Mercy Thompson (1 à 8), de Patricia Briggs

Mercy Thompson est le personnage principal et la narratrice d'une série de livres écrits par Patricia Briggs.

Dans un monde où l'existence des fées a été révélée au grand public quelques décennies plus tôt, Mercy fait semblant d'être humaine et travaille comme mécanicienne. C'est une des rares walkers (peut-être la dernière), un type de créatures surnaturelles amérindiennes, et elle a grandi parmi les loups garous.

Après les Night Huntress, les Kate Daniels et les Chicagoland Vampires, je me suis dit que j'apprécie pas mal l'Urban Fantasy (« fantaisie urbaine » ? « fantastique urbain » ?). Je cherchais des recommandations dans ce sens, et Balise m'a fait découvrir cette série.

Moon Called (T. 1)

Le premier tome de cette série nous présente Mercy et les loups garous, avec une intrigue qui commence sur la meute locale avant de remonter à l'échelle américaine.

J'aime bien la personnalité de l'héroïne. Si elle est parfois un peu pénible, voire énervante, ça sert tellement bien l'histoire que je trouve que c'est une bonne chose.

J'ai lu certaines personnes qui n'aimaient pas la faiblesse du développement du monde supernaturel. Si j'ai ressenti cette faiblesse, elle ne m'a pas dérangée, parce qu'on en apprend suffisamment pour la cohérence de l'intrigue. Mais justement, c'est un livre avec une vraie intrigue, et pas juste poser un décor pour le reste de la série avec une légère intrigue-prétexte.

J'ai beaucoup aimé l'élément olfactif dans ce tome, et je l'ai retrouvé avec bonheur dans les suivants. Comme Mercy et les loups garous ont un odorat beaucoup plus fin que les humains normaux, ils ne se privent pas pour s'en servir. J'aime les descriptions qui commence par un aspect olfactif déjà pour l'originalité, et l'aide à l'immersion, mais j'aime aussi beaucoup la communication explicite des émotions des autres personnages au travers de leur odeur. Je trouve ça particulièrement bien vu pour les situations où des autres personnages ont un discours qui ne correspond pas à ce qu'ils ressentent.

Je ne suis pas sûre que ça apparaisse déjà dans ce tome, mais un autre point intéressant dans cette utilisation de l'odorat est que Mercy ne sent pas sa propre odeur, et il y a des passages intéressants qui jouent sur le décalage entre la clarté des émotions des autres personnages et l'espèce d'angle mort sur les émotions de Mercy.

Par contre la fin de ce tome m'a inquiétée par la mise en place d'un triangle amoureux qui ne m'inspire pas du tout.

Blood Bound (T. 2)

Après les loups garous du tome précédent, ce tome ci nous emmène dans le monde merveilleux (ou pas) des vampires, en découvrant au passage les démons et un peu des walkers.

Ce qui est intéressant avec ce thème, c'est que de base Mercy ne connait pratiquement rien des vampires, contrairement aux loups garous qu'elle a connus toute sa vie. C'est du coup beaucoup plus facile de développer le monde tout en faisant avancer l'histoire. Si on pouvait regretter la légèreté de la construction du monde dans le premier tome, je ne pense pas du tout que ce soit le cas ici.

J'aime beaucoup aussi le peu de pouvoirs qu'a Mercy. Même si ce n'est pas désagréable d'avoir un personnage féminin super badass, j'aime beaucoup l'attitude de Mercy à côté de tous les autres personnages surnaturels beaucoup plus badass. Et pour compenser sa faiblesse en restant héroïne, j'aime beaucoup aussi l'utilisation créative de ses faibles pouvoirs.

Je ne me souviens plus vraiment si la non-badasserie de Marcy rendait aussi bien dans le premier tome, mais c'est dans celui-ci que je l'ai plus sentie et appréciée.

J'aime bien aussi que malgré tous les développements du monde, il reste une sérieuse part de mystère dans le côté surnaturel du monde. Ça a l'air con dit comme ça, mais je suis parfois gênée par l'impression qu'un monde est trop simple quand son exposition concise donne l'impression d'être exhaustive (d'un autre côté la physique du lycée me ferait probablement aussi cet effet, alors que la physique de notre monde est loin d'être trop simple).

