est pas si courant que ça. Et puis après lu Snow Crash puis Pattern Recognition, que je ne me suis pas donné la peine de commenter publiquement, je me suis dit que ma période cyberpunk appartient vraiment au passé.

J'imagine que j'aurais pu tomber sur une mention cette série pendant que je cherchais à reprendre du cyberpunk, mais aucun des liens que j'avais notés à l'époque n'y fait référence, et par rapport au reste de ma to-read list c'est trop récent. Mais comme ça fait longtemps que je n'ai plus cherché de cyberpunk, je ne sais pas trop comment j'ai pu tomber sur une recommandation ou même une mention de cette série.

Naked in Death (T. 1)

Généralement, je suis moins emballée par le premier tome d'une série que par les suivants, à cause d'un manque de familiarité avec l'univers. C'est ce qui fait que je me méfie des livres indépendants et des séries courtes.

Une exception notable a été Crossover, qui est parfaitement à mon goût par plein d'autres aspects, et je l'avais mis sur le compte d'une impression « cinématique » qui m'aurait permis de rentrer dans cet univers comme dans celui d'un film.

Ce qui m'a le plus marquée dans ce premier tome, Naked in Death, est que c'est une deuxième exception. Je suis rentrée dans cette histoire aussi facilement que dans un roman réaliste. Cette fois, je n'avais pas d'impression spécialement cinématique, donc j'en suis à me demander s'il ne me reste quand même un peu de cyberpunk au fond de moi. Ou peut-être un sous-ensemble à définir du cyberpunk, pour tenir compte du manque d'affinité avec Snow Crash.

J'ai aussi beaucoup aimé la présentation de l'univers, qui est complètement montré et pratiquement pas décrit, sans aucun infodump (dont je me souvienne).

Et dans cet univers, j'ai particulièrement aimé la distinction technologique entre les classes sociales. Dans les univers futuristes, il n'est pas rare que les technologies futuristes marchent magiquement bien pour tout le monde, alors que dans ce tome on voit des objets futuristes bas de gamme ou en fin de vie, comme la voiture dont le chauffage est cassé ou l'auto-chef à commande vocale dont le menu est limité.

Enfin, pour terminer sur l'univers, je suis impressionnée par sa résistance au temps. À l'inverse par exemple de Snow Crash, dont le futurisme me semble très daté, ce livre aurait presque pu être écrit aujourd'hui. Il n'y a guère que les références à des disques de stockage ou l'utilisation de hardcopies qui jure un peu avec le futur que j'imagine en 2019.

Globalement, j'ai beaucoup aimé les personnages et leurs interactions. Il y a juste au tout début un certain malaise que j'ai ressenti dans la direction que prenait les choses, et il a fallu que je me divulgâche le fait que Roarke est un partenaire romantique sur plusieurs tomes et non pas le trope idiot de la femme flic qui s'éprend du coupable, parce que j'aurais abandonné la lecture du livre dans le second cas longtemps avant de pouvoir le distinguer du premier. Heureusement que c'est un spoiler qu'on trouve un peu partout quand il est question de la série, et que j'ai donc pu facilement retrouver sans subir d'autres révélations prématurées.

J'ai lu pas mal de gens critiquer les interactions romantiques dans ce livre, et mon avis est plutôt mitigé : la romance n'a pas spécialement résonné en moi, mais en même temps elle ne m'a pas dérangée du tout malgré la place qu'elle prend dans ces pages. Cela dit, quand j'écrivais dans le paragraphe précédent avoir beaucoup aimé les interactions entre personnages, je pensais plutôt à toutes les autres.

J'aime beaucoup Eve Dallas en général, et plus particulièrement dans sa façon d'être forte mais subtilement cassée. Je ne suis pas sûre que ce soit super original, ni subtilement présenté, mais j'ai beaucoup aimé la façon dont ça a été traité et écrit, et du peu de place que ça prend dans l'histoire. Ça aurait certes pu être un ingrédient intéressant, mais l'approche « Y a de la merde dans mon passé, et alors ? » n'est pas mal non plus, surtout quand il y a moult tomes suivants dans lesquels il y a de la place pour s'en occuper proprement.

