Blogosphère et popularité

J'ai lu récemment un billet de blog intéressant qui parle de quelques détails autour d'un sujet dont je me suis tenue à l'écart depuis longtemps : la « blogosphère » dans sa dimension la plus mercantilo-sociale. C'est plus de cette blogosphère dont je vais parler que ce qui est abordé dans le billet.

En fait, j'ai surtout tiqué sur le concept de « blog léger et bankable », et l'idée que je me suis construite de cette blogosphère à partir de vagues souvenir et des descriptions du billet et de ses commentaires. C'est-à-dire surtout les blogs influents, « bankables » et populaires. Ce qui est plutôt à l'opposé de ce qu'il y a ici, avec mes 20 visiteurs par jour, dont les trois quarts s'enfuient en courant dès la première page chargée.

Ma toute première réaction a été l'envie, vouloir moi aussi faire partie de cette élite blogesque. Heureusement il ne m'a pas fallu longtemps pour avoir le recul nécessaire pour se rendre compte qu'en fait ça ne me plaîrait probablement pas, ou du moins que ce n'est pas du tout ce que je recherche dans la vie.

La popularité, même si elle peut avoir l'air alléchante de prime abord, risque de ne pas faire bon ménage avec mon caractère plutôt discret et effacé.

Je n'aime pas tant que ça être remarquée, en fait. Je ne pense pas être classable parmi les attention whores, je ne recherche d'attention que de la part de personnes qui comptent vraiment pour moi. C'est pour ça qu'en allant à une Japan Expo', je me suis rendue compte que finalement le cosplay ce n'est pas vraiment pour moi, je ne serais pas à l'aise avec autant d'attention sur moi. Si je m'y mettais, ce serait juste chez moi, pour prendre des photos et les publier quelque part, et c'est tout.

D'ailleurs dans mes idéaux même les plus naïvement irréalistes il n'y a pas de popularité ou d'influence ou de truc social à grande échelle. J'ai certes besoin d'un entourage, mais quelques personnes me suffisent.

L'influence, pareil, ce n'est pas tellement mon truc. Je n'ai pas vraiment un tempérament de meneuse. Le pouvoir ne m'intéresse pas.

Les cadeaux commerciaux, évidemment ce ne serait pas de refus, mais en réalité ça ne m'intéresse pas au point de faire tellement d'efforts pour en obtenir. Ce qui m'intéresse le plus dans les cadeaux, c'est le lien émotionnel qui va avec, beaucoup plus que l'objet offert. Évidemment, le lien émotionnel dans les cadeaux commerciaux laisse plutôt à désirer.

Et en plus de ces choses qui ne m'intéressent pas vraiment, il y a l'aspect mercatique (ce mot n'est-il pas tellement plus joli que marketing ?) qui va avec. Pour moi qui serais plutôt antipub', ce serait assez pénible de devoir faire l'éloge d'un produit parce qu'on me l'a offert. Je doute de pouvoir me prêter à ce jeu très longtemps. Je suis encore assez jeune et pleine d'illusions pour envoyer balader les choses qui me déplaisent.

Bref, je ne suis clairement pas dans la blogosphère, et je n'ai en fin de compte aucun envie d'y être. C'est d'ailleurs pour ça que je n'appelle pas « blog » ce qui se trouve ici, mais « weblog ». Un terme suranné, un peu « web 0.8 », pour me détacher de cette blogosphère médiatique, sociale et commerciale. La raison d'être de ce weblog est juste de transmettre en masse de mes nouvelles à des gens qui me connaissent déjà, comme expliqué dans Poll vs notificiation. Le fait de rencontrer virtuellement de nouvelles personnes n'est qu'un effet secondaire joyeux, sans lequel je ne serais pas déçue.

Pas de problème, donc ?

Si, un peu quand même.

La première impression que j'avais, vouloir quitter ma situation actuelle pour rejoindre la « crème » de la blogosphère, n'est pas sans signification. La corde de la popularité blogesque ne résonne pas en moi, mais taper dessus a fait vibrer par sympathie une autre corde, à laquelle je suis beaucoup plus sensible : la popularité artistique.

Je ne sais pas trop combien d'entre vous en ont conscience, mais ce site n'est pas (qu')un weblog, malgré ce que peuvent laisser penser les statistiques de visites. Le weblog n'en est qu'une composante, une section parmi d'autres. Heureusement j'ai perdu il y a bien longtemps mes illusions sur mes qualités artistiques.

Petit retour en arrière ; mon tout premier site n'était qu'une vitrine artistique, du même genre que le présent site si on lui enlevait la section Weblog. Les suivants ont été des (we)blogs, et ici se trouve la première réapparition des sections artistiques après l'échec de mon tout premier site.

