Journal d'une apprentie motarde, leçon n°5

Il y a eu énormément de nouveautés dans cette leçon.

D'abord, j'ai eu de la pluie, pour la première fois depuis que j'ai commencé les leçons. Je n'ai pas (encore) de pantalon de pluie, et autant dire que ça mouille bien, surtout lorsque je me fais dépasser sur l'autoroute…

Ensuite, le pantalon : j'ai acheté un jean's de moto, avec des protections aux genoux, et une technologie anti-abrasion et anti-brûlure qui le rendent plus épais et plus rigide. Du coup, la pluie était loin d'être aussi désagréable qu'avec un jean's (de femme) normal. Je ne sais pas s'il y a quelque chose fait exprès pour, ou si c'est une simple conséquence de son épaisseur. En revanche, les bottes ont bien accumulé l'eau, même des heures après la fin de l'averse.

Et aussi, la moto. Je ne sais pas exactement sur quels critères c'est décidé, mais le fait d'avoir été jugée prête à utiliser la 125 sur route coïncide avec avoir été jugée prête à monter sur la 700. Du coup une fois arrivée au plateau, j'ai eu des explications sur les quelques différences avec la 125, et je suis partie faire des tours de piste pour me familiariser avec la manipulation des commandes.

De prime abord, j'ai été marquée par le poids de l'engin, et par la largeur du réservoir, et du coup à quel point je devais écarter les cuisses dans la position de conduite normale.

Ensuite, je ne sais pas trop comment l'expliquer, bien que les commandes sont au même endroit, tout est subtilement différent, au point de casser l'assimilation que j'en avais.

En particulier, le frein arrière a beaucoup moins d'effet, et le point mort, que je trouvais presque impossible à atteindre sur la 125, est trop facile à enclencher. Un bon nombre de mes tentatives de rétrograder de la deuxième vers la première se sont finies au point mort, ce qui ne fait pas du tout l'effet escompté.

Quand j'en ai eu marre de juste changer les vitesses avec plus moins de succès, j'ai essayé la combinaison de l'accélérateur, de l'embrayage, et du frein arrière, comme pour le parcours lent, mais je n'ai pas vraiment pu descendre en dessous de 10 km/h, plus que le ralenti première.

À l'inverse, j'ai essayé aussi de monter en vitesse, et j'ai été un peu surprise de la facilité avec laquelle j'ai atteint plus de 55 km/h au compteur, alors qu'il n'y a pas si longtemps j'étais au bord de la panique à 25 km/h…

Ensuite j'ai eu droit à l'exercice du demi-tour sans arrêt, cette fois avec deux cônes entre lesquels faire des tours ou des huit.

Comme la moto doit pencher pour tourner, et que cette moto est beaucoup plus lourde, déplacer le corps pour équilibrer est indispensable.

C'est à cette occasion que j'ai fait ma toute première chute à moto, peut-être pour avoir touché au frein avant, mais je crois plutôt que c'était bêtement un réflexe de rééquilibrage que je n'ai pas pu rattraper.

J'ai été particulièrement impressionnée par mes bottes, ou au moins ma botte gauche, sur laquelle reposait la moto, mon pied coincé à la verticale. Je ne sais pas trop ce que ça aurait donné avec des chaussures normales…

J'ai essayé de la relever toute seule, je sais comment faire en théorie, mais je n'ai pas réussi à bien le faire avant d'être secourue par un condisciple.

J'ai encore continué les demi-tours pendant un bon bout de temps. Lorsque j'ai compris que les demi-tours ratés à cause d'une envie irrésistible de poser le pied intérieur à terre n'étaient pas dus à un manque de contrôle de l'équilibre, mais au fait de ne pas avoir assez fait contrepoids, mes progrès ont été flagrants, même si je n'arrivais toujours pas à faire reproductiblement des tours-et-demi, probablement à cause d'une mauvaise gestion du regard.

Ensuite j'ai été formellement présentée à la technique du parcours lent, mais pas à base de patinage continu, plutôt à base d'alternance entre patinage freiné et ajout de gaz en embrayant un peu sans trop de frein. Du coup je ne sais pas trop s'il s'agit de deux techniques différentes, ou deux aspects de la même technique, ou deux approches pédagogiques de la même technique ; et mes lectures et recherches YouTube n'ont pas vraiment donné de réponse satisfaisante.

J'ai sincèrement essayé de faire comme expliqué ce jour-là, en retombant régulièrement dans le triplet patinage gaz et frein arrière, plus rapide que le ralenti première, comme au début de la leçon et dans mes leçons précédentes.

Et puis à moment quelque chose s'est aligné dans ma tête, et j'ai pu aller tout doucement, sans comprendre exactement par quelle technique, mais il y a assez peu de gaz, moins que les 2000 à 3000 tours/minute recommandés un peu partout sur internet, mais manifestement il y en avait suffisamment pour ne pas caler et rester en équilibre.

Pour finir, j'ai passé un petit peu de temps à préparer le freinage d'urgence, qui consiste en un aller en ligne droite, un demi-tour, puis monter à au moins 50 km/h, freiner après une ligne au sol en s'arrêtant avant une autre. Il m'a fallu plusieurs essais pour trouver la bonne coordination entre les freins avant et arrière, mais ce que j'ai fait sur la fin avait l'air de satisfaire l'encadrement, même si n'essayais pas encore d'atteindre la vitesse minimale imposée par l'épreuve.

Encore une fois, je ne sais pas trop sur quels critères, mais j'ai été jugée apte à faire le retour du plateau toute seule sur la 700.

Et encore une fois, j'ai trouvé flagrante la différence de confort avec la 125. Il y a quelque chose dans la manipulation des commandes que je préfère de loin, malgré ma relativement mauvaise maîtrise.

Cela dit, j'ai quand même réussi à caler à un feu vert… Il est passé vert peu avant que j'arrive à sa hauteur, j'ai voulu faire une reprise en première, et je suis tombée sur le point mort, et j'ai mal géré la suite.

Un peu plus tard, je me suis retrouvée à un feu à côté d'un immense 4x4. Un peu plus loin, au milieu d'une petite rue (de probablement six mètres de large, j'attendais pour tourner à gauche, et ledit 4x4 m'a doublée par la droite au moment même où un scooter doublait une voiture dans l'autre sens juste à ma hauteur. Je crois que si ça avait été un rien plus long, je serais tombée dans une mini-panique comme la fois où ça allait trop vite pour moi.

Je n'avais pas encore récupéré tous mes moyens quand il a fallu ramener la moto dans le garage, et je n'ai pas pu faire de démarrage en descente, en commençant avec la roue avant bloquée, sans tomber une deuxième fois, et échouer à nouveau le redressement en solo.

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  • Publié le 26 mai 2019 à 18h37
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