Roarke m'a fait un peu peur au début, parce qu'il avait l'air d'une caricature fade, mais il a été remplumé au fil des chapitres pour devenir intéressant avant la fin de l'intrigue.

Je n'ai pas grand-chose à dire sur les autres personnages, qui me semblent avoir chacun un développement en accord avec leurs places respectives dans l'histoire, et qui contribuent à me donner l'impression que le monde est vivant et peuplé et divers.

Enfin j'ai trouvé l'intrigue plutôt réussie, avec juste ce qu'il faut de rebondissements et d'intrigue pour me tenir en halène sans me sentir baladée. C'est faible pour un whodunnit, mais je ne l'avais pas classé dans cette catégorie. J'imagine que sans la présentation de l'univers, des personnages, et de leurs interactions, il y aurait plus de place pour faire une intrigue policière sérieuse, même si ce premier tome est déjà complètement à mon goût.

Il y a en revanche une chose qui m'a gênée tout au long du livre : les changements brutaux de point de vue. Je ne sais pas si j'étais censée ressentir un narrateur omniscient, j'ai peut-être trop l'habitude des narrations plus subjectives, je me projette peut-être trop dans les personnages, mais le résultat est pénible en général, et particulièrement contrariant dans les scènes romantiques.

Glory in Death (T. 2)

Ce deuxième tome continue la série lancée par le premier tome sans changer de direction, et j'y retrouve à peu près tout ce qui m'a plu et tout ce qui m'a gênée (surtout les changements de pointe de vue brutaux).

L'histoire commence quelques mois après la fin du premier tome, Eve a gagné en célébrité après cette première grosse affaire, et là on suit sa deuxième grosse affaire.

J'ai retrouvé avec joie l'univers cyberpunk peu intrusif : la technologie est là, mais elle fait partie du quotidien, elle n'est pas décrite en détail comme dans de la (vraie) science-fiction, la place est laissée à l'intrigue et aux personnages.

J'ai bien aimé l'intrigue policière, j'ai été surprise par les rebondissements (mais je n'ai jamais cherché à les deviner). Je trouve que l'enquête est un peu « pédestre », c'est-à-dire comme j'imagine les vraies enquêtes policières, avec des fausses pistes, des interrogatoires violemment à charge sur des gens finalement innocents, des découvertes qui n'ont finalement aucun rapport avec le crime, etc. Par opposition aux enquêtes policières façon Sherlock Holmes, pour lesquelles j'ai quand même une préférence.

J'aime bien les personnages secondaires, je ne les trouve ni sous-développés ni trop envahissants, et j'aime bien la façon dont ils colorent le monde. Je ne sais pas trop par quel bout de spoiler j'ai découvert que dans le reste de la série Peabody prend de l'importance, mais j'ai trouvé assez réussie son introduction dans ce tome.

Je continue de beaucoup aimer Eve et de facilement me projeter dedans, même si cette opinion ne semble pas universelle d'après les autres critiques que j'ai pu lire. En revanche je trouve Roarke intéressant mais sans plus.

Au niveau romance, j'ai plutôt bien aimé la deuxième partie du tome, j'avais peur que le couple alpha soit en crise jusqu'à la fin du tome et je suis très contente que ça se résolve assez vite, parce que je ne suis pas fan du tout de cet état émotionnel. J'aime bien l'évolution lente de la relation, c'est beaucoup plus à mon goût que les coups de foudre passionnels.

Bref, un livre que j'ai beaucoup aimé dans une longue série qui semble tout avoir pour me plaire longtemps.

Immortal in Death (T. 3)

Ce troisième tome est dans la continuité des deux précédents, et j'ai l'impression que je pourrais en dire à peu près la même chose que le précédent.