À l'époque où j'ai lancé ce tout premier site, j'avais des prétensions artistiques démesurées. Je connaissais quelques « grands » artistes, et je rêvais d'avoir une place similaire ; je connaissais aussi plusieurs artistes moins « grands », dont la place semblait réalistement accessible. Évidemment, pour que ce soit réaliste, il faut un minimum de talent que je suis loin d'avoir, mais ça je ne l'ai découvert que par la suite.

Je rêvais de popularité artistique, de fans qui attendent avec impatience ma prochaine publication, qui s'inquiètent un peu lorsqu'elle tarde inhabituellement, qui font des critiques constructives quitte à être négatives, tout en me laissant percevoir leur soutien.

J'espérais plus réalistement peut-être quelques dizaines de personnes qui suivraient et commenteraient mes publications au fur et à mesure de leur sortie, et parmi elles quelques (genre un ou deux) artistes plus talentueux et/ou plus expérimentés que moi qui me donneraient des conseils avisés.

Ou quelque chose dans ce genre là quoi, juste pour vous donner une idée.

Autant dire que c'était un fiasco complet. Ce que je fais ne donne tout simplement même pas envie de regarder ce que j'ai fait d'autre, et encore moins de me suivre en attendant des nouveautés. À l'époque j'avais aussi une version du site en anglais, ce qui m'exposait du coup à plus de mondre (comprendre dans les 70-80 visiteurs par jour), sans pour autant en avoir beaucoup plus qui vont au delà de la première page rencontrée.

Mes prétendus « dessins », qui sont en réalité de l'image de synthèse (je ne sais rien faire sur du papier, en dehors des choses permises par la règle et/ou le compas), souffrent des problèmes typiques de ce genre : trop « froids » pour certains, trop dépouillés pour d'autres, trop artificiels pour d'autres encore (la vallée dérangeante des graphistes ?). Alors on peut certes s'extasier sur le côté technique, voire être impressionné par ma façon particulière de manier cette technique, mais ça ne rend pas moins laid le réstulat final.

Les histoires ne sont guère mieux loties : le public pour ce genre d'art se restreint de plus en plus au fur et à mesure que le culte de l'image avance et que la durée de concentration recule. Ceux qui restent malgré tout ça sont naturellement plus exigeants, et avec la pauvreté de la forme et la platitude du fond, mes écrits n'ont juste aucune chance.

J'avais le projet d'ajouter en plus ici une section pour le code (projet dont il este encore quelques traces par exemple dans ma page de présentation, section « Pourquoi ce site ? »), que je consdière être une forme sinon d'art, au moins d'artisanat tout aussi honorable. Mais j'ai beau connaître les tréfonds du Standard C, ça ne semble pas suffir pour produire du code intéressant. Et ce n'est pas sans une certaine tristesse mêlée de résignation que j'ai vu bapt réussir rapidement et spectaculairement là où je lutte depuis longtemps. J'imagine que c'est la même difference qu'entre connaître la Marelle et arpenter la Marelle (désolée pour ceux qui n'ont pas la référence au cycle d'Ambre).

Ce rappel historique étant fait, retour dans le présent, avec le site actuel. J'ai depuis eu le temps de me remettre de ce lamentable échec, et j'ai lancé ce site avec des sections artistiques, mais sans ambition ni espoir d'y voir un public. Du coup j'y accepte sans déception la rareté des visites et des commentaires sur cette partie du site. C'est là où je mets le résultat de mes créations, pour pouvoir de temps en temps y jeter un œil, ça ne sert qu'à moi et c'est juste par commodité technique que c'est publiquement disponible. Je touille ma merde toute seule dans mon coin, et tout le monde est content.

Cependant le rêve de popularité artistique que j'avais évoqué n'est manifestement pas mort. Pendant un instant j'ai confondu les blogs influents et populaires de la blogosphère avec les sites des « grands » artistes dont j'ai parlé. À l'évocation du premier, je me suis projetée dans le second, qui me fait encore et toujours envie.

Commentaires

1. Le mardi 1er décembre 2009 à 17:10, par FrnchFrgg :

C'est marrant, ça me fait penser à mes propres illusions: je me suis toujours comparé aux grands (ou moins grands) et ça fait toujours mal: je ne serai jamais médaille Fields, je n'espère même plus vraiment faire une percée et avoir des publications remarquées; je ne serai jamais brillant en piano, je n'espère même plus être suffisamment bon pour faire plaisir à des potes pendant un bœuf, etc...

