Appel à témoin (pour un GPS)

Contexte

Mon sens de l'orientation est catastrophiquement mauvais. Même plus mauvais que le hasard. Oui, on a plus de chances d'aller dans la bonne direction en prenant l'opposé de celle qui me semble être la bonne, ce qui veut dire que l'information est là, quelque part. Enfin ça c'était avant que j'essaye de corriger ça, et du coup je ne suis pas sûre d'y avoir vraiment gagné.

Bref, ça fait depuis quelques décennies que je fais en sorte d'avoir à portée de main au moins une carte de mes environs. Mais une carte seule est souvent insuffisante, à plus forte raison lorsqu'elle est rangée chez moi et que c'est justement chez moi que je cherche à atteinre. Il faut aussi retrouver où on est sur la carte, et dans quel sens l'orienter.

Un gadget permet d'obtenir utilement ces trois informations : un récepteur GPS. J'avais donc pendant longtemps dans ma wishlist un GPS adapté à mon quotidien piéton (par exemple, un GPS de randonnée).

Et puis j'ai commencé à utiliser un smartphone, d'abord pour des raisons professionnelles, et j'ai trouvé que ça remplissait finalement assez bien cette fonction.

Jusqu'à hier, les points de mécontentement étaient assez mineurs pour vivre avec :

Et puis hier, un nouveau gros point de mécontentement est venu s'ajouter a cette liste : il suffit littéralement de deux gouttes d'eau sur l'écran tactile capacitif pour qu'il devienne inutilisable. Et comme il s'agit de la seule interface disponible, c'est extrêmement handicapant lorsqu'il pleut ou qu'il neige.

Or ce sont justement ces situations météorologiques qui font que j'ai besoin d'un GPS, parce que tous les bus sont annulés et que je suis échouée à un endroit d'où je ne connais aucun chemin piéton, et que ces conditions font que j'ai vraiment envie de suivre un trajet à peu près optimal (sans me perdre, quoi).

Du coup l'envie de GPS piéton est devenue tellement forte que j'ai commencé une étude de marché sérieuse, au point même d'aller polluer le blog de David Madore avec mes commentaires. J'appelle par ce billet la contribution de mon lectorat adoré, quoique clairsemé.

Cahier des charges

Parcours de cartes

De la même façon que mon liseur me permet d'avoir toujours dans mon sac à main un grand nombre de livre, j'attends du gadget dont il est question ici qu'il contienne et qu'il affiche un bon nombre de cartes, que j'aurais préalablement sélectionnées.

Évidemment, je veux les avantages qui vont avec le numérique, à savoir une gamme raisonnable d'échelles, et les annotations qui s'y transposent correctement.

Je veux me passer de connexion GSM, donc il faut que ces cartes soient préchargeables, et il faut que je puisse le faire à partir de mon ordinateur personnel sous mon système d'exploitation préféré, FreeBSD

Ce n'est pas forcément évident, mais toute carte en papier qui se respecte contient un index des rues, de la même façon l'appareil doit être capable au moins de sélectionner une rue donnée, de préférence poser un marqueur à une adresse donnée.

Enfin il me semble indispensable que le système de chargement de cartes soit pérenne, c'est-à-dire en particulier qu'il survive à la faillite du fabriquant (alors que Google Maps ne peut pas en dire autant). Idéalement il faudrait pouvoir utiliser les données d'OpenStreetMap, au besoin en les convertissant (à condition que l'outil de conversion fonctionne sur mon ordinateur personnel sous mon système d'exploitation préféré).

« Vous êtes ici », et « vous regardez par là »

Comme je le disais dans mon introduction, une carte c'est bien, mais dans la quantité incroyable de localités fâchées avec les plaques de noms de rues, un récepteur GPS pour indiquer la position actuelle sur la carte est d'une aide phénoménale.

Je ne sais pas à quel point les compas numériques sont fiables, mais avoir une idée du sens dans lequel prendre une rue est également très utile.

Robustesse

Ça a l'air con dit comme ça, mais l'appareil doit être utilisable aussi sous la pluie ou sous la neige. Donc pas d'écran tactile capacitif (ou alors avec une technologie plus adaptée aux conditions extérieurs que mon téléphone, mais je soupçonne que ce soit une limitation intrinsèque à la technologie).

Si possible, la navigation

J'ai hérité de mon père la méthode de navigation « à la règle » : tracer une ligne droite du point de départ au point d'arriver, et suivre les routes qui s'approchent le plus de cette ligne.