Quant au triangle amoureux amorcé à la fin du denier tome, il se révèle à peu près aussi pénible, voire insipide, que je le craignais, mais beaucoup beaucoup moins présent. Ce n'est clairement pas un livre de catégorie « romance », et la romance en fond est assez légère que je puisse la supporter facilement.

Iron Kissed (T. 3)

Après les loups garous et les vampires, on part dans ce tome sur l'exposition des fées.

J'ai peur de divulgâcher en disant que ce tome semble résoudre le triangle amoureux qui me gênait tellement dans les tomes précédents et dans le début de ce tome. J'ai bien aimé sa résolution, qui me semble originale (mais je n'ai pas un fort background en romance) et suffisamment satisfaisante pour se demander si la pénibilité du triangle n'était pas volontaire pour amplifier cette résolution.

Autrement, en plus de continuer lentement mais surement la construction du monde, en révélant pas mal sur les fées, mais aussi sur la meute de loups garous, j'ai retrouvé avec bonheur le caractère de Mercy et sa créativité pour faire la différence malgré ses faibles pouvoirs.

Et puis il y a le dernier quart de ce tome… Je ne vais pas divulgâcher, mais ce dernier quart m'a fait un effet d'une puissance impressionnante. Je ne sais si c'est ma sensibilité personnelle, la façon dont l'histoire avance, ou la façon de l'écrire, mais cet effet est ce que je recherche le plus dans les lectures hors apprentissage. Si la suite est de ce niveau, ça peut propulser la série dans le haut de mes séries préférées de tous les temps.

Mais inversement, beaucoup de puissance c'est aussi beaucoup de risques, et mal gérer la suite pourrait être rédhibitoire à mes yeux. Et la dernière page du tome n'incite pas à l'optimisme, mais un critique avant moi avait fait cette remarque, pour éditer ensuite que le début du tome suivant corrige ça (EDIT : et je le confirme à mon tour).

Cela dit, objectivement, j'aime beaucoup dans l'écriture de ce quart la façon dont les effets subjectifs agissent sur l'héroïne narratrice. J'en avait déjà parlé avec l'angle mort émotionnel, et quelque part c'est de la simple logique quand on a un narrateur qui n'est pas omniscient. Quoique c'est un peu plus que ça, parce que c'est aussi un narrateur sans recul, malgré le système du passé, affecté par les évènements qu'il subit. Et indépendamment de tout le reste, j'aime bien les effets que produisent ce type de narrateur.

Bone Crossed (T. 4)

Après les histoires manifestement là pour l'exposition dans les tomes précédents, celui-ci se contente d'avancer sur ce qui a été lancé précédemment.

Certes, il y a encore du développement du monde, aussi bien dans les pouvoirs des vampires que dans ceux ces loup garous, mais l'histoire me donne l'impression de découler de la situation passée plutôt que de servir de prétexte à l'exposition.

Et je ne dis pas non plus que je commence à reconnaître un arc qui parcours les tomes, c'est juste le même effet que dans les Kate Daniels, que j'aime beaucoup : il ne s'est rien passé de notable avant le premier tome parce que l'héroïne narratrice se cache dans la normalité ; ensuite dans les premiers tomes ses principes l'obligent à mettre un orteil hors de l'ombre ; là elle se fait tirer par le pied sous la lumière des aventures.

La fin du tome précédent m'avait beaucoup marquée, et sa dernière page m'inquiétait grandement. J'ai lu une critique dire que sa se rattrapait dans le présent tome, mais je ne voyais pas du tout comment une telle chose serait possible. En fait le début de ce tome est la « version longue » de la dernière page du précédent, et entre les rappels des épisodes précédents il y avait un monologue intérieur qui expliquait les actions simplement décrites dans la dernière page… et ça prend du sens.

J'ai beaucoup aimé cette version longue, et tout le reste du traitement des conséquences de cet évènement du tome précédent. Autant que dans le tome passé : les conséquences sont là, elles sont plus ou moins gérables, mais ce n'est ni la fin du monde, ni une broutille sans conséquence.