Finalement, on n'a qu'à se contenter d'être des médiocres parasites... Mais je préfère ça que devenir un parasite professionnel, comme ces "bloggueurs influents" dont tu parles. Au passage, ils sont très rares ces bloggueurs influents qui le méritent réellement (genre maitre Eolas); la plupart brasse beaucoup de vent et beaucoup de hype -- skyblog kikoul Facebook -- ou alors s'auto-érigent en pseudo-expert d'un domaine -- comme Rob Enderle par exemple, dont l'audace et l'outrecuidance n'ont d'égales que son incompétence, et qui débite à la tronçonneuse des "white paper" et autres "tour d'horizon du marché" plus fumeux les uns que les autres.

Par contre, je les lis tes histoires, et je les apprécie. C'est souvent par à-coups, je les délaisse longtemps et je rattrape en une après-midi. Regarde tes logs, je n'accède pas à ce site par trente-six millions d'IPs.

Ambre, j'ai toujours trouvé que ça manquait de classe, en français. Marelle. Boarf. Par contre, merci de m'avoir fait découvrir le cycle d'Ambre en L3, j'ai vraiment adoré (en anglais). D'ailleurs, mon ordinateur principal s'appelle ambre (je donne à mes ordis des noms de lieux fantaisy/sf, il y a eu lothlorien, gaia, récemment babylon).

Ça me fait penser, babylon c'est ça: [http://images.google.com/images?q=studio+hybrid]. Pas mal, hein ? Évidemment, sensors de température et fan entièrement contrôlable sous Linux, du coup on ne l'entend plus du tout; consomme 35W en idle au lieu de 150 pour un fixe qui se respecte, a l'encombrement de 2/3 d'une ramette de 500 feuilles A4. La classe, quoi. Il sert à la fois de serveur allumé en permanence et d'ordinateur de bureau/salon (écran fixé en VESA au mur).

2. Le vendredi 4 décembre 2009 à 15:15, par un anonyme :

Je trouve ça dommage que tu mesures le succès artistique au succès d'un blog. Un blog artistique est une création bien particulière, qui peut avoir de la valeur, qui dans la plupart des cas se contente d'être une vitrine des créations d'un artiste, mais qui n'est pas lui-même l'objet principal de création. Le succès d'un blog implique un certain travail, souvent un concept venant s'ajouter à la création proprement dite.
Pour être bien clair, je dirais qu'il est bien possible que le succès rencontré par un blog artistique se révèle être le seul vrai succès de l'artiste, de même qu'il est possible qu'un succès artistique dans la vraie vie puisse ne pas se retrouver sur un blog (pour peu que ce blog n'apporte rien de plus, pas de concept, et que le travail artistique ne soit pas spécialement adapté au format blog basé sur des publications régulières et commentaires des lecteurs)

3. Le vendredi 4 décembre 2009 à 15:16, par Roman Age :

L'anonyme, c'est Roman Age! Le seul, le vrai.

5. Le samedi 5 décembre 2009 à 1:48, par un anonyme :

Maintenant c'est moi qui suis confus! Ce que j'appelle blog artistique, c'est tout simplement un blog que tu appelles un blog 'vitrine artistique', comme ton tout premier blog auquel tu fais référence, ou comme la section artistique de ce présent blog, ou comme mon blog...donc je pense que tu vois bien de quoi il s'agit. Mes références sont limitées en matière de blog, mais je peux aussi penser au blog musical de notre ami Giusepe...et en plus de ça, je connais personnellement deux graphistes/illustrateurs qui ont aussi leur blog, qui se contentent d'y mettre des travaux en cours ou terminés, avec quelques explications autour, et sans chercher bien loin à partir de ces deux blogs en question, je pourrais accéder à une bonne trentaine d'autre blogs du même type. Voilà ce que j'appelle 'blogs artistiques'. Mais il est vrai que selon moi, ces blogs sont dans l'ensemble assez inutiles, le mien y compris, avec généralement assez peu de lecteurs, comme tu dis le format blog se prête mal à la création.
En suivant tes liens, je peux voir que les 'grands' artistes dont tu parles sont font connaître sur des sites plateformes (je ne sais pas comment les appeler autrement, des sortes de forums en fait), fréquentés par d'autres artistes, et avec normalement une assez grande visiblité. Je comprends maintenant que c'était plus à ce type de sites que tu faisais référence quand tu envisageais (avec regrets) ton éventuelle popularité artistique.
Mais bon, je ne faisais pas trop la différence entre les deux de toutes façons, je faisais référence de façon plus générale à une popularité sur le web (quelle qu'elle soit), et finalement ce que j'ai dit dans mon dernier commentaire, je le maintiens, même si je ne pense pas que tu aies pensé le contraire : une popularité sur le web n'est pas équivalent à un succès dans la vraie vie, et inversement.

