Le Serpent de Feu, de Fabrice Bourland

C'est une histoire qui commence par un méga fail.

Au cours de la dernière douzaine d'années, il est arrivé plusieurs fois qu'en discutant avec un(e) ami(e) on arrive à la conclusion qu'il y a tel livre qui est super bien et qui a de grandes chances de me plaire, et que son propriétaire me sorte ce livre pour que je reparte avec. Et en général, il me plaît effectivement beaucoup, et je finis par le rendre.

C'est ce qu'il s'est passé par exemple avec les Fourmis, les trois The Digital Photography Book, Understanding Exposure, etc.

À chaque fois, c'était un tas de papier et de colle (avec un peu d'encre aussi, d'accord) qui a transité d'une étagère à un sac.

Et puis récemment, la même situation a failli se reproduire, mais sans papier, car le livre en question était numérique, et nous possédions tous deux une liseuse numérique.

Ah, qu'il est loin le temps où le Progrès technique était systématiquement une bonne chose, où il rendait tout plus facile et où il était censé conduire l'humanité vers le bonheur ultime !

Après moult jurons et explétifs à choquer un charretier, nous en sommes arrivés à juste déplomber le fichier pour en finir avec tout ça. Et ensuite ça m'a beaucoup plu, mais je n'ai rien rendu.

Je ne me souviens plus trop comment j'en étais arrivée à étiqueter ce livre « policier steampunk », mais c'est à peu près tout ce qu'il me restait a priori lorsque je l'ai commencé. Il est effectivement plutôt policier, même s'il ne me semble pas tout à fait construit comme un policier. Par contre, pas du tout steampunk. Déjà 1937, c'est 'achement tard pour du steampunk, et les faits décrits sont franchement fantastiques.

Mais en même temps, j'ai beaucoup aimé l'avoir abordé avec un a priori steampunk, donc réaliste dans une certaine mesure. Du coup lorsqu'un personnage parle de spiritisme et d'autres thèmes du même acabit, je suis aussi sceptique que face à quelqu'un qui m'en parlerait en vrai. J'ai donc abordé une histoire fantastique sans ma suspension de l'incrédulité habituelle devant du fantastique. Les rebondissements et le dévoilement du pan fantastique en ont été d'autant plus frappants, inattendus, et ainsi agréables.

J'ai aussi beaucoup l'effet produit par les interventions « de l'éditeur » qui semble publier l'histoire écrite par le narrateur en la considérant comme authentique. Je ne sais pas combien il y a du vrai éditeur et du vrai auteur dans tout ça, mais j'ai bien aimé l'effet autant pour lui-même que pour sa contribution au point précédent.

Enfin j'ai aussi apprécié l'ancrage historique de l'histoire, dans l'Angleterre de mai 1937. C'est bien détaillé et documenté (pour ce que j'en sais). Cependant au moment de la lecture j'ai quand même éprouvé le malaise habituel quand une fiction semble décrire un pan de la réalité historique : je ne sais jamais combien est fictif, et s'il n'y a pas des arrangements avec la réalité historique (pour ce qu'on en sait) au profit de l'histoire. Ça ne semble pas être le cas, mais c'est difficile à juger sans accès internet au moment de la lecture.

Donc je salue le travail de documentation fait par l'auteur, mais j'aurais quand même préféré être dans un monde totalement fictif, ou être d'une façon ou d'une autre prévenue de ce qui relève de la vraie réalité bien d'chez nous et de ce qui relève de la fiction.

Bon en dehors de ça, j'ai bien aimé l'intrigue et les rebondissements et les personnages et tout, mais je n'ai pas tellement de mots pour en parler, donc j'aime bien mais ça n'étaye pas une critique.

Ce livre semble faire partie d'une série, qui reprend les mêmes détectives privés dans d'autres aventures. La lecture de ce livre me donne vraiment envie de m'acheter le reste de la série.

Par contre, la façon dont ma relation avec ce livre (et la présente critique) a commencé renforce violemment mes sentiments négatifs envers les DRM, et plus particulièrement sur les livres. Donc malgré tout le plaisir littéraire que j'espère trouver dans la lecture de cette série, il est hors de question que je « vote avec mon portefeuille » en faveur d'un livre DRMisé. Comme cette série ne semble disponible qu'avec DRM, et comme j'ai déjà largement assez de livres en papier pour remplir toutes les occasions que j'ai pour lire du papier pendant un bon moment, je vais simplement me passer de cette série.

Et du coup, je ne vais aucunement contribuer financièrement aux résultats de l'auteur ou de son éditeur. Exactement comme si ça avait été un livre en papier que je n'avais du tout aimé (et rendu).

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  • Publié le 7 avril 2013 à 21h23
  • Dernière modification le 22 mars 2013 à 13h03
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