Journal d'une apprentie motarde, leçon n°3

J'ai fait cette nouvelle leçon avec une paire de gants d'été en cuir, et l'amélioration du confort est flagrante par rapport à la leçon précédente, pour une météo à peu près équivalente (quelques degrés de plus mais avec beaucoup plus de vent).

Au niveau du casque, le tassement des mousses a l'air de se produire effectivement, et j'ai tenu un tout petit peu plus longtemps avant d'avoir trop mal aux oreilles et de devoir faire une pause, alors que j'avais en plus les lunettes de soleil.

Pour ce qui est de la leçon elle-même, j'ai commencé par cinq minutes d'« échauffement » à travailler la synchronisation des commandes lors des changements de vitesse, puis reprise du parcours rapide en mode pas si rapide que ça.

Les deux révélations majeures de cet exercice sont que je regarde trop le compteur de vitesse, alors qu'il faut plus le faire à l'oreille ; et que mon oreille n'est pas très bien étalonnée.

Et en vrai, c'est précisément parce que je n'ai aucune idée du bruit normal de ce moteur par rapport aux changements de rapport, et que j'essaye d'aller plus vite, que je regardais si souvent ledit compteur. Je n'étais cependant pas assez confrontationnelle pour essayer d'expliquer ça, et j'ai juste appliqué les consignes.

La vraie information, c'est que le bruit de ce moteur à 30 km/h au compteur en deuxième, c'est un fonctionnement tout à fait normal, alors qu'un moteur de voiture qui fait un bruit comme ça ne doit pas être loin de la zone rouge.

J'ai effectivement pu aller beaucoup plus vite, sans aucune trace de mini-panique comme la leçon précédente. Comme dit, 30 km/h en deuxième, et j'ai même atteint le même bruit moteur en troisième, ce qui devrait être autour de 40-50 km/h, mais je ne sais pas vraiment vu que j'ai sagement appliqué la consigne de ne plus regarder le compteur.

À la fin, je n'étais plus que face à la difficulté de se pencher suffisamment pour faire le slalom. Le 40-50 km/h évoqué était en ligne droite, en passant à côté de tous les plots, et même le 30 km/h en deuxième ne me permet pas de tourner assez serré pour passer les plots. J'ai pu aller à peine plus vite que la fois précédente en faisant correctement le slalom, mais ça n'atteignait pas 25 km/h.

Je me demande s'il y a des exercices à faire pour prendre confiance dans les virages serrés à « grande » vitesse.

Après avoir passé suffisamment de temps sur cet exercice rapide (je n'ai aucune idée de combien), j'ai commencé des morceaux de parcours lent.

D'abord une partie du slalom, à faire en ralenti première, pour apprendre à bien placer le regard. J'ai lu que le ralenti première n'est pas acceptable pour le vrai examen, mais je suppose que c'est pédagogiquement intéressant pour une débutante.

Et ensuite le demi-tour avec arrêt au milieu. Là encore, c'est sur six mètres de large, parait-il comme une rue normale, avec une zone assez étroite au milieu dans laquelle la roue avant doit se situer.

Je suppose que ce serait utile si on veut faire demi-tour lorsque quelqu'un arrive en face, pour le laisser passer et repartir derrière lui ; mais le geste est utile aussi pour tous les démarrages en tournant fortement, comme à 90 degrés après un stop ou un feu.

Le point pédagogiquement intéressant, c'est que pour faire ce quart de tour en trois mètres de large, il faut tenir le point de patinage pendant tout le virage, avec le guidon en butée ou presque. La position n'est pas naturelle, et ça a un impact non-négligeable sur la prise des leviers, et donc les gestes du maintien du point de patinage. Et du coup, l'exercice est complètement différent vers la droite ou vers la gauche.

Il y a quelque chose d'intéressant dans ma relation avec ces différents types d'exercices :

Je ne me souviens plus exactement quand, et c'était peut-être à la leçon précédente, mais j'ai aussi trouvé un aperçu d'un éventuel futur goût pour la moto pour de vrai (par opposition à ce que j'ai pu imaginer jusqu'à présent). C'est encore mineur et diffus, mais c'est la croissance de cette étincelle qui déterminera si la moto aura une place durable dans ma vie ou si je range tout au placard après avoir fini mes leçons.

Dans la même ligne, sur les trajets que j'ai faits comme passagère entre la moto-école et le plateau, j'étais sur la 125 pour l'évaluation, sur la 700 pour la leçon suivante et pour l'aller de celle-ci, et sur 125 pour le retour de la présente leçon. J'ai été impressionnée par la différence de ressenti entre l'aller et le retour ; j'ai du mal à mettre des mots dessus, mais il y a une part de confort et une part de cette étincelle.

Ça me donne l'impression que j'ai maintenant un ressenti à mettre en face des mots des différentes personnes sceptiques quand j'envisageais la possibilité de me lancer après le permis sur une 125, car à ce moment mon utilisation principale risque d'être les trajets vers le boulot, en ville de bout en bout.

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  • Publié le 28 avril 2019 à 17h37
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