Ce n'est évidemment pas toujours idéal en voiture, parce que différentes voies permettent différentes vitesses, de sorte qu'un détour par une voie plus rapide peut se révéler plus long en distance mais plus court en temps (et même parfois plus économique en carburant, en passant plus de temps autour du couple maximal du moteur). Mais pour un piéton en ville, ça suffit largement.

Donc ce serait bien si l'appareil pouvait au moins tracer une ligne du point courant à un point de destination préalablement entré, de façon à pouvoir faire un zoom sur les routes locales tout en visualisant la direction générale de la destination.

Idéalement l'appareil serait capable de m'optimiser un itinéraire piéton, quitte à se restreindre aux routes, parce qu'en milieu urbain les non-routes sont généralement des bâtiments impossibles ou inconfortables à traverser.

Le superflux bienvenu

Autant les critères précédents sont des conditions sine qua non à l'achat d'un GPS, autant ceux de cette section sont des petits plus dont je saurais me passer sans problème, mais qui seraient bienvenus, et pourrait le cas échéant départager des modèles qui satisfont à toutes les contraintes fortes.

Conclusion

Les GPS de randonnée ont l'air de pouvoir remplir parfaitement mon cahier des charges, même si c'est une utilisation détournée de leur fonction première.

Cela dit, j'ai déjà une utilisation urbaine de chaussures de randonnées et je soupçonne que dans les deux cas j'utilise(rais) activement une bonne partie de leurs caractéristiques « de randonnée ».

Et dans deux cas, lorsqu'il m'arrive de faire de la vraie randonnée, j'ai éprouvé l'équipement adéquat.

La série des GPS Garmin eTrex, comme celui de David Madore ont l'air d'être de bons candidats. Je ne peux cependant m'empêcher de chercher s'il n'y aurait pas mieux et/ou moins cher ailleurs.

Auriez-vous des modèles à recommander ?

Sauriez-vous où (chez qui) trouver des démonstrations, pour me faire ma propre idée sur les interfaces ?

Voyez-vous des critères ou des ponts importants que j'aurais oubliés ?

Commentaires

1. Le jeudi 14 mars 2013 à 0:13, par k :

Mazette !!
Point de GPS et ose l'aventure dans une ville inconnue. C'est là, une belle façon de la découvrir. Une fois lassée, le jeu est ensuite de se retrouver.

Ah mais je crois que ce n'est pas du tout la réponse que tu attendais. Oups. Mais je voulais marquer mon passage et te saluer.

Je ne puis t'aider, me servant uniquement du GPS de mon smartphone en France et même à l'étranger. Oui Madame, point besoin de data pour se servir d'un GPS. Il suffit d'une petite application (au hasard la merveilleuse "OruxMpas"), de télécharger les cartes (pleins de choix possibles) en WiFi à l'hôtel ou avant de partir et hop le tour est joué (mais oui ça consomme sa part de batterie et il faut investir dans un parapluie).

J'espère que d'autres réponses seront plus constructives que la mienne (désolé :o)

2. Le jeudi 14 mars 2013 à 0:13, par ChrisJ :

J'ai depuis bientôt 4 ans un Garmin Oregon 300 qui semble correspondre assez précisément à tes besoins. La gamme Dakota doit être similaire.

Je l'utilise régulièrement en randonnée et en ville. Il m'a servi de carte principale pour visiter des villes à l'étranger, Istanbul par exemple. Ponctuellement je l'ai même utilisé en voiture. J'utilise toujours les cartes OpenStreetMap. C'est un "mass storage device" USB, donc compatible tous systèmes. Ajouter de la carto, c'est copier un fichier. Récupérer une trace, c'est copier un fichier.

3. Le vendredi 15 mars 2013 à 11:54, par Natacha :

K, quel plaisir de te retrouver ici et de savoir que tu suis encore ces pages \o/ As-tu repris un blog ou es-tu encore en mode « sous-marin » ?

Ton premier paragraphe n'est effectivement pas du tout ce que j'attendais, parce que je n'ai pas spécialement de problème pour oser l'aventure, à condition que la ville en question me semble valoir la peine d'être découverte (ce qui n'est pas le cas de cette banlieue parisienne), que les conditions météorologiques ne soient pas trop défavorables, que je ne sois pas entourée d'un nombre suffisant d'abrutis pour faire hurler mon agoraphobie, et que je n'aie pas d'engagement horaire incompatible avec le temps passé dans l'aventure (j'ai horreur de manquer à ma parole).

En fait, je veux juste pouvoir choisir d'oser l'aventure ou pas.

Merci pour « OruxMaps », je vais y jeter un œil, ça peut être pratique même si ça ne satisfait pas complètement mon cahier des charges. Deux cartes c'est toujours plus fiable qu'une seule.