Autrement, je reste fan de la débrouillardise et de la badasserie de Mercy malgré ses pouvoirs relativement faibles par rapport aux autres êtres surnaturels qui l'entourent.

Et particulièrement dans ce tome, j'ai beaucoup aimé les machinations politiques : elles donnent de la profondeur des personnages qui n'ont pas beaucoup de temps à l'écran, avec juste ce qu'il faut de machination dans la machination dans la machination pour se demander s'il n'y a pas un peu de réinterprétation historique de coup de bol dans le tas.

J'ai été très embêtée pour noter ce tome sur GoodReads, parce que cinq étoiles c'est réservé aux livres qui m'aspirent complètement dans leur histoire, ce qui n'est pas le cas de celui-ci, mais il m'a plu bien plus que beaucoup de quatre étoiles.

Silver Borne (T. 5)

Encore un tome que j'ai beaucoup de mal à critiquer, mais pour la raison opposée au tome précédent.

Déjà, de base, j'ai tout aimé, du bâton de marche (que je trouve de plus en plus sympathique comme personnage) à l'intrigue principale, en passant par la politique de la meute, sa magie, le développement de Samuel, l'arc avec la famille Sandoval, etc. Tout, quoi.

En relisant ma critique du tome précédent, je me rends compte que je n'y ai trouvé aussi que du positif.

La différence entre un livre que j'aime beaucoup et un livre que j'adore, que je manifeste par quatre ou cinq étoiles sur GoodReads, et en particulier entre le tome précédent et celui-ci, c'est d'offrir une histoire dans laquelle je me projette à tel point que j'en rate mes arrêts de métro, que je reste dans les limbes entre l'histoire et la réalité pendant des dizaines de minutes, que c'est un effort de volonté colossal de ne pas replonger dès que possible dans cette histoire.

Le problème de ce critère, et ce qui m'embête vraiment dans tout ça (les deux tomes en question compris), c'est que je ne suis pas sûre que ce soit vraiment une qualité de l'histoire, et non pas de mon état mental au moment où je la lis.

Est-ce que le tome précédent m'aurait fait cet effet si je l'avais lu dans la période où j'ai lu celui-ci, et vice-versa ?

En tout cas, il est de fait qu'au moment où je l'ai lu j'ai adoré ce tome, ce qui met la barre d'autant plus haut pour les suivants.

River Marked (T. 6)

Ce tome commence gentiment avec quelques évènements non-surnaturels qui arrivent à Mercy. J'aime beaucoup la façon dont ils sont racontés, et le fond aussi, avec peut-être même une pointe de jalousie parce que c'est comme ça que j'aimerais les vivre s'ils devaient m'arriver.

Mais la magie qui fait que c'est une histoire que j'adore n'était simplement pas là. À tel point que j'ai commencé à croire que le tome précédent était un coup de chance (ou d'état particulier de la lectrice).

Et puis le conte surnaturel a commencé, les protagonistes récurrents se sont retrouvés emportés par les évènements, et la magie est revenue, dans l'histoire comme dans mon expérience de la lecture.

Je m'attendais à ce qu'on nous laisse mijoter un moment dans le flou sur les détails des pouvoirs de Mercy, jusqu'à une histoire où elle en apprend plus sur sa nature et acquiert un power up au passage. Je trouve que l'attente valait le coup, même si je crois que j'aurais pu attendre confortablement encore plus longtemps, et j'ai eu plus que j'en attendais sur la découverte, mais sans power up, ce qui n'est finalement pas désagréable.

J'ai été agréablement surprise de considérer le bâton de marche comme un personnage il y a plusieurs tomes, j'ai à nouveau été surprise de bien m'attacher à ce personnage, et dans ce tome je suis encore agréablement surprise d'être inquiète puis triste de ce qui lui arrive à la fin. À tel point que je n'ai pas résisté à la tentation de me spoiler sur quand sera la prochaine fois qu'on aura des nouvelles de lui (et j'ai eu de la chance que cette information vienne seule, sans divulgâcher autre chose au passage).

Bref, je continue à adorer la série, et du coup je vais un peu la mettre en pause. Comme pour les Night Huntress, ce niveau d'appréciation d'un livre me fait le garder pour quand j'en ai vraiment besoin. Et puis c'est chronologiquement un bon moment pour jeter un œil du côté de la série Alpha and Omega dans le même univers.

