The Invisible Library (1 à 2), de Genevieve Cogman

J'ai commencé à suivre Ollivier Robert sur twitter pour des raisons FreeBSDesques, mais il y a plusieurs livres que j'ai découverts grâce au bien qu'il en disait, comme l'Ambassadeur, Nadia Laksheva, ou cette série.

Ça a commencé par ce tweet, qui promet une histoire avec « des bibliothécaires, des dragons, un avatar de Sherlock Holmes, des mystères, des intrigues, et des alligators cyborg », sur un terrain déjà bien préparé depuis de nombreux tweets positifs, donc j'ai acheté le premier tome, pour voir.

The Invisible Library (T. 1)

Ce premier tome commence par une jolie scène d'exposition pleine d'action, pour présenter la Bibliothèque, la magie qu'elle prête, sa mission de conservation multiverselle, et Irène, la bibliothécaire qu'on va suivre pendant tout le livre. J'ai beaucoup aimé la clarté et la construction de cette partie.

Ensuite, j'ai eu un peu plus de mal. La passion des livres qu'a Irène ne résonne pas vraiment avec moi. Les questions en suspens sur les motivations de la Bibliothèque me turlupinent plus que si elles n'avaient pas été évoquées du tout. Je suis gonflée par le trope du grand brun ténébreux mais cool qui devient intérêt romantique dès qu'il point le bout de son nez. L'époque victorienne me repousse plus qu'elle ne m'attire, et du coup j'approche avec prudence le steampunk.

Pourtant, j'ai fait un effort pour continuer, et une fois l'intrigue lancée, je suis bien rentrée dans l'histoire et les personnages.

J'aime bien le reflet de la personnalité de la narratrice dans sa façon de narrer. D'habitude, j'attends du narrateur une certaine neutralité, pour me laisser aller directement dans le monde, en oubliant que c'est un livre. Ce livre déroge à cette attente, mais ça donne plus de relief à Irène en tant que personnage, et donc j'aime beaucoup. J'aime particulièrement l'effet produit par les parenthèses, même si je n'arrive pas à le décrire ou à l'expliquer.

J'aime beaucoup Sherlock Holmes, je ne suis encore loin d'avoir eu une dose satisfaisante de ce type de personnages, et s'il apporte quelque chose à ce livre, il reste un personnage secondaire. En même temps, le côté policier ou enquête de ce livre n'est pas très marqué, je le vois plus comme une aventure fantastique, du coup un Sherlock Holmes n'est pas si utile que ça.

La construction du monde dans lequel se déroule l'intrigue principale est peut-être un peu légère, mais ça ne m'a pas dérangée plus que ça parce qu'il y a déjà beaucoup de construction du multivers, et parce que le monde est surtout caractérisé par son caractère chaotique, donc il y a une certaine cohérence à ce que ses règles sortent plus ou moins du chapeau. Les alligators cyborg et les grosses machines à vapeur ne m'ont pas spécialement impressionnée, ni en positif ni en négatif.

On pourrait aussi reprocher le flou sur les motivations des méchants, aussi bien que sur celles de la Bibliothèque, mais vu la façon le monde est présenté, c'est raisonnable que les personnages ne soient pas au courant, et en tant que lectrice je ne ressens pas encore le besoin de ces informations, je m'attends juste à ce que ce soit développé progressivement au fil des tomes.

J'ai envie de conclure en disant qu'à ce stade de la série, j'aime beaucoup mais pas au point de le faire rentrer dans mon panthéon personnel des meilleures histoires, mais je crois que je commence à avoir assez d'expérience pour considérer l'extension panthéonique comme un niveau injustement strict.

Donc je fais seulement écrire que malgré des petits défauts auxquels je ne suis pas tellement sensible, j'ai beaucoup aimé ce livre, et je vais continuer joyeusement la série.

The Masked City (T. 2)

Dans ce deuxième tome, l'intrigue est lancée par l'enlèvement de Kai, présenté de son point de vue, avec des éléments que les autres personnages principaux mettront du temps à découvrir.

J'ai retrouvé avec plaisir dans ce deuxième tome tout ce qui m'a plu dans le premier : la passion manifeste pour la lecture, un Sherlock Holmes, un multivers, des parenthèses, une bibliothécaire juste assez badass mais pas trop, sa faiblesse par rapport aux autres forces en présence, etc.

Ce tome explore le multivers de façon plus détaillée que le précédent, en laissant de côté la bibliothèque. On découvre beaucoup sur les fées et le chaos, et il y a un peu moins de flou dans le côté des dragons et de l'ordre.

J'aime beaucoup cette idée de multivers, et je trouve cette version du chaos particulièrement intéressante. Je me demande si on va finir par une mise en abyme, ces personnages étant eux-mêmes dans l'histoire que je tiens entre les mains.

Il y a quelques moments où j'ai été un peu gênée par la magie de la Bibliothèque, à savoir la Langue, que j'ai trouvée un petit peu trop deus ex machina pour mon goût. Je crois que je ne vois pas assez les limites de ce système, et du coup ça me semble brutalement trop puissant.

Enfin, ce tome a aussi eu le malheur de mettre en évidence mon inculture crasse, quand il a fallu plusieurs évocations de Venise avant que je comprenne le titre…

L'un dans l'autre, je continue de bien aimer cette série, toujours sans l'ajouter à mon panthéon personnel, et de m'attacher progressivement à ces personnages.

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