Par contre pour le parapluie, le problème n'est pas l'investissement en lui-même, mais l'encombrement. Je n'ai pas vu de GPS autonome qui soit plus encombrant qu'un parapluie (en supposant que je trimballe le smartfaune dans les deux cas, même si le GPS autonome permet plus facilement de passer à un faune moins poilu, comme le Samsung B2100 déjà évoqué).

ChrisJ, mille mercis pour ton témoignage, c'est exactement ce que je cherchais \o/

Par contre je suis un peu inquiète par les commentaires du billet que tu as lié : « toutes les cartes issues d'OpenStreetMap ne sont pas [routables] ». Est-ce que ça veut dire que même la fonction de poser un point connaissant son adresse, évoquée dans le tout premier du cahier des charges, n'existe pas ? Quid de la quantité de guides dénichés par Google pour faire une "routable map" ? Ou ne parles-tu que des cartes préfabriquées directement téléchargeables, et non de celles construites soi-même ? Ou bien ai-je mal appréhendé le concept de « routage » ?

En supposant qu'il n'y ait là rien de rédhibitoire, je me retrouve donc avec des opinions en faveur de Garmin, largement soutenues par les forums que j'ai trouvés dans ma bulle Google, avec le choix entre Oregon/Dakota et eTrex, qui semble se résumer à tactile ou pas tactile (quoique l'eTrex prétende avoir une autonomie plus grande, et est moins encombrant, mais a un écran plus petit).

L'écran tactile semble être résistif, à voir les témoignages parlant de stylet, j'imagine donc qu'il résiste mieux aux éléments que mon téléphone. Je n'arrive cependant pas à déterminer si l'écran tactile rend l'appareil intrinsèquement moins robuste et/ou moins utilisable au soleil. Une idée là dessus ?

Sinon ça reste au niveau de l'interface, j'ai du mal à imaginer les conséquences exactes de l'orientation tactile ou joystick. Je suppose qu'il faudra que je trouve un moyen de les tripoter en vrai pour me faire une idée. Cela dit j'ai lu quelque part des histoires de ne pas oublier de verrouiller l'écran tactile lorsqu'on porte l'appareil autour du cou ou à la dragonne, ce qui annihile l'a priori positif que j'aurais pu avoir envers une interface tactile.

D'autres réactions à partir de là ?

4. Le dimanche 17 mars 2013 à 11:33, par ChrisJ :

"Routable" signifie qu'il y a les bonnes structures de données pour faire de la planification d'itinéraire. Je voulais dire que certaines cartes sont routables, mais pas toutes. Ça dépend de la méthode de génération, des options... Tu peux générer des cartes toi-même en utilisant mkgmap et des données OSM, ou bien utiliser des services en ligne. J'utilise maintenant http://garmin.openstreetmap.nl/ : ce sont des cartes routables, et la recherche d'adresse fonctionne correctement.

L'écran est lisible aussi bien dans l'obscurité (avec le rétroéclairage, à LED je crois) qu'en plein soleil (rétroéclairage coupé). En pratique en plein soleil on ne voit aucune différence entre rétroéclairage coupé totalement et rétroéclairage à fond. Je ne retrouve pas l'info, mais je crois qu'il est réflexif et transflectif. L'écran est solide, en 3 ans 1/2 et sans protection particulière si ce n'est une housse où je le range, je ne l'ai pas abîmé du tout. Bon certes je suis un randonneur du dimanche et pas un trekkeur fou.

Les Oregon sont censés être étanches. Concrètement, je l'ai déjà utilisé sous la pluie, même avec quelques grosses gouttes sur l'écran ça marche encore très bien.

Il faut verrouiller l'écran sans quoi il a tendance à "cliquer" tout seul par contact de sa housse. Je n'ai pas essayé les modèles à joystick, je peux juste te dire que j'aime bien l'interface tactile de mon Oregon. Tu peux déplacer les cartes à un doigt comme sur un smartphone (mais pas zoomer avec deux doigts). Tu peux pointer du doigt un point de la carte pour y mettre un marqueur et 2-3 clics plus tard tu es en mode guidage pour "y aller". Moi je trouve ça sympa.

L'autonomie est bonne avec de bonnes batteries. Il paraît que la Rolls actuellement c'est les Eneloop de Sanyo/Panasonic. Par contre il faut que je mette à jour l'article de blog que je citais : le chargeur que je recommandais a fini par cramer lamentablement :-(

5. Le lundi 18 mars 2013 à 1:08, par _FrnchFrgg_ :

Personnellement j'utilise Mapfactor Navigator, une appli gratuite qui sait utiliser Open Street Map en local (environ 500Mo pour la france). C'est entièrement vectoriel, et tu as globalement ce que tu demandes. L'ergonomie n'est pas toujours au rdv, notamment pour choisir une adresse, mais on fait avec. Il est très configurable, voire très très pour le calcul des itinéraires (tu peux même créer des presets "véhicule").