Frost Burned (T. 7)

Après une pause pour rattraper mon retard dans Alpha and Omega, j'arrive au point où les deux séries se retrouvent et du coup je retrouve Mercy Thompson dans ce tome, et tant pis pour l'idée de garder ces livres pour quand j'en aurai vraiment besoin.

Sans divulgâcher, il se passe un gros truc tout à la fin du troisième tome d'Alpha and Omega, Fair Game, qui a des répercussions notable sur l'ensemble de l'univers, et que l'on voit clairement dans ce tome. À moins d'être sûr de ne jamais vouloir y toucher, je recommande vivement de lire Fair Game avant Frost Burned.

Quelque part, l'auteure Patricia Briggs l'annonçait déjà dans sa note sur Fair Game:

Je suis très contente de Fair Game. Il marque un changement dans les deux séries, de l'exploration du monde de Mercy (et d'Anna et Charles) vers ce monde en train de changer.

Comme le dirait Coyote, les temps qui changent amènent des aventures intéressantes.

Traduction personnelle

Autrement, je ne sais pas trop quoi dire sur le contenu du tome, à part que j'ai énormément aimé, comme les tomes précédents, pour à peu près les mêmes raisons.

Je mettrai toutefois une mention spéciale à Adam qui fait remarquer que Mercy a eu beaucoup de chance jusque là. Je dois en convenir, même si ce n'est pas assez marqué pour faire frémir ma suspension de l'incrédulité, et je suis donc loin d'y voir un défaut. Mais du coup maintenant, à chaque coup de chance de Mercy, je vais penser à Coyote et s'il faut y voir quelque chose, et ça c'est super bien joué.

Et même si je n'aime pas la façon dont ce monde est en train de changer (un peu comme le vrai), j'aime beaucoup les possibilités narratives que ça offre, et le subtil mélange entre petite histoire et grande histoire aussi bien dans Fair Game qu'ici.

Night Broken (T. 8)

Ce tome est lancé par le retour de l'ex-femme d'Adam, et l'homme qui lui court après, et des problèmes surnaturels s'ensuivent dans les proportions épiques.

On m'a fait remarquer qu'avec un pitch comme ça, y a moyen de se retrouver avec du triangle amoureux, des tromperies, du rejet, des disputes et de la remise en cause du couple alpha. Je suis très contente qu'on échappe à tout ça, parce que comme je l'ai dit plusieurs fois, j'aime les couples forts, et c'est un des points les plus forts à mes yeux de cette série (et de Alpha and Omega et des Night Huntress).

Cela dit, Christy reste un personnage que je déteste, aussi bien dans l'absolu, par sa personnalité, sa façon d'être, et ses « jeux », que par ma projection dans le personnage de Mercy. Je ne lui ai pas trouvé une seule caractéristique à laquelle se raccrocher à mes yeux. Et je déteste aussi tous ceux dans la meute qui se laissent manipuler, même si du coup ça fait ressortir positivement ceux qui résistent.

C'est le problème lorsqu'un auteur décide de donner la part belle à un personnage à détester : soit ça ne marche pas, et le livre est chiant, soit ça marche, et ça fait quand même beaucoup de haine. J'ai déjà largement plus que mon quota de haine dans la vraie vie, je n'ai pas besoin que ça me suive en plus dans les mondes imaginaires que je fréquente.

Au moins, la partie surnaturelle est impeccable, complètement à mon goût. Et finalement, la gestion de cette crise aussi bien par Mercy que par Adam m'a bien plu aussi. Tant que Christy ou un personnage de ce genre ne passe pas dans les personnages récurrent, ça me va.

J'aimerais beaucoup savoir comment se passerait dans le monde réel un épisode comme celui de la teinture bleue, si c'est une issue moins destructrice que ce qui me serait venu à l'idée autrement dans une situation similaire.

Commentaires

1. Le samedi 30 juillet 2016 à 21:39, par Balise :

Y'a pas à chier, tu lis ça de manière vachement plus impliquée que ce que je le fais.

Dis, ça me donne presque envie de relire les premiers.

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