Autiste !

Imaginez, dans un cadre professionnel un buffet prétenduement pour 150 personnes. Je n'ai absoluement aucune idée de l'ordre de grandeur de la taille d'une foule quand j'en vois une, donc partons sur 150 personnes.

Ça doit bien générer plusieurs dizaines de conversations indépendantes. Il ne me semble pas déraisonnable de penser que toutes ces conversations ont été commencées par quelqu'un. Mais du coup, à chaque instant, on doit quand même avoir plus de la moitié de tous ces gens qui participent à une conversation qu'ils n'ont pas commencée.

Par conséquent, je crois qu'on peut facilement imaginer que quelqu'un qui a une vie sociale épanouïe puisse continuer à vivre une telle vie sociale sans jamais commencer de conversation au cours de cet évènement.

À partir de là, je ne vois rien qui puisse empêcher quelqu'un qui a des difficultés à engager une conversation de vivre une vie sociale à peu près normale au cours d'un évènement de ce genre.

Je crois que j'ai profondément raté quelque chose dans mon existence pour ne pas avoir eu droit au moindre contact humain pendant tout cet évènement, en dehors de ma demande d'un jus à un préposé payé pour ça et d'un signe de tête lointain d'une personne qui m'a reconnue.

Quelque chose de tellement raté que je doute que ce soit réparable.

Et puis le bouquet final : imaginez que vous êtes tranquillement devant un bâtiment pour une raison ou pour une autre (par exemple, une pause cigarette), en train de pester intérieurement contre la pollution sonore de la rue juste à côté et des travaux à base de scie et de coups de marteaux. Et là, y a une Nat' qui en sort et qui marque un temps avant de lâcher : « Aaah, le silence… »

La solitude appelle le silence, et des dizaines de conversations simultanées dans un espace confiné, ça fait du mal à des pauvres oreilles habituées au silence.

Commentaires

1. Le mercredi 28 janvier 2009 à 17:15, par Bapt :

voila un commentaire

2. Le mercredi 28 janvier 2009 à 17:28, par Natacha :

C'est bon, j'ai compris, je saoule trop tout le monde à vouloir des commentaires en plus de gens qui visitent mon site. Je ne recommencerai plus, promis…

3. Le jeudi 29 janvier 2009 à 0:34, par W :

Tient, j'ai dû rater le même quelque chose dans mon existence.

4. Le jeudi 29 janvier 2009 à 16:15, par Keeh :

Si c'était aussi simple ...
Je n'ai jamais réussi à "survivre" à ce genre d'événement.

5. Le mercredi 11 février 2009 à 17:53, par RomanAge :

Je viens de penser a une chose, aujourd'hui, en repensant a cet article. On est bien d'accord que ne pas engager une conversation ne devrait pas empecher de vivre une vie sociale normale, comme nous le montrent une majorite des personnes de ce buffet qui en toute vraissemblance n'ont pas engage la conversation a laquelle ils participent.
Se contenter de participer a une conversation parait plus facile que d'en commencer une, mais est-ce vraiment comme ca? Repondre par oui ou non n'est effectivement pas tres difficile, mais vraiment participer, c'est etre interessé, il faut pour cela un sentiment honnete d'implication, qui ne peut pas voir le jour si la conversation est ennuyeuse, ou pas drole alors qu'elle est censée l'etre (pour soi-meme je veux dire, apres si les autres ont des choses a dire c'est certainement qu'is y trouvent un interet).
Dans ces conditions, etre la personne qui commence une conversation, qui nous tient a coeur, meme si cela implique une certaine prise de risque, est certainement plus facile et plus naturel que de se contenter de participer.

6. Le mercredi 11 février 2009 à 21:28, par W :

RomanAge > Je ne pense pas que la démonstration soit à prendre au premier degré (bien qu'elle soit juste) : entre "avoir des difficultés à engager une conversation" et ne pas pouvoir "vivre une vie sociale à peu près normale au cours d'un évènement de ce genre", il n'y a bien sûr pas de rapport de cause à effet, mais plutôt une cause commune.
C'est-à-dire que s'il n'est pas nécessaire d'engager une conversation, les alternatives, connaître d'avance une personne qui saura et voudra engager la conversation si on va simplement la saluer par exemple, ne sont pas beaucoup moins "difficiles".

Concernant la capacité à engager une conversation, on peut trouver des astuces pour, mais elles ne suppriment pas miraculeusement la timidité ou le manque d'intérêt pour ce qu'on s'imagine d'une conversation qui aurait une chance de se produire.
Une solution pas parfaite mais relativement confortable reste d'assumer ce "raté" en le transformant en choix de préférer la qualité à la quantité (et variations sur ce thème).

7. Le mercredi 18 février 2009 à 15:53, par Natacha :

RomanAge, en ce qui me concerne, commencer une conversation est monstrueusement plus difficile qu'y participer, même avec la définition forte de « participer » que tu proposes. Il y a la timidité, la peur de déranger, la gêne de « forcer » l'autre à subir ma conversation (que ce soit par politesse, par convention, ou pour une autre raison). Et si personne ne se donne la peine d'engager la conversation avec moi, ce n'est peut-être pas pour rien ? Je suis peut-être effectivement chiante et inintéressante, et dans ce cas je rendrai service à tout le monde en restant coite.

W, tu me semble avoir mieux compris le problème. Quant à la solution que tu proposes, j'ai peur d'être trop lucide, trop désespérment seule, et trop « en manque » de relations sociales pour y recourir.

8. Le jeudi 19 février 2009 à 3:25, par RomanAge  :

En realité je pense que ces deux choses (engager et participer) sont exactement les memes, elles se rejoignent continuellement dans une conversation, alors autant ne pas faire la difference.

Mais tu as bien dit que "commencer une conversation est monstrueusement plus difficile qu'y participer", donc tu n'es clairement pas d'accord avec ce que je viens de dire, et je respecte, mon but n'est pas de te prouver que j'ai raison, parce que c'est toi qui sait ce dont tu te sens capable de faire, j'essayais juste de voir le probleme sous un autre angle: dans la mesure ou meme la chose qui te semble la plus facile des deux te parait actuellement impossible, peut-etre pourrais-tu essayer la chose qui te semble la plus difficile (et a plus forte raison s'il n'y avait en fait aucune difference entre les deux).
Je m'arreterai la sur ce sujet.

9. Le jeudi 19 février 2009 à 20:42, par W :

J'avoue que la solution que je te propose ne me pose personnellement pas de problèmes de lucidité ou de cohérence, vu que j'ai tendance à considérer le contact humain comme un moyen de communication comme un autre...

Ne pourrais-tu pas extraire de ton envie de ce contact des façons d'entamer une conversation ? Par exemple, si écouter quelqu'un te raconter sa vie est un contact satisfaisant, tu peux y arriver par des questions relativement banales (là le risque de déranger est minime, quand même).
Si le problème est plutôt d'aborder quelqu'un que tu ne connais pas dans le genre d'évènement que tu décris, une astuce "meta" du genre « Bonjour, je vois que tu es tout seul; moi aussi. » pourrait peut-être aider.

Une autre idée : En Île-de-France, des install-parties se déroulent régulièrement. Je pense que ça doit être assez rare que les organisateurs refusent de l'aide. Tu peux donc assez facilement te retrouver à installer un unix-like libre et à apprendre à s'en servir à une personne qui en sera probablement ravie puisqu'elle sera venue pour ça. Qu'en dis-tu ?

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  • Publié le 27 janvier 2009 à 18h01
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