Journal d'une apprentie motarde, leçon n°7

La particularité de cette leçon est que pour la première fois j'étais significativement fatiguée. Ce n'est pas bien du tout de conduire fatigué, et c'est une cause majeure d'accident, qui joue dans la même cour que la vitesse et l'alcool, et la seule saison pour laquelle ce n'est pas réprimé comme l'alcoolémie et l'excès de vitesse est parce qu'on n'a pas de moyen de la mesurer objectivement.

Cela étant, ce n'est pas évident non plus de détecter subjectivement la fatigue, surtout dans une activité aussi stressante et mentalement exigeante que la conduite. Du coup, quitte à expérimenter la conduite fatiguée, je préfère que ce soit (majoritairement) sur une piste hors circulation et sous la surveillance de moniteurs expérimentés.

D'ailleurs le résultat est assez subtil, j'ai plutôt l'impression d'avoir réussi à correctement puiser dans mes réserves et ne presque pas avoir perdu ; je suppose que c'est ça le fameux « bon stress ». C'est intéressant pour le presque, et ça me laisse un tout petit peu inquiète sur la possibilité que ce soit bien pire que mon estimation mais que j'aie perdu en premier la méta-capacité de m'en rendre compte. J'espère que l'encadrement me l'aurait dit si c'était le cas, mais ça ne lève pas complètement le doute.

Sur le programme, ça a devient un peu la routine : aller jusqu'au plateau, et j'ai maintenant l'impression de pouvoir le faire aussi bien à froid ; vérifications orales sur la moto, et reprise du parcours lent, où j'avais perdu une bonne partie des progrès de la leçon précédente.

Et puis à un moment où j'en avais marre de me battre, j'ai fait un passage sans me soucier de l'accélérateur, en composant uniquement avec l'embrayage et le frein arrière. Consciemment j'étais au ralenti, mais je ne peux pas exclure des mouvements pour donner un peu de puissance, vu que cette commande est assimilée depuis longtemps. Au moins, j'étais loin du chant du moteur à 2500 tours/minute en continu.

Bref, j'avais pris comme « un coup pour rien » pour se changer les idées, de faire au ralenti moteur (quoiqu'avec contrôle de l'embrayage et du frein) un exercice spécialement construit pour démontrer qu'on a une maîtrise supérieure au simple ralenti première (sans autre commande).

J'ai donc été surprise par les félicitations des formateurs, et j'ai dû répondre quelque chose comme « ben non, j'ai triché ». S'en sont suivies des explications sur le fait que je peux faire absolument comme je veux tant que je respecte le parcours et que je tiens en équilibre. De ce que j'en retire, le régime moteur aide l'équilibre (par un effet gyroscopique ou pseudogyroscopique), et réduit les risques de caler ; mais si mon sens de l'équilibre et ma maîtrise de l'embrayage n'ont pas besoin d'autant d'aide, je n'ai pas de contrainte sur le régime moteur.

Et tout d'un coup, ce début de parcours lent est devenu beaucoup beaucoup plus facile pour moi. Il paraît que quand j'étais chronométrée en cachette j'étais encore un peu trop rapide, mais il suffirait de faire plus d'effort dans la ligne droite du « tunnel » pour avoir la note maximale.

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  • Publié le 9 juin 2019 à 19h13
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