6. Le dimanche 6 décembre 2009 à 21:27, par W :

Moi j'aime bien tes histoires (Lame Noire par exemple), même si je ne laisse pas forcément de commentaire. C'est juste que ça me semble peu naturel de laisser un commentaire aussi peu constructif que "j'aime"/"j'aime pas", pas toujours facile d'argumenter "j'aime", et un peu triste de n'argumenter que "j'aime pas".

Cycle d'Ambre > Quand on ne connait pas, on (je) pense s/la Marelle/le chemin/g. (Arrête d'essayer de me frapper, frappe-moi !)

DivineError > Au moins toi tu ne participes pas à la dernière campagne marketing d'un gros producteur de software connu pour ses pratiques anti-concurrentielles.

Roman Age, ta confusion viens simplement de ce que ta définition de "blog" semble être plus large que celle de la plupart des gens. Les pages artistiques de ce site ne sont pas sous la forme d'un journal, elles ne sont même pas spécialement ordonnées, bref, elles sont distinctes de la partie blog sur laquelle nous nous trouvons.

7. Le lundi 7 décembre 2009 à 19:03, par Natacha :

Roman Age, il me semble que W a bien résumé le problème : pour moi, et j'imagine pour la plupart des gens, un weblog n'est pas la même chose qu'un site. Mon tout premier weblog était en fait mon deuxième site, et n'avait pas grand chose d'artistique dedans, et je crois que ce que tu désignes comme « [mon] tout premier blog » est en fait un site qui n'avait rien d'un weblog.

Un weblog, c'est la version « société de consommation » d'un site : c'est prévu pour contenir de l'information « jetable » à consommer sur place et qui périme rapidement. C'est pour ça que ça se prête mal au contenu artistique, parce que généralement les œuvres produites sont faites pour durer. Les archives d'un weblog sont très rarement utilisées, je n'ai mises ici que pour le look.

C'est comme ça que je distingue ce qui relève de la section Weblog de ce qui relève du site : le weblog contient l'actualité qui me concerne et surquel il n'y a pas d'intérêt à revenir. Par exemple Je m'aigris décrit ma situation du moment, qui est obsolète depuis longtemps ; et de la même façon si mon passage en mode texte vaut quelque chose maintenant, d'ici quelques mois ces réactions à chaud ne mériteront rien de plus que l'oubli, et suivant l'évolution des choses entretemps un article plus pérenne dans la section Écrits divers sera peut-être justifié.

À l'inverse, une « œuvre » comme Voyage en Hadès n'a rien perdu de sa force depuis sa conception il y a quatre ans. C'est pourquoi un classement thématique, comme sur ce site, est beaucoup plus pertinent qu'un classement chronologique, qui n'est là en petit dans un coin que pour les quelques habitués que ça intéresse. Et ça, c'est adapté à la présentation de créations artistiques, et ça permet de naviguer facilement d'une entrée à une autre, et ça incite beaucoup plus à la découvert exhaustive qu'un weblog.

Quant à la différence entre popularité sur le web et popularité réelle, je ne suis pas sûre que la différence soit si pertinente que ça. La seule différence majeure me semble être la quantité de public potentiel, vu que le web abolit les distances physiques (ça tombe bien, car nul n'est prohpète en son pays). Une image sublime sur un écran l'est tout autant en poster ou dans un musée (faut limitations techniques comme la résolutions).

W, c'est vrai que j'ai tendance à attribuer assez peu de valeur aux commentaires rapides et non-constructifs comme « j'aime » ou « j'aime pas ». Mais je crois que j'ai quelque part le besoin d'être rassurée sur la quantité de public que je touche, et autrefois je le comblais en suivant mes visiteurs dans les logs, mais depuis que j'ai arrêté cette pratique, il ne me reste plus que les commentaires pour imaginer si l'abandon de ces publications serait remarquée.

Pour ce qui est du chemin au lieu de la Marelle, ça fait retomber sur la citation originale de The Matrix. Lorsqu'on sait ce que représente le fait d'arpenter la Marelle, et les conséquences que ça a, par rapport à seulement la contempler, ça donne une toute autre profondeur à cette phrase. Dommage qu'arriver jusque là soit si élitiste. Et je désespère de trouver quelqu'un avec qui pousser la comparaison entre la beauté et l'initiation à la Marelle Brisée…

Quant à DivineError, j'arrive à apprécier ses images indépendemment du message qu'elles contiennent et des opinions de l'auteur, de la même façon que j'apprécie Carmina Burana. Mais de peur de subir le même jugement que lui, je vais peut-être retirer de ma pipeline une de mes images en cours (qui représentera un Beastie avec une faux à la place de la fourche, tenu de façon à symboliser le chiffre adapté, avec le texte « windows sept, c'est mouahahahaha »).

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  • Publié le 30 novembre 2009 à 9h52
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