L'intrigue se déroule à nouveau quelques mois après le tome précédent ; la renommée d'Eve continue de croître ; j'ai adoré retrouver l'univers cyberpunk après ma pause dans le fantastique urbain contemporain ; l'intrigue policière me plaît bien malgré son côté « pédestre », mais ses rebondissements mon plu et il y avait juste ce qu'il (me) faut de trucs qui collent pas pour me donner envie de découvrir la suite ; et les changements de points de vue trop brutaux pour moi continuent (mais je me demande s'il n'y a pas de blancs pour les marquer qui seraient mangés par mon édition numérique ou mon liseur).

Contrairement au tome précédent, j'ai beaucoup aimé la dynamique de couple entre Eve et Roarke tout au long du livre. J'ai juste trouvé leur mariage un peu trop envahissant dans l'histoire, surtout dans le premier tiers, mais c'est peut-être juste une contamination émotionnelle venant d'Ève.

La nouveauté dans ce tome, c'était le développement du passé d'Ève, et j'ai adoré toute cette partie de l'histoire, du fendillement progressif de l'armure d'Ève aux réactions de Roarke. C'est d'ailleurs au fur et à mesure de ce développement que mon estime pour Roarke a commencé à monter, et après cette histoire je commence à bien l'aimer.

J'aime aussi beaucoup Peabody, et je trouve qu'avec Feeney et Mavis ils ont bien gagné en présence et en détails dans ce livre.

Bref, la formule marche très bien sur moi, et je m'attache de plus en plus aux personnages récurrents, cette série me semble très prometteuse.

En plus, pour la première fois je suis allée voir du côté de la page Goodreads de la série, et j'ai été ravie de trouver une bonne cinquantaine de tomes, une publication encore en cours à un rythme de deux tomes par an, et pas de variation notable dans le nombre d'étoiles. Ça me donne bon espoir d'y trouver une réserve quasi inépuisable de bons moments, puissè-je ne pas m'en lasser !

Rapture in Death (T. 4)

Comme d'habitude, ce quatrième tome est aussi dans la continuité des précédents, tant sur l'histoire (on n'a raté que le mariage et les trois semaines de lune de miel) que sur mes impressions.

Dès le début j'ai adoré la dynamique de couple entre Eve et Roarke, et ça a continué pendant tout le tome. Je crois avoir déjà écrit ailleurs à quel point j'aime les couples qui vont bien et qui résolvent les choses ensemble, par exemple dans Night Huntress, et ce tome n'est pas une exception.

Cela dit, j'ai quand même quelques fois eu l'impression qu'ils y allaient un peu fort sur les sexcapades, alors que je suis pourtant bon public, voire enthousiaste, pour ce type de contenu ; donc il faut y aller vraiment fort pour que je trouve ça lourd. Ou peut-être que je suis juste un peu jalouse parce que ma vie sexuelle n'est pas aussi torride.

Au-delà de la dynamique de couple, Roarke est sérieusement monté dans mon estime pendant la deuxième moitié de ce tome. Avant je le trouvais seulement intéressant, et je ne l'aimais pas tellement plus que par ma projection dans Eve ; mais après la révélation de quelques éléments de sa façon d'être, j'ai commencé à fondre.

Si ça continue comme ça, d'ici quelques tomes je serai tellement à fond dans la team Roarke que les lecteurs du premier tome se demanderont ce que je lui trouve, comme je me le suis demandé moi-même en lisant GoodReads il n'y a pas si longtemps.

Eve est un personnage qui me plaît toujours autant, et je me projette toujours aussi facilement dedans. De la même façon, j'aime toujours autant les personnages secondaires récurrents, surtout Peabody et Feeney.

Autrement je reste toujours très fan de cet univers, je retrouve avec plaisir l'ambiance cyberpunk qu'il contient, avec les disparités technologiques et sociales. Je n'aime pas trop le pouvoir donné par la nouvelle technologie que l'on découvre progressivement au fil de l'histoire, mais sans surprise les choses tombent de façon à ce que sa non-existence dans la suite soit vraisemblable.