Sinon, ça fait longtemps que je ne l'ai pas utilisée mais il y a ForeverMap de Skobbler. Malheureusement il semble qu'ils aient revu leur business model et qu'elle ne soit plus dispo pour la France.

Bien sur tout ça suppose l'utilisation d'un android (ou iMerde), ce qui suppose d'en trouver un qui marche sous la pluie. Moi aussi j'avais remarqué que mon GS1 ne détecte plus mes doigts quand il est même très peu mouillé. Je suis sur qu'il existe des android adaptés, genre utilisables sous l'eau ou dans la boue mais je ne suis pas sur du prix. Sinon, le Galaxy Note 2 de Virginie a l'avantage d'avoir un stylet qui n'est pas affecté par l'eau. Bon, sous des trombes d'eau ça posera problème quand même, ce n'est pas un amphibie (Motorola en fait un qui résiste à l'eau et aux coups de marteau IIRC). L'avantage des smartphone récents (le GN2 par ex) c'est qu'ils sont GPS et GLONASS, donc pour la précision et la rapidité de synchro c'est le rève.

Pour les GPS dédiés je suis incompétent désolé.

P.S.: Je suppose que tu as épluché http://wiki.openstreetmap.org/wiki/Android ? Sur la page http://wiki.openstreetmap.org/wiki/Software/PNA il y a des liens vers des dédiés OSM-ready.

6. Le lundi 18 mars 2013 à 15:10, par Natacha :

Petit rappel à tous les deux : les commentaires contenant quelque chose qui ressemble à une URI mais pas formatté comme indiqué ci-dessous sont « mis en modération » au cas où ils soient l'œuvre de spammeurs. C'est la raison pour laquelle vos commentaires ne sont pas apparus instantanément. La prochaine version du moteur (en développement depuis des années) communiquera ça mieux…

ChrisJ, merci beaucoup pour ces précisions. Avec ce que j'ai trouvé sur YouTube, j'ai l'impression d'avoir une idée assez bonne de ce côté des gammes, je ne vois rien à demander de plus (à part des précisions sur la gamme eTrex).

_FrnchFrgg_, je n'ai même pas jeté un regard en direction des choses androisées. Le matériel téléphonique que je possède déjà a fait preuve de son inefficacité flagrante, donc un achat s'impose. Et sauf erreur de ma part (dont j'attends encore le signalement), Android impose le touchscreen capacitif (sous peine d'être coupé de l'appstore) et tous les inconvients qui vont avec.

De plus, les GPS dédiés dont il est question ici sont utilisables immergés (à en croire YouTube) pendant au moins 10-15h observées (20-25h annoncées), pour 250-350€. Je n'ai pas l'impression qu'un téléphone soit capable de rivaliser avec ce genre de caractéristiques, mais là encore je ne demande qu'à être détrompée.

7. Le lundi 18 mars 2013 à 17:02, par ChrisJ :

Ah, c'était donc ça ;-)

Je ne connais pas la gamme eTrex.

Regarde aussi avec quelles constellations les Garmin sont compatibles. Avant, c'était juste GPS, mais ils commencent à introduire des modèles GPS+GLONASS (des eTrex notamment). Ça peut être bien car (si j'ai bien suivi) les systèmes sont interopérables : par exemple un appareil doit pouvoir faire le point avec 2 sats GPS et 2 sats GLONASS. Donc avec plus de satellites sur des orbites différentes, ça doit aider à faire le point vite.

8. Le mercredi 20 mars 2013 à 7:43, par Natacha :

J'ai supposé que tu ne connaissais pas la gamme eTrex, mais comme les seules questions qu'il me restent portent sur cette gamme, je l'ai quand même précisé. Je les ai posées à David Madore (cf le troisième lien de l'article), mais visiblement j'ai épuisé sa patience :-(

Le support GLONASS et la meilleure autonomie des eTrex me feraient pencher vers cette gamme plutôt que Dakota ou Oregon, s'il n'y avait pas le problème potentiel de la pénibilité de l'interface à joystick.

Je ne sais pas exactement à quel point GLONASS aide, mais il semblerait que même des bâtiments peu hauts réduisent significativement la précision du GPS, donc pour un milieu urbain j'ai tendance à penser que toutes les aides sont bonnes à prendre (GLONASS, EGNOS, etc).

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