Une nouveauté dans ce tome est que j'ai joué au détective, dans le sens où je me suis demandé qui pouvait être coupable et comment et pourquoi les meurtres ont été commis, et j'avais des théories avant que les personnages n'en aient la moindre idée. Et évidemment, je suis tombée dans pratiquement tous les pièges tendus par l'auteure, donc ce n'était finalement pas si bien que ça. J'imagine qu'avoir des passages du point de vue du coupable a contribué à cette attitude.

D'ailleurs sur les points de vue, je reste très ennuyée par les changements brutaux, comme dans les tomes précédents, mais cette fois-ci je me suis demandé si ce n'était pas en fait causé par un défaut dans mon édition numérique. J'imagine tout à fait une édition dans laquelle ces changements de points de vue seraient signalés par un espace plus grand entre les paragraphes, et ça rendrait l'ensemble beaucoup plus confortable. Il faudrait que j'essaye de trouver un exemplaire en papier, pour voir.

J'ai aussi eu l'impression que les changements de points de vue étaient plus variés dans ce tome que dans les précédents. Peut-être que ma mémoire me joue des tours, mais je me souviens surtout de Roarke et Eve dans les tomes précédents, alors qu'ici on a des passages du point de vue du coupable (avant qu'on sache de qui il s'agit) et de quelques personnages secondaires jetables.

Bref, cette série continue de beaucoup me plaire, et je vais la continuer avec joie.

Ceremony in Death (T. 5)

Ce cinquième tome continue l'histoire d'Eve et Roarke dans une certaine continuité temporelle, même si cette histoire se déroule surtout dans le monde policier.

Je ne suis pas sûre que ce soit un spoiler, parce que j'ai l'impression que c'est suggéré par le titre même si ce n'est pas du tout évoqué dans le blurb, mais je le marque quand même pour vous laisser le choix. Le cœur de l'enquête tourne autour de croyances à la limite entre la religion et la superstition, avec un élément de fantastique dans le sens de Todorov, c'est-à-dire que des choses surnaturelles ont l'air de se produire, et ce n'est pas clair si c'est authentique ou une escroquerie. J'ai beaucoup aimé cette ambiguïté pendant les deux premiers tiers, mais j'ai trouvé que ça penchait un peu trop d'un côté sur la fin. Du coup je ne suis pas sûre si j'aurais préféré dans l'étrange tout au long du livre.

Autrement je continue d'adorer la dynamique du couple alpha, ça reste un des piliers qui me fait adorer cette série, et j'espère que ça continuera de marcher aussi bien sur moi pendant de nombreux tomes.

Et pour une fois, j'ai aussi adoré la dynamique entre Eve et Feeney. C'était de vraies montagnes russes émotionnelles, ça a très bien marché sur moi, et j'aime beaucoup les tiraillements entre les différentes valeurs d'Eve, la fragilité qui en résulte, et le support réconfortant de Roarke.

Je n'ai pas eu l'impression d'avoir spécialement joué au détective dans ce tome, et pourtant j'ai trouvé le dernier chapitre très prévisible, peut-être même trop. Je l'ai quand même bien aimé, mais plus d'une façon « Columbo » que d'une façon « polar ». Ce n'est pas un problème pour moi, mais je peux imaginer que ça puisse déplaire.

Cette critique est plus mitigée que d'habitude, mais comme dit les points négatifs ne m'ont pas trop touchée, et ce tome a très bien marché sur moi et je vais continuer allègrement à lire cette série. D'ailleurs j'ai tellement tardé à écrire cette critique que j'ai déjà fini le tome suivant, et je peux déjà confirmer que cette série reste complètement à mon goût, et ce tome un peu moins à mon goût est une anomalie.

Vengeance in Death (T. 6)

Ce sixième tome continue la tranche de vie d'Eve et Roarke, avec une enquête de la semaine du tome placée sous le signe de la vengeance, comme l'indique le titre de ce tome. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est envers qui cette vengeance est dirigée.

Sans en dévoiler plus, je continue de beaucoup aimer la dynamique du couple alpha, même si j'ai eu un passage à vide pendant la première grosse dispute entre eux, parce que sur ce coup je suis beaucoup plus proche de la position de Roarke que de celle d'Eve.

Ce tome est aussi l'occasion de développer un peu le passé de Roarke. Je n'ai jamais compris ce que les gens trouvent à l'archétype du grand brun mystérieux, mais ça n'a jamais vraiment marché sur moi, et rien que sur le principe j'aime bien qu'une partie du mystère soit enfin levé. Sans compter qu'en plus j'ai bien aimé ce qui a été découvert.

Je commence à me dire qu'une version gender-switched de cette série pourrait être encore plus à mon goût. Il faudra que j'essaye de trouver une série de livres autour d'une quenouille de Roarke.

En revanche, j'ai été déçue par le méchant de ce tome. Ses débuts étaient très prometteurs, mais j'ai trouvé son développement mitigé (surtout au niveau des thèmes religieux), et la fin particulièrement pathétique (surtout au niveau de ses motivations).

Il y a quelques rebondissements que j'ai beaucoup aimés, mais le cœur de ce qui m'a plu reste la dynamique au sein de l'équipe enquêtrice, et particulièrement les policiers secondaires (vu que la dispute a un peu rétrogradé mon intérêt pour le couple alpha).

Comme d'habitude, le nombre de mots utilisés pour décrire ce qui n'est pas à mon goût ne reflète pas sa place dans mon appréciation, et je reste très enthousiaste envers cette série.

Holiday in Death (T. 7)

Ce septième tome est l'épisode de Noël, avec des meurtres dans le thème et Eve qui n'est pas du tout dans un esprit festif, entre son asociabilité naturelle et un retour au boulot un peu trop rapide après la fin du tome précédent.

J'ai été un peu déçue par ce tome, et c'est toujours triste quand ça arrive. Je pense que c'est moi qui en attendais trop et quelques thèmes qui ne résonnent pas avec moi, plutôt qu'à cause de qualités (ou de manques) intrinsèques au livre.

J'ai trouvé l'enquête assez quelconque, ce qui n'est pas négatif à mes yeux parce que je lis cette série pour l'univers et les personnages, c'est juste un point positif potentiel raté. J'ai même trouvé la fausse piste principale un peu trop appuyée, mais d'un autre côté je peux comprendre que la police s'entête dans une fausse piste évidente (à mes yeux) quand c'est la moins mauvaise piste disponible. Je séchais autant qu'Eve avant que la bonne piste se manifeste, donc au niveau mystère ça a bien marché pour moi.

Il y a une relation qui se développe entre Peabody et McNab, je ne sais pas trop à quel point c'était évident dès le tome précédent alors que le présente en spoiler même si ça n'a aucun impact sur l'intrigue. C'est dommage que j'y sois complètement indifférente (ce mec ne me plaît pas du tout et je ne peux souhaiter à personne de finir avec), parce que ça fait une belle occasion ratée pour une série dont l'intérêt se trouve dans les relations entre personnages.

Pour le reste, c'est comme d'habitude : j'aime beaucoup cet univers, j'adore la dynamique de couple entre Eve et Roarke, aussi bien dans le meilleur que quand il fait office de béquille émotionnelle.

Il y a toujours autant de changements de points de vue, mais je les trouve plus doux, avec souvent le monologue intérieur d'un personnage qui répond au monologue intérieur d'un autre personnage dans le paragraphe précédent. Ça fait presque un effet de narrateur omniscient, mais qui reste assez proche des différentes subjectivités pour me laisser me projeter dedans.

Le plus gros point négatif de ce tome, qui a probablement la plus grosse part dans ma déception, c'est dès le début du tome Eve n'est pas de bonne humeur, et ça ne s'arrange pas du tout dans l'ensemble du tome, et je me projette encore suffisamment dans Eve et dans ses soucis pour que ça contamine mon humeur personnelle hors de la lecture.

Eve a fait des choses que je trouve particulièrement détestable dans ce tome, et j'ai mis ça sur le compte de cette mauvaise humeur, parce que moi-même je ne vaux pas mieux quand je suis dans ce genre d'état, mais ça écorne quand même l'image que j'ai du personnage. De même que l'impression qu'il n'y ait aucune progression au fil du tome dans la gestion de ses démons intérieurs, ce qui est assez désespérant.

Avant de ce tome, je voyais Eve et Roarke comme un couple idéalisé mais à peu près symétrique, avec juste les aléas du moment qui faisaient qu'Eve dépendait plus de Roarke que la réciproque. Après ce tome, je vois Roarke comme un homme idéalisé et Eve comme une pauv' fille qui ne vaut pas mieux que moi mais qui a juste plus de chance (tout en me ressemblant un peu trop).

J'espère que ça fait partie d'un arc d'évolution des personnages et que d'ici quelques tomes ça ira mieux, parce que si je savais que ça continuerait dans cette ambiance je pense que je m'arrêterais là dans cette série.

Commentaires

1. Le vendredi 26 novembre 2021 à 23:12, par Balise :

Bon alors là j'ai une question, quand même. Le paragraphe qui cause des "sexcapades" suivi du paragraphe qui commence par "Au-delà de la dynamique de coupe, Roarke est sérieusement monté"..... c'est voulu, ou bien ? :D (Au passage, y'a une typo ;) )

(Je sais pas si ça m'amuse plus avec une réponse positive ou négative, mais je peux pas m'empêcher de snarker un peu ;) ).

J'ai pas encore lu le tome 4, va falloir que je me fasse ça à l'occasion... c'est bientôt le break de Noël, ça devrait jouer :)

2. Le samedi 27 novembre 2021 à 12:02, par Natacha :

Merci beaucoup pour le signalement de typo'. Mes correcteurs orthographique et grammatical trouvent pas mal de choses, mais ils sont impuissants face à certaines erreurs.

J'imagine que c'est le choix de « monté » qui pose question, et je dois reconnaître qu'il n'a pas été conscient.

Cela dit, je prends soin de forger mes phrases pour transmettre mon ressenti en plus de l'information brute, ce qui est particulièrement flagrant sur les adverbes. Il paraît que c'est une faute de débutant en écriture que de mettre trop d'adverbes, mais je n'arrive pas à les supprimer, parce qu'un « sérieusement » comme ici, par rapport à un « colossalement » ou « copieusement » ou « sévèrement » (pour reprendre ceux qui colorent le plus souvent mes écrits) a la même fonction d'intensification, mais il ne donne pas la couleur (ou le même ressenti) à la phrase, et ne rien mettre, ou seulement un « beaucoup » pour garder l'intensification, rend la phrase insipide à mes yeux.

Et donc en l'occurrence, pour rédiger la phrase en question, j'ai évalué dans ma tête un bon nombre de formulations pour choisir celle qui transmet à la fois l'information et la couleur que je veux, et en évaluant les différents adverbes j'ai indirectement évalué le reste de la formulation, verbe compris.

Ce n'est donc clairement pas volontaire au niveau du « je vais prendre ce mot là pour faire ça », mais il y a un niveau de volontarité dans le « je vais piocher cette formulation parmi mon échantillon parce qu'elle fait ce qui me va le mieux ».

Je ne suis pas sûre que du snark appelle une réponse aussi détaillée, mais comme j'ai construit cette réponse pour moi autant la partager, et c'est ma façon de remercier pour ce partage de snark, qui est toujours apprécié par ici